Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Davos: Stephen Harper se montre incisif sur les valeurs mobilières et le climat

    28 janvier 2010 16h24 |La Presse canadienne | Canada
    Le premier ministre Stephen Harper s’est servi d’un discours prononcé devant des leaders du monde entier au sommet de Davos, aujourd’hui, pour déplorer avec force l’absence d’un organisme pancanadien de réglementation des valeurs mobilières. Mais alors que le message qu’il avait préparé portait exclusivement sur l’économie et la finance, ses propos sur les changements climatiques, tenus lors d’un échange subséquent avec d’autres chefs de gouvernement, ont particulièrement retenu l’attention.

    Dans son allocution, M. Harper a vanté la solidité du secteur financier canadien comparativement à ceux des autres pays, mais il a admis qu’il n’était pas parfait.

    Pour illustrer son propos, il a qualifié de «lacune» l’inexistence d’un régulateur national, en s’empressant d’ajouter que «la vaste majorité» des provinces «travaillent maintenant» avec Ottawa pour corriger la situation.

    Cela fait des années que le gouvernement fédéral souhaite l’établissement d’un organisme pancanadien. Or, le Québec et l’Alberta s’y sont toujours opposés, soutenant que les valeurs mobilières relèvent de leurs compétences constitutionnelles.

    Le gouvernement de Jean Charest et celui de M. Harper ont respectivement demandé à la Cour d’appel du Québec et à la Cour suprême de se prononcer sur l’épineuse question.

    Le premier ministre du Québec est également présent à Davos, en Suisse, pour l’assemblée annuelle du Forum économique mondial. Aucune rencontre n’est cependant prévue entre les deux hommes, et M. Charest n’a pas assisté au discours de son homologue fédéral.

    Réglementation plus stricte

    Devant des centaines de dirigeants politiques et économiques, M. Harper a pressé le G8 et le G20 de resserrer davantage l’encadrement des institutions financières, en suivant l’exemple du Canada. Les sommets du G8 et du G20 se tiendront en Ontario en juin.

    «Via le G20, nous allons encourager une réglementation du secteur financier plus stricte, et une meilleure coordination entre les organismes de réglementation. Mais le Canada n’optera pas pour une réglementation excessive, arbitraire ou punitive de son secteur financier», a-t-il déclaré, suscitant des applaudissements dans l’assistance.

    «Le vrai test des progrès du G20 sera d’assurer qu’il crée et entretienne parmi ses membres un sens des responsabilités partagées envers l’économie mondiale — une souveraineté éclairée.»
    M. Harper a également prôné le maintien, du moins pour l’instant, des plans de stimulation économique que les gouvernements du monde ont mis en place l’année dernière.

    «Bien qu’il soit beaucoup trop tôt pour abandonner les programmes de relance, il n’est pas trop tôt pour commencer à planifier la prochaine phase, pour commencer à réfléchir à des stratégies de sortie», a-t-il estimé, avant de fustiger, une nouvelle fois, le recours au protectionnisme pour faire face à la crise économique.

    Changements climatiques

    Après son discours, Stephen Harper a pris part à une discussion sur la gouvernance mondiale en compagnie des présidents de différents pays.

    Interrogé sur les changements climatiques, M. Harper ne s’est pas fait prier pour critiquer sévèrement le processus des Nations unies, qui prévoit l’atteinte de cibles de réduction des émissions de gaz à effet sur une certaine période de temps.

    Les émissions «doivent être réduites par le biais des changements technologiques et de l’innovation, et non seulement en fixant une cible puis en disant qu’on l’atteindra grâce à une sorte de pouvoir de la volonté», a-t-il raillé.

    «Cela n’arrivera pas. Il faut reconnaître que l’ensemble des technologies actuelles produisent certains niveaux d’émissions, que cela doit changer mais que cela prend du temps. On ne pourra pas y arriver en essayant simplement de prétendre que les impératifs économiques n’existent pas, parce qu’ainsi, les gens fixent des cibles et ne les respectent pas.»

    En excluant les améliorations technologiques, «à très court terme, il est très difficile de réduire la croissance des émissions de façon significative», a insisté M. Harper.

    Les premiers ministre du Mexique et de l’Espagne, MM. Calderon et Zapatero, ne se sont pas gênés pour le contredire. Le premier a affirmé qu’il fallait agir vite pour éviter que le problème ne s’aggrave, alors que le second a fait valoir que l’économie mondiale allait profiter du développement des technologies nécessaires à la réduction des émissions.

    A Ottawa, le chef de l’opposition officielle, Michael Ignatieff, a pour sa part accusé M. Harper de tenir des propos embarrassants pour le Canada sur la scène internationale.

    «Je trouve ça incroyable que le premier ministre du Canada se rende à un forum mondial comme celui-là et qu’il se cherche des excuses, a dit M. Ignatieff. Ca fait quatre ans que ça dure. Evidemment qu’il y a des obstacles technologiques à surmonter, mais investissons afin de développer les bonnes technologies».












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.