Un détenu afghan a été torturé par la police locale, confirme le général Natynczyk
Photo : Archives Le Devoir
Le général Walter Natynczyk, avec le ministre de la Défense Peter MacKay en arrière-plan.
Pour la première fois, les Forces canadiennes reconnaissent qu’il y avait un problème sérieux et documenté à Kandahar dès 2006. Le gouvernement Harper avait toujours soutenu ne pas avoir sous la main de preuves crédibles de torture avant le printemps 2007.
L’armée canadienne a fait volte-face ce matin et a confirmé au moins un cas de torture dans les prisons afghanes. En juin 2006, un insurgé capturé sur le champ de bataille a été confié à la police afghane, qui l’a battu en prison. Au point où les soldats canadiens ont dû intervenir quelques jours plus tard pour le sortir de cette geôle.
Ce rebondissement surprise n'a pas ébranlé le gouvernement conservateur, qui a martelé tout au long de la journée qu'il n'avait rien à se reprocher.
Mais l'opposition, elle, s'est unie pour réclamer la démission du ministre de la Défense, Peter MacKay, au nom de la responsabilité ministérielle.
Le chef d’état-major des Forces canadiennes, le général Walter Natynczyk, a affirmé avoir été mis au courant seulement ce matin, à 9h, des détails de cet incident survenu en 2006. «La connaissance que j’avais de cet événement était erronée», a-t-il reconnu.
Le grand patron de l’armée a ordonné la tenue d’une enquête interne afin de déterminer pourquoi cette information ne lui a pas été communiquée avant.
Le rapport du sergent qui a fait prisonnier cet Afghan sur le champ de bataille en juin 2006 est très clair: l’homme avait participé aux combats avec les insurgés et devait être arrêté. Des photos de l’homme ont été prises au cas où celui-ci serait maltraité par les officiers afghans une fois le transfert complété. Les photos allaient servir de preuves, dans le style «avant-après».
Cette précision du sergent laisse penser que la torture dans les prisons afghanes était connue à cette époque dans la région de Kandahar.
Si c’est le cas, et que les soldats ont malgré tout continué de transférer les détenus aux autorités locales, il pourrait s’agir d’une violation de la Convention de Genève.
En point de presse au quartier général de la défense, à Ottawa, le général Natynczyk a d’ailleurs été incapable de répondre à cette question: si vos hommes savaient les risques, est-ce que le Canada a contrevenu aux lois internationales? «Je ne le sais pas. C’est pour ça que j’ai lancé une enquête interne pour connaître le fond de cette histoire. Je dois savoir ce que les soldats sur le terrain savaient à ce moment-là», a-t-il laissé tomber.
L’enquête servira aussi à comprendre pourquoi l’information sur cet incident n’est pas remontée à la surface avant aujourd’hui, alors que la controverse fait rage à Ottawa depuis 2007. «Je veux savoir pourquoi moi et mon prédécesseur [Rick Hillier] n’avons pas été mis au courant», a-t-il dit, ajoutant que sa conférence de presse de ce matin démontre que les Forces canadiennes veulent aller au fond de cette histoire. «Je joue la carte de la transparence», a dit le général Natynczyk.
Le chef d’état-major, qui a pris ses fonctions de grand patron de l’armée canadienne en juillet 2008, a également affirmé que jamais le ministre de la Défense, Peter MacKay, ne lui a demandé dans les dernières semaines si des cas sérieux de torture avaient eu lieu. «Il a ses briefings et son équipe qui le tient au courant. Personnellement, je ne lui en ai jamais parlé», a dit Walter Natynczyk.
Peter MacKay n'a pas bronché face aux attaques incessantes de l'opposition, lors de la période de questions aux Communes, ajoutant qu'il avait été informé des nouvelles informations détenues par le lieutenant-général Natynczyk ce matin. Le militaire l'a informé qu'il rendrait la chose publique, ce qui était la «chose honorable» à faire, selon le ministre.
L’armée canadienne a fait volte-face ce matin et a confirmé au moins un cas de torture dans les prisons afghanes. En juin 2006, un insurgé capturé sur le champ de bataille a été confié à la police afghane, qui l’a battu en prison. Au point où les soldats canadiens ont dû intervenir quelques jours plus tard pour le sortir de cette geôle.
Ce rebondissement surprise n'a pas ébranlé le gouvernement conservateur, qui a martelé tout au long de la journée qu'il n'avait rien à se reprocher.
Mais l'opposition, elle, s'est unie pour réclamer la démission du ministre de la Défense, Peter MacKay, au nom de la responsabilité ministérielle.
Le chef d’état-major des Forces canadiennes, le général Walter Natynczyk, a affirmé avoir été mis au courant seulement ce matin, à 9h, des détails de cet incident survenu en 2006. «La connaissance que j’avais de cet événement était erronée», a-t-il reconnu.
Le grand patron de l’armée a ordonné la tenue d’une enquête interne afin de déterminer pourquoi cette information ne lui a pas été communiquée avant.
Le rapport du sergent qui a fait prisonnier cet Afghan sur le champ de bataille en juin 2006 est très clair: l’homme avait participé aux combats avec les insurgés et devait être arrêté. Des photos de l’homme ont été prises au cas où celui-ci serait maltraité par les officiers afghans une fois le transfert complété. Les photos allaient servir de preuves, dans le style «avant-après».
Cette précision du sergent laisse penser que la torture dans les prisons afghanes était connue à cette époque dans la région de Kandahar.
Si c’est le cas, et que les soldats ont malgré tout continué de transférer les détenus aux autorités locales, il pourrait s’agir d’une violation de la Convention de Genève.
En point de presse au quartier général de la défense, à Ottawa, le général Natynczyk a d’ailleurs été incapable de répondre à cette question: si vos hommes savaient les risques, est-ce que le Canada a contrevenu aux lois internationales? «Je ne le sais pas. C’est pour ça que j’ai lancé une enquête interne pour connaître le fond de cette histoire. Je dois savoir ce que les soldats sur le terrain savaient à ce moment-là», a-t-il laissé tomber.
L’enquête servira aussi à comprendre pourquoi l’information sur cet incident n’est pas remontée à la surface avant aujourd’hui, alors que la controverse fait rage à Ottawa depuis 2007. «Je veux savoir pourquoi moi et mon prédécesseur [Rick Hillier] n’avons pas été mis au courant», a-t-il dit, ajoutant que sa conférence de presse de ce matin démontre que les Forces canadiennes veulent aller au fond de cette histoire. «Je joue la carte de la transparence», a dit le général Natynczyk.
Le chef d’état-major, qui a pris ses fonctions de grand patron de l’armée canadienne en juillet 2008, a également affirmé que jamais le ministre de la Défense, Peter MacKay, ne lui a demandé dans les dernières semaines si des cas sérieux de torture avaient eu lieu. «Il a ses briefings et son équipe qui le tient au courant. Personnellement, je ne lui en ai jamais parlé», a dit Walter Natynczyk.
Peter MacKay n'a pas bronché face aux attaques incessantes de l'opposition, lors de la période de questions aux Communes, ajoutant qu'il avait été informé des nouvelles informations détenues par le lieutenant-général Natynczyk ce matin. Le militaire l'a informé qu'il rendrait la chose publique, ce qui était la «chose honorable» à faire, selon le ministre.
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