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Lettres - Le Québec comme le Canada

Marie-Claude Boivin - Montréal, le 24 janvier 2010  28 janvier 2010  Canada
Un récent sondage nous indique que 62 % des Canadiens et surtout que 69 % des Québécois seraient d'accord avec le rétablissement de la peine de mort pour punir les meurtriers. Il n'y a pas si longtemps, les souverainistes nous disaient qu'il fallait que le Québec sorte du Canada pour échapper à ce vent de droite qui souffle de plus en plus. Moi aussi j'ai longtemps cru à cette idée, mais aujourd'hui je m'interroge. L'idée selon laquelle les valeurs québécoises seraient différentes de celles des autres Canadiens ne semble pas résister à l'analyse.

Quand le Bloc québécois dit qu'il défend les valeurs québécoises, il dit n'importe quoi. Les Québécois, comme les autres Canadiens, n'ont pas tous les mêmes valeurs. On voit bien aujourd'hui que la création du Bloc a permis une division du vote et ainsi l'émergence et surtout l'élection du Parti conservateur, beaucoup plus à droite que l'ancien Parti progressiste-conservateur. Les souverainistes ont été incapables de nous donner un pays et la présence du Bloc à Ottawa maintient au pouvoir un parti qui est en train de transformer le Canada en un pays où les forces progressistes, d'un océan à l'autre, ne se retrouvent plus. [...]

Il faut tout mettre en oeuvre pour changer de gouvernement à Ottawa. Je ne suis pas prêt à renoncer à la présence d'un gouvernement qui ne reflète pas mes valeurs en échange d'un hypothétique pays, d'autant plus que ce sondage nous indique que ce pays ne serait peut-être pas si différent que celui que nous connaissons actuellement.

***

Marie-Claude Boivin - Montréal, le 24 janvier 2010
 
 
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  • Hubert Larocque
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    jeudi 28 janvier 2010 10h32
    La peine de mort au Canada et au Québec
    Votre lettre témoigne au fond des mêmes contradictions que celles que vous reprochez au Parti et au Bloc québécois. Il est certain que la vision du pays qui est la traduction de l’identité nationale influe sur la façon d’envisager les problèmes particuliers dont la peine de mort dans le cas présent. Il existe toutefois des problèmes « humains » au sens large où la sensibilité d’un temps peut dicter des opinions communes à plusieurs pays sans que l’on puisse en conclure à l’identité de ceux-ci. On a beau le croire dépassé, le vieux clivage entre droite et gauche a beaucoup plus d’influence sur la vision de la peine de mort que l’identité nationale! D’une part une mollesse humanitaire qui banalise le fait de donner la mort, et d’autre part une conception simpliste de l’ordre qui répond à l’antique et très juif « œil pour oeil et dent pour dent ». Le fait que les statistiques rapprochent les tropismes du Canada et du Québec sur un point n’est évidemment pas un argument pour renoncer à l’indépendance. Pas plus que telle vision de société, tel parti pris idéologique, parfaitement identifiable, ne constituent des arguments en faveur de l’indépendance. « Changer le gouvernement d’Ottawa » plutôt que de l’expulser du Québec, faire l’indépendance pour éviter l’échafaud ou combattre les changements cllimatiques sont d’aveugles échappatoires à la question de notre identité nationale et à l’action politique que celle-ci commande. Tant chez vous que chez les dirigeants des partis « indépendantistes », se manifestent une perte du sens de notre identité de peuple et une affligeante confusion entre la définition du pays et des questions largement ponctuelles. Il s’agit de recouvrer, pour notre propre compte, l’indépendance que nous possédions avant 1759 dans le giron de la France avec laquelle nous étions identiques. Tout le reste, croyez-nous , relève des effets toujours vivants de la colonisation anglaise aggravée maintenant par la colonisation multiculturelle qui obéit aux mêmes lois.
    Hubert Larocque, Gatineau.

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