Le Canada et la Chine - La conversion chinoise de Stephen Harper
Stephen Harper vient de terminer une tournée asiatique en Chine, à Hongkong et en Corée du Sud. Il a pu réaliser combien ces marchés sont importants pour l'économie canadienne, surtout celui de la Chine, où le Canada devra investir beaucoup d'efforts pour équilibrer ses échanges.
Ces quatre dernières années, les relations entre la Chine et le Canada ont été plus que tièdes. Contrairement à ses prédécesseurs Paul Martin et Jean Chrétien, le premier ministre conservateur a fait de la question des droits de la personne un enjeu de la relation entre les deux pays. Il n'a pas craint de dire les choses crûment et est allé jusqu'à provoquer les dirigeants chinois en octroyant au dalaï-lama une citoyenneté canadienne honorifique. Dans la foulée du mouvement de répression au Tibet en 2008, il s'est abstenu, malgré toutes les pressions, de participer à l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin cette même année. Les Chinois n'ont pas apprécié.
Cette franchise a attiré de nombreuses critiques au premier ministre Harper. Doit-on lui reprocher de ne pas se comporter comme bien d'autres chefs de gouvernement qui ferment les yeux sur les nombreuses exactions des dirigeants chinois pour mieux profiter des importantes retombées commerciales chinoises? Pour une rare fois qu'un dirigeant occidental a ce courage, il faut le reconnaître. Le devoir de dire les choses n'appartient pas qu'aux organisations non gouvernementales. Il y a un parallèle à faire avec l'attitude du Canada qui dans les années 1980 prit la tête du mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud, contribuant ainsi à accélérer le changement dans ce pays.
La Chine n'est pas l'Afrique du Sud. Son poids démographique et économique lui permet d'ignorer toutes les protestations. Elle saurait «punir» le Canada si elle le voulait, mais elle en aussi besoin pour assurer son propre développement. Certes, le premier ministre chinois a reproché à M. Harper d'avoir trop attendu pour effectuer cette mission, notant avec insistance que les relations entre les deux pays s'étaient aliénées. Le propos n'était en rien diplomatique, un juste retour des choses d'une certaine façon, mais néanmoins, il exprimait un désir de voir les relations reprendre un cours plus normal. Comme preuve de sa bonne foi, il a donné le droit, attendu depuis cinq ans par le Canada, de faire la promotion touristique en Chine pour des voyages de groupe au Canada.
Stephen Harper croit pouvoir faire des affaires avec la Chine sans abandonner ses valeurs. Il a soumis à ses hôtes qu'une relation économique n'est pas incompatible avec un dialogue franc sur la question des droits. Des affaires avec la Chine, il veut en faire, car il a compris que l'économie se déplace de l'ouest vers l'est et que le développement de l'économie canadienne est tributaire de ses exportations vers le marché chinois. Celles-ci ne sont que de 8 milliards, tandis que la Chine exporte pour 35 milliards au Canada. Reste à voir comment il conciliera cette préoccupation économique avec la promotion des droits de la personne dans ce pays. Lors de la prochaine visite du dalaï-lama au Canada, M. Harper invitera-t-il son citoyen honoraire à le rencontrer ou invoquera-t-il diplomatiquement un horaire trop chargé pour ne pas le recevoir? On verra alors où il loge vraiment.
Ces quatre dernières années, les relations entre la Chine et le Canada ont été plus que tièdes. Contrairement à ses prédécesseurs Paul Martin et Jean Chrétien, le premier ministre conservateur a fait de la question des droits de la personne un enjeu de la relation entre les deux pays. Il n'a pas craint de dire les choses crûment et est allé jusqu'à provoquer les dirigeants chinois en octroyant au dalaï-lama une citoyenneté canadienne honorifique. Dans la foulée du mouvement de répression au Tibet en 2008, il s'est abstenu, malgré toutes les pressions, de participer à l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin cette même année. Les Chinois n'ont pas apprécié.
Cette franchise a attiré de nombreuses critiques au premier ministre Harper. Doit-on lui reprocher de ne pas se comporter comme bien d'autres chefs de gouvernement qui ferment les yeux sur les nombreuses exactions des dirigeants chinois pour mieux profiter des importantes retombées commerciales chinoises? Pour une rare fois qu'un dirigeant occidental a ce courage, il faut le reconnaître. Le devoir de dire les choses n'appartient pas qu'aux organisations non gouvernementales. Il y a un parallèle à faire avec l'attitude du Canada qui dans les années 1980 prit la tête du mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud, contribuant ainsi à accélérer le changement dans ce pays.
La Chine n'est pas l'Afrique du Sud. Son poids démographique et économique lui permet d'ignorer toutes les protestations. Elle saurait «punir» le Canada si elle le voulait, mais elle en aussi besoin pour assurer son propre développement. Certes, le premier ministre chinois a reproché à M. Harper d'avoir trop attendu pour effectuer cette mission, notant avec insistance que les relations entre les deux pays s'étaient aliénées. Le propos n'était en rien diplomatique, un juste retour des choses d'une certaine façon, mais néanmoins, il exprimait un désir de voir les relations reprendre un cours plus normal. Comme preuve de sa bonne foi, il a donné le droit, attendu depuis cinq ans par le Canada, de faire la promotion touristique en Chine pour des voyages de groupe au Canada.
Stephen Harper croit pouvoir faire des affaires avec la Chine sans abandonner ses valeurs. Il a soumis à ses hôtes qu'une relation économique n'est pas incompatible avec un dialogue franc sur la question des droits. Des affaires avec la Chine, il veut en faire, car il a compris que l'économie se déplace de l'ouest vers l'est et que le développement de l'économie canadienne est tributaire de ses exportations vers le marché chinois. Celles-ci ne sont que de 8 milliards, tandis que la Chine exporte pour 35 milliards au Canada. Reste à voir comment il conciliera cette préoccupation économique avec la promotion des droits de la personne dans ce pays. Lors de la prochaine visite du dalaï-lama au Canada, M. Harper invitera-t-il son citoyen honoraire à le rencontrer ou invoquera-t-il diplomatiquement un horaire trop chargé pour ne pas le recevoir? On verra alors où il loge vraiment.
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