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Sondage - Les Canadiens déçus de Harper à Copenhague

Alec Castonguay   6 janvier 2010  Canada
Stephen Harper
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Stephen Harper
Les Canadiens n'ont pas apprécié la performance du premier ministre Stephen Harper à la conférence sur les changements climatiques de Copenhague, en décembre dernier. Les citoyens sont d'ailleurs tout aussi insatisfaits des résultats de cette conférence internationale, qui a débouché sur un faible accord non contraignant.

Si l'on en croit les résultats d'un nouveau sondage Angus Reid rendu public hier, la présence de Stephen Harper au sommet de Copenhague ne passera pas à l'histoire. Le premier ministre avait d'ailleurs été très discret dans la capitale danoise, ne participant pas aux négociations cruciales de dernière minute et laissant son ministre de l'Environnement, Jim Prentice, s'adresser aux milliers de délégués présents. Stephen Harper avait d'abord refusé de se rendre à Copenhague, avant de changer d'avis quelques heures après que Barack Obama eut annoncé qu'il se rendrait au sommet.

Ainsi, 48 % des répondants se sont dits «insatisfaits» ou «très insatisfaits» de la performance de M. Harper à Copenhague, contre 28 % qui se disent «satisfaits» ou «très satisfaits». Les «très satisfaits» ne sont toutefois que 9 %, alors que les «très insatisfaits» sont 33 %. Près de 25 % des gens ont préféré ne pas commenter la performance du premier ministre.

Dans son analyse qui accompagne le sondage, la firme Angus Reid écrit que les gens jugent la performance de Stephen Harper en fonction de leur perception du phénomène des changements climatiques. Ainsi, les sceptiques du réchauffement du climat sont beaucoup plus nombreux à trouver la performance de M. Harper «satisfaisante».

Selon le coup de sonde, les Canadiens estiment que l'accord conclu à Copenhague est un échec puisqu'il ne contient aucune cible obligatoire de réduction des gaz à effet de serre (GES). Ainsi, 56 % des répondants affirment que l'accord est insatisfaisant, alors que 20 % sont d'accord avec le fait qu'il ne soit pas légalement contraignant. L'opinion de la majorité va donc à contre-courant de la position du gouvernement Harper, qui avait exprimé sa satisfaction à l'issue du sommet de Copenhague.

La création d'un fonds de 100 milliards de dollars d'ici 2020 pour aider les pays en développement à s'adapter aux changements climatiques reçoit toutefois une meilleure note de la population, puisque 46 % des Canadiens sont satisfaits de cette mesure, contre 34 % qui s'en disent insatisfaits. Le gouvernement canadien n'a promis aucune somme pour ce fonds international.

Sceptiques

Les Canadiens ne sont toutefois pas très optimistes quant à l'avenir. Visiblement, l'échec de Copenhague, où les 170 chefs d'État réunis n'ont pas été en mesure de faire véritablement progresser la lutte contre les changements climatiques, a porté un dur coup à la fibre écologiste des citoyens.

Ainsi, 44 % des gens pensent que l'accord ne sera jamais contraignant, contrairement au protocole de Kyoto, qui a une portée légale. À peine 12 % des citoyens estiment que les discussions à venir dans les prochains mois vont aboutir à un véritable traité international. Près de 43 % des répondants ne savent pas ce qu'il adviendra de cet accord.

De plus, les Canadiens doutent de la volonté et de la capacité des gouvernements de la planète à combattre les changements climatiques. Ainsi, 73 % des gens pensent qu'il sera impossible de limiter la hausse des températures du globe à 2 °C d'ici 2020, tel que le recommandent les scientifiques de l'ONU. Seulement 16 % se disent persuadés que cet objectif sera atteint.

Le sondage a été réalisé par Internet auprès de 1013 répondants, du 22 au 23 décembre 2009, soit cinq jours après la fin du sommet de Copenhague. La marge d'erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20.

NDLR: Ce texte a été corrigé dans la journée.
 
 
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  • Dominic Pageau - Abonné
    6 janvier 2010 03 h 09
    Moi aussi je suis déçu.
    Je suis déçu qu'il y ai un accord, contraignant ou pas.

    La cible de CO2, Copenhague, c'est pour instaure un système politique, législatif mondial avec une police du carbone

    C'est payant le marché du gaz carbonique

    "Selon un récent reportage « le marché du carbone pourrait devenir deux fois plus important que le vaste marché du pétrole, d’après la nouvelle catégorie de joueurs de la City transigeant des émissions de gaz à effet de serre par le système d’échange de droits d’émission de carbone […] La rapidité de cette croissance dépendra de l’approbation ou non d’une économie à faibles émissions de carbone au sommet de Copenhague, mais Ager affirme que peu importe ce qu’il arrive, des projets tel l’ETS (Emissions Trading Scheme, marché du carbone) se développeront à travers le monde ». (Terry Macalister, Carbon trading could be worth twice that of oil in next decade, The Guardian, 28 novembre 2009)

    "

    http://alturl.com/fgds
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  • Eric Allard - Abonné
    6 janvier 2010 07 h 00
    Le but de Harper?
    Le but final de Harper, en s'alignant tellement sur la politique Étatsunienne, serait-il de préparer la vente du Canada a nos voisins du sud? Ça y ressemble de plus en plus.

    Si ce n'est pas ça, ça démontre clairement que Harper n'est absolument pas capable d'une souveraineté canadienne par rapport aux Étatsuniens. Jamais de mémoire un PM n'a été aussi ouvertement a genoux devant le président, peu importe ses politiques (car il faut bien admettre qu'il en faisait autant devant Bush que maintenant devant Obama).
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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    6 janvier 2010 07 h 58
    Le Canada, pays de cette planète
    Le Canada a perdu sa crédibilité depuis l`arrivée de Harper comme représentant de cette démocratie. Les instances politiques se font si discrètes que le message ne porte pas. La déception se fait entendre car le siège est vide. On aurait rêvé que Lester B. Pearson, Premier ministre minoritaire, soit un modèle à suivre sur des questions internationales. Pour Harper c`est le vide d`idées et de position exigeante face au G8, G20, Nations Unies et Copenhague. Trise sire que ce monsieur réformiste.
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  • Maxime Bisson - Inscrit
    6 janvier 2010 08 h 12
    « Les Canadiens déçus de Harper à Copenhague » !
    Quelle surprise. Nous sommes déçus ? Le monde entier est déçu, et la planète Terre avec, tant qu'à y être...

    Ces chiffres sont bien intéressants, mais à moins qu'ils servent à la production d'un rapport ou dossier visant à faire respecter la volonté de la population par le gouvernement Harper, par la révision des positions adoptées à Copenhague, ils ne restent que des chiffres
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  • Raynald Blais - Abonné
    6 janvier 2010 08 h 17
    Correction
    Une coquille s'est glissée attribuable à une faute de frappe et à un manque d'attention du correcteur.
    Il faudrait lire : « Ainsi, 48 % des répondants se sont dits «insatisfaits» ou «très insatisfaits» de la performance de M. Harper à Copenhague, contre 28 % qui se disent «satisfaits» ou «très satisfaits» »
    ... au lieu de « Ainsi, 48 % des répondants se sont dits «insatisfaits» ou «très insatisfaits» de la performance de M. Harper à Copenhague, contre 38 % qui se disent «satisfaits» ou «très satisfaits» »
    Un lien nous permettant d'atteindre directement la source serait apprécié.
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  • Daniel Cyr - Abonné
    6 janvier 2010 08 h 18
    Vous dites déçu?
    Déçu, le mot est faible, la position et l'entêtement du gouvernement Harper dans ce dossier a entaché la réputation internationale du Canada comme cela ne s'avait jamais vu de son histoire.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    6 janvier 2010 08 h 57
    Pa déçu ni surpris, juste normal pour lui
    Déçu n'est pas un bon terme ici. On est déçu quand on s'attend plus d'une personne. Avec M. Harper, on ne s'attendait pas à plus et il ne pouvait pas faire moins vu que la pollution il ne connaît pas.
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  • Fernand Trudel - Abonné
    6 janvier 2010 10 h 25
    La sape des activistes a fait son oeuvre
    La sape des activistes a fait son oeuvre et les journalistes ont plus tendance à suivre les propos du théologien activiste Steven Guilbault que de rapporter les faits et gestes du Premier Ministre. Pourtant cet automne, ce dernier n'a pas chômé.

    Déjà au sommet du G8 à L'Aquila en Italie les médias n'ont pas rapporté qu' Harper avait signé une entente internationale avec une douzaine d'autres pays, pour financer un institut mondial sur la capture du carbone. On y confirme son rôle de premier plan dans la capture du carbone avec son expertise dans l'ouest canadien.

    http://nouvelles.gc.ca/web/article-fra.do?crtr.sj1
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  • Jean-Laurent Auger - Abonné
    6 janvier 2010 10 h 33
    De la Colombie-Br à Terre-Neuve?
    Ce qui aurait été intéressant dans ce reportage, ce sont les pourcentages par provinces. Comparer par exemple, les résultats de l'Alberta avec ceux du Québec. Ce serait beaucoup plus instructif. On prendrait conscience que les résultats de sondages peuvent être très trompeurs.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    6 janvier 2010 10 h 36
    Capture du carbone
    Monsieur Trudel,
    La capture du carbone est l'alibi de M. Harper pour ne rien faire. De plus, même si cette capture est possible, elle est beaucoup plus coûteuse que la réduction à la source. Inspirons-nous - parfois - des vieux proverbes: vaut mieux prévenir que guérir.
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  • - Abonné
    6 janvier 2010 13 h 44
    Quelle démocracHypocrisie !!
    Harper est le représentant MASQUÉ des Multinationales et des Pétrolières. Copenhague, dans les mémoires d'Harper, c'est un succès. Chaque retard dans l'adoption de mesures planétaires pour minimiser les effets des changements climatiques, se traduit en milliards de dollars en faveur des Multinationales des énergies fossiles.

    De plus, quand Harper dit s'appuyer sur les cibles américaines, il ne fait pas mention de tous les programmes mis en place par Obama pour le développement des technologies vertes et ainsi, c'est encore de l'hypocrisie.

    Le gouvernement Harperien est aux DÉSERVICES des Canadien(ne)s et est un délinquant très néfaste pour le futur de l'humanité et des écosystèmes planétaires.
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  • Dominic Pageau - Abonné
    6 janvier 2010 17 h 55
    La capture du carbone est une arnaque
    Des milliards et des milliards qui vont passer dans ce projet qui ne changera rien à rien à l'évolution du climat.

    Monsieur Paradis, une bourse de carbone comme ce que veut instaurer l'ONU et les financiers de ce monde, c'est une question de billions de dollars.

    Et l'industrie est en faveur de pareilles mesures.

    Être pour des accords du type Coppenhague, c'est déservir le Canada et tous les autres nations du monde.
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  • Fernand Trudel - Abonné
    6 janvier 2010 20 h 08
    Quand on ne sait rien...
    Quand je vois des interventions comme celle de M Paradis ou de M Auclair, je constate qu'en dehors du Québec, ils ne savent pas ce qui se passe. Ces gens demandent ni plus ni moins qu'on ferme les robinets du pétrole sans nous dire comment on le remplacera et ce même si c'est en infraction avec les ententes nord-américaines signées actuellement. C'est de la pensée magique...

    Cette déclaration a été faite conjointement par les trois chefs d'État: Calderon, président du Mexique, Obama, président des États-Unis et Harper, Premier Ministre du Canada.
    http://www.whitehouse.gov/the_press_office/North-A

    On sait tous que le pétrole a des réserves limitées et autant les pétrolières que le environnementalistes veulent avoir des sources d'énergie de remplacement renouvelables et fiables. Ça ne se fait pas en un tournemain et changer des réseaux de distribution mondiaux demande du temps. On sait que le Vénézuéla de Chavez (34% des réserves mondiales) et le Canada (32% des réserves mondiales) sont les deux seuls pays qui ont du pétrole bitumineux commercialisable. Chavez a augmenté par cinq la capacité d'exploitation de ses sables bitumineux, on ne le conspue pas. Il a même été ovationné debout lors de son passage au sommet de Copenhague par les mêmes activistes qui noircissent Harper. Pourquoi un communiste peut avoir la ferveur des écolos et un pays comme le nôtre est conspué et trainé dans la boue par les nôtres?

    Quant au captage et au stockage du carbone voici un recueil de la participation canadienne de 255 pages à ce projet.
    http://www.nrcan-rncan.gc.ca/com/resoress/publicat

    Et une étude étoffée de 62 pages sur l'avenir des éenergies fossiles au Canada
    http://www.nrcan-rncan.gc.ca/com/resoress/publicat

    Le gouvernement du Canada joue un rôle éminent dans la promotion de technologies énergétiques propres comme celle de la capture et du stockage de carbone. La ministre des Ressources naturelles, Lisa Raitt, a annoncé lors du Carbon Sequestration Leadership Forum, le 13 octobre dernier à Londres, en Angleterre, que le Canada contribuera pour 250 000 $ au financement du renforcement des capacités de capture et de stockage de carbone dans les pays en développement. D'ici 5 ans, le gouvernement aura investi plus d'un milliard dans les projets de captage de carbone. C'est pas rien...

    Ce gouvernement agi en citoyen responsable et est un leader mondial dans les rencontres internationales quoiqu'on en dise.

    Les États-Unis ont décidé de ne plus s'approvisionner en pétrole au Moyen-Orient et récemment ils ont mis aux enchères les réserves irakiennes qui ont presque toutes été achetées par les asiatiques. Ils se sont tourné vers le Canada devant les deuxièmes réserves mondiales de pétrole bitumineux. Il y a eu accord entre les deux pays récemment et peut importe les hauts cris des québécois obtus, le pétrole descendra vers le sud pour alimenter le voisin américain. Le partage de richesses énergétiques fait aussi partie de l'ALÉNA à l"article 601 de cette entente, on a oublié ça aussi.

    Mme Lisa Raitt. Ministre de ressources Naturelles du Canada, a transmis un message limpide à d’éminents gens d’affaires et leaders d’opinion nationaux à New York le 10 novembre dernier: " Le Canada est le premier fournisseur de pétrole brut des États‑Unis, c’est un collaborateur qui mise sur l’énergie propre… et il se trouve juste à côté. "..."Mais ce qui est moins connu, c’est c'est que le Canada joue un rôle stratégique dans la sécurité énergétique de l’Amérique du Nord ' .
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  • Richard Gendron - Inscrit
    9 janvier 2010 14 h 44
    Et la prochaine ?
    M. Harper représentera-t-il encore le Canada lors de la prochaine conférence sur le climat, au Mexique ? Il appartient à Michael Ignatieff, Jack Layton et Gilles Duceppe de lui barrer la voie en allant voir la Gouverneure générale en mars pour lui signifier la création d'une coalition prête à gouverner et à mettre de l'avant un programme de lutte aux GES.
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