Sommets des G8-20 - Les ministres conservateurs lancés dans une opération de charme aux quatre coins du monde
Ottawa — À trois jours de l'ouverture des sommets du G8 et du G20, à Huntsville et à Toronto, le gouvernement conservateur s'est lancé tête baissée hier dans son opération charme, se vantant devant le monde entier du fait que le Canada s'est mieux tiré d'affaire que les autres de la dernière récession. Le Parti libéral, lui, n'y voit qu'une façon de détourner l'attention du milliard de dollars consacré à la sécurité des deux sommets.
Aux quatre coins du monde, les ministres conservateurs sont allés porter la bonne nouvelle économique canadienne: Jim Flaherty (Finances) à New York, Jason Kenney (Citoyenneté et Immigration) à Londres et Christian Paradis (Ressources naturelles) à Beijing. Le premier ministre Stephen Harper, lui, a accordé une entrevue au réseau économique Bloomberg.
«La présidence du G20 arrive à un bon moment, alors que plusieurs pays aimeraient imiter notre performance», a-t-il déclaré. Selon lui, le Canada représente un «modèle pour beaucoup de gens, particulièrement sur le plan économique».
Devant 100 économistes et gens de la finance de Wall Street, M. Flaherty a annoncé que le Canada prévoyait désormais une croissance de 3,5 % cette année, et non plus de 3,1 %. Le ministre estime que ces nouveaux chiffres rendent l'élimination du déficit en 2015 encore plus certaine.
Détourner l'attention
Pour les libéraux, toutefois, tout ce discours n'est qu'une façon de détourner l'attention du vrai scandale, soit la dépense d'un milliard de dollars pour assurer la sécurité des sommets. Le député libéral Mark Holland a d'ailleurs rendu publique hier une horloge montrant en temps réel la facture du sommet. «L'horloge du gaspillage» augmente de 4928 $ chaque seconde, afin de totaliser le milliard de dollars que coûteront les mesures de sécurité mises en place. Les libéraux invitent les citoyens à l'utiliser et à ainsi calculer, par exemple, combien Ottawa dépense en sécurité pendant qu'ils nettoient la vaisselle ou regardent leur émission de télévision préférée.
M. Holland rejette l'argument du gouvernement voulant que la facture d'un milliard est nécessaire pour assurer des sommets sans anicroche. «Dépenser un milliard de dollars ne garantit pas plus de sécurité, a-t-il insisté. Ils auraient pu dépenser 100 milliards et un incident pourrait quand même survenir. Ce qui compte, c'est la qualité des dépenses. [...] Le bateau à vapeur ne sauvera pas de vies, le trottoir qui mène nulle part ne protège personne. Les gazebos ne sont pas des abris pare-balles.» Selon lui, le gouvernement agite l'épouvantail du risque pour faire avaler la couleuvre.
Le député libéral exige des détails sur l'utilisation des sommes annoncées. Par exemple, 453 millions de dollars sont réservés à la Gendarmerie royale du Canada. «Si on répartit cette somme sur tous les agents de la GRC d'à travers le pays, cela revient à 15 000 $ chacun. Qu'obtient-on pour cela?» Les libéraux soupçonnent qu'un tel montant ne servira pas qu'à rémunérer les agents en heures supplémentaires.
Folie sécuritaire
Tout cela pendant que la folie sécuritaire bat son plein. À Toronto, 17 jeunes arbres se trouvant à l'intérieur ou à proximité du périmètre de sécurité ont été déracinés pour la durée des sommets. Ils seront replantés par la suite. Les services de sécurité ont d'abord reconnu que c'était pour éviter qu'ils ne soient transformés en armes par les manifestants. Hier, on a expliqué qu'il s'agissait plutôt de protéger les jeunes pousses.
Aux quatre coins du monde, les ministres conservateurs sont allés porter la bonne nouvelle économique canadienne: Jim Flaherty (Finances) à New York, Jason Kenney (Citoyenneté et Immigration) à Londres et Christian Paradis (Ressources naturelles) à Beijing. Le premier ministre Stephen Harper, lui, a accordé une entrevue au réseau économique Bloomberg.
«La présidence du G20 arrive à un bon moment, alors que plusieurs pays aimeraient imiter notre performance», a-t-il déclaré. Selon lui, le Canada représente un «modèle pour beaucoup de gens, particulièrement sur le plan économique».
Devant 100 économistes et gens de la finance de Wall Street, M. Flaherty a annoncé que le Canada prévoyait désormais une croissance de 3,5 % cette année, et non plus de 3,1 %. Le ministre estime que ces nouveaux chiffres rendent l'élimination du déficit en 2015 encore plus certaine.
Détourner l'attention
Pour les libéraux, toutefois, tout ce discours n'est qu'une façon de détourner l'attention du vrai scandale, soit la dépense d'un milliard de dollars pour assurer la sécurité des sommets. Le député libéral Mark Holland a d'ailleurs rendu publique hier une horloge montrant en temps réel la facture du sommet. «L'horloge du gaspillage» augmente de 4928 $ chaque seconde, afin de totaliser le milliard de dollars que coûteront les mesures de sécurité mises en place. Les libéraux invitent les citoyens à l'utiliser et à ainsi calculer, par exemple, combien Ottawa dépense en sécurité pendant qu'ils nettoient la vaisselle ou regardent leur émission de télévision préférée.
M. Holland rejette l'argument du gouvernement voulant que la facture d'un milliard est nécessaire pour assurer des sommets sans anicroche. «Dépenser un milliard de dollars ne garantit pas plus de sécurité, a-t-il insisté. Ils auraient pu dépenser 100 milliards et un incident pourrait quand même survenir. Ce qui compte, c'est la qualité des dépenses. [...] Le bateau à vapeur ne sauvera pas de vies, le trottoir qui mène nulle part ne protège personne. Les gazebos ne sont pas des abris pare-balles.» Selon lui, le gouvernement agite l'épouvantail du risque pour faire avaler la couleuvre.
Le député libéral exige des détails sur l'utilisation des sommes annoncées. Par exemple, 453 millions de dollars sont réservés à la Gendarmerie royale du Canada. «Si on répartit cette somme sur tous les agents de la GRC d'à travers le pays, cela revient à 15 000 $ chacun. Qu'obtient-on pour cela?» Les libéraux soupçonnent qu'un tel montant ne servira pas qu'à rémunérer les agents en heures supplémentaires.
Folie sécuritaire
Tout cela pendant que la folie sécuritaire bat son plein. À Toronto, 17 jeunes arbres se trouvant à l'intérieur ou à proximité du périmètre de sécurité ont été déracinés pour la durée des sommets. Ils seront replantés par la suite. Les services de sécurité ont d'abord reconnu que c'était pour éviter qu'ils ne soient transformés en armes par les manifestants. Hier, on a expliqué qu'il s'agissait plutôt de protéger les jeunes pousses.
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