Torture en Afghanistan - L'opposition refuse de se laisser museler par les conservateurs
Le comité sur l'Afghanistan se réunira même si le parti gouvernemental boycotte la séance
Photo : Agence France-Presse
Ottawa — Au lendemain de nouvelles révélations dans la saga du traitement des détenus afghans, l'opposition fait front commun et prévoit poursuivre son travail en comité parlementaire, coûte que coûte. Et ce, même si les conservateurs ont annoncé qu'ils boycotteraient de nouveau une de leurs réunions.
Dans une lettre envoyée au comité hier, le secrétaire parlementaire du ministre de la Défense, Laurie Hawn, plaide encore une fois qu'il n'y a rien d'urgent qui nécessite la tenue d'une rencontre pendant la période des Fêtes.
«Noël et la saison des Fêtes sont des moments à passer en famille, entre amis et avec les êtres qui nous sont chers. Seules des urgences d'une extrême gravité devraient interrompre ces moments-là», fait valoir le conservateur qui, avec ses collègues, avait aussi boudé la réunion du comité sur l'Afghanistan mardi dernier.
Mais l'opposition souhaite se réunir même pendant la relâche parlementaire pour faire la lumière sur le sort des prisonniers afghans transférés par l'armée canadienne aux autorités locales.
Le gouvernement conservateur soutient depuis 2007, lorsque le premier cas d'un détenu torturé a été révélé par le Globe and Mail, n'avoir jamais eu de preuves crédibles que certains de ses prisonniers aient été maltraités.
Depuis des mois, plusieurs allégations faisant état du contraire ont cependant été rapportées dans les médias et devant le comité.
Le témoignage du diplomate Richard Colvin a notamment enflammé les Communes, en novembre, lorsque ce dernier a révélé que la totalité des prisonniers transférés par les Canadiens avaient probablement été torturés. Il a aussi soutenu qu'après avoir alerté de hauts dirigeants, on aurait tenté de le museler à Ottawa.
Que les conservateurs soient présents ou non à la réunion prévue aujourd'hui, les membres de l'opposition siégeant au comité entendront deux nouveaux témoins, qui ont accepté de comparaître même s'ils n'auront pas droit à l'immunité accordée lors des réunions officielles.
Le comité accueillera l'avocat d'Amnistie Internationale dans sa poursuite contre le fédéral, et un ancien ambassadeur canadien, qui compte parmi la centaine de diplomates ayant signé une lettre d'appui à leur collègue Richard Colvin.
Et quoi qu'il arrive, l'opposition ne cessera pas son travail, a assuré le bloquiste Claude Bachand.
«Ce n'est pas la fin [des travaux] de la Chambre qui arrête le comité, puisque ce n'est pas une prorogation, ni le boycott des conservateurs qui va arrêter le comité», a assuré le critique bloquiste en matière de défense.
«Et là, ça ne sera pas des témoins du gouvernement [...] C'est du monde qui ont fait des rapports, qui ont des choses en main et qui vont venir le dire», a-t-il souligné, en entrevue téléphonique.
Un avis partagé par le porte-parole libéral aux affaires étrangères, Bob Rae, qui a soutenu que l'absence des conservateurs ne dicterait pas le sort du comité.
«C'est important pour nous de continuer de faire notre boulot. Mais leur [les conservateurs] choix ne va pas déterminer l'existence du comité», a argué M. Rae.
Dimanche, La Presse canadienne a révélé que la Croix-Rouge avait rencontré trois ministres conservateurs et un haut fonctionnaire, à l'automne 2006, afin de les aviser des mauvais traitements que recevaient apparemment des détenus afghans dans les prisons du pays.
En raison du secret diplomatique, on ignore toutefois la teneur des propos qui ont été échangés avec le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay (aujourd'hui à la Défense), le ministre de la Défense de l'époque, Gordon O'Connor, ainsi que leur collègue de la Sécurité publique, Stockwell Day, qui était responsable des agents du Service correctionnel du Canada en poste à Kandahar.
Mais pour le néodémocrate Paul Dewar, avec ces nouvelles informations, la thèse du gouvernement conservateur ne tient plus la route.
«Ce n'est carrément pas plausible, il n'y a plus aucune crédibilité quant à l'argument du gouvernement, il est en lambeaux. Et je crois qu'ils le savent et que c'est la raison pour laquelle ils ne veulent pas nous montrer les documents qui le prouvent ni se présenter au comité pour discuter de la question», a estimé le porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d'affaires étrangères.
Dans une lettre envoyée au comité hier, le secrétaire parlementaire du ministre de la Défense, Laurie Hawn, plaide encore une fois qu'il n'y a rien d'urgent qui nécessite la tenue d'une rencontre pendant la période des Fêtes.
«Noël et la saison des Fêtes sont des moments à passer en famille, entre amis et avec les êtres qui nous sont chers. Seules des urgences d'une extrême gravité devraient interrompre ces moments-là», fait valoir le conservateur qui, avec ses collègues, avait aussi boudé la réunion du comité sur l'Afghanistan mardi dernier.
Mais l'opposition souhaite se réunir même pendant la relâche parlementaire pour faire la lumière sur le sort des prisonniers afghans transférés par l'armée canadienne aux autorités locales.
Le gouvernement conservateur soutient depuis 2007, lorsque le premier cas d'un détenu torturé a été révélé par le Globe and Mail, n'avoir jamais eu de preuves crédibles que certains de ses prisonniers aient été maltraités.
Depuis des mois, plusieurs allégations faisant état du contraire ont cependant été rapportées dans les médias et devant le comité.
Le témoignage du diplomate Richard Colvin a notamment enflammé les Communes, en novembre, lorsque ce dernier a révélé que la totalité des prisonniers transférés par les Canadiens avaient probablement été torturés. Il a aussi soutenu qu'après avoir alerté de hauts dirigeants, on aurait tenté de le museler à Ottawa.
Que les conservateurs soient présents ou non à la réunion prévue aujourd'hui, les membres de l'opposition siégeant au comité entendront deux nouveaux témoins, qui ont accepté de comparaître même s'ils n'auront pas droit à l'immunité accordée lors des réunions officielles.
Le comité accueillera l'avocat d'Amnistie Internationale dans sa poursuite contre le fédéral, et un ancien ambassadeur canadien, qui compte parmi la centaine de diplomates ayant signé une lettre d'appui à leur collègue Richard Colvin.
Et quoi qu'il arrive, l'opposition ne cessera pas son travail, a assuré le bloquiste Claude Bachand.
«Ce n'est pas la fin [des travaux] de la Chambre qui arrête le comité, puisque ce n'est pas une prorogation, ni le boycott des conservateurs qui va arrêter le comité», a assuré le critique bloquiste en matière de défense.
«Et là, ça ne sera pas des témoins du gouvernement [...] C'est du monde qui ont fait des rapports, qui ont des choses en main et qui vont venir le dire», a-t-il souligné, en entrevue téléphonique.
Un avis partagé par le porte-parole libéral aux affaires étrangères, Bob Rae, qui a soutenu que l'absence des conservateurs ne dicterait pas le sort du comité.
«C'est important pour nous de continuer de faire notre boulot. Mais leur [les conservateurs] choix ne va pas déterminer l'existence du comité», a argué M. Rae.
Dimanche, La Presse canadienne a révélé que la Croix-Rouge avait rencontré trois ministres conservateurs et un haut fonctionnaire, à l'automne 2006, afin de les aviser des mauvais traitements que recevaient apparemment des détenus afghans dans les prisons du pays.
En raison du secret diplomatique, on ignore toutefois la teneur des propos qui ont été échangés avec le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay (aujourd'hui à la Défense), le ministre de la Défense de l'époque, Gordon O'Connor, ainsi que leur collègue de la Sécurité publique, Stockwell Day, qui était responsable des agents du Service correctionnel du Canada en poste à Kandahar.
Mais pour le néodémocrate Paul Dewar, avec ces nouvelles informations, la thèse du gouvernement conservateur ne tient plus la route.
«Ce n'est carrément pas plausible, il n'y a plus aucune crédibilité quant à l'argument du gouvernement, il est en lambeaux. Et je crois qu'ils le savent et que c'est la raison pour laquelle ils ne veulent pas nous montrer les documents qui le prouvent ni se présenter au comité pour discuter de la question», a estimé le porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d'affaires étrangères.
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