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Le feu qui couve

Manon Cornellier   17 mai 2010  Canada
La manifestation contre l'avortement, tenue jeudi dernier sur la colline parlementaire, n'était pas la première du genre. Chaque printemps, les groupes opposés à l'avortement se mobilisent de la sorte. Cette fois, cependant, il y avait quelque chose de différent dans le ton, dans l'humeur. Pour la première fois depuis longtemps, les 21 députés présents et tous les autres participants semblaient célébrer quelque chose.
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  • Jacques Légaré - Inscrit
    17 mai 2010 09 h 11
    Les femmes féministes sont invincibles. Que bonheur !

    Dernière heure sur le sujet: toute la classe politique féminine du Québec, une ministre libérale, la chef péquiste, la co-chef de Québec-solidaire, les mouvements de femmes ont brutalement, à peine polies, rabrouer ce monsieur Ouellette qui s'ennuie de Duplessis et de Pie X.

    Son appel à la criminalisation de l'avortement sera un coup d'épée dans l'eau bénite, comme ce fut le cas ses sorties médiatiques contre le mariage gay. Bref, son idéologie arriérée prend le bord de la marginalisation.

    Mais allons un peu plus loin. Qu'y-a-t-il derrière ces relents du passé qui crachent leurs dernières petites fumées ?
    Les conservateurs chrétiens (quasi synonymes) veulent le retour en arrière où des femmes se faisaient charcuter pour obtenir un avortement. Que faire ?
    Il faut dénoncer cette pensée stupide, arriérée en tout domaine qu'est toute religion. Ces croisés, plus que contrôlants mais bel et bien assassins de femmes en difficulté, qui dissimulent les pédophiles dans le placard, qui entretiennent l'homophobie qui pousse au suicide de nombreux jeunes gens méprisés et isolés, ont une philosophie criminelle.
    S'y rajoute une aberration incroyable: ce sont de vieux célibataires (curés et autres) qui exigent le retour à la brutalité d'antan contre les femmes (par la toute puissance du code criminel) dans un acte qui ne relève que de la liberté des femmes. Ce qui se passe dans le ventre d'une femme ne regarde que les femmes. Jamais ils ne l'accepteront, car ce qu'ils veulent, c'est la domination des esprits, et curieusement ils s'acharnent sur la domination du ventre des femmes... Ils tournent toujours autour de quelque perversion sexuelle (sadisme de contrôle), tordue, maquillée en vertu.

    Leur conception de la vie humaine, et de ce qui la produit (la sexualité), la maintient (le mariage) ou la termine (l'euthanasie) est pathologique, et le fut de tout temps. Ces archaïques profonds ne la veulent pas pour eux-mêmes, ce serait trop beau, et respecterait autrui. Ils veulent l'imposer aux autres par la toute puissance de la loi. Ce sont des fascistes mous, mous car on leur a enlevé les bûchers depuis des lustres. Ils récidivent dans leur besoin de domination et de contrôles sur autrui en exigeant la criminalisation d'actes dont ils sont les seuls à détenir une compréhension si arriérée.

    Le zygote, le foetus sont-ils des personnes humaines ? Débat intranchable, car la vie n'a pas de frontières absolument fixes (sauf au décès). Devrons-nous devenir végétariens pour ne pas tuer ? Pour la vie humaine, les débuts sont incertains, et surtout la viabilité (condition de toute vie) est elle aussi incertaine. Et même dans ce cas où, péremptoirement, on décréterait que la vie humaine commence au zygote, il faut décider si la vie de la mère, et plus encore la qualité de la vie de la mère, doivent être sacrifiées pour une vie qui n'est pas encore socialement et historiquement commencée.

    Si même on lui accorde le crédit d'être une vie qui a biologiquement commencé, ce n'est pas pour autant un droit à une vie sociale et future historiquement commencée, car ce droit est un acte qui relève de la volonté. Or la volonté des citoyens est toute personnelle quand il s'agit de ce qui se passe dans son ventre.

    Et c'est là où le débat est insoluble, il demeure donc de nature métaphysique: une affirmation qui ne repose que sur elle-même. En politique donc, quand un débat est insoluble, métaphysiquement concluant que pour des partisans, il faut respecter la liberté individuelle, donc la liberté de choix. Et le choix n'appartient qu'aux femmes qui ont le problème dans le ventre, et non aux religieux machistes dont l'anthropologie est primitive et qui l'ont imposée aux femmes par la violence dans le passé, et qui récidivent aujourd'hui en voulant la violence (la force publique) du code criminel.

    Il faut combattre avec toutes les armes légales et pacifiques à notre disposition cette clique de réactionnaires à l'anthropologie religieuse obsolète, et dont la philosophie arriérée est une honte et un déni du droit des femmes, de leur glorieuse lutte pour leur émancipation des religions et des violences machistes.


    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique, né 1948,
    Professeur (retraité) d'Histoire, d'Économique et de Philosophie
    http://oeuvres-de-jacques-legare.iquebec.com/
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  • France Marcotte - Abonnée
    17 mai 2010 11 h 56
    Est-ce le Québec qui fait le meilleur de l'identité canadienne?
    Je souhaite que monsieur Légaré ait raison et que nous les femmes soyons très fortes et avec nous les autres résistants à cette droite incidieuse, car le gouvernement Harper n'a pas fini de réserver de mauvaises surprises à en lire madame Cornellier. Son travail de sape des acquis des luttes progressistes est comme une armée de termites qui minerait le plancher par les fondations; un matin on se lève et le parquet ciré s'effondre. Que veulent faire du Canada ces gens et où sont à travers ce pays les citoyens qui s'opposent à eux à part au Québec et certains journalistes en Ontario? Et qu'attendent pour signifier leur désaccord les 60% de la population canadienne qui répondent par sondage qu'ils n'approuvent pas la décision d'exclure l'avortement de la contribution financière canadienne à la stratégie du G8 en matière de santé maternelle et infantile? N'y a-t-il donc que la voix du Québec pour empêcher ce pays de régresser?
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