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    Censure: «c’est une erreur de jugement», dit Paradis

    9 février 2010 16h09 |Alec Castonguay, Guillaume Bourgault-Côté | Canada
    Le ministre Christian Paradis admet une erreur de jugement de son personnel
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre Christian Paradis admet une erreur de jugement de son personnel
    Le ministre et lieutenant de Stephen Harper au Québec, Christian Paradis, affirme que les employés de son bureau ont commis une «erreur de jugement» en s’ingérant dans le travail des fonctionnaires responsables de l’accès à l’information, et en refusant de dévoiler un document pour des raisons politiques.

    Le ministre Paradis a brisé le silence sur les ondes de la radio 98,5 FM, à Montréal, pendant l’émission «Dutrizac l’après-midi». Le bureau de Christian Paradis fait l’objet d’une enquête prioritaire de la part de la commissaire à l’information du Canada, Suzanne Legault, comme l’a révélé Le Devoir dans son édition de ce matin.

    Le ministre n’a pas cherché à défendre son employé fautif, qui est toujours à son emploi. «C’est une erreur de jugement de sa part. Je ne suis pas content de ça, mais il s’agit de faits avec lesquels je dois vivre», a-t-il dit lors de cette entrevue radiophonique. Le Devoir a tenté de joindre Christian Paradis à plusieurs reprises depuis hier midi, mais il a toujours refusé de commenter.

    Selon M. Paradis, cette ingérence est un «incident isolé» qui ne reflète pas sa conduite en tant que ministre. «J’ai toujours demandé à mon cabinet d’être coopératif. [...] Je ne défendrai pas ce geste et je ne donnerais jamais une telle directive. La transparence est une de mes valeurs fondamentales. C’est important pour moi et c’est pour ça que je suis choqué. Il y a une loi à suivre et c’est très sérieux.»

    Le ministre n’a pas l’intention de congédier son employé, Sébastien Togneri, qui est son directeur des affaires parlementaires. «J’ai confiance à mon employé, il a de grandes compétences en affaires gouvernementales, mais pas en accès à l’information. Il m’a avoué son erreur», a dit M. Paradis. «Maintenant, je l’assume. Je vais vivre avec l’enquête et attendre les résultats», a-t-il poursuivi.

    Layton furieux

    À Ottawa, le chef du NPD, Jack Layton, a dénoncé en conférence de presse le «manque de transparence» du gouvernement et «l’ingérence» du cabinet de Christian Paradis pour empêcher la diffusion de certains documents à la Presse canadienne.

    Selon M. Layton, le gouvernement a érigé un «système d’obstruction et de délai» en matière d’accès à l’information, une situation qui devrait «inquiéter les Canadiens».

    Il a cité en exemple le refus initial du gouvernement de répondre à une demande d’information déposée par le NPD ce printemps. Les néo-démocrates voulaient avoir une mise à jour des coûts de la mission en Afghanistan. Ce type d’information avait déjà été divulgué dans le passé.

    Or, en juin, le NPD s’est fait répondre que des questions de «sécurité nationale» empêchaient désormais la divulgation de tels chiffres. Un document caviardé avait donc été remis au NPD. Quelques jours plus tard, le ministère de la Défense nationale avait toutefois indiqué avoir fait une «erreur humaine» et accepté de divulguer les chiffres demandés.

    N’empêche, Jack Layton persiste aujourd’hui à croire que ces chiffres ont été momentanément «transformés en secret d’État parce qu’ils étaient embarrassants pour le gouvernement».

    Une enquête importante

    Ce matin, Le Devoir révélait que la commissaire à l'information du Canada par intérim, Suzanne Legault, a ouvert une enquête sur l'ingérence du bureau du ministre fédéral Christian Paradis dans une affaire d'accès à l'information. Selon les informations obtenues, l'enquête a obtenu la cote «prioritaire», soit la plus élevée.

    Lors d'une courte déclaration envoyée au Devoir hier, la commissaire Suzanne Legault a soutenu que cette interférence du bureau de Christian Paradis mérite une attention particulière de la part de son organisme, qui est responsable de l'application de la Loi sur l'accès à l'information. «Ce sont des allégations très sérieuses, affirme-t-elle. C'est ce qui nous a amenés à lancer cette enquête prioritaire.» L'enquête étant en cours, le Commissariat à l'information s'est refusé à tout autre commentaire hier.













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