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Refuser le silence

Manon Cornellier   5 mai 2010  Canada
La sénatrice conservatrice Nancy Ruth ne menaçait personne, lundi, quand elle a demandé aux détracteurs de la position du gouvernement Harper dans le dossier de l'avortement de ne pas faire de vagues d'ici le sommet du G8. Elle-même pro-choix, elle cherchait avant tout à les prévenir du danger qu'il y a à tenir bruyamment tête à ce premier ministre. Le contrecoup risque seulement d'être plus dur, et même de se faire sentir au pays.
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  • Normande Poirier - Abonnée
    5 mai 2010 10 h 17
    Silence de la Chambre?
    Les tentatives successives d'empiètements du gouvernement Harper en matière de droit reproductif des femmes, d’ici et d’ailleurs, sont de plus en plus déterminées. C’est avec inquiétude que je constate que les atteintes de monsieur Harper ne semblent rencontrer que peu de résistance en Chambre. Les libéraux et le Bloc Québécois déclarent publiquement leur opposition, mais que se passe-t-il en Chambre qui explique que le gouvernement minoritaire conservateur en arrive à ses fins? Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Le premier ministre détient-il le pouvoir d’accorder ou de retirer des subventions unilatéralement? Détient-il seul le pouvoir de déterminer le contenu des programmes d’aide offert par le Canada?

    Le Parlement n’a-t-il pas son mot à dire puisque, comme le fait remarquer madame Cornellier, « L’exclusion de l’avortement de la contribution canadienne à la stratégie du G8 sur la santé maternelle et infantile expose plus qu’un désaccord autour d’une politique de santé publique. Elle transporte le débat sur le terrain des droits » ? Des échos indignés devraient retentir de la Chambre ou d'autres instances!

    Le projet de monsieur Harper d’exclure l’interruption de grossesse des programmes d’aide internationaux est une stratégie indigne du Canada où l’égalité des sexes est un droit fondamental. La mesure frappera cruellement les plus démunies et les plus défavorisées de la planète, celles qui n’auront pas les moyens de payer pour un avortement sécuritaire.
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  • Polux - Inscrit
    5 mai 2010 14 h 38
    Politiques et subventions
    Comme tout gouvernement choisit quel bout de route ou quel pont on construira et où en favorisant les comtés qu'il a remporté, il accorde des subventions aux organismes en fonction de leur adhésion à ses politiques. Ceux qui s'étonnent de l'attitude de ce gouvernement-ci envers ceux et celles qui ne le soutiennent pas sont bien naïfs.

    Grâce à la faiblesse de l'opposition, qui représente plus ou moins 65% de la population quand même!, il peut, malgré qu'il soit minoritaire, sabrer à sa guise dans les acquis sociaux des cinquante dernières années. C'est le programme que poursuit ce gouvernement depuis qu'il est élu. Que ce soit ouvertement ou en catimini. Il a même réussi à soustraire à la Chambre le droit d'emprunter sur les marchés, donc à se délester d'une partie de son obligation de rendre compte à cette même Chambre en matière de finance. Il faut le faire.

    Il semble que cela ne déplaise pas assez aux électeurs pour qu'il le répudie. C'est vrai qu'il faudrait d'abord que l'opposition est le courage de le défaire en Chambre.
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  • France Marcotte - Abonnée
    5 mai 2010 20 h 17
    Se battre
    "...c'est en prenant la parole et en se battant sans relâche que les femmes canadiennes ont obtenu le droit de vote, celui d'être députée, d'être légalement autonomes et ainsi de suite."

    Depuis quelques années, il me semble que nous surfions sur les acquis des batailles passées et l'habitude de se battre s'est un peu émoussée. Les femmes, par le passé, se sont battues contre bien pire encore que ce gouvernement rétrograde. Le beau temps est terminé. Nous saurons, j'en suis certaine, reprendre le glaive.
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