Mes hommages, Michaëlle!
Dans mon Devoir du 29 avril dernier, j'ai lu une lettre d'opinion qui m'a mis hors de moi. On y tenait des propos malheureux sur Michaëlle Jean. Prétendant faire le bilan de ses années au poste de gouverneure générale, l'auteur François-Simon Labelle tire de tous bords, tous côtés, égratignant la carrière journalistique de Mme Jean, prêtant des intentions manipulatrices à son conjoint réalisateur et pourfendant à peu près tout ce qu'elle a pu dire ou faire au cours de son mandat. «Servilité», «flagornerie», «caprices», «spectacle grotesque»... tout y passe.
Monsieur, sachez qu'on peut ne pas être d'accord avec quelqu'un sans verser dans la hargne et la méchanceté. Comme le disait élégamment Barack Obama: «We can disagree without being disagreeable.»
Je remercie cependant l'auteur de ce déversement de fiel insupportable de me donner l'occasion de remercier Michaëlle Jean d'être ce qu'elle est, c'est-à-dire une femme exceptionnelle et inspirante.
Michaëlle, que vous ayez été un franc-tireur, cela est une lapalissade et, en fait, je vous en félicite. Vous avez été d'une audace rafraîchissante et vous vous êtes servi de cette tribune, non pas pour être une potiche décorative qui sombrera presque dans l'oubli, comme plusieurs de vos prédécesseurs, mais bien pour avoir un impact et promouvoir des valeurs extraordinaires chaque fois que vous avez jugé bon de le faire.
Intelligence et sensibilité
Je suis souverainiste depuis bientôt quarante ans et je ne partage pas toutes vos opinions, loin s'en faut, mais cela ne m'empêche pas d'apprécier le parfait mélange d'intelligence et de sensibilité qui vous habite. Comme on dit vulgairement: vous avez le coeur à la bonne place. Bien sûr, je n'ai pas vraiment apprécié le détournement de sens du 400e anniversaire de la fondation de Québec auquel vous vous êtes associée, ni les épisodes de prorogation du Parlement.
Certaines de vos actions étaient sûrement discutables, mais avec une personne aussi raffinée et cultivée que vous, on peut justement discuter. C'est malheureusement ce que semblent incapables de faire certaines personnes, et il y en a quelques-unes dans ma famille politique, qui ne savent que cracher sur tous ceux qui ne pensent pas comme elles. C'est dommage, car la souveraineté me semble être une cause respectable et légitime qui mérite mieux que ces grandes gueules fanatiques. La cause que je défends mériterait quelqu'un comme vous. Mais je rêve.
Utopie
Michaëlle, vous avez droit à votre opinion sur le pays et je la respecte même si je ne la partage pas. Votre vision du Canada me semble une utopie pleine de bonnes intentions, mais sachez que, si elle était réalisable, j'embarquerais avec vous sans hésiter. Cela dit, le monde a besoin d'idéalistes comme vous, de gens généreux qui sont un antidote au cynisme et à l'arrogance des pisse-vinaigres comme l'auteur de votre condamnation sans appel qui s'est exprimé dans mon journal.
En fait, vous êtes une des rares personnes dans le camp fédéraliste qui ne m'a pas fait honte d'être Canadien au cours des dernières années. Je ne serais pas surpris qu'un sondage sérieux vous range parmi les gens les plus respectables et les plus estimés de la population.
Honorable...
Je vous souhaite que ce passage houleux à Ottawa vous permette de faire un bilan réaliste, d'apprendre des erreurs que vous avez pu commettre, de vous réjouir de l'impact très positif que vous avez souvent eu, et vous serve de rampe de lancement pour réaliser les projets qui vous sont les plus chers et les plus personnels, car je suis convaincu qu'ils seront nobles (dans le bon sens du terme).
En terminant, vous me pardonnerez de vous appeler simplement par votre prénom, mais je crois que vous n'avez absolument pas besoin d'un titre pompeux pour le précéder. «Très honorable», vous l'êtes... naturellement.
***
Matthieu Roy-Décarie - Laval
Monsieur, sachez qu'on peut ne pas être d'accord avec quelqu'un sans verser dans la hargne et la méchanceté. Comme le disait élégamment Barack Obama: «We can disagree without being disagreeable.»
Je remercie cependant l'auteur de ce déversement de fiel insupportable de me donner l'occasion de remercier Michaëlle Jean d'être ce qu'elle est, c'est-à-dire une femme exceptionnelle et inspirante.
Michaëlle, que vous ayez été un franc-tireur, cela est une lapalissade et, en fait, je vous en félicite. Vous avez été d'une audace rafraîchissante et vous vous êtes servi de cette tribune, non pas pour être une potiche décorative qui sombrera presque dans l'oubli, comme plusieurs de vos prédécesseurs, mais bien pour avoir un impact et promouvoir des valeurs extraordinaires chaque fois que vous avez jugé bon de le faire.
Intelligence et sensibilité
Je suis souverainiste depuis bientôt quarante ans et je ne partage pas toutes vos opinions, loin s'en faut, mais cela ne m'empêche pas d'apprécier le parfait mélange d'intelligence et de sensibilité qui vous habite. Comme on dit vulgairement: vous avez le coeur à la bonne place. Bien sûr, je n'ai pas vraiment apprécié le détournement de sens du 400e anniversaire de la fondation de Québec auquel vous vous êtes associée, ni les épisodes de prorogation du Parlement.
Certaines de vos actions étaient sûrement discutables, mais avec une personne aussi raffinée et cultivée que vous, on peut justement discuter. C'est malheureusement ce que semblent incapables de faire certaines personnes, et il y en a quelques-unes dans ma famille politique, qui ne savent que cracher sur tous ceux qui ne pensent pas comme elles. C'est dommage, car la souveraineté me semble être une cause respectable et légitime qui mérite mieux que ces grandes gueules fanatiques. La cause que je défends mériterait quelqu'un comme vous. Mais je rêve.
Utopie
Michaëlle, vous avez droit à votre opinion sur le pays et je la respecte même si je ne la partage pas. Votre vision du Canada me semble une utopie pleine de bonnes intentions, mais sachez que, si elle était réalisable, j'embarquerais avec vous sans hésiter. Cela dit, le monde a besoin d'idéalistes comme vous, de gens généreux qui sont un antidote au cynisme et à l'arrogance des pisse-vinaigres comme l'auteur de votre condamnation sans appel qui s'est exprimé dans mon journal.
En fait, vous êtes une des rares personnes dans le camp fédéraliste qui ne m'a pas fait honte d'être Canadien au cours des dernières années. Je ne serais pas surpris qu'un sondage sérieux vous range parmi les gens les plus respectables et les plus estimés de la population.
Honorable...
Je vous souhaite que ce passage houleux à Ottawa vous permette de faire un bilan réaliste, d'apprendre des erreurs que vous avez pu commettre, de vous réjouir de l'impact très positif que vous avez souvent eu, et vous serve de rampe de lancement pour réaliser les projets qui vous sont les plus chers et les plus personnels, car je suis convaincu qu'ils seront nobles (dans le bon sens du terme).
En terminant, vous me pardonnerez de vous appeler simplement par votre prénom, mais je crois que vous n'avez absolument pas besoin d'un titre pompeux pour le précéder. «Très honorable», vous l'êtes... naturellement.
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Matthieu Roy-Décarie - Laval
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