Ottawa garde secret le coût de la sécurité du G8 et du G20
L'événement d'à peine trois jours serait le plus coûteux de toute l'histoire canadienne, y compris les Jeux olympiques de Vancouver
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Le sommet du G8 ne durera que deux jours au maximum. Celui-ci doit avoir lieu les 25 et 26 juin, mais le G20, lui, se tiendra les 26 et 27 juin au Palais des congrès du Grand Toronto.
Ottawa — Le gouvernement du Canada refuse de dévoiler combien il a dépensé jusqu'à présent pour assurer la sécurité des sommets du G8 et G20 devant se tenir cet été en Ontario. On sait seulement qu'une somme supplémentaire de 179,4 millions de dollars a été accordée. Ottawa croit que cet événement d'à peine trois jours sera le plus coûteux de toute l'histoire canadienne, y compris les récents Jeux olympiques de Vancouver.
Le financement imprévu de 179,4 millions de dollars a été rendu public la semaine dernière alors que tous les regards étaient tournés vers le budget fédéral. La somme est légèrement supérieure à celle accordée pour aider Haïti dans la foulée du séisme (176,1 millions). Elle servira, disent les documents fédéraux, à «concevoir, à planifier et à coordonner les activités de sécurité pour les sommets».
Plus exactement, l'argent servira à acheter des équipements de communication sans fil et fournir aux policiers de l'hébergement temporaire. Le gouvernement conservateur a choisi de ternir le sommet des chefs des pays du G8 dans la petite ville bucolique ontarienne de Huntsville, dans la région de Muskoka. La ville n'offre pas assez de chambres d'hôtel pour accueillir les délégations de tous les pays ainsi que les divers organisateurs et policiers, d'où le besoin de construire des installations temporaires pour ces derniers.
Le sommet du G8 ne durera que deux jours au maximum. Celui-ci doit avoir lieu les 25 et 26 juin, mais le G20, lui, se tiendra les 26 et 27 juin au Palais des congrès du Grand Toronto, à deux heures de route au sud de Huntsville. Comme les délégations n'auront pas le temps d'effectuer le trajet, il est prévu que plusieurs participants partent dès le 25 au soir pour la «vraie» rencontre du lendemain à Toronto.
Des coûts secrets
Le ministère de la Sécurité publique refuse obstinément de dévoiler combien d'argent a été consacré jusqu'à présent en vue d'assurer la sécurité des sites des sommets. Les demandes répétées du Devoir depuis le début de la semaine n'ont reçu que des phrases creuses pour toute réponse.
«Le Canada a l'honneur d'accueillir les leaders mondiaux les plus influents», dit le premier courriel reçu du ministère. «La tenue des sommets exige une planification complexe en matière de sécurité afin que nous soyons prêts à faire face à toute éventuelle urgence ou menace», continue-t-il. «Le GIS [Groupe intégré de sécurité] appuie le droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique, qui est garanti par la Charte canadienne des droits et libertés.» Ou encore: «Nous sommes sur la bonne voie pour assurer la sécurité et la sûreté des sommets du G8 et du G20.»
Chaque fois que Le Devoir est revenu à la charge et a demandé combien d'argent Ottawa avait réservé jusqu'à présent pour la sécurité, le ministère a esquivé la question en disant que ce n'est qu'après les sommets, une fois les autres ordres de gouvernement dédommagés pour l'utilisation de leurs corps policiers, que la somme totale sera connue.
Les deux sommets totalisant trois jours sont présentés comme les événements dont la sécurité coûtera le plus cher dans l'histoire du pays. Ils nécessiteront la participation de la police torontoise, de la police provinciale de l'Ontario (OPP), de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de l'armée et de la police régionale de Peel.
«La collaboration nécessaire entre tous les corps policiers et les professionnels de la sécurité pour assurer la sécurité de ces sommets se soldera par l'événement nécessitant le plus de sécurité dans l'histoire canadienne», est-il écrit dans un rapport provenant d'Ottawa qui a été lu au conseil municipal de Toronto le mois dernier.
Les 179,4 millions de dollars accordés serviront en premier lieu à la GRC (131,7 millions), puis au ministère de la Sécurité publique (31,8 millions), à la Défense nationale (11,7 millions), à Industrie Canada (2,7 millions) et même au Service canadien du renseignement de sécurité (570 000 $).
Les Jeux olympiques de Vancouver ont finalement coûté 900 millions de dollars, beaucoup plus que les 175 millions d'abord prévus. Les Jeux ont duré 17 jours.
Le Canada est l'hôte du G8, regroupant les sept pays les plus industrialisés — à l'origine — de la planète (États-Unis, Japon, Grande-Bretagne, France, Italie, Allemagne, Canada) ainsi que la Russie.
Ottawa a été en quelque sorte obligé de tenir aussi un sommet des leaders du G20. Le G20 était au départ un forum de ministres des Finances né à la fin des années 1990 en réponse à la crise asiatique. Les pressions se sont accentuées au fil des ans pour qu'il remplace le G8, de moins en moins représentatif de la géopolitique mondiale.
Le premier ministre Stephen Harper, craignant une dilution de l'influence canadienne, s'y était opposé. Crise économique mondiale aidant, la communauté internationale, sous le leadership du président Barack Obama, en a décidé autrement cet été. Le Canada a été invité à assurer la transition en tenant les deux sommets. Le G20 n'a pu avoir lieu au même endroit que le G8 à cause d'un manque d'infrastructures.
Le financement imprévu de 179,4 millions de dollars a été rendu public la semaine dernière alors que tous les regards étaient tournés vers le budget fédéral. La somme est légèrement supérieure à celle accordée pour aider Haïti dans la foulée du séisme (176,1 millions). Elle servira, disent les documents fédéraux, à «concevoir, à planifier et à coordonner les activités de sécurité pour les sommets».
Plus exactement, l'argent servira à acheter des équipements de communication sans fil et fournir aux policiers de l'hébergement temporaire. Le gouvernement conservateur a choisi de ternir le sommet des chefs des pays du G8 dans la petite ville bucolique ontarienne de Huntsville, dans la région de Muskoka. La ville n'offre pas assez de chambres d'hôtel pour accueillir les délégations de tous les pays ainsi que les divers organisateurs et policiers, d'où le besoin de construire des installations temporaires pour ces derniers.
Le sommet du G8 ne durera que deux jours au maximum. Celui-ci doit avoir lieu les 25 et 26 juin, mais le G20, lui, se tiendra les 26 et 27 juin au Palais des congrès du Grand Toronto, à deux heures de route au sud de Huntsville. Comme les délégations n'auront pas le temps d'effectuer le trajet, il est prévu que plusieurs participants partent dès le 25 au soir pour la «vraie» rencontre du lendemain à Toronto.
Des coûts secrets
Le ministère de la Sécurité publique refuse obstinément de dévoiler combien d'argent a été consacré jusqu'à présent en vue d'assurer la sécurité des sites des sommets. Les demandes répétées du Devoir depuis le début de la semaine n'ont reçu que des phrases creuses pour toute réponse.
«Le Canada a l'honneur d'accueillir les leaders mondiaux les plus influents», dit le premier courriel reçu du ministère. «La tenue des sommets exige une planification complexe en matière de sécurité afin que nous soyons prêts à faire face à toute éventuelle urgence ou menace», continue-t-il. «Le GIS [Groupe intégré de sécurité] appuie le droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique, qui est garanti par la Charte canadienne des droits et libertés.» Ou encore: «Nous sommes sur la bonne voie pour assurer la sécurité et la sûreté des sommets du G8 et du G20.»
Chaque fois que Le Devoir est revenu à la charge et a demandé combien d'argent Ottawa avait réservé jusqu'à présent pour la sécurité, le ministère a esquivé la question en disant que ce n'est qu'après les sommets, une fois les autres ordres de gouvernement dédommagés pour l'utilisation de leurs corps policiers, que la somme totale sera connue.
Les deux sommets totalisant trois jours sont présentés comme les événements dont la sécurité coûtera le plus cher dans l'histoire du pays. Ils nécessiteront la participation de la police torontoise, de la police provinciale de l'Ontario (OPP), de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de l'armée et de la police régionale de Peel.
«La collaboration nécessaire entre tous les corps policiers et les professionnels de la sécurité pour assurer la sécurité de ces sommets se soldera par l'événement nécessitant le plus de sécurité dans l'histoire canadienne», est-il écrit dans un rapport provenant d'Ottawa qui a été lu au conseil municipal de Toronto le mois dernier.
Les 179,4 millions de dollars accordés serviront en premier lieu à la GRC (131,7 millions), puis au ministère de la Sécurité publique (31,8 millions), à la Défense nationale (11,7 millions), à Industrie Canada (2,7 millions) et même au Service canadien du renseignement de sécurité (570 000 $).
Les Jeux olympiques de Vancouver ont finalement coûté 900 millions de dollars, beaucoup plus que les 175 millions d'abord prévus. Les Jeux ont duré 17 jours.
Le Canada est l'hôte du G8, regroupant les sept pays les plus industrialisés — à l'origine — de la planète (États-Unis, Japon, Grande-Bretagne, France, Italie, Allemagne, Canada) ainsi que la Russie.
Ottawa a été en quelque sorte obligé de tenir aussi un sommet des leaders du G20. Le G20 était au départ un forum de ministres des Finances né à la fin des années 1990 en réponse à la crise asiatique. Les pressions se sont accentuées au fil des ans pour qu'il remplace le G8, de moins en moins représentatif de la géopolitique mondiale.
Le premier ministre Stephen Harper, craignant une dilution de l'influence canadienne, s'y était opposé. Crise économique mondiale aidant, la communauté internationale, sous le leadership du président Barack Obama, en a décidé autrement cet été. Le Canada a été invité à assurer la transition en tenant les deux sommets. Le G20 n'a pu avoir lieu au même endroit que le G8 à cause d'un manque d'infrastructures.
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