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Environnement - Calderón lance des fleurs et le pot au Canada

Le président mexicain a déploré l'imposition de visas par le Canada

Hélène Buzzetti   28 mai 2010  Canada
Ottawa — Le président mexicain, Felipe Calderón, a profité de son passage à Ottawa hier pour féliciter le Canada de son leadership en matière de changements climatiques. Il n'en croit pas moins, toutefois, qu'il ne sert à rien d'attendre les États-Unis avant d'agir. Il y a urgence environnementale.

«Du point de vue du Mexique, a déclaré le président, le Canada a été un des leaders de la planète en matière de protection environnementale.» Il a cité à cet égard l'adoption du protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone. «Aujourd'hui, alors que l'humanité fait face à un défi important, corroboré scientifiquement, celui des changements climatiques, nous avons besoin de la même détermination et du même leadership canadien.»

Interrogé en conférence de presse sur la décision canadienne d'attendre les États-Unis avant d'imposer des cibles de réduction de gaz à effet de serre, M. Calderón a alors été moins élogieux. «On ne peut plus attendre. Chaque jour qui passe, il y a une dégradation de la situation. [...] On ne peut pas attendre les positions prises par les pays développés. Nous ne pouvons pas nous permettre cela, car l'avenir de l'humanité dépend de notre action.»

Le premier ministre Stephen Harper s'est inscrit en faux, niant que le Canada soit à la remorque des États-Unis. «Nous dépensons beaucoup d'argent sur des nouvelles technologies, d'autres façons de réduire les gaz à effet de serre. [...] Nous sommes dans une économie continentale. Certaines mesures seront beaucoup plus efficaces avec la coopération des États-Unis.»

Comme on l'offre parfois aux chefs d'État en visite au Canada, le président Calderón s'est adressé aux parlementaires réunis à la Chambre des communes. Le président a d'abord évoqué le long voyage des papillons monarques, qui chaque année quittent l'hiver canadien pour se réfugier sous le soleil mexicain, comme le symbole de l'amitié unissant les deux pays. Malgré le discours mielleux, il a déploré l'imposition de visas par le Canada aux visiteurs mexicains.

«Nous respectons entièrement le droit du Canada de prendre des décisions en ce qui concerne son système d'immigration. Je ne peux pas, toutefois, rater l'occasion de faire part de ma déception vis-à-vis ces événements et ces décisions. J'espère sincèrement que la solution qu'étudie en ce moment le Parlement [un projet de loi réformant le système d'accueil des réfugiés] servira de pont qui permettra de renouveler nos échanges de visiteurs.»

Le Devoir a révélé ce week-end que le nombre de visiteurs mexicains avait diminué de plus de la moitié depuis l'imposition d'un visa par le Canada. Ainsi, au cours des trois premiers mois de 2010, 29 100 Mexicains sont venus au Canada. Pour la même période en 2009, alors que l'obligation du visa n'était pas encore en place, ce chiffre était de 61 600. Ottawa avait annoncé sans prévenir le 14 juillet 2009 l'imposition d'un visa de manière à juguler le flot de demandeurs d'asile mexicains.

Le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, a confirmé qu'un changement à la politique canadienne ne surviendrait probablement pas avant 2011, quand la loi sera adoptée par le Parlement.
 
 
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