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Le PC majoritaire au Sénat dès janvier

Harper pourrait nommer Pierre-Hugues Boisvenu ou Andrée Ruffo pour combler le poste vacant au Québec

Alec Castonguay   30 décembre 2009  Canada
Stephen Harper
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Stephen Harper
Stephen Harper ne perdra pas de temps à combler les sièges vacants au Sénat. Le premier ministre devrait annoncer la nomination de cinq sénateurs d'allégeance conservatrice dès le début de l'année, a appris Le Devoir. L'annonce pourrait être faite dès le 3 janvier.

«Le premier ministre a l'intention de pourvoir tous les postes vacants au Sénat très bientôt», a confirmé au Devoir Dimitri Soudas, le porte-parole de Stephen Harper. Il a toutefois refusé de commenter la date des nominations, affirmant simplement que l'annonce serait faite au début du mois de janvier.

L'un des nouveaux sénateurs proviendra du Québec, puisque le sénateur indépendant Marcel Prud'homme vient de prendre sa retraite, à l'âge de 75 ans. Selon les informations obtenues par Le Devoir auprès de plusieurs sources, deux personnes se retrouvent en haut de la liste du premier ministre pour le remplacer: Pierre-Hugues Boisvenu et l'ancienne juge Andrée Ruffo.

Ces deux noms gravitent autour du Parti conservateur depuis quelques années. La nomination de l'une ou l'autre de ces personnes renforcerait l'étiquette de parti en faveur de la loi et l'ordre que veut s'accoler le Parti conservateur.

À la suite de la mort de sa fille en 2002, Pierre-Hugues Boisvenu a fondé l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues. Cet organisme accompagne et conseille les familles éprouvées par la perte d'un de leurs membres et défend leurs intérêts. Il a remporté le Prix justice 2005 remis par le gouvernement du Québec.

Pierre-Hugues Boisvenu a régulièrement rencontré le premier ministre Harper depuis 2004, avec qui il a une bonne relation. Il a aussi été conseiller informel de certains ministres conservateurs (Justice et Sécurité publique, notamment) lors de l'élaboration de plusieurs projets de loi.

Andrée Ruffo, ancienne juge à la Cour du Québec, est quant à elle très présente dans les événements du Parti conservateur depuis quelques années. Elle a notamment participé à plusieurs cocktails de financement. «Elle s'arrange pour se faire voir», dit une source bien placée au sein du parti au Québec.

La nomination d'Andrée Ruffo a la cote auprès du cercle des conseillers anglophones de Stephen Harper, qui estiment que la nomination d'une ancienne juge serait un atout politique important, notamment parce que le Parti conservateur a souvent été critiqué pour ses projets de loi qui limitent la marge de manoeuvre des juges. De plus, Mme Ruffo a fait de la protection des enfants le combat de sa vie.

Cette possible nomination inquiète toutefois plusieurs conservateurs du Québec, puisque Mme Ruffo est une personne qui a souvent été au coeur de différentes controverses. «Nommer Andrée Ruffo au Sénat provoquerait passablement de vagues», indique un conservateur.

En 2005, la Cour d'appel du Québec a rendu une décision qui recommandait au ministre de la Justice du Québec de destituer la juge Ruffo. Au terme d'une enquête sur la conduite de la juge, déjà réprimandée à quatre reprises par le Conseil de la magistrature, les juges de la Cour d'appel ont conclu qu'Andrée Ruffo avait entaché la réputation et l'intégrité de la profession et que, par conséquent, elle ne pouvait plus exercer ses fonctions. Les juges l'ont accusée d'avoir nui à la cause des enfants, ce que la principale intéressée a toujours nié. Mme Ruffo a finalement pris sa retraite. Andrée Ruffo et Pierre-Hugues Boisvenu n'ont pu être joints hier.

D'autres noms ont circulé dans les rangs conservateurs pour ce poste de sénateur, mais avec moins d'insistance. Les anciens députés conservateurs de l'ère Mulroney que sont les Benoît Bouchard, Monique Landry et Charles DeBlois ont été évoqués, mais leurs chances semblent minces. Benoît Bouchard avait d'ailleurs déjà signalé son intérêt au Devoir lors de la précédente vague de nominations au Sénat. Le nom de Jean Allaire, le fondateur de l'ADQ, a également circulé.


Majorité au Sénat

Il y aura cinq postes vacants au Sénat lorsque le libéral Jerry Grafstein prendra sa retraite le 2 janvier prochain. Les nominations à venir permettront aux conservateurs d'être majoritaires à la Chambre haute pour la première fois depuis Brian Mulroney.

Il y aura alors 51 sénateurs conservateurs, 49 libéraux, 2 progressistes-conservateurs (qui ont refusé de siéger dans le parti de Stephen Harper après la fusion de la droite), deux indépendants et une personne sans affiliation politique.

«L'opposition libérale utilise souvent le Sénat pour bloquer ou modifier des projets de loi, ce qui est inacceptable. Remplir les postes vacants va faire cesser cette pratique», estime Dimitri Soudas.

La majorité de Stephen Harper au Sénat sera toutefois virtuelle, puisque la composition des comités ne changera pas. Pour véritablement modifier le fonctionnement du Sénat, il faut une nouvelle session, ce qui implique des élections générales ou la prorogation du Parlement.

Dans ses entrevues de fin d'année, Stephen Harper n'a d'ailleurs pas écarté la possibilité de proroger le Parlement et de revenir seulement en mars avec un nouveau discours du Trône et un budget. «Aucune décision n'a été prise», affirme Dimitri Soudas.

Les nouveaux sénateurs devront promettre d'appuyer la réforme du Sénat souhaitée par Stephen Harper, a soutenu l'attaché de presse du premier ministre. Le Parti conservateur veut limiter le mandat des sénateurs à huit ans et souhaite qu'ils soient élus selon un système complexe de vote indirect. Le gouvernement du Québec s'oppose à cette réforme du Sénat et soutient qu'il nécessite un amendement à la Constitution.

Un sénateur gagne 130 000 $ par année et peut occuper un autre emploi. Depuis son arrivée au pouvoir, Stephen Harper a nommé 28 sénateurs.

*****

Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti











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  • Loraine King
    Inscrite
    mercredi 30 décembre 2009 06h39
    Prorogation
    Même avec une majorité conservatrice au Sénat, la composition des comités du Sénat demeura inchangée jusqu'à la prorogation de cette session ou la tenue d'une élection générale.

    On doit s'attendre à lire que le premier ministre demande très bientôt (ajourd'hui?) une prorogation au moins jusqu'au printemps.

  • Sanzalure
    Inscrit
    mercredi 30 décembre 2009 08h15
    Vers un affrontement
    Je pense que nous nous dirigeons vers un affrontement entre les personnes qui soutiennent les politiques conservatrices et le reste du monde. Les agissements anti démocratiques du gouvernement Harper vont forcer le combat à sortir de l'arène politique pour se mener dans la rue de façon violente. C'est là que mène inexorablement l'ignorance.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mercredi 30 décembre 2009 10h41
    Abolitions réclamées
    Il faut abolir ce sénat inutile et coûteux.

    Et aussi les potiches gouverneurs généraux et provinciaux.

    Vive la démocratie!

  • P. Boutet
    Abonné
    mercredi 30 décembre 2009 11h59
    À vos postes
    On s'assoie confortablement, on boucle notre ceinture et on attache notre tuque avec de la broche.

  • Anne Larue
    Abonné
    mercredi 30 décembre 2009 12h51
    Pauvre démocratie
    Une prorogation est imminente. Steven Harper est incapable de gouverner selon le mandat que la population lui a donné, un mandat de gouvernement minoritaire. Au lieu de faire preuve de conciliation, ce dernier se borne a gouverner en autocrate, manoeuvrant sournoisement pour éviter toute forme de compromis. Les dommages collatéraux infligés au passage à la démocratie semblent être d'aucune importance. Une prorogation pour éviter qu'une coalition ayant en son sein une entité souverainiste, cela peut passer. Une prorogation pour les présentes raisons, c'est inacceptable. En espérant que lors des prochaines élections que la population évitera les épisodes d'amnésie soudaine.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mercredi 30 décembre 2009 14h02
    Très bonnes nominations en vue...
    J'approuve entièrement le choix de Pierre-Hughes Bienvenu ainsi que de Mme Andrée Ruffo qui a été trop souvent la cible injustifiée de la DPJ et des travailleurs sociaux inaptes à qui elle reprochait de ne pas accomplir adéquatement leur travail et de vouloir se substituer au juge dans l'application des sentences émises à l'égard des enfants.....ainsi que de la part de ses collègues juges mysogines qu'elle dérangeait passablement dans leur petite routine!

    Affaiblie par la maladie et la dépression, suite au décès d'une personne chère dans sa vie, cette dernière a finalement donné sa démission sans que le conseil de la magistrature n'ait pu établir son incompétence dans la fonction de juge qu'elle occupait et c'est tant mieux si elle peut brasser la cage par sa seule présence au sein du sénat.

    Andrée Ruffo est une femme de conviction et il est temps qu'on l'apprécie à sa juste valeur. Le bon droit pourra enfin triompher!

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mercredi 30 décembre 2009 16h52
    L’abolition du Sénat
    Le Conseil législatif du Québec ( ou Sénat québécois) a été aboli au Québec en 1968. Je n’ai jamais entendu qui que ce soit demander qu’on le ré-installe.

    Alors, le Sénat canadien? Son abolition n’aurait comme seul résultat : faire épargner 60 millions de dollars par année aux contribuables canadiens (donc 13 millions pour les Québécois).

    L’abolition du Sénat, quel beau placement ce serait pour nous et les générations futures!

    Quelle farce (coûteuse) que ce Sénat canadien! Vivement son abolition!

  • André 68
    Inscrit
    mercredi 30 décembre 2009 18h19
    La gouvernance dictatoriale du PCC
    C'est plus fort que moi, je tremble de voir Harper gouverner comme s'il était majoritaire et utiliser toutes les ruses et arguties possibles pour se maintenir au pouvoir. Sa volonté de s'enraciner au Québec a peu de chances d'aboutir et ce n'est pas en faisant quelques nomination de sénateurs québécois qui va changer la donne. Dommage pour la démocratie, mais également pour l'insignifiance politique des autres partis en présence. On pensait que l'intellectuel Ignatieff relèverait le niveau, mais il semble absent de quelque projet stimulant et mobilisateur pour les canadiens... Le Bloc me semble toujours de taille pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa, mais Gilles Duceppe sera-t-il capable de mener les batailles nécessaires jusqu'au bout???... et on ne voit pas d'autre leader disponible pour prendre la relève. Finissons-en donc en déclarant notre indépendance comme francophones québécois et en sortant le Canada de ce Québec indépendant !
    Le joyeux retraité de Mazatlán vous souhaite une heureuse année 2010!

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 30 décembre 2009 19h41
    Alleluia !
    J'ose espérer que madame Chouinard accepte mon accord total quant à la nomination de l'ex-juge Truffo au Sénat. Je déteste cette institution mais elle ne pourra que faire mieux avec l'ajout d'une femme de coeur et d'intelligence.
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 30 décembre 2009 19h43
    À droite toute !
    Lentement mais inexorablement, la droite conservatrice étend son emprise sur un Canada dont les valeurs ont été jusqu'à maintenant à l'opposé de celles du mouvement conservateur. Le Québec n'en sera que plus isolé. Il partira ou sera réduit à une existence folklorique.
    Roland Berger, St. thomas, Ontario

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 30 décembre 2009 20h06
    Simple rappel
    Aura-t-il plus de jugement cette fois-ci? Jacques Demers fut choisi selon quel critère! Demers nous a vite rappelé qu`il prenait le stipend. Bien que sa présence eau Sénat serait conditionnée à celle de RDS. Un intellect de haute voltige qui critique le jargon légal des projets de loi. Vraiment! Je me pose des questions d`éthique sur le patron en charge des décisions.

  • pagerry3
    Inscrit
    mercredi 30 décembre 2009 22h13
    Oui, à celle qui incarne la droiture.
    Malgré les questionnements auxquels le Sénat canadien donne sporadiquement lieu, je seconderais volontiers et sans réserve, dans une vision d'avenir, la nomination au Sénat de Madame Andrée Ruffo, donnant ainsi accès à cette As de Cœur qui s’est toujours avérée la plus tenace des battantes, à la Chambre haute du Parlement canadien. Cette femme de haut calibre, de droit jugement et d’un exceptionnel engagement social, apporterait sagacité et vivacité, crédibilité et notoriété, respectabilité et honorabilité à cette Institution. Cette nomination serait également une sacrée taloche bien méritée, aux magistrats du Québec que Madame Ruffo dérangeait, en raison de sa droiture et du refus absolu qu’elle a toujours apposé aux courbettes, aux accommodements complaisants et à l'aplaventrisme politiques. J’applaudirai une telle droite, solidement administrée aux «misérabilistes honorables» dont les carbures de la déformation professionnelle machiste ont nourri une déshonorante mâlitude crasse à l'égard et à l'encontre d'une consœur dont l'excellence portait sérieusement ombrage à leur révérencieuses accointances politiques et à leurs flagorneuses alliances avec les milieux qui façonnent les plans et patronnent l’exécution d'une Justice souvent cribleuse qui joue du marteau et de la faucille. Je saluerai respectueusement une telle nomination, alors que je suis certain que le lobby de la magistrature québécoise s'affole et s'active à la boycotter.

  • François Caron
    Abonné
    jeudi 31 décembre 2009 14h14
    GangstaClaus
    Un p'tit coup d'État avec ça ?

    Une coalition de centre-gauche libârale-socilaiste-séparatiste Nous ferait beaucoup de bien.

    Bien que la Cour Suprême soit comme la Tour de Pise avec la Province of Qwebec, et qu'elle penche tjrs du côté des intérêts de ceux qui en on nommé les juges, il faudra bien se servir de tous les outilsa législatifs et constitutionnels pour se débarasser une fois pour toutes du Roi des Fourbes, et le retourner vers un état qui lui sied bien c'est èa dire le représentant d'une vaste MINORITÉ de gens qui n'ont pas les qualités du coeur pour diriger un si grand(iose) pays. Et faire entendre la voix au chapitre du Québec ne ferait pas de tort. C'est ce que je Nous souhaite en 2 010.

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