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Le G20 de Toronto - La dérive

Le Canada n'avait jamais connu d'arrestations aussi massives

Alec Castonguay   3 juillet 2010  Canada
Les autorités policières des pays qui reçoivent des sommets importants semblent avoir de plus en plus de difficulté à trouver un équilibre entre liberté et sécurité, menaces et manifestations.<br />
Photo : François Pesant
Les autorités policières des pays qui reçoivent des sommets importants semblent avoir de plus en plus de difficulté à trouver un équilibre entre liberté et sécurité, menaces et manifestations.
Le G20 de Toronto a donné lieu aux plus importantes arrestations massives de l'histoire canadienne. Les 929 millions de dollars octroyés à la sécurité — un autre record — n'ont pas empêché le grabuge et le vandalisme. Et si la vraie victime de ces événements était l'engagement des citoyens et leur droit de manifester?

Le ressac des 1090 arrestations de la fin de semaine à Toronto a été rapide et puissant, alimenté par le fait que la vaste majorité des personnes (827) ont été relâchées sans qu'aucune accusation ne soit portée contre elles.

Jamais le Canada n'avait connu d'arrestations aussi massives. La Crise d'octobre, en 1970, avait mené à 465 arrestations. Le sommet des Amériques en 2001, à Québec, à 463 arrestations. Le seul événement qui se rapproche de celui du G20 de Toronto est le démantèlement d'un blocus sur l'île de Vancouver, en 1993. Les 856 écologistes qui s'étaient enchaînés à des arbres pour empêcher la destruction d'une forêt avaient été arrêtés.

Inévitablement, l'action des policiers a soulevé des questions. «On vit encore dans un pays où il y a la présomption d'innocence. Même s'il y a de 100 à 200 personnes qui font du grabuge, ça ne donne pas le droit d'arrêter plus de 900 personnes qui n'ont rien à voir avec ça», affirme la directrice de l'Association canadienne des libertés civiles (ACLC), Nathalie Desrosiers. «Manifestement, la tactique des policiers était d'arrêter de manière préventive, mais c'est illégal.»

L'ACLC songe à des poursuites au civil. L'organisme avait déployé plus de 50 observateurs durant les manifestations. Leur rapport préparé le lendemain des événements parle d'arrestations arbitraires, d'intimidation de la part des policiers, de fouilles excessives, de conditions de détention inhumaines et contraires au droit canadien (plus de 24 heures et sans possibilité de parler à un avocat). Des individus ont été interpellés et fouillés parce qu'ils prenaient des photos. Pas moins de sept journalistes et photographes de presse, certains portant ostensiblement leur accréditation jaune des sommets du G8 et du G20, ont été arrêtés.

Relayée par Internet et l'omniprésent site YouTube, la controverse a grandi toute la semaine, au point où le Bloc québécois et l'Alliance de la Fonction publique du Canada ont joint leur voix à l'ACLC et à Amnistie internationale pour réclamer une enquête indépendante. Une requête pour l'instant rejetée par les autorités fédérales et ontariennes.

La crainte de manifester ?


Irvin Waller, professeur au département de criminologie de l'Université d'Ottawa et chercheur de renommée mondiale sur la prévention du crime et la sécurité, n'en revient toujours pas. «Le fait que la majorité des gens aient été relâchés sans accusation, ça veut dire qu'il n'y avait aucune preuve solide pour aller devant les tribunaux. Ça montre à quel point les arrestations ont été arbitraires», dit M. Waller, qui a conseillé plusieurs gouvernements.

Le spécialiste convient que la présence massive de policiers est nécessaire pour assurer la sécurité lors de tels sommets, mais il craint la dérive qui s'installe, au Canada comme ailleurs. «Le vrai enjeu, c'est l'utilisation d'une force proportionnelle à la menace, dit M. Waller. L'utilisation abusive de la force contrevient aux valeurs canadiennes.»

Il s'explique: «Les G8 et les G20 abordent beaucoup d'enjeux importants pour les citoyens, que ce soit les changements climatiques, la libéralisation des marchés ou la santé des femmes dans les pays pauvres. Des gens peuvent vouloir manifester pacifiquement pour se faire entendre. C'est la démocratie et c'est sain. Mais si les forces de l'ordre arrêtent n'importe qui et créent un climat de tension avec leurs habits antiémeutes, les citoyens vont commencer à avoir peur et vont y penser à deux fois avant d'aller manifester.»

Irvin Waller affirme que la répression policière de la fin de semaine a dépassé les bornes à plusieurs moments. «Je pense qu'il faut une enquête indépendante pour s'assurer qu'une démocratie comme le Canada permet à ses citoyens de manifester correctement», dit-il.

Le président du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, David Coles, qui était à Toronto pour le G20, affirme lui aussi que c'est le coeur de la controverse des derniers jours. «C'est une douche froide pour ceux qui pensent qu'en démocratie on peut manifester sans risquer l'emprisonnement», dit-il, lui qui a participé à des dizaines de manifestations depuis le début de sa carrière. «Manifester, ça fait partie du débat public. Il faut protéger ce droit et s'assurer que les gens n'ont pas peur de l'exercer.»

M. Coles dénonce la violence et le vandalisme de certains extrémistes qui infiltrent les foules, «mais ce n'est pas parce qu'il y a des vitrines cassées et des graffitis qu'il ne faut pas se poser des questions sur le travail des policiers».

La réponse très dure des policiers peut non seulement susciter la peur chez ceux qui veulent manifester pacifiquement, mais aussi radicaliser davantage les extrémistes, dit Francis Dupuis-Déri, professeur de sciences politiques à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et spécialiste des mouvements de contestation sociaux. «Autant le citoyen venu s'exprimer est sous le choc, autant ça crée beaucoup de colère contre le système chez d'autres. Il y a toujours un risque d'escalade», dit-il, lui qui était à Toronto en fin de semaine. Il soutient avoir vu des dizaines d'arrestations sans motif.

Revenir à la normale

Le G20 de Pittsburgh, en 2009, avait aussi mené à des arrestations importantes, même dans des endroits autorisés aux manifestations, comme ce fut le cas à Toronto. L'American Civil Liberties Union poursuit d'ailleurs les policiers de Pittsburgh à ce sujet.

Jules Lobel, juriste et professeur de droit à l'Université de Pittsburgh, affirme que les autorités policières des pays qui reçoivent des sommets importants semblent avoir de plus en plus de difficulté à trouver un équilibre entre liberté et sécurité, menaces et manifestations. «Oui, il y a une menace terroriste, mais dans ce type de sommet, la plus grande menace, c'est le vandalisme et les casseurs. Or ce n'est pas nouveau. Ça existe depuis des décennies et ce n'est pas une véritable menace aux chefs d'État», dit-il.

Les corps policiers se préparent essentiellement au pire scénario, qui semble s'enclencher pour eux dès qu'une vitrine vole en éclats, dit Jules Lobel. «C'est le scénario apocalyptique qui prend le dessus, alors la police procède à des arrestations de masse et des arrestations préventives. Mais ce scénario ne passe jamais près de se réaliser. Aucun chef d'État n'est en danger. La police doit revoir ses méthodes et revenir à la base pour s'assurer de ne pas arrêter des innocents.»

Cette semaine, le chef de la police de Toronto, Bill Blair, a défendu ses agents, affirmant que les arrestations massives ont été nécessaires pour empêcher davantage de débordements. Il a parlé de «conspiration criminelle» afin de «détruire Toronto». Un comité de la police révisera tout de même les tactiques utilisées durant le sommet, a-t-il promis.

Selon un sondage Angus Reid rendu public jeudi, 66 % des Canadiens (et 71 % des Québécois) estiment que les agissements des policiers ont été «complètement justifiés» ou «modérément justifiés». À peine 16 % des 1001 répondants (marge d'erreur de 3,1 %) pensent le contraire.

Beaucoup d'argent

Les quatre voitures de police incendiées à Toronto lors du G20 — cinq de moins que lors de la victoire du Canadien de Montréal en série éliminatoire en 2008 — et les vitrines fracassées n'expliquent pas la somme record de 929 millions dépensée pour la sécurité du G8 et du G20, affirme Irvin Waller, également auteur du livre Lutter contre la délinquance: comment le tout répressif tue la sécurité (L'Harmattan, 2009).

Le Sommet des Amériques en 2001, à Québec, qui a donné lieu à des débordements, a coûté environ 75 millions de dollars en frais de sécurité. «On a vraiment payé une fortune pour les sommets de Toronto et, à l'évidence, on n'en a pas eu pour notre argent, dit-il. Le vandalisme a eu lieu comme prévu, aucune attaque n'a été dirigée contre les chefs d'État et la menace terroriste n'était pas au rendez-vous, de l'aveu même du patron du SCRS [Service canadien du renseignement de sécurité], Richard Fadden.»

M. Waller estime que la facture de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui n'a pas été en première ligne, contrairement aux policiers de Toronto, fait particulièrement sourciller. Le corps de police a reçu 507 millions pour la sécurité de ces deux sommets. «C'est presque 25 % de leur budget annuel!», dit-il. La vérificatrice générale, Sheila Fraser, se penchera d'ailleurs sur la facture salée des G8 et G20.
Les autorit&eacute;s polici&egrave;res des pays qui re&ccedil;oivent des sommets importants semblent avoir de plus en plus de difficult&eacute; &agrave; trouver un &eacute;quilibre entre libert&eacute; et s&eacute;curit&eacute;, menaces et manifestations.<br />
&laquo; Oui, il y a une menace terroriste, mais dans ce type de sommet, la plus grande menace, c&rsquo;est le vandalisme et les casseurs. Or ce n&rsquo;est pas nouveau. &raquo;<br />
 
 
 
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  • S. Hains
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 08h42
    Ils sont fous ces conservateurs!
    Quelle dérive!!! C'est complètement inacceptable.

  • BROMONTOIS
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 08h43
    Même une journaliste de C.T.V.
    On a vu une journaliste du canal 12 C.T.V. s'argumenter avec des policiers, son photographe venait d'être arrêté.
    Mais elle n'est pas revenu aux bulletins de nouvelle expliquer le déroulement de la chose.

  • Sanzalure
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 08h48
    La montée de la droite...
    Depuis de nombreuses années, la droite extrémiste s'installe peu à peu, lentement mais surement. Les personnes qui répondent aux sondages que les gestes de la droite sont justifiés feraient bien de réfléchir un peu plus avant de parler. Lorsque l'État policier sera complètement installé au pouvoir, tout le monde devra s'y soumettre, pas juste la gauche.

    La majorité ne réagit pas quand le gouvernement conservateur s'attaque à l'homosexualité ou au droit à l'avortement parce que cela ne touche qu'une petite partie de la population. Mais demandez aux conservateurs ce qu'ils pensent de l'adultère. Ils ne l'attaquent pas de front car cela toucherait la majorité de la population et ça compromettrait leurs chances d'obtenir un gouvernement majoritaire. Mais si jamais ils deviennent majoritaire, ils montreront leur vraie nature et vous allez voir l'État rentrer dans les chambres à coucher en même temps que les crucifix reviendront sur tous les murs.

    Inquisition 2.0

    Serge Grenier

  • Pierre Sabourin
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 09h28
    Manque de formation et immaturité policière.
    Quoique je suis certain que les policiers du G8 G20 n'avais pas l'intention formelle d'empêcher les gens de manifester, ce pourrais t'il que le manque de formation et l'immaturité (manque d'expérience) de certain policier, a eu un comme un effet boule de neige, entrainant la, une parti des forces de l'ordre? Dans une sorte d'hystérie collective à vouloir empêcher le grabuge en se justifiant d'utiliser la force qui au moment semblais raisonnable pour eux mais qui au bout du compte, étais irréfléchie, excessif, il y a une tendance a voir des policiers immatures a qui on voie, dans le feux de l'action, ressortir leur manque d'expérience. Je ne ferai pas de faute syllogistique en généralisant tout les policiers car j'en connais certain qui on fais leur devoir et qui jamais, ne tomberais pas dans ce genre de manque de contrôle, mais le sentiment que j'ai en observant la situation est que c'est ce manque d'expériences qui expliquerais les arrestations excessives et déraisonnables comme celle des journalistes et c'est sur quoi la gendarmerie devrais ce pencher lors de leurs enquête pour que, la prochaines fois, les bon protocoles sois mise en place et de faire certain que les policiers les ai bien acquis et qu'il soient capable de bien les repêcher dans des moments de crise. Encore, je ne crois pas que leur but étais de brimer les droits à la manifestation mais ce manque d'expériences en a certainement donner l'impression au média et au public!

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 11h12
    Manque de formation et d'expérience?
    Mon oeil. C'est bien mal connaître la police. Ils ont eu l'expérience de plusieurs sommets au Canada (comme Kananaskis, Montebello, Québec), plusieurs manifestations avec casseurs (comme le peppergate de Vancouver lors du sommet de l'APEC, les parties de hockey etc.) en plus de l'expérience des sommets à l'étranger. La formation des policiers au Canada est une des meilleures au monde et ce sont nos policiers qui vont former des policiers en Afghanistan et Haïti... Je connais aussi plusieurs policiers et ils sont très conscients des droits des citoyens et de la limite de leurs pouvoirs.

    On parle beaucoup de l'autre fois où la police a arrêté plus de 800 manifestants. C'était lors des manifestations pour bloquer la coupe des forêts anciennes de Clayoquot Sound (près de Tofino, sur l'île de Vancouver en C.B.). Les autorités avaient obtenu une injonction de la Cour suprême de la CB pour empêcher le bloquage des routes par les manifestants et une autorisation de la cour pour arrêter les contrevenants sous l'accusation d'outrage au tribunal. Les arrestations se sont faites devant les caméras de télévision, d'une manière relativement « civilisée » et ordonnée. Alors il y a un monde de différence avec ce qui s'est passé à Toronto.

    Alors que s'est-il passé? Il est évident qu'ils ont eu des directives à l'effet d'agir comme ils l'ont fait (une des preuves est l'amendement à une loi qui par le gouvernement provincial premettant aux policiers d'arrêter sans mandat dans certaines circonstances) et il faut savoir qui a donné ces directives et pourquoi. Le manque d'expérience est une bien piètre excuse et les politiciens ne devraient pas esquiver leur responsabilité dans cette affaire. Une enquête publique et indépendante est nécessaire.

  • François Dugal
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 11h17
    Le budget
    Avec un tel budget, il faut produire des résultats; ils ont livré la marchandise.
    Vous n'espériez toujours pas le contraire!

  • Les DIPLOMATES
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 11h33
    MONTEBELLO 2.0
    La violence instiguée par les agents provocateurs de la police dégénère en une démonstration du pouvoir aveugle d'un état policier totalitaire ou répression = expression ;)
    COMPILATION : PROVOCATEURS DE LA POLICE
    PREUVE DU FALSE FLAG @ 2:35 http://www.youtube.com/watch?v=TbLU9tdDwxo

    Le terme 'Cirque Médiatique' prend tout son sens quand on voit qui manie le fouet de l'attention ;) http://fr.wikipedia.org/wiki/False_flag

    NAOMI KLEIN A AUSSI REMARQUÉ LA MANŒUVRE...
    À partir de 42:40 de cet entrevue...
    http://www.democracynow.org/2010/6/28/journalist_d

    INFO
    http://www.facebook.com/note.php?note_id=128753033

  • Stéphane Martineau
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 11h47
    La droite n'aime pas la démocratie
    Les extrêmes riment toujours avec l'oppression...à droite comme à gauche....or, le gouvernement Harper a une aile très à droite sur le plan économique comme morale....et, comme la droite en Amérique latine dans les années 70-80, cela veut dire répression, suppression des droits, tyrannie, abus...donc, atteintes majeures à la démocratie et montée de la démagogie....Depuis 4 ans il y a assez de signes pour inquiéter la population, mais, comme dans l'Allemagne des années 30 et dans le France de Vichy, le Canada actuel semble être attiré par le
    le besoin d'un «homme fort à la tête de l'état», par le «law and order» et le «patrie, famille, travail», bref, le Canada glisse rapidement dans une sorte de dictature déguisée (mais de moins en moins) en démocratie.
    On n'apprend pas de l'histoire quand on a les yeux rivés sur le ici et le maintenant et les cotes en bourses.

  • meme moi ici
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 12h39
    l'avant g20
    la première arrestation vue en grande pompe à radio cadenas, était une vraie risée, une voiture avec à l'intérieur
    des bidons d essence et des tronçonneuses. très impressionnant...
    ce qui veut dire que les travailleurs forestiers étaient mieux de se tenir loin de Toronto lors du G20. je demeure dans une région forestière, et des camions ou voitures qui se promènent avec des gallons d essence et tronçonneuses font partie du paysage journalier, mais lors du g20 des gens sont arrêter pour cela , il faut bien que harper justifie ses grosses dépenses pour la sécurité... quel fasciste!!!

  • Grognon
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 13h14
    Question impertnente
    J' aimerais savoir sur les 1090 arrestations combien y avait-il de québécois et de québécoises? On dira que je suis impertinent mais...
    Gilbert Le Blanc

  • Pierre Sabourin
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 13h16
    re: manque d'expérience
    Vous dites qu'ils avaient l'expérience, je dis que ce n'étais pas assez. Oui, ils sont supposer avoir été formé et connaitre la loi sauf que je suis certain qu’ils n’ont pas tous eu des A et à voir les descriptions du journaliste Rosenberg on voit comment certain agent immature on été excessif et d'autre pas. Quand aux conditions d'emprisonnement, clairement, ceux à la tête de l'organisation de la sécurité n'ont pas bien suivi le protocole. Vous dites qu'ils avaient l'expérience pour ensuite donner des exemples ou il on failli à leur devoir. Somme toute il y a un problème quelque part, le manque déontologique et a l'éthique. Non ce ne serais pas une piètre excuse, ils auraient du mieux savoir.

  • Jean Rousseau
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 13h44
    THÈSE ANTITHÈSE SYNTHÈSE.
    (M. Coles dénonce la violence et le vandalisme de certains extrémistes qui infiltrent les foules, «mais ce n'est pas parce qu'il y a des vitrines cassées et des graffitis qu'il ne faut pas se poser des questions sur le travail des policiers»).

    Dans toute manifestation, des casseurs en profite pour chauffer les foules, vandaliser des édifices et charger les policiers... Ces actes sont successibles de jeter par terre des économies. On ne peut pas demander aux policiers de réagir paisiblement et avec une précision chirurgicale, en différenciant les fauteurs de troubles du reste, tellement ils se confondent.

    Je ne vois donc pas comment procéder autrement que d'interdire ces manifestations, pour ces raisons légitimes et semblablement immuables. De proposer plutôt à ceux qui critique de se constituer en lobby pour faire valoir leurs idées, afin de contribuer ainsi à "la lente marche des peuples" (FREUD).

  • Jean Baillargeon
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 14h12
    Il faut mobiliser
    On n'a pas vu un tel abus de pouvoir politique au Canada depuis la crise d'octobre en 70. Il faut se mobiliser pour obtenir une enquête indépendante et impartiale sur les décisions politiques et actions policières lors du G20. À tous les jours on lit de nouveaux témoignages de gens qui se sont fait battre, malmenés, intimidés, incarcérés sans cause, etc. On dit que les gens ont le régime politique qu'ils méritent. Or il est temps de se montrer digne de la démocratie.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 14h19
    Une véritable dérive
    Je n'en reviens pas de voir que des gens défendent le comportement des policiers, alors qu'ils ont manqué de jugement en arrêtant plus de 800 personnes sans motif et qui ont été libérées sans aucune accusation. Je déplore le silence du maire de Toronto qui a autorité sur la police.

  • Carrizo
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 14h54
    Des citoyens mal informés
    66 % des Canadiens (et 71 % des Québécois) estiment que les agissements des policiers ont été «complètement justifiés» ou «modérément justifiés».

    Mais bien sure! Les gens écoutent les nouvelles à la télévision qui comme à leurs habitudes ne montrent que les casseurs lors de manifestations. La différence aujourd'hui c'est internet! Tout ces videos disponibles sur youtube nous montrent bien l'abus des policiers. Je n'ai plus du tout confiance aux médias. Si les gens trouvent que les policiers ont fait du beau travail , c'est qu'ils n'ont pas pris la peine de s'informer. Ce qui c'est passé au G-20 est inimaginable. Je peux pas croire que nous en sommes rendus là, au Canada! J'ai honte!

  • François Dugal
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 15h10
    Le crime
    Pour un francophone en visite à Toronto, dormir dans un gymnase est un crime.
    La police DOIT faire respecter la loi: «dura lex, sed lex».

  • Gerard44
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 15h11
    Faisons notre propre enquête
    N'attendons pas après ce gouvernement indigne qui n'a aucun souci pour la démocratie et la justice. Il va nous traîner en longueur. Cet épisode de violence est assez grave et préjudiciable à la démocratie pour que nous citoyens fassions notre propre enquête. L'ACLC avait 50 observateurs sur le terrain et de nombreux organismes reconnus et crédibles des représentants. Tout est là. Que ces groupes se parlent et rassemblent les faits et en fassent l'analyse. Ca vaut la dépense et bien des citoyens se cotiseraient pour cela. Passons par-dessus ce gouvernement pourri et ses alliés.

  • Paul Gagnon
    Inscrit
    samedi 3 juillet 2010 15h32
    Gauche, droite, gaiche, droite...
    La droite monte et passe par dessus. La gauche descend et passe par en dessous. Et nous? Et nous, on reste prise au milieu, comme des cons à qui on a dérobé la démocratie pour servir des intérêts occultes.

    Gauche, droite... pourvu qu'ils nous laissent le temps, le temps de vivre avant de tout foutre en l'air. Il faudrait peut-être se frotter les yeux et se réveiller avant qu'il soit trop tard. La gauche et la droite veulent notre bien, tout notre bien.

  • Elisabeth Emond
    Inscrite
    samedi 3 juillet 2010 15h47
    où est passée la démocratie ?
    Les rassemblements de ce genre sont non seulement légaux, mais nécessaires à la réalisation d'une démocratie. les citoyens ont le droit (si ce n'est pas le devoir) de se lever, et cela en toute sécurité.
    Les forces policières ou les forces militaires n'ont en aucun cas le droit de déclencher des arrestations préventives, ou de mettre de côté la présomption d'innocence, de foutre en cellule n'importe qui pour rien. Nous vivons dans un pays où le respect des droits civils est de mise et cela en toutes circonstances, qui les arrêteront eux pour avoir agi de manière aussi illégale ???
    Comment expliquer ou légitimer des arrestation de journalistes ??? Bordel, on a fait un immense pas derrière. La liberté de presse et la liberté d'opinion sont des droits fondamentaux que le gouvernements n'ont pas à mettre de côté pour ci ou pour ça, ils servent justement à restreindre l'abus pouvoir (aussi des gouvernements) au détriment du peuple.
    Que l'on soit pour ou contre ce qui se passait au G-8-20, que l'on soit militant ou manifestant ou rien du tout, je crois qu'on doit absolument s'entendre sur le fait que c'est une insulte et une terrible injustice.
    On doit entamer de procédures judiciaires, c'est certain. Nous avons tous vu des vidéos sur le web qui diffusent des arrestations illégitimes et abusives.
    Quelle leçon à tirer de tout ça ? En tant que média indépendant, on devra couvrir seulement les évènements de petite ampleur de peur de se faire arrêter et jeter en tôle ? Et quoi dire de ce que cela démontre de manière générale ? que la manifestation pacifique n'est plus permise ? qu'on doit se rasseoir et laisser aux "grands' de ce monde carte blanche ?

    La démocratie canadienne est à la dérive ... À quand les élections ?

  • Denis Blanchette
    Abonné
    samedi 3 juillet 2010 17h21
    Petit oubli ?
    Le journaliste a parlé du Bloc Québécois mais a passé sous silence la demande de convocation du comité de la Sécurité publique de la Chambre des Communes faîte par le NPD, le même jour :

    http://www.npd.ca/article/npd-fait-une-demande-off

  • Jacques Morissette
    Abonné
    dimanche 4 juillet 2010 07h50
    La crainte de manifester. (1)
    Pour emprunter une expression d'un des participants à ce forum, les "grands" de ce monde avancent en tâtonnant avec une canne blanche. Ils font des parades pour nous laisser croire qu'ils savent où ils s'en vont.

    S'ils savent où ils s'en vont, c'est quand vient le temps de défendre leur acquis. Mais leur acquis ne sont pas les mêmes que ceux du peuple.

    J'ai choisi le mot "peuple" à partie de leur point de vue. Quant à moi, le mot "population" aurait été ma préférence. Du point de vue de certains des "grands" de ce monde, le mot "peuple" est presque synonyme de mépris.

    Alors, vous comprendrez, les sommets des "grands" de ce monde ne veulent pas dire quand chose pour nous, aux yeux de certains des "grands" de ce monde.

    Pour la question de manifester, alors là vous risquez d'ajouter au mépris que certains parmi eux portent envers vous. S'il y en a qui vous méprisent parmi eux, ils sont portés à penser aussi que vous ne comprenez vraiment rien à rien de ce qui se passe présentement.

    C'est probablement un peu la façon dont, pas tous, mais certains parmi eux perçoivent vos manifestations. Maintenant, vous voulez savoir ce que pense Harper de vous? Vous n'avez qu'à regarder toute la mise en scène qu'il s'est payé sur notre dos, avec l'argent de nos impôts en plus.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    dimanche 4 juillet 2010 07h54
    La crainte de manifester. (2)
    Au cas où cette mise en scène policière a réussi à faire peur à certains parmi vous, son objectif aura été atteint. En bref, vous le dérangez quand vous manifestez. Vous dites : «La crainte de manifester? » Dites plutôt : « »La crainte de le dérangez, lui ». Il faut qu’une fois Harper parti du pouvoir, les choses redeviendront plus normales, démocratiquement parlant.

    Harper, pour moi, est synonyme d'étroitesse d'esprit. Si, au moins, il était étroit d'esprit du bon côté, c'est-à-dire celui de la population, bref de tout le monde. Mais, ce n'est pas le cas, puisque entre lui, et aussi les certains autres "grands" des autres sommets, ils ont toujours érigé des murs. La muraille de Harper était bien plus riche et épaisse (comme de la crème, à son image!) que celle de la plupart des autres sommets.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    dimanche 4 juillet 2010 12h07
    Vraiment une dérive
    Même André Pratte de La Presse considère inadmissible le comportement de la police à Toronto. N'est-ce pas suffisant pour convaincre ceux qui pensent que la police a bien agi ?

    Je le répète : si un nouveau sondage était effectué surl'action policière à Toronto, les résultats pourraient être différents.

  • Cachalot
    Inscrit
    dimanche 4 juillet 2010 13h12
    Inacceptable !
    Inacceptable ces réunions secrètes et aux coûts faramineux du G-8 et G-20, le comportement inacceptable vu sur vidéos des forces policières, la dérive vers la dictature de plus en plus marquée dans notre société, la corruption bien documentée à tous les niveaux, les rumeurs sur la collusion justice/politique et j'en passe.. Les mots peur, crainte, répression sont lancés...sommes-nous encore un pays démocratique ?

  • Marc-Aurèle Lachance
    Inscrit
    dimanche 4 juillet 2010 13h31
    Déclaration universelle des droits de l'homme
    « Article 9. Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé. »

    Faut-il en ajouter?

    Certains placent l'Amérique entre la Bible et Darwin... Mais peut-être est-ce plutôt entre la Bible et Malthus qu'on la trouve, voire entre la droite et la droite. Faut-il s'étonner que seulement 16% des gens comprennent l'importance et la justification politique de ces manifestations? Sous pression terrorisante, plus de la moitié du peuple émule la peur qu'ont ses dirigeants et perd conséquemment la mesure; alors la contestation politique s'en trouve démonisée. Tactique autoritariste: «Criminaliser la contestation politique» disait Kempf...

    Chomsky aurait sans doute pu décrier la fabrique de l'opinion publique en décryptant Popper.

    Obama se fait taxer de socialiste et de communiste par le Tea party parce qu'il tente de poser des limites aux dérèglements capitalistes et aux parachutes dorés, et au Canada la dispendieuse et répressive dérive policière du G20 obtient le soutien de 66% des sondés au Canada: d'un côté on pose des limites selon l'État de Droits et ces limites sont jugées autoritaristes, de l'autre côté des dérives autoritaristes sont cautionnées... Deux poids, deux mesures: à force de valoriser uniquement que la «liberté individuelle», la lie du peuple finit par s'octroyer la liberté de dominer avec le consentement des masses rompues à l'individualisme et l'utilité immédiate.

    Heureusement demeure la bonne information, à laquelle le présent article participe sensément.

  • p``
    Inscrit
    dimanche 4 juillet 2010 22h46
    sa en dit pas mal

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