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Conférence de Copenhague - Harper semble avoir mal digéré les remontrances de Charest

La Presse canadienne   23 décembre 2009  Canada
Le premier ministre Stephen Harper à Copenhague
Photo : Agence Reuters Ints Kalnins
Le premier ministre Stephen Harper à Copenhague
Ottawa — Stephen Harper semble avoir mal digéré les critiques formulées publiquement par le premier ministre du Québec Jean Charest à l'égard de son gouvernement au sommet sur les changements climatiques de Copenhague, au Danemark.

En entrevue de fin d'année aux réseaux de télévision CTV et TVA, le chef conservateur a soutenu que les Canadiens espéraient que les débats provinciaux soient mis de côté sur la scène internationale.

«Je pense que les Canadiens s'attendent, lorsque le Canada entre dans le domaine international, dans les négociations internationales, que les débats provinciaux, les débats partisans et les agendas personnels restent derrière», a affirmé M. Harper.

Selon lui, il est «malheureux» que de tels incidents soient survenus. Il a insisté sur le fait que ce sont les pays souverains qui peuvent conclure un accord international, laissant entendre que ce n'était pas du ressort des provinces.

«On peut avoir seulement une voix à la table des négociations et c'est seulement les pays souverains qui peuvent arriver à un consensus», a-t-il déclaré au réseau francophone.

L'environnement est cependant de compétence partagée entre le fédéral et les provinces, ce que Jean Charest n'a d'ailleurs pas manqué de souligner lors de son voyage à Copenhague. Le premier ministre du Québec avait alors tenu à rappeler que les gouvernements provinciaux n'ont pas de titre «junior» et qu'il incombait au fédéral de s'assurer de tenir compte de leur opinion.

En entrevue, M. Harper a admis que l'environnement était bien de compétence mixte et qu'il n'était pas interdit au Québec d'avoir des cibles plus contraignantes que celles d'Ottawa.

«Si le gouvernement du Québec veut avoir des cibles plus contraignantes pour le Québec, ce n'est pas défendu, il peut le faire», a précisé le chef conservateur.

«C'est [son] droit, mais [au final], le Canada doit participer à un accord international, et je pense que les provinces ne vont pas bloquer nos obligations internationales», a-t-il conclu.

Jean Charest n'avait pas été tendre avec son homologue fédéral à Copenhague, jugeant les cibles proposées par Ottawa trop timides et se désolant que le Canada soit à la remorque des Américains dans la lutte contre le réchauffement planétaire. Il avait aussi souligné à gros traits les obligations constitutionnelles d'Ottawa par rapport au Québec.

«À Copenhague, le gouvernement fédéral a le pouvoir de signer des traités, mais il n'a pas le pouvoir d'engager nos gouvernements provinciaux dans nos domaines de compétences. Ça, c'est la réalité canadienne, et c'est la dure réalité», a-t-il fait remarquer.

Dans des extraits d'une entrevue accordée à TVA, diffusés hier, M. Charest a défendu son approche à Copenhague. Le premier ministre du Québec a soutenu que si Stephen Harper et les représentants du gouvernement fédéral sortaient amers de la conférence, ils n'avaient qu'à s'en prendre à eux-mêmes.

M. Charest a dit avoir simplement «défendu les intérêts du Québec». «Pourquoi je dirais quelque chose au Québec et le contraire à Copenhague?», a-t-il fait valoir.

Le premier ministre du Québec a dit n'avoir jamais vu un gouvernement canadien se coller autant à Washington. M. Charest a aussi déploré l'hostilité affichée par le gouvernement de Stephen Harper envers les environnementalistes, rappelant l'épisode d'un canular rapidement attribué à tort au co-président de Réseau action climat international, le Québécois Steven Guilbeault.


Prorogation?

Lors de son entretien avec la chaîne anglophone CTV, Stephen Harper a par ailleurs laissé planer le doute quant à la stratégie que son gouvernement allait adopter au retour du congé des Fêtes.

Des rumeurs persistantes sur la colline ces derniers jours donnent à penser que le chef conservateur jongle avec l'idée de demander la prorogation de la session parlementaire, notamment pour éviter les comités sur le sort des détenus afghans, au cours desquels les conservateurs se sont retrouvés dans l'eau bouillante cet automne.

Selon ce scénario, les travaux parlementaires ne reprendraient qu'après les Jeux olympiques de Vancouver. M. Harper, qui assure ne pas avoir pris de décision sur ce plan, n'a toutefois pas exclu une telle hypothèse.

«Nous allons mettre de l'avant un nouveau budget en mars et nous travaillons actuellement sur la planification de la nouvelle session du printemps. Mais nous n'avons pas pris de décisions sur un bon nombre de choses: le moment du discours du Trône, le remplacement de sénateurs et toutes ces choses que, à ce que je lis dans les journaux, j'aurais supposément décidées», a-t-il lancé.
 
 
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  • André Loiselet
    Abonné
    mercredi 23 décembre 2009 01h50
    Laver l'affront

    M. Harper sort du bordel pour jouer les vierges offensées.
    À certains jours, je suis fier de M. Charest. Surtout lorqu'il professe à haute voix ce que nous pensons tous au Québec. Et, comme il le dit si bien, je déplore son impuissance provincionnaliste. Stephen considère-t-il Jean comme un petit chef local ou le représentant de cette nation qu'il ne pouvait, tactiquement, que reconnaître?
    Pourquoi se serait-il empêcher de laver publiquement, à la face des nations, l'affront que ce suppôt des pétrolières de l'ouest nous faisait à tous, devant les médias et sans aucune pudeur, par son travail de sape à Copenhague?
    Merci, M.Charest...pour ce sursaut de fierté!

  • Dominic Pageau
    Abonné
    mercredi 23 décembre 2009 02h14
    Une autre bonne raison d'être souverainiste.
    Dans ce dossier, je suis plus près d'Harper que de Charest, mais quand même très éloigné de Harper qui est le laquais des pétrolières et pour des accords contraignants sur le CO2.

    Comme j'ai dit hier (malheureusement une très grosse partie de mon commentaire n'a pas passé la "modération") ces accords visent à instaurer une structure politique et législative mondiale. Il y a l'économie mondiale, il y a la justice internationale, il manque les lois mondiales, la politique mondiale, la monnaie unique. Les deux premiers sont directement visé avec les accords sur le climat..

    Étant un souverainiste, disons que je trouve que le gouvernement du Québec, c’est déjà assez. Il y a déjà assez de magouilles à petite et moyenne échelle à l’échelle globale, ça serait infernal. Donc, en tant que souverainiste, je ne veux pas sortir du Canada pour aller me jeter dans les bras d’une structure politique mondiale où je vais être encore moins représenté, où la fraude peut se faire à plus grande échelle. Déjà à l’échelle provinciale, la représentation politique des électeurs est diluée, c’est encore plus évident au fédéral, je n’ose même pas m’imaginer au niveau mondial.

    Qui veut imposer cette structure politique mondiale ? Le professeur d’économie de l’Université d’Ottawa, Michel Chossudovsky a une explication surprenante pour ceux qui ne se fient qu’aux apparences.

    C’est les conglomérats financiers et les multinationales qui poussent ces accords.

    C’est à français.

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    mercredi 23 décembre 2009 07h03
    Le véritable chef d'État canadien
    M. Harper se comporte comme s'il était le chef de l'état Canadien. Pourtant, il n'est que le chef du parti minoritaire au pouvoir, responsable devant la Chambre des communes. Selon la constitution canadienne, le chef d'État canadien est la reine d'Angleterre, représentée au pays par un Gouverneur Général nommé par Paul Martin, le prédécesseur de M. Harper. Quand les canadiens auront-ils le droit d'être représentés par une personne qu'ils ont nommé démocratiquement dans l'ensemble de la fédération? Est-ce ça aidera le Premier Ministre à se rappeler que le gouvernement fédéral n'est par un gouvernement d'un ordre supérieur aux provinces et qu'il ne peut indument patauger dans leurs champs de compétence.

    Je suis fier de M. Charest et je suis content qu'il tienne son bout.

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mercredi 23 décembre 2009 09h46
    Harper, l'irresponsable
    Il affirme "que les débats provinciaux, les débats partisans et les agendas personnels restent derrière". Pourtant il fait carrément le contraire en se conformant uniquement à l'engenda des pétrolières de l'Alberta. Surtout, les changements climatiques ne constituent pas un débat provincial. Si c'était le cas, les "leaders" de 192 pays le Québec ne ce serait pas rencontrés à Copenhague.

    "C'est seulement les pays souverains qui peuvent arriver à un consensus". Harper ne peut pas dire ça, lui qui a tout fait pour empêcher qu'un consensus soit établit. Harper n'a que lui-même et ses amies les pétrolières à blâmer pour l'échec de Copenhague.

    Ce gouvernement irresponsable veut proroger les travaux parlementaires pour éviter de faire face à ses responsabilités en ce qui a trait à la torture des prisonniers Afghans. Vivement une loi qui empêche le gouvernement d'agir de façcon aussi partisane et inapropriée !

  • Sanzalure
    Inscrit
    mercredi 23 décembre 2009 12h49
    Échec de la démocratie
    La démocratie, c'est quand la population a le dernier mot. L'échec de Copenhague est la preuve que la démocratie n'existe nulle part sur cette planète. Ce sont les corporations qui ont le dernier mot. Il va falloir que ça change...

  • Eric Allard
    Abonné
    mercredi 23 décembre 2009 13h35
    L'echec du Canada...
    provient de l'attitude, qui perdure depuis leur premiere election, des conservateurs qui croient qu'une victoire aux elections leur permet de faire a leur tete sans regarder ce que la population veut, sans obtenir un consensus des provinces dans les dossiers mixtes...

    M. Harper n'a pas compris que pour diriger, il faut consulter et ECOUTER. Il ne fait que se voiler les yeux et les oreilles et faire selon leur propre agenda partisan et ideologique.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mercredi 23 décembre 2009 14h07
    Harper et Charest : l'un n'est pas mieux que l'autre !
    Lors de la conférence de Copenhague, Stephen Harper nous a encore démontré que le réchauffement de la planète était loin d'être l'un de ses principaux soucis. Et n'oublions pas les accusations gratuites de son attaché, M.Soudas, contre Équiterre concernant le canular lancé par l'Organisme Yes Men. Pas de quoi pavoiser !

    Cependant, Jean Charest est-il vraiment mieux ? Même si le premier ministre du Québec est plus sensible à la question environnementale que son homologue fédéral, je demeure convaincu qu'il s'est un peu servi de cette même conférence pour se faire du capital politique ici et faire oublier le triste bilan financier de son gouvernement.

    De plus, comme l'ont écrit plusieurs journalistes, Charest aura beau critiquer avec raison la pollution produite par l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta, il n'en reste pas moins que les profits générés par cette industrie permettent au Québec de recevoir plus en péréquation et de financier certains de ses programmes sociaux assez coûteux !


  • Abonné
    mercredi 23 décembre 2009 16h23
    Le GiNi Charest !!
    Maintenant que le gouvernement fédéral n'embarque pas, c'est le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique qui vont ainsi par leurs mesures de réduction des GES, permettre à l'Alberta d'augmenter sa production de CO2 impunément, et aux frais des autres canadiens(ne)s.

    C'est là tout le GiNi de notre PM, le Ti-Jos connaissant Kouébek-irl-english qui se pense plus fin simplement parce qu'il est de langue maternelle anglaise, tel un vrai WASP.

    Pour ne pas nous pénaliser d'avantage, puisque ça fait plus d'un an qu'au Québec, il y a une taxe verte sur l'essence, Charest se doit de l'enlever au PC, pour ne pas jouer le jeux d'Harper, des Conservateurs et des pétrolières de l'Alberta.

    Il n’y a pas d’autre solution. C’est ça tout le GINI de notre p’tit Jean, négociateur manqué !!


  • Abonné
    mercredi 23 décembre 2009 17h00
    ''j'aurais supposément décidées.'' dixit Harper OSER PARLER AU ''je'' !!
    Un chef de gouvernement qui parle en utilisant le ''JE'' tel notre dictateur Harper dit le despote, ça donne des frissons dans le dos.

    Il n'y aurait que LUI parmi 35 millions de citoyen(ne)s qui saurait ce qui est bon pour la population, ET PERSONNE D'AUTRE ??? On me dira que tous les gouvernements fonctionnent comme ça. Et oui, tout les gouvernements ''despotiques'' peuvent se permettre d'utiliser le ''JE'' pour parler des orientations choisies.

    C'est l'évidence la plus nette, Harper démontre que dans un domaine à responsabilité partagée, il n'y a que SA voix qui importe et qu'ainsi, le Québec est pénalisé en supportant une politique de réduction des GES en accord avec la majorité des autres Nations, une nécessité pour la protection de la biosphère..

    Tant que l'utilisation des énergies fossiles n'inclura pas le coût des dommages faits à l'environnement, le gouvernement fédéral laisse toute l'industrie automobile et en particulier les Pétrolières PROFITER D'AVANTAGES INJUSTES et ÉNORMES, ce qui constitue un gigantesque ‘‘VOL LÉGALISÉ’’ sur le dos des nombreuses petites gens, des innocent(e)s laissé(e)s sans défense de par le monde entier.

    Après çà, NOTRE Harper dit le despote, ose se poser en bon chrétien. Quel HYPOCRITE, notre WASP !!!

    C'est une attitude qualifiable d’AVIDITÉ maladive, d’ÉGOÏSME narcissique et d’INJUSTICE criminelle !

    Djeu bénisse AmericOIL, le CanadOIL et l’AlbertOIL !!! (David Rockefeller s’en frotte les mains en signe de satisfaction)

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    jeudi 24 décembre 2009 11h08
    Pas de quoi être fier de Charest...
    Toute cette esbroufe de la part de Charest ne vise qu'à remonter sa cote auprès de l'électorat, pricipalement francophe, incluant celui de l'ADQ, le reste lui étant en bonne partie acquis. C'est pourquoi il fait toujours si bonne figure à l'extérieur et face à Harper, quitte à favoriser le Bluff, oups!, le Bloc Québécois, et ça pogne! Mais cette fois-ci, il en a pas mal à faire oublier, alors il met le paquet, ce qui a fait croire à certains souverainistes, très mous ou très fatigués, qu'il allait faire l'indépendance.

    M. Charest, dans les faits, n'a pratiquement rien fait pour l'environnement, et ça c'est très bien documenté. Pour faire ça court, c'est tout sauf un homme de conviction: c'est surtout un arriviste qui vise haut, et n'adhère qu'au statu quo. Un politicien très habile, mais à servir ses propres intérêts, politiques et autres...

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    jeudi 24 décembre 2009 12h58
    Chefs d'État
    De nombreux pays n'étaient pas représentés par leur chef d'État. Mentionnons le Royaume-Uni, dont la reine a délégué son premier ministre, le Danemark lui-même, la Suède ou le Japon (d'autres royaumes), ou bien l'Italie ou l'Allemagne, aussi représentés par leurs premiers ministres (appelés président du Conseil ou chancelier) plutôt que par leur président, dont les pouvoirs s'apparentent à ceux de notre gouverneur général. C'est pourquoi on qualifie souvent ces sommets de «rencontres de chefs d'État et de gouvernement».

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