Omar Khadr - Assez d'indifférence!
Le Canada ne pourra plus rester indifférent au sort d'Omar Khadr, détenu par les États-Unis à Guantánamo depuis 2002. La Cour suprême confirme que les droits fondamentaux du jeune homme ont bel et bien été violés, une violation qui est «toujours en cours». Pour défendre ces droits, une «réparation» — hélas laissée à la discrétion du Canada — est nécessaire.
Voilà où réside toute la force du jugement du plus haut tribunal du pays: il établit par la bande la complicité du Canada, comme témoin et acteur de la violation des droits d'Omar Khadr, emprisonné à Guantánamo alors qu'il n'avait que 15 ans.
Depuis le début, le gouvernement conservateur joue la carte du désintéressé quant au sort de ce citoyen canadien accusé de crimes de guerre. Mais cette indifférence ne sera guère plus possible; ne pas agir équivaudrait en quelque sorte à maintenir M. Khadr dans un état de détention qui bafoue ses droits. Le Canada ne peut pas s'en laver les mains, quoi qu'il en dise.
Il eût bien sûr été plus simple que la cour fasse suivre cette semonce d'une rigoureuse marche à suivre qui assurerait «réparation» au détenu — comprendre: qu'elle recommande au Canada de demander son rapatriement au pays, ce que nombre de groupes de défense des droits réclament depuis des années. Mais il semble que la facilité ne sera pas le maître mot dans ce dossier-là.
Non. La cour estime plutôt qu'il n'est pas — pour cette fois, du moins — de son ressort de décider du mode de réparation idéal, une responsabilité qui incombe au pouvoir exécutif. «Il faut que le gouvernement dispose d'une certaine marge de manoeuvre lorsqu'il décide de quelle manière il doit s'acquitter de ses obligations», écrivent les juges. Il serait choquant que le Canada se rattache uniquement à cette latitude et décode, de manière invraisemblable, qu'il peut encore laisser pourrir la situation.
Un communiqué laconique publié hier par le bureau du ministre de la Justice Rob Nicholson est de très mauvais augure. On y insiste uniquement sur la reconnaissance, par la Cour suprême, de cette responsabilité constitutionnelle du pouvoir exécutif en matière d'affaires étrangères. On y souligne presque à traits rouges le fait que le tribunal n'ait PAS sommé le Canada de demander le retour au pays du jeune homme. On y rappelle surtout — obsession antiterroriste oblige — la liste des accusations auxquelles Omar Khadr fait face, et dont pourtant on devrait le présumer innocent jusqu'à preuve du contraire.
Depuis les jugements de première instance, le gouvernement Harper reçoit avec la désinvolture la plus totale le fait que les droits du citoyen Omar Khadr aient été brimés, ce que deux juges avaient déjà établi avant ceux de la Cour suprême. Le désintérêt qu'il affiche quant au sort de ses ressortissants, conjugué à des manies obsédantes autour de la sécurité et des criminels — présumés et jugés —, l'a jusqu'ici conforté dans son entêtement.
Cette attitude n'est plus possible, ne serait-ce que parce que le gouvernement a l'obligation de se plier au jugement de ce tribunal: il somme le Canada de faire ce qui doit être fait afin que cesse la violation des droits d'Omar Khadr. Qu'on demande enfin son retour au pays.
Voilà où réside toute la force du jugement du plus haut tribunal du pays: il établit par la bande la complicité du Canada, comme témoin et acteur de la violation des droits d'Omar Khadr, emprisonné à Guantánamo alors qu'il n'avait que 15 ans.
Depuis le début, le gouvernement conservateur joue la carte du désintéressé quant au sort de ce citoyen canadien accusé de crimes de guerre. Mais cette indifférence ne sera guère plus possible; ne pas agir équivaudrait en quelque sorte à maintenir M. Khadr dans un état de détention qui bafoue ses droits. Le Canada ne peut pas s'en laver les mains, quoi qu'il en dise.
Il eût bien sûr été plus simple que la cour fasse suivre cette semonce d'une rigoureuse marche à suivre qui assurerait «réparation» au détenu — comprendre: qu'elle recommande au Canada de demander son rapatriement au pays, ce que nombre de groupes de défense des droits réclament depuis des années. Mais il semble que la facilité ne sera pas le maître mot dans ce dossier-là.
Non. La cour estime plutôt qu'il n'est pas — pour cette fois, du moins — de son ressort de décider du mode de réparation idéal, une responsabilité qui incombe au pouvoir exécutif. «Il faut que le gouvernement dispose d'une certaine marge de manoeuvre lorsqu'il décide de quelle manière il doit s'acquitter de ses obligations», écrivent les juges. Il serait choquant que le Canada se rattache uniquement à cette latitude et décode, de manière invraisemblable, qu'il peut encore laisser pourrir la situation.
Un communiqué laconique publié hier par le bureau du ministre de la Justice Rob Nicholson est de très mauvais augure. On y insiste uniquement sur la reconnaissance, par la Cour suprême, de cette responsabilité constitutionnelle du pouvoir exécutif en matière d'affaires étrangères. On y souligne presque à traits rouges le fait que le tribunal n'ait PAS sommé le Canada de demander le retour au pays du jeune homme. On y rappelle surtout — obsession antiterroriste oblige — la liste des accusations auxquelles Omar Khadr fait face, et dont pourtant on devrait le présumer innocent jusqu'à preuve du contraire.
Depuis les jugements de première instance, le gouvernement Harper reçoit avec la désinvolture la plus totale le fait que les droits du citoyen Omar Khadr aient été brimés, ce que deux juges avaient déjà établi avant ceux de la Cour suprême. Le désintérêt qu'il affiche quant au sort de ses ressortissants, conjugué à des manies obsédantes autour de la sécurité et des criminels — présumés et jugés —, l'a jusqu'ici conforté dans son entêtement.
Cette attitude n'est plus possible, ne serait-ce que parce que le gouvernement a l'obligation de se plier au jugement de ce tribunal: il somme le Canada de faire ce qui doit être fait afin que cesse la violation des droits d'Omar Khadr. Qu'on demande enfin son retour au pays.
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