dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Ottawa est «déçu», mais n'exigera pas plus de français pour la clôture

Guillaume Bourgault-Côté   16 février 2010  Canada
Ottawa — «Déçu» de la faible présence du français durant la cérémonie d'ouverture des Jeux de Vancouver, le gouvernement ne demandera pas pour autant aux organisateurs de faire un effort supplémentaire pour la cérémonie de clôture. Ce n'est pas son rôle, dit-on à Ottawa, alors que des critiques ont continué de fuser hier autour d'un couac annoncé.

Le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, s'attendait à entendre plus de français qu'il n'y en a eu, vendredi, comme le comité organisateur l'avait promis. Mais le contenu de la cérémonie d'ouverture demeure jusqu'ici le «seul hic» d'un événement autrement complètement bilingue, estime son attachée de presse, Deirdra McCracken.

«Jusqu'à maintenant, on est satisfaits», a-t-elle indiqué hier au Devoir. À l'aéroport, dans les rues de la ville, «il n'y a aucun problème» et M. Moore «donnerait 20 sur 20 pour le bilinguisme à Vancouver, surtout que ce n'est pas une ville bilingue. Le français est la huitième langue parlée ici, et [les organisateurs] ont fait de bons efforts», dit-elle en ciblant une seule exception: la cérémonie d'ouverture.

James Moore a donc parlé directement aux organisateurs pour «exprimer sa déception», mais il n'a pas fait de demandes officielles pour les inciter à rectifier le tir lors de la cérémonie de clôture. «Ce n'est pas le gouvernement qui va décider du contenu d'une cérémonie comme ça, explique Mme McCracken. Ce n'est pas notre rôle, il y a une équipe créative pour ça. On a confiance qu'on verra lors de [la clôture] le même niveau de bilinguisme qu'on a observé» depuis trois jours.

Patrimoine canadien a investi 20 millions dans la cérémonie d'ouverture. Le gouvernement estimait que c'était une occasion de «mettre en vedette notre culture», la cérémonie servant notamment à «mettre en valeur la dualité linguistique» du pays. Une autre somme de 7,7 millions a été investie par Patrimoine canadien pour que les Jeux soient bilingues.

Prévisible?

Or, la cérémonie de vendredi a laissé une place très étroite à la langue française. À part une chanson interprétée par Garou et quelques présentations, l'essentiel du spectacle s'est déroulé en anglais. Un poème de François-Xavier Garneau n'a par exemple été lu qu'en version traduite. La vasque olympique était à peine allumée que les protestations se faisaient entendre.

Hier, le directeur général du Comité organisateur (COVAN), John Furlong, a défendu les choix faits en rappelant que Garou a chanté à un moment-clé du spectacle. «L'hymne olympique a été chanté dans les deux langues, il y avait des artistes québécois dans les tableaux du spectacle, le serment des officiels a été livré en français tandis que celui des athlètes l'a été en anglais. Tout au long du spectacle, nous tentions d'avoir les deux cultures bien représentées», a-t-il dit avant de défendre les efforts faits par le COVAN pour présenter des Jeux le plus bilingues possible.

Mais le couac de vendredi aurait-il pu être évité? Le gouvernement aurait-il pu se montrer plus sévère envers le COVAN pour s'assurer que le français ait sa place dans la cérémonie? Le rapport de suivi Vancouver 2010: une occasion en or sur la dualité linguistique présenté en septembre 2009 par le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, le laisse entendre.

M. Fraser notait alors que les exigences linguistiques rattachées à l'octroi des subventions de Patrimoine canadien n'étaient pas claires. Notamment, «la clause selon laquelle le programme des cérémonies d'ouverture et de clôture "inclut des participants et des activités représentant les deux groupes de langue officielle" pourrait signifier que la seule présence d'artistes d'un groupe linguistique dans les activités visuelles (danse, cirque) permet de satisfaire à cette exigence», remarquait M. Fraser.

Le commissaire affirmait qu'il fallait plutôt que «la présence de chaque groupe linguistique se concrétise aussi par des éléments où la langue est le moyen d'expression». Les craintes soulevées par M. Fraser semblent s'être concrétisées: hier, le grand manitou des cérémonies, David Atkins, s'étonnait de la polémique en soulignant «que tout le côté esthétique de la cérémonie laissait transparaître l'influence de la culture francophone».

Graham Fraser s'est plaint de la situation à Patrimoine canadien et au COVAN, disait-on hier à son bureau. M. Fraser s'est assuré que le COVAN a «bien compris sa réaction». Comme James Moore, il s'attendait à beaucoup plus: il avait eu dans les derniers mois plusieurs rencontres «au plus haut niveau» pour s'assurer que les cérémonies feraient une place importante à la culture francophone.

Le commissaire croyait aussi que le COVAN avait compris le message, après un premier accroc survenu il y a un an. Un spectacle lançant le compte à rebours avant les Jeux n'avait alors accordé au français qu'une place «minime», ce qui avait «suscité des réflexions et des discussions intenses au sein du COVAN et de Patrimoine canadien au sujet du principe» du bilinguisme lors des cérémonies des Jeux.

Incompréhension

Au Bloc québécois, on se montre «extrêmement choqué» par la situation, mais «pas surpris». Le leader parlementaire, Pierre Paquette, rejette une bonne partie de la faute sur le gouvernement conservateur. «Ça fait un an qu'on questionne James Moore et qu'il nous répond que ce seront les jeux les plus bilingues de l'histoire [...]. Soit il a échoué dans sa capacité d'influencer les organisateurs, soit c'était de la poudre aux yeux des francophones». Selon M. Paquette, la situation démontre une «dynamique où le français est devenu une langue quasi folklorique pour le Canada».

Joint hier matin par téléphone, le chef libéral, Michael Ignatieff, a dit espérer que «les organisateurs vont faire mieux à la clôture [...]. J'attends un geste important, il faut qu'ils répondent». Selon lui, «les intentions [des organisateurs] sont bonnes, mais il y a un manque d'attention à ce point de notre identité nationale», dit-il. Le NPD a lui aussi exprimé sa déception devant l'absence du français, et son souhait de voir la situation corrigée.

***

Avec La Presse canadienne
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Francis CHOISEL - Inscrit
    16 février 2010 02 h 59
    Bilinguisme officiel
    Ce que l'article omet de signaler, c'est que la présence visible du français dans les Jeux Olympiques n'est pas seulement commandée par le bilinguisme canadien. Elle l'est aussi, et surtout devrait-on même dire, par le bilinguisme officiel des jeux eux-mêmes. La question se pose en effet, quelle que soit la nation organisatrice.
    C'est donc le moment de souligner que le français n'est pas seulement une langue candienne ou québécoise, mais mondiale, universelle. Il ne s'agit pas seulement de montrer qu'on parle français au Canada mais de s'adresser aux francophones des cinq continents et à tous ceux qui, sur les mêmes cinq continents, le comprennent ou le parlent, bien que ce ne soit pas leur langue maternelle.
    Peu importe donc que le français soit la "huitième langue parlée sur place", à moins que l'on ne considère la compétition olympique comme un simple événement local...
    C'est le moment aussi de rappeler que le français est la langue fondatrice des jeux, celle du Français Pierre de Coubertin qui les a ressuscités, et à qui c'est le moyen de rendre un juste hommage tous les quatre ans.
    Il faut donc espérer que les mesures nécessaires seront prises pour que l'équilibre entre les deux langues soit rétabli à l'occasion de la cérémonie de clôture. Je dis bien "à l'occasion" et non pas "lors de". Autrement dit, il ne suffira pas que le français et l'anglais y soient placés sur un pied d'égalité, mais que, symétriquement, il y ait autant d'anglais à la clôture que de français à l'ouverture, et autant de français à la clôture que d'anglais à l'ouverture.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • François Ricard - Abonné
    16 février 2010 06 h 42
    Le ROC est anglophone
    Le Canada, dans son ensemble premier, est un pays anglophone. Il n'y a que des québécois francophones à ne pas reconnaître ce fait indubitable. Et encore là, ce ne sont pas tous les québécois francophones qui partagent cet avis. Car il y a longtemps que l'indépendance serait faite.On aime mieux ''revendiquer''. Des quêteux nés!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Rousseau - Inscrit
    16 février 2010 07 h 22
    Faillite fédérale.
    Le fédéral a grassement subventionné les jeux de Vancouver avec nos taxes mais il n'a même pas pu s'assurer que la cérémonie d'ouverture reflète la dualité non seulement des jeux eux-mêmes mais aussi du pays hôte, qui se dit avoir deux langues officielles. Il est évident que le gouvernement Conservateur n'en a rien à foutre des langues officielles et laisse faire les organisateurs, sachant fort bien que le français n'a pas de place dans une ville comme Vancouver. Comme ils l'ont dit à plusieurs reprises, le français est la 8è langue parlée dans cette ville et ces jeux sont des jeux de village.

    Le fédéral a encore failli à ses responsabilités en matière de langues officielles pour un événement qui a été vu par des millions de téléspectateurs à travers le monde. Il est probable que les Conservateurs, malgré les larmes de crocodile de M. Moore, sont bien contents de la tournure des événements - pour eux il est évident que le français est un mal nécessaire pour avoir des votes au Québec mais que le Canada est un pays unilingue anglais, une monarchie anglo-saxonne par surcroît. À bon entendeur, salut!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    16 février 2010 07 h 52
    Fair play
    L'esprit olympique, c'est le «fair play». Mais il semble que cette notion est très difficile à intégrer pour la majorité des anglophones. Pour eux, c'est la loi du plus fort et «winner takes all».
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • T. Julien - Inscrit
    16 février 2010 07 h 55
    Quand le ridicule étouffe...
    A lire certains, il faudrait peut-être que les membres du gouvernement Harper aient eux-mêmes organisés les cérémonies.

    Le service du 'Patrimoine canadien' a donné, par écrit, ses instructions aux responsables du Commité organisateur POUR "mettre en valeur la dualité du pays".

    Toutefois, il semblerait que les instructions furent 'mal interprétées'; OR, selon certains (nationalistes 'Québécois) l'erreur commise devrait probablement nécessité 'la pendaison publique' non seulement de M. Moore mais de tout les membres du gouvernement Harper ??? ... Franchement, quand le ridicule étouffe ... on fait dure pis pas à peu près!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Philippe Manning - Inscrit
    16 février 2010 08 h 31
    Dualité linguisique
    Le problème du français au Canada est qu'il ne peut avoir deux langues officielles de deux peuples fondateurs. Connaissez vous un pays où ça fonctionne??

    Même à l'intérieur des jeux Olympiques ça ne fonctionne pas. La question est... Est-ce que les Québécois sont prêts à perdre leur accent, sur le «é» de Québec ou non?

    Pour ma part mon choix est fait, cet accent représente mon identité en terre d'Amérique.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bernard Gervais - Abonné
    16 février 2010 08 h 32
    L'amnésie des organisateurs des Jeux de Vancouver
    On dirait que lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Vancouver, les organisateurs de cet événement ont, non seulement oublié que le Canada était un pays bilingue, mais également que le français était l'une des langues officielles des Jeux olympiques (C.I.O.).

    Incroyable à dire, mais les Américains avaient fait mieux lors des Jeux de Salt Lake City. Et n'oublions surtout pas surtout ceux de Barcelone en 1992 où la présentation était toujours faite en 4 langues (l'espagnol, le catalan, le français et l'anglais) !

    En tout cas, les quelques minutes durant lesquelles j'ai regardé la cérémonie de Vancouver m'ont plutôt laissé songeur, surtout quand on nous a montré, assis à la tribune d'honneur, Michaëlle Jean et Jean-Daniel Lafond. La gouverneure-générale et son mari semblaient mal à l'aise et nous donnaient l'impression qu'ils avaient l'air de s'embêter...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Véronneau - Inscrite
    16 février 2010 08 h 46
    À talent égal points de francos
    Ayant résidé longtemps à Vancouver et y allant encore souvent , j'ai postulé à plusieurs reprises à la Covan sur des postes de ma compétence et n'ai jamais reçu ne fusse qu'un accusé de réception! Et ceci au moment même où était décrié le manque de personnel parlant Français ......... le fédéralisme est mort le bilinguisme aussi et le Canada est une véritable fraude et honte pour les Francophones.

    Pierre Véronneau
    Ahuntsic
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Lorraine Dubé - Abonnée
    16 février 2010 09 h 00
    Voilà la reconnaissance de la nation québécoise: L'importance accordée à la langue française démontre l'insignifiance accordée à notre culture, à notre peuple
    Chasser le naturel...
    Éloquent du bilinguisme canadien!

    Un athlète de l'équipe canadienne peut monter sur le podium avec un autre drapeau que celui du Canada sans qu'il y ait problème...à moins que ce ne soit un athlète québécois avec le drapeau du Québec, comme ce fût déjà le cas. Là par contre, quel tollé!

    Il me semble que c'est significatif du peu de valeur accordé à notre identité. Un athlète québécois sur le podium est qualifié "grand athlète canadien". Il y a quelques années, même commentaire dénonciateur de Jean-Luc Brassard à propos du village olympique canadien et de Patrimoine Canada. Propagande ad-nauseam!

    On s'approprie volontiers le talent québécois. Et, on sait combien le Québec se démarque par ses créateurs artistiques. Pas difficile de comprendre la raison pour laquelle Guy Laliberté et le Cirque Du Soleil se soient rapidement désistés d'une représentation aux jeux olympiques. En parlant des exigences linguistiques rattachées à l'octroi des subventions gouvernementales, monsieur Fraser n'évoquait-il pas que cela pouvait signifier la seule présence d'artistes d'un groupe linguistique dans les activités visuelles (danse, cirque) pour permettre de satisfaire à cette exigence. Matière à interprétation!

    Monsieur Bourgault-Côté, vous écrivez:
    "L'essentiel du spectacle s'est déroulé en anglais. Un poème de François-Xavier Garneau n'a par exemple été lu qu'en version traduite."

    Le peu d'importance accordé à la langue française démontre l'insignifiance octroyée à notre culture, à notre peuple. Les deux solitudes refont toujours surface. "L'unité canadienne", le monde entier en est témoin.

    Comme Ottawa a investi des millions aux frais des contribuables pour la cérémonie d'ouverture et pour «mettre en valeur la dualité linguistique» du pays, l'attachée de presse du ministre du patrimoine James Moore, madame Deirdra McCracken, mentionne à tort que le gouvernement n'a pas droit de regard pour dissiper cette polémique.
    «Ce n'est pas le gouvernement qui va décider du contenu d'une cérémonie comme ça, Ce n'est pas notre rôle, il y a une équipe créative pour ça.»

    En plus de nier la réalité "névralgique" de la dualité canadienne, voilà le symbole de la piètre reconnaissance de la nation québécoise: Le peu d'importance de la langue française démontre l'insignifiance accordée à notre culture, à notre peuple. De premier peuple fondateur avant le 5 novembre 1981, on réduit notre influence et identité à une simple minorité parmi les autres. On refait l'histoire.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Lorraine Dubé - Abonnée
    16 février 2010 09 h 14
    Le français: Une des langues officielles du CIO
    Les lecteurs Francis Choisel, Pierre Rousseau et Bernard Gervais soulignent avec raison que le français est une des langues officielles des jeux olympiques.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Ivan Jobin - Inscrit
    16 février 2010 09 h 26
    Business is business!
    Quand on a affaire avec la Colombie-Britannique, ce n’est pas avec des canadiens de souches que l’on «deal» mais avec des néo-canadiens. Le seul sentiment qui les animent c’est le signe de $, alors dans cette cérémonie d’ouverture si patrimoine Canada a miser 20 millions de $, nous comme Québécois, théoriquement on a investit 5 millions de par nos impôts et on en voudrait pour 5 millions en français c’est à dire le quart de la cérémonie.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    16 février 2010 10 h 49
    La portion congrue
    Ce triste épisode de la portion congrue de français aux Jeux olympiques montre que le Canada n’est pas UN vrai pays; il y a en réalité DEUX pays au nord du 45e parallèle.

    Ce n’est pas UN pays paralysé, c’est DEUX pays paralysés.

    Le Canada sclérosé dans sa Constitution-camisole-de-force, qui réunit deux peuples ( le ROC et le Québec) aux aspirations différentes sinon divergentes; et le Québec enserré et étouffé dans les griffes de ce Canada qui nous aime tant …

    Deux langues, deux mentalités, deux pays
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Alain Lavallée - Abonné
    16 février 2010 11 h 13
    Harper et Ottawa ont exigé que la cérémonie d'ouverture reflète leurs valeurs
    Le 23 août 2008, la Presse canadienne écrivait que

    ""Le gouvernement de Stephen Harper a averti les organisateurs des Jeux olympiques d'hiver de Vancouver, en 2010, que les cérémonies d'ouverture devront refléter adéquatement ses valeurs et ses priorités"" Patrimoine Canada y ayant investit 20 millions de $, il devait en être ainsi comme l'ont révélé des documents obtenus via la « Loi d’accès à l’information » et publiés le 22 août 2008 par le Globe and Mail.

    Dans ces mémos préparés pour une réunion s'étant tenue avec le VANOC,
    2 ans jour pour jour avant l'ouverture des jeux, Harper prévenait par l'intermédiaire de sa sous-ministre de Patrimoine Canada que
    Harper a prévenu le comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2010 que les cérémonies d’ouverture devaient refléter de manière appropriée ses valeurs et ses priorités et rencontrer ses objectifs domestiques et internationaux de « branding »

    Cet état de fait avait d,ailleurs été courageusement dénoncé par l'artiste Robert Lepage dans les pages du Devoir (lettre du 5 septembre 2008) qui dénonçait aussi par la même occasion les coupures faites par le gouvernement Harper dans 14 programmes culturels, l'argent de ces coupures allant pour financer le bilinguisme des Jeux de Vancouver et le plus long parcours de tous les temps (116 jours et 45 000 kms) de la flamme olympique.

    Quant à la présence d'une seule chanson en français faut-il s'en étonner ? Lorsqu'on découvre qu' un des membres importants du Comité de contenu de la cérémonie d'ouverture était le gérant de Brian Adams, soit M" Bruce Allen qui a déclaré en entrevue sur les ondes de la station de radio CKNW, à Vancouver «Si vous immigrez dans ce pays et n'en aimez pas les règles [...], nous n'avons pas besoin de vous ici. Vous avez un autre endroit où aller, et c'est chez vous!» (Le Devoir, IDÉES, 1 nov. 2007, page A-7)

    En conclusion, le "branding" planétaire du Canada doit se faire en anglais, ce serait mauvais pour son image semble-t-il s'il y avait eu du français.

    Ce faisant, il ridiculise un peu le CIO, dont le français est non seulement , une des langues officielles, mais la langue qui en dernière instance est la langue de référence selon les statuts du CIO

    Il ridiculise aussi les QUébécois et montre le vide abyssal de la pseudo-reconnaissance d'une "nation" québécoise
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Alain Lavallée - Abonné
    16 février 2010 11 h 23
    Le Cirque du Soleil s'est retiré des cérémonies des Jeux
    Il est important de noter aussi que le 17 septembre 2008, le Cirque du Soleil indiquait qu'il se retirait des cérémonies entourant les Jeux Olympiques parce qu'il ne pouvait avoir le ""creative control"" sur le contenu créatif. En termes directs cela signifiait qu'il devait rencontrer les valeurs du gouv. Harper et ses priorités (F. Morrow, Globe and Mail, 17 sept)

    (deux jours plus tard, les relations publiques du Cirque corrigeaient leur premeir énoncé et préféraient indiquer plus diplomatiquement qu'ils étaient trop occupés pour y participer)
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Raymond Vaillancourt - Abonné
    16 février 2010 11 h 50
    Pourquoi s'échiner
    Je suis toujours étonné, je ne devrais pas (!), de voir jusqu'à quel point l'on s'indigne de cette situation. Le bilinguisme officiel est du théâtre. La réalité canadienne est anglaise. Même notre gouvernement québécois l'a compris en laissant aller discrètement mais de façon continue, l'usage de l'anglais dans les organismes publics.

    La phrase de Péloquin, sur la murale du Grand Théâtre de Québec, est de plus en plus d'actualité !

    Raymond Vaillancourt
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bernard Terreault - Abonné
    16 février 2010 13 h 15
    "BRANDING"
    Le but des jeux olympiques, depuis quelques décennies ce n'est plus le sport mais la promotion touristique. Alors, le spectacle devait se conformer aux stéréotypes qu'entretiennent lers étrangerss à propos du Canada, grands espaces, polices montées et autochtones folkloriques. Quelques chansons en français auraient fait zéro pour les cotes d'écoute à la télé américaine ou pour vendre le tourisme à Vancouver. Par contre si nous n'avions jamais eu de révolution tranquille et que les "canadiens français" vivaient toujours sur des fermes misérables en pratiquant leur folklore traditionnel, nous aurions peut-être été jugés assez pittoresques pour avoir une place dans le spectacle.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Elise Diotte - Abonnée
    16 février 2010 14 h 55
    Vancouver 2010_Bilinguisme
    Le français est une des deux langues OFFICIELLES du Canada et des JO !

    Selon M. Furlong la place réservée au Québec et au français aux jeux d'ouverture étaient selon les règles de l'art... M. Furlong ne connait ni l'Art, ni les règles !

    Règles :
    . Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, talonns le COVAN depuis un an pour que les jeux soient bilingues;
    . Patrimoine canadien a investit 20 millions pour les jeux d'ouverture en vue de mettre en valeur la dualité linguistique du Canada, puis 7,7 millions pour que les jeux soient BILINGUES !

    Le Canada a eu l'air d'un pays unilingue anglophone devant le reste du monde. Une Loi sur les deux langues officielles existe au Canada mais..., vous n'êtes pas obligés de la respecter !

    Le COVAN a, semble-t-il, invité plusieurs grands artistes francophones pour les jeux d'ouverture, lesquels ont tous décidé de ne pas participer... Le COVAN et Marcel Aubut, président du comité olympique canadien, ont refusé de dire combien d'artistes francophones ont été invités et qui étaient-ils !!!

    Jean Charest, James Moore et Graham Fraser ont tous regretté la faible place accordée au français, une des DEUX LANGUES OFFICIELLES du Comité International Olympique!

    Êtes-vous déjà allés en Colombie-Britannique... Une province magnifique, j'ai aussi apprécié Vancouver, une ville très belle et intéressante, il y a d'excellents architectes et designers... Par contre, les gens ne sont pas très sympathiques, particulièrement envers les Québécois francophones... J'appelle cela le complexe de l'Est !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Belanger - Inscrit
    16 février 2010 17 h 27
    Et la Francophonie?
    Le Canada a manqué sa chance de montrer un visage d un peuple international. Notre nation n' est pas encore une Grande Nation.
    Pierre , Franco-ontarien vivant à l'extérieur.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • chcoutu - Inscrit
    16 février 2010 21 h 01
    Sport is Canadian
    Mais voyons, au Canada le sport professionel c'est d'abord une affaire anglophone. Regardez la selection de l'equipe de hockey olympique, les exemples fusent, je ne suis pas surpris du tout.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean Pierre Bouchard - Inscrit
    16 février 2010 21 h 29
    Imposture!
    Les organisateurs des jeux de Vancouver traitent les Québécois et les autres francophones du N.B ou d'Ontario comme des gens d'ailleurs, comme des groupes culturels minoritaires sans importance dont on espère le déclin et éventuellement la disparition complète dont le folklore au mieux pourrait être récupéré par les musées canadiens comme ceux ci l'ont fait déjà avec les peuples autochtones.

    Depuis que les jeux olympiques sont devenus un grand spectacle, une occasion de consacrer quelques dieux humains éphémères et de marchander le sport jusqu'à plus soif. Le terrain de la véritable diversité culturelle à ne pas confondre (avec la diversité religieuse intégriste) peut bien être sacrifié pour quelques dollars de plus. Les jeux ou l'occasion de renforcer l'anglais comme pseudo langue universelle. L'anglais n'est pas l'espéranto, cette dernière langue inventée pour une vocation universelle n'a rien avoir avec l'anglais qui est le produit d'hégémonies impériales.

    Que le Bloc Québécois continue de jouer son rôle et il faut que les Québécois avant même la question du multiculturalisme se rendent compte que le Canada est sans avenir pour le Québec.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • André Bussière - Inscrit
    17 février 2010 05 h 01
    LE FRANÇAIS EN PERDITION DANS CE PAYS
    Ottawa est APPAREMMENT «déçu», mais n'exigera pas plus de français pour la clôture.
    Une vrai farce, car OTTAWA cette capitale d'un grand pays, SUPPOSÉ BILINGUE, ne fonctionne qu'en anglais. Le français c'est pour l'ouvrage des traducteurs. Tout est d'abord rédigé en anglais. L'autre langue c'est juste pour satisfaire les règles sur le bilinguisme et gagner quelque votes à l' EST de la rivière des Outaouais.

    Les "JEUX DU PRINTEMPS" de 2010 sont un vrai fiasco sur toute la ligne. 28 000 billets de remboursés et les jeux sont pas terminés.

    Pour ce qui est des CÉRÉMONIES D'OUVERTURE ET DE FERMETURE, on a réduit le FRANÇAIS au minimum de peur que les cotes d'écoute baissent aux USA...
    Dernièrement on nous annonçait en plus que les franco représentaient seulement 52% de la population de l'Ile de Montréal...
    ATTENDEZ QU'ON SOIT MINORITAIRES SUR NOTRE TERRITOIRE !!!

    LA VÉRITÉ: LE FRANÇAIS EN PERDITION DANS CE PAYS

    ANDRÉ BUSSIÈRE B.S.A.
    MONTRÉAL
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
21 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Chroniques
éditoriaux
Lettres
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012