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Le Canada et la Chine - La conversion chinoise de Stephen Harper

Bernard Descôteaux   9 décembre 2009  Canada
Stephen Harper vient de terminer une tournée asiatique en Chine, à Hongkong et en Corée du Sud. Il a pu réaliser combien ces marchés sont importants pour l'économie canadienne, surtout celui de la Chine, où le Canada devra investir beaucoup d'efforts pour équilibrer ses échanges.

Ces quatre dernières années, les relations entre la Chine et le Canada ont été plus que tièdes. Contrairement à ses prédécesseurs Paul Martin et Jean Chrétien, le premier ministre conservateur a fait de la question des droits de la personne un enjeu de la relation entre les deux pays. Il n'a pas craint de dire les choses crûment et est allé jusqu'à provoquer les dirigeants chinois en octroyant au dalaï-lama une citoyenneté canadienne honorifique. Dans la foulée du mouvement de répression au Tibet en 2008, il s'est abstenu, malgré toutes les pressions, de participer à l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin cette même année. Les Chinois n'ont pas apprécié.

Cette franchise a attiré de nombreuses critiques au premier ministre Harper. Doit-on lui reprocher de ne pas se comporter comme bien d'autres chefs de gouvernement qui ferment les yeux sur les nombreuses exactions des dirigeants chinois pour mieux profiter des importantes retombées commerciales chinoises? Pour une rare fois qu'un dirigeant occidental a ce courage, il faut le reconnaître. Le devoir de dire les choses n'appartient pas qu'aux organisations non gouvernementales. Il y a un parallèle à faire avec l'attitude du Canada qui dans les années 1980 prit la tête du mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud, contribuant ainsi à accélérer le changement dans ce pays.

La Chine n'est pas l'Afrique du Sud. Son poids démographique et économique lui permet d'ignorer toutes les protestations. Elle saurait «punir» le Canada si elle le voulait, mais elle en aussi besoin pour assurer son propre développement. Certes, le premier ministre chinois a reproché à M. Harper d'avoir trop attendu pour effectuer cette mission, notant avec insistance que les relations entre les deux pays s'étaient aliénées. Le propos n'était en rien diplomatique, un juste retour des choses d'une certaine façon, mais néanmoins, il exprimait un désir de voir les relations reprendre un cours plus normal. Comme preuve de sa bonne foi, il a donné le droit, attendu depuis cinq ans par le Canada, de faire la promotion touristique en Chine pour des voyages de groupe au Canada.

Stephen Harper croit pouvoir faire des affaires avec la Chine sans abandonner ses valeurs. Il a soumis à ses hôtes qu'une relation économique n'est pas incompatible avec un dialogue franc sur la question des droits. Des affaires avec la Chine, il veut en faire, car il a compris que l'économie se déplace de l'ouest vers l'est et que le développement de l'économie canadienne est tributaire de ses exportations vers le marché chinois. Celles-ci ne sont que de 8 milliards, tandis que la Chine exporte pour 35 milliards au Canada. Reste à voir comment il conciliera cette préoccupation économique avec la promotion des droits de la personne dans ce pays. Lors de la prochaine visite du dalaï-lama au Canada, M. Harper invitera-t-il son citoyen honoraire à le rencontrer ou invoquera-t-il diplomatiquement un horaire trop chargé pour ne pas le recevoir? On verra alors où il loge vraiment.
 
 
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  • Loraine King - Inscrite
    9 décembre 2009 05 h 31
    Quand on s'abreuve de propagande harpérienne
    Monsieur Descôteaux me semble ennivré à la propagande harpérienne ce matin. Contrairement à ce qu'il affirme, Jean Chrétien a toujours fait des droits de l'homme un enjeu de la relation entre le Canada et la Chine.

    Ceux qui gardent l'esprit clair se souviennent que Jean Chrétien fut le premier chef de gouvernement à prononcer un discours sur les droits de l'homme en Chine, à l'Université de Beijing. Le texte, très éloquent, est disponible sur le web pour ceux que cela intéresse. Monsieur Chrétien abordait toujours les droits de l'homme dans ses nombreux contacts avec les Chinois. Mais il le faisait avec tact. C'est là la grande différence entre Chrétien et Harper qui lui se comporte comme un éléphant dans un magasin de porchelaine. Monsieur Harper a servi un discours anti-Chinois dans le but de se faire du capital politique au Canada, une approche stérile ici et destructive en Chine.

    Robert Dutrisac dans Le Devoir le 18 août 2008, rapportait les propos de Chrétien :
    ...
    «On fait affaire avec l'Arabie saoudite; ce n'est pas une grande démocratie. La Jordanie, ce n'est pas une grande démocratie. L'Égypte, c'est une démocratie [mais] il faut le dire vite», a-t-il souligné. Or le Canada maintient de bonnes relations diplomatiques et commerciales avec tous ces pays. ...

    Enfin, je pense que Monsieur Harper craignait surtout les retombées négatives de son discours anti-Chinois sur les JO de Vancouver et sur la rencontre du G-20 qui se à Toronto. Il tente maintenant de réparer les pots qu'il a cassés.
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  • Andrew Savage - Inscrit
    9 décembre 2009 07 h 28
    Un canadien en Chine
    Vous êtes en retard dans les nouvelles.
    On verra ou il loge vraiment ? Vraiment.

    Les propos de M.Harper ont peu d’influence à ce chapitre.
    Selon statistique Canada les exportations vers la chine augmente sans cesse, même depuis qu’il siège comme premier ministre. «Business as usual».
    C’est clair.

    Le reste c’est pour consommation interne. Avec un gouvernement minoritaire, il y a toujours une élection à l’horizon. C’est tout.

    En cas d’un désaccord improbable, les marchandises passeraient par la Corée du Sud, parangon de la démocratie…, et où il a été reçu avec tous les honneurs.
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  • jacques noel - Inscrit
    9 décembre 2009 07 h 48
    40 à 10 pour la Chine
    Ca fait 40 ans qu'on va en Chine. Qu'on nous dit que c'est le nouvel Eldorado. Qu'on nous casse les oreilles avec la mondialisation et l'ouverture des frontières. Il y a eu je ne sais plus combien de Team Canada et Équipe Québec. Le maire Bourque y est allé 33 fois. Pourquoi?

    Pour se faire battre 40 à 10. On exporte pour seulement 10 milliards (2% des exportations canadiennes) mais on importe pour 40 milliards. Bref, on se fait rouler par les Chinois. Est-ce qu'on va arrêter de nous remplir avec la Chine?
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  • Michel Lauzon - Inscrit
    9 décembre 2009 09 h 12
    CO2 caché par des "droits" de l'homme
    Quel spectacle !
    Regardez donc ce qui est dit à propos du Canada en Europe en ce moment. Nous tuons des bébés phoques, notre quasi-Reine mange leurs coeurs crûs, les sables bitumineux de la poubelle le l'Athabaska sont en vente en Chine,t Charest se dandine en Russie et on attends pieusement l'arrivée du Messie à Copenhague.

    La propagande des médias Sionistes nous dépeint Beijing comme étant Pékin et le Tibet en un endroit monstrueux. Les gens sont assez naïfs pour croire que le Dalaï Lama est mieux que Benoît XVI alias Joseph Ratzinger un ex-Nazi ?

    Les nouvelles sont irrationnelles et orwélliennes. RÉFLÉCHIR est permis en silence seulement.
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  • - Abonné
    9 décembre 2009 10 h 15
    La démagogie comme liberté d'expression !?!
    La démocratie, pour exister et s'accomplir, exige de la part des intervenants de l'honnêteté. Que ce soit, les Chinois, les Russes, les Anglais, les Républicains américains ou les Conservateurs canadiens, pour tous, l'hypocrisie ne fait que permettre aux gens du pouvoir l’abus des peuples en faveur de quelques-uns.

    Harper est dangereux pour les institutions canadiennes, n'ayant aucune retenue à faire usage de discours faux et trompeurs, des discours savamment et ''sciemment'' élaborés en secret pour s'adresser aux penchants naturels égocentriques de l'électorat, des discours démagogiques et propagandistes anti-société donc, anti-démocratie

    La défense des droits et libertés en Chine ne fait référence qu'à une liberté d'entreprise la plus grande possible en faveur des Multinationales et non pas en faveur des citoyen(ne)s Chinois(e)s. Harper OSE exiger l’ouverture complète de la Chine au capitalisme débridé et sauvage, au nom des Multinationales, lui, la grosse marionnette bien peignée des Rockefellers du monde WASP !!

    Combattre Harper, c'est combattre pour la défense des droits et libertés des Canadiennes et des Canadiens, pour la défense de NOTRE démocratie.

    Combattre Harper, c'est combattre avec les Chinoises et les Chinois pour exiger l'honnêteté nécessaire à une réelle minimale liberté et à une réelle minimale justice pour tous.

    Combattre Harper, c’est chercher à éviter à la Nation Québécoise la menace de l’étau Harper-Charest, de la MISÈRE NOIRE encore, dans la négation de notre existence !!
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  • André Loiseau - Abonné
    9 décembre 2009 12 h 07
    @M.Paradis
    Bien réfléchi et bon coup d'envoi, Monsieur!
    Tout fut placé en juste perspective.
    Mon opinion rejoint la vôtre et s'en porte bien.
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  • Andrew Savage - Inscrit
    9 décembre 2009 12 h 37
    Monsieur Chrétien en mandarin...
    Vous avez bien fait de nous rappeler le système de classification de Monsieur Chrétien :

    «… L' Arabie saoudite n'est pas une grande démocratie… l’Égypte c’est une démocratie, mais il faut le dire vite…». Au-delà de la limite légale …

    Bravo. La clarté c’est ça. Éblouissant. Droit comme un minaret …

    Tout le monde comprend, au Québec en tout cas. En Chine c’est moins sûr. La traduction simultanée des propos de Monsieur Chrétien en mandarin, vous y croyez ?
    Essayer de traduire… awingneinin awingneininin O.k. C'est plus fort que les idéogrammes. Pensez-y 2 secondes. Resaisissez-vous.

    Poussez, mais poussez égal !
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  •  
  • Loraine King - Inscrite
    9 décembre 2009 15 h 17
    Monsieur Savage!
    S'il y a une chose que je peux affirmer avec certitude, Monsieur Savage, c'est que Jean Chrétien a livré un discours sur la règle de droit et les droits de l'homme à l'université Qinghua de Beijing le 20 novembre 1998. Quand Bernard Descoteaux écrit que "Contrairement à ses prédécesseurs Paul Martin et Jean Chrétien, le premier ministre conservateur a fait de la question des droits de la personne un enjeu de la relation entre les deux pays" je me dois de le lui rappeler.

    Vous parlez le mandarin? Moi j'ignore comment furent traduites les paroles de Chrétien et de Harper.
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