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Avortement : L'aveu

Bernard Descôteaux   29 avril 2010  Canada
Les choses sont maintenant claires. Le gouvernement Harper refusera que la contribution canadienne au programme projeté du G8 pour la santé maternelle et infantile dans les pays du Sud serve à promouvoir l'avortement. La ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, l'a confirmé lundi à ses homologues venus à Halifax discuter de ce programme qui devrait être mis en place lors du sommet du G8 cet été.

Cet aveu de la ministre Oda — c'est bien de cela qu'il s'agit, un aveu qui survient après plusieurs semaines de démentis et faux-fuyants — est troublant. On a le net sentiment que le gouvernement a cherché à tromper le public sur ses intentions réelles.

Les besoins en matière de santé maternelle et infantile sont immenses. Hier, UNICEF Canada et cinq autres ONG rappelaient que chaque année neuf millions de femmes dans le monde voient leurs enfants mourir de maladies évitables. C'est le premier ministre Harper qui, dès le mois de janvier, annonçait sa volonté de rallier ses homologues du G8 à la création d'un fonds spécial. Puis, lui et ses ministres devaient peu à peu instiller l'idée d'exclure de ce programme toute forme de soutien à l'avortement.

Les pays partenaires du Canada ont joué de diplomatie à Halifax pour éviter que ces considérations idéologiques ne fassent dérailler ce projet. Ainsi, on ne retrouverait pas le mot «avortement» dans la définition de la planification familiale qui constituera une large part du programme projeté. Chaque pays pourra ainsi qualifier sa participation.

De jouer sur les mots comme l'ont fait les ministres conservateurs ne peut que créer la méfiance. L'inquiétude des ONG est grande. Sur le terrain, ce sont elles qui sont confrontées aux besoins. Il arrivera que l'avortement sera le seul recours possible pour assurer la santé des femmes sous leurs soins. Quels seront les exigences et les contrôles que le gouvernement canadien leur imposera dans l'octroi de fonds? On est dans le flou le plus total, la ministre Oda donnant encore une fois des indications contradictoires. Elle assure que les exigences du gouvernement à l'égard de l'avortement ne s'appliquent qu'au programme en voie de préparation. Mais elle ajoute que de toute façon, les programmes financés par l'ACDI ne soutenaient pas la pratique d'avortements. Il n'y aurait donc pas de changements de politiques. Pourtant, une ONG financée par l'ACDI qui fournissait un service d'avortement est en attente de son financement depuis déjà quatre mois. Pourquoi?

Le Bloc québécois dit craindre que si le gouvernement Harper refuse de financer les avortements à l'étranger, il veuille le faire aussi au Canada un jour. Tant qu'il est minoritaire, et c'est pour ça que les Canadiens ne veulent pas lui donner une majorité, il n'y a pas de réel danger à cet égard. Mais, ne nous surprenons pas si dans quelques semaines ou quelques mois, la ministre Oda annonce le retrait de tout financement aux organismes oeuvrant à l'étranger qui font la promotion de l'avortement. Les valeurs de ce gouvernement le portent vers là. Sa situation l'oblige à agir par la porte d'en arrière, mais il ne trompe personne.
 
 
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  • Claude Desjardins
    Abonné
    jeudi 29 avril 2010 07h12
    Libre choix
    Le libre choix est menacé au Canada par l'idéologie Réformiste ouest canadienne. Le fossé est tellement immense entre nos valeurs ici au Québec et celles des réformistes qu'elle justifiera à elle-même, si les conservateurs deviennent majoritaires à la chambre de communes, une remise en question de notre adhésion à la fédération canadienne.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 29 avril 2010 08h42
    Ne mêlez pas les cartes
    Ce n'est pas parce que l'avortement n'est pas criminalisé qu'il doit nécessairement être financé par nos taxes et impôts.

  • Elise Bonnette
    Inscrit
    jeudi 29 avril 2010 08h48
    L'avortement, idéologie mortifère
    L'avortement n'est pas une question de santé, mais d'idéologie mortifère. Ceux qui se soucient vraiment de la santé "maternelle et infantile" ont plutôt à cœur de fournir l'accès aux médicaments, aux hôpitaux et cliniques, à la prévention, etc.
    Il faut être rendu bien bas comme société pour prétendre que l'avortement est un "droit" et un "progrès"
    Élise B.

  • Normande Poirier
    Abonnée
    jeudi 29 avril 2010 09h25
    Les droits reproductifs menacés

    On lit dans « Le Devoir » du 28 avril 10 que, par respect pour la « volonté de la Chambre », le premier ministre refusera de financer des avortements dans les pays en développement. Notons qu’il y a une certaine fourberie chez monsieur Harper à évoquer ici le « respect de la Chambre » au moment même où il vient de perdre la bataille qu’il livrait pour éviter, à la demande du Parlement justement, de remettre à l’opposition des documents non censurés.

    Pendant que le gouvernement élu s’emploie, par divers moyens, à limiter les droits reproductifs des femmes, avec l’aval des gouvernements conservateurs canadien et albertain, des multinationales exploitent les gisements de sables bitumineux de l’Athabasca provoquant des dommages irréparables à l’environnement et décimant les populations autochtones (des gens bien en vie ceux-là!) au point que certains parlent de génocide. On ne peut que déplorer la cupidité des grandes pétrolières. Où sont-elles les lois pour réglementer cette course effrénée au profit et protéger les résidents? Il semble qu’on débatte peu de ces questions en Chambre.

    Il est certain qu’il est dans le plus grand intérêt du gouvernement Harper de détourner l’attention des bien-pensants des scandales et des dépradations de Fort McMurray. À ce titre, toute controverse arrive à point nommé.

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 29 avril 2010 10h26
    Le poids des mots
    Je ne comprends pas cette phrase-choc qui ouvre votre éditorial M.Descôteaux: [Le gouvernement Harper refusera que la contribution canadienne au programme projeté du G8 pour la santé maternelle et infantile dans les pays du Sud serve à promouvoir l'avortement.]
    Promouvoir l'avortement...c'est une expression très dure et je ne pense pas que, dans ce projet, l'avortement soit considéré d'une façon aussi, disons, cavalière. Il s'agit plutôt d'un ultime moyen de sauver la vie ou d'améliorer les conditions de vie de femmes dans des pays où l'avortement peut même être interdit. Et serve à promouvoir l'avortement où? Ici? Certainement pas là-bas quand on y parle plutôt de mesure humanitaire. C'est plutôt de la contraception dont on fera la promotion. Je devine un peu le poids qu'ont les mots pour le journalisme et je trouve le choix de ceux-là plutôt ambigu.

  • Susie Lamarche
    Inscrit
    jeudi 29 avril 2010 10h32
    Idéologie mortifère? Pas criminalisé????
    Si je me souviens bien, l'avortement, tel que défini par la Loi de l'assurance-santé du Canada (et du Québec itou) et pratiqué tout à fait légalement dans des cliniques et hôpitaux tant publics que privés, et remboursé par les différents programmes de santé publique, est, selon le fameux jugement de la Cour suprême dans l'affaire Morgentaler, un acte légal (pas "pas criminalisé", mais LÉGAL), dont la pertinence médicale, la légitimité tant éthique que thérapeutique et les bénéfices concrets ne sont plus à démontrer tant en matière de santé des femmes (grossesse adolescente ou résultant d'un viol, risques de handicap sérieux ou de mortalité des parturientes, risques psychiatriques sévères liés à la grossesse et à la responsabilité parentale, etc.) qu'en matière de santé des bébés, hélas, mal venus ou non désirés à qui il est parfaitement indécent et immoral d'imposer - au nom de quoi, au juste? - une vie de souffrance physique, psychologique, affective et sociale.

    Si cela est vrai au Canada (dixit la Cour suprême) où la prévention, les campagnes d'information et de sensibilisation, l'éducation sexuelle à l'école, la disponibilité soit en vente libre soit par prescription des moyens contraceptifs mécaniques et chimiques (condom, pilule, diaphragme, etc.), des tests de compatibilité génétique des futurs parents, des tests de grossesse et de la pilule du lendemain, font partie de la vie normale des femmes et des hommes normaux qui vivent sur le terrain la dure réalité de la parentalité, c'est encore plus vrai dans les zones où rien de tout cela n'existe et où les ONG canadiennes et autres interviennent dans des contextes de surpopulation catastrophique, de grande misère économique et sociale, de conflits armés (où le viol et les déplacements massifs de population sont des armes comme les autres), de tolérance culturelle à l'abus et au troc des femmes (proxénétisme, mariage des petites filles, exploitation sexuelle des travailleuses immigrées ou des populations réfugiées, etc.). Quand au Mali, au Congo, en Bosnie, au Pérou ou dans certains quartiers beaucoup plus proches de nous, une fillette de 13 ans, enceinte de son oncle ou du premier voyou ou soldat ou curé qui a réussi à la coincer... et chassée par les siens, démunie, en danger, débarque à la clinique, vous faites quoi, monsieur Lafrance? Et vous, madame Bonnette? Vous leur faites la morale? Vous leur parlez de Dieu et des vertus de l'abstinence?

    Longtemps l'indésiré fut dans nos sociétés le poids visible du péché, la punition perpétuelle, condamnation à vie pour la mère et l'enfant, de toutes les "vicieuses" qui fautaient sans vergogne. Qu'on se rappelle seulement l'infâme pratique des hospices où allaient accoucher les filles-mères de jadis, consistant à refuser tout analgésique durant le travail sous prétexte que, conçu dans la luxure, c'est dans la souffrance brute que le bâtard doit naître. Ces temps de chasse aux femmes au nom du grand dogme patriarcal sont, j'espère, révolus en ce pays « plus meilleur du monde » où la Loi et les règles proclament, paraît-il, l’égalité des sexes et donc, puisque cette tâche incombe très largement aux femmes, le choix de faire des enfants et de les élever dignement, mais l'oreille du bigot, néo-Savonarole en mal d'interdits, pointe dans toute la politique du gouvernement Harper et, cela me désole, jusqu'en ces commentaires. La bête misogyne n'est pas morte, oh que non ! Elle cherche à mordre, encore et encore et encore...

  • Philippe Belzile
    Abonné
    jeudi 29 avril 2010 11h31
    Merci Susie Lamarche
    Je ne peux que réitérer.

  • Georges Allaire
    Inscrit
    jeudi 29 avril 2010 12h18
    L'amour donne la vie et ne le prend pas.
    «santé maternelle et infantile» par l'avortement?

    La santé physique de l'enfant ne s'améliore guère et la santé psychologique de la mère en prend un coup. Quand on songe aux trente mille mères par année qui font déchiqueter leur enfant... le nombre minimal des femmes qui participent aux manifestations et aux pétitions en soutien de l'avortement démontre qu'on ne sent pas tellement bien après le fait. Passe encore quand on croyait mythiquement que le foetus n'était qu'un tas infirme de cellules... Mais les échographies en trois dimensions ne laissent aucun doute pour une mère qu'elle a fait démembres son enfant.

    Dieu merci pour un gouvernement qui repousse cette «solution». Il est l'allié du corps, du coeur et de l'esprit de la mère.

  • Maurice Gauvreau
    Inscrit
    jeudi 29 avril 2010 12h39
    Santé
    Jamais je ne serai d'accord avec le fait qu'on inclut la mort des enfants dans la notion de santé maternelle et infantile. C'est une absurdité. L'être humain, même dans le sein de sa mère, a droit à la vie. Disons les vraies choses: Après les avoir appauvri avec notre développement on veut les aider à devenir moins nombreux et ainsi on pourra se dispenser de leur venir en aide et pouvoir maintenir notre niveau de vie. Déjà que je frémis quand je pense que mon argent sert à tuer des petits humains chez nous. Et que penser de cette totale absurdité qui fait que dans le pluss beau pays du monde un enfant ne reçoit son certificat ISO humain que lorsqu'il est sorti vivant du ventre de sa mère?

  • Maurice Gauvreau
    Inscrit
    jeudi 29 avril 2010 12h47
    Cour suprême
    Et attention quand on parle du jugement de la cour suprême. Elle a seulement dit que les dispositions du code criminel d'alors étaient discriminatoires donc ne respectaient pas la charte, et elle priait le Gouvernement de refaire ses devoirs, ce que tous les gouvernements par la suite ont refusé de faire en tremblant dans leurs culottes. Ce qui fait qu'au Canada on est un des très rares pays dits civilisés qui n'a aucun encadrement légal relativement à l'avortement. Bravo

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 29 avril 2010 14h12
    Merci pour la clarté
    Oui merci Susie Lamarche d'avoir pris la peine de rappeler ces évidences. Nulle part, ni ici ni ailleurs, il n'est question de promouvoir l'avortement mais de répondre à des besoins fondamentaux lourds de conséquences.

  • pierre m de ruelle
    Inscrit
    jeudi 29 avril 2010 15h11
    dommage pour mon parti conservateur ( anciennement Progessiste)
    je suis un conservateur progessiste, mais je n'adhere pas a la doctrine religieuse du Reform , ou alliance , en vogue chez certains membres du parti Conservateur actuel qui ferait que les femmes perdent leurs droits a l'avortement.
    C'est impossible, et j'ose croire que cela marquerait la fin de ces vieilles doctrines qui empestent mon parti Conservateur actuel!
    Anyway je ne crois pas que nous revenions en arriere, le ciel nous en preserve, et bravo a Mme Lamarche que je seconde de toute mon Ame.
    Les femmes a travers le monde meritent toute la liberte possible, elles sont maitres de leur corps!

  • d.lauzon
    Inscrit
    jeudi 29 avril 2010 19h37
    Oui à l'avortement mais surtout l'accessibilité aux moyens de contraception
    Il fut un temps pas si lointain dans notre pays où on ne parlait pas de contraception et les filles et femmes qui décidaient de ne pas garder leur enfant optaient pour l'adoption ou se faisaient avorter dans des conditions épouvantables qui souvent mettaient leur vie en danger. Cette période noire où la religion imposait ses règles est révolue, du moins dans les pays occidentaux. Cependant, il en est tout autre dans les pays sous-développés, surtout dans les pays musulmans où les femmes subissent la loi des hommes et des dictateurs religieux. Ces femmes ont un besoin urgent de contraceptifs (pilule, diaphragme, condon) et surtout d'avoir à leur disposition des médecins qui pourraient pratiquer la ligature des trompes et pourquoi pas la vasectomie pour les hommes. La planète est surpeuplée. Une action massive doit être entreprise pour tenter de ramener le taux de natalité à un niveau acceptable. Certains experts disent qu'il faudrait trois planètes comme la nôtre pour subvenir aux besoins de tous les habitants. Les Nations Unies doivent agir avec des moyens concrets si on veut éviter une catastrophe pire que celle qui l'on connaît actuellement.

  • Maurice Roberge
    Inscrit
    vendredi 30 avril 2010 13h51
    Oh! là, là!


    Oh! là, là! monsieur Descôteaux, vouloir financer ses misères spirituelles et morales à l'étranger, faut le faire!

    On n'a plus les missionnaires qu'on avait. C'est cela qui est vraiment troublant.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    vendredi 30 avril 2010 17h58
    L'avortemnt en Afrique
    Vous savez comme moi que la vie sexuelle des Africains ne se compare même pas avec la vie sexuelle des Occidentaux. Pensez vous vraiment que les Africaines sont en position de refuser des rapports sexuels de leur(s)? conjoints? Cesi étant dit, l'avortement ne serait pas une solution pour elles, parce qu'elles devront se faire avorter plusieurs fois par année si elles ne veulent pas avoir d'enfants. @ M. Desjardins: Vous seriez prêt à vous séparer du Canda pour une question d'avortement? Pauvre de vous, comme dirait Sol. Et l'avortement pour vous est une "valeur" québécoise?

  • Finton Wade
    Inscrit
    lundi 6 septembre 2010 10h32
    L'avortement une maladie sociale?
    Je dois payé pour des avortements par l'entremise des taxes canadiennes! Pourquoi devrais-je payer pour <ca! La pluspart des avortements ne sont pas theurapeutiques!Elles avortent parce qu'elles le veulent. Si je dois payer pour cela alors pourquoi nos taxes deveraient t - ils pas payer aussi pour les soins dentaires, les faces lifts, les seins artificles, les changements de sexe qui ne font pas parti de l'Assurance Santé Du Canada? Si l'on donne à un groupe on devraient-on pas donner aux autres aussi? Bientot, nos taxes vont payer pour mettre les personnes agées, les handicapés, les sans-abris et les pauvres à mort! Pourquoi cette culture de mort? Pauvre Canada!

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