Gaz à effet de serre - Aveuglement coûteux
Tous savaient que l'absence de détermination des conservateurs à mener la bataille contre le réchauffement climatique avait relégué le pays aux derniers rangs des nations développées. Or le plan 2010 publié cette semaine par Environnement Canada nous révèle que les coûteuses mesures adoptées par Ottawa depuis 2008 n'ont à peu près aucun effet tangible.
Si le Canada avait respecté sa propre signature au bas du protocole de Kyoto ratifié par le Parlement fédéral en 2002, la quantité de gaz à effet de serre (GES) libéré dans l'atmosphère aurait déjà diminué de près de 6 % par rapport au niveau de 1990. Or, dès 2006, le gouvernement conservateur décrétait que les objectifs de Kyoto étaient irréalistes et qu'il n'allait donc pas les respecter.
À cause des pressions nationales et internationales, M. Harper s'est tout de même engagé à réduire les émissions en s'autoproclamant leader mondial en matière de technologies propres... On se demande lesquelles.
Ce que le document rendu public cette semaine nous apprend, c'est d'abord que le Canada ratera la cible d'au moins 29 % à l'horizon 2012, mais c'est surtout que l'ensemble des mesures fédérales, comme la production d'éthanol, le crédit pour le transport en commun ou les programmes d'infrastructures vertes, n'entraînera qu'une diminution des émissions de 24 mégatonnes (Mt) sur les 2891 Mt qui devraient être libérées de 2009 à 2012, soit moins de 0,9 %. Aussi bien dire rien du tout!
Pourtant, dans un rapport semblable publié en 2008, le ministère avait prévu que «les émissions de gaz à effet de serre du Canada provenant de toutes les sources devraient commencer à diminuer dès 2010 et au plus tard en 2012». Aujourd'hui, le même ministère avoue qu'une fois les effets de la crise économique dissipés, ces émissions reprendront leur évolution pour passer d'un creux de 701 Mt en 2009 à 728 Mt en 2012, au lieu des 558 Mt imposées par le protocole. Ainsi, le Canada aura raté sa cible sur cinq ans de l'équivalent de plus d'une année complète d'émissions parce qu'il refuse d'imposer des limites contraignantes aux grands pollueurs.
Depuis bien avant l'échec du sommet de Copenhague, en octobre dernier, le gouvernement Harper s'est placé en mode attente des États-Unis. Cela l'a conduit à adopter les mêmes règles qu'eux en matière d'émissions polluantes des véhicules automobiles, mais pour le reste, rien. Pas même une Bourse du carbone dont le fonctionnement repose pourtant sur les lois du marché si chères aux conservateurs. Dans les circonstances, comment croire que le Canada réussira à réduire ses émissions d'au moins 20 % en termes absolus d'ici 2020, comme il s'y était aussi engagé en 2008?
Si cette position du gouvernement Harper paraît sans conséquence à court terme, elle se révélera très coûteuse à moyen terme en obligeant tous les acteurs de l'économie canadienne à prendre les bouchées triples et, surtout, en les privant aujourd'hui d'une incitation formidable à utiliser les technologies les plus propres, qui sont aussi les plus productives et les plus efficaces au plan énergétique.
Si le Canada avait respecté sa propre signature au bas du protocole de Kyoto ratifié par le Parlement fédéral en 2002, la quantité de gaz à effet de serre (GES) libéré dans l'atmosphère aurait déjà diminué de près de 6 % par rapport au niveau de 1990. Or, dès 2006, le gouvernement conservateur décrétait que les objectifs de Kyoto étaient irréalistes et qu'il n'allait donc pas les respecter.
À cause des pressions nationales et internationales, M. Harper s'est tout de même engagé à réduire les émissions en s'autoproclamant leader mondial en matière de technologies propres... On se demande lesquelles.
Ce que le document rendu public cette semaine nous apprend, c'est d'abord que le Canada ratera la cible d'au moins 29 % à l'horizon 2012, mais c'est surtout que l'ensemble des mesures fédérales, comme la production d'éthanol, le crédit pour le transport en commun ou les programmes d'infrastructures vertes, n'entraînera qu'une diminution des émissions de 24 mégatonnes (Mt) sur les 2891 Mt qui devraient être libérées de 2009 à 2012, soit moins de 0,9 %. Aussi bien dire rien du tout!
Pourtant, dans un rapport semblable publié en 2008, le ministère avait prévu que «les émissions de gaz à effet de serre du Canada provenant de toutes les sources devraient commencer à diminuer dès 2010 et au plus tard en 2012». Aujourd'hui, le même ministère avoue qu'une fois les effets de la crise économique dissipés, ces émissions reprendront leur évolution pour passer d'un creux de 701 Mt en 2009 à 728 Mt en 2012, au lieu des 558 Mt imposées par le protocole. Ainsi, le Canada aura raté sa cible sur cinq ans de l'équivalent de plus d'une année complète d'émissions parce qu'il refuse d'imposer des limites contraignantes aux grands pollueurs.
Depuis bien avant l'échec du sommet de Copenhague, en octobre dernier, le gouvernement Harper s'est placé en mode attente des États-Unis. Cela l'a conduit à adopter les mêmes règles qu'eux en matière d'émissions polluantes des véhicules automobiles, mais pour le reste, rien. Pas même une Bourse du carbone dont le fonctionnement repose pourtant sur les lois du marché si chères aux conservateurs. Dans les circonstances, comment croire que le Canada réussira à réduire ses émissions d'au moins 20 % en termes absolus d'ici 2020, comme il s'y était aussi engagé en 2008?
Si cette position du gouvernement Harper paraît sans conséquence à court terme, elle se révélera très coûteuse à moyen terme en obligeant tous les acteurs de l'économie canadienne à prendre les bouchées triples et, surtout, en les privant aujourd'hui d'une incitation formidable à utiliser les technologies les plus propres, qui sont aussi les plus productives et les plus efficaces au plan énergétique.
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