jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 00h03
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Détenus afghans - S'ouvrir les yeux

Josée Boileau   28 novembre 2009  Canada
Le gouvernement Harper doit des excuses au diplomate Richard Colvin. Après avoir mis à mal sa réputation aux Communes, après que les députés conservateurs l'eurent traité avec mépris lorsqu'il est venu témoigner devant le comité parlementaire sur l'Afghanistan, voilà que le ministre de la Défense, Peter MacKay, commence à lui donner raison.

Timidement, il est vrai, mais admettre, comme il l'a fait hier, que le Canada était au courant dès 2006 des risques de torture dans les prisons afghanes, et ce, notamment grâce à M. Colvin, est un véritable retournement.

C'est en tout cas mieux que le trio de généraux qui ont affirmé au même comité n'avoir rien su — ni rien voulu savoir — avant les révélations faites par le Globe and Mail au printemps 2007. L'armée, ont-ils expliqué avec fermeté et assurance (et d'autant mieux préparés que le gouvernement leur a donné accès à des documents dont est privée l'opposition!) s'occupe de faits, pas de ouï-dire. Elle s'occupe surtout de ses affaires — et celles-ci, a-t-on compris, n'englobaient pas les préoccupations de la Croix-Rouge, chargée de suivre les prisonniers afghans.

Redresser la situation était toutefois fort complexe, a précisé hier le ministre MacKay pour expliquer l'année et demie qui s'écoulera avant que le processus de transfert des prisonniers ne soit revu. Et puis, a poursuivi M. MacKay, les conservateurs arrivaient au pouvoir en 2006: «Nous avons hérité de la situation déjà en place.»

Le ministre a la mémoire sélective: sous le gouvernement libéral, le Canada divulguait au moins le nombre de ses prisonniers afghans. Les conservateurs ont dès le départ opté pour le silence et n'en ont pas dévié.

De même, le Canada n'avait pas à inventer la roue en matière de transfert de prisonniers: les armées britanniques et néerlandaises en faisaient aussi. Dans leur cas, 24 heures suffisaient pour en aviser le bureau de la Croix-Rouge à Kandahar. Du côté canadien, le délai se comptait en semaines, voire en mois. C'est que l'armée canadienne était trop occupée avec les insurgés, ont expliqué les généraux mercredi. Comme si la situation avait été plus calme du côté de nos alliés!

On comprend plutôt que le gouvernement canadien et les dirigeants militaires minimisaient tant les prétentions des détenus que l'étendue de la torture, pourtant largement documentée. Encore cette semaine, une enquête d'Oxfam menée auprès de plus de 700 Afghans nous apprend qu'un répondant sur cinq a été torturé, la moitié alors qu'ils étaient en détention!

Les Afghans vivent avec la peur, précise la troublante enquête d'Oxfam. Le témoignage de D. Y. Béchard, que nous publions aujourd'hui, conclut sur la même note. La décence pour les pays présents là-bas, c'est d'au moins s'ouvrir les yeux sur ces peurs — qui existent même dans les villages hostiles que notre armée envahit à l'aube.

Il faut encore des Richard Colvin.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Augustin Rehel
    Inscrit
    samedi 28 novembre 2009 08h09
    'ouvrir les yeux
    De tout temps, et même aujourd'hui, nonobstand la Convention de Genève, il n,y aucun respect pour les prisonniers de guerre. Une fois prisonnier, ils sont à la merci de leurs tortionnaires. Il y a comme une culture de la torture dans l'esprit des soldats: le DROIT de faire ce qu'ils veulent de «leurs» prisonniers. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur les dernières guerres les plus récentes, et la lecture de ce qu'on peut lire scie les jambes.

    La guerre civile dans l'ex-Yu est un exemple tragique de la façon dont les Serbes ont traité les civils en général. Srebrenica en est un exemple parfait: 8000 hommes et ados bosniaques passés par les armes en quelques jours. En Iraq, les soldats avaient ordre de ne ramener aucun prisonnier et si, d'avennture, ils faisaient quelques prisonniers, ils s'amusaient à les maltraiter, à les battre, à les torturer, avant de les mettre à mort.

    Il suffit de lire les récits d'horreur ramenés par des soldats pour se rendre compte que la guerre tient peu compte des lois et conventions établies.

    S'ouvrir les yeux pour moi se définit ainsi et tant que la «culture de l'armée» ne sera pas modifiée, la formation donnée aux soldats, qui date de naguère... l'armée continuera à former des machines à tuer et à torturer. Bien entendu, ce ne sont pas tous les soldats qui se comportent en déshonorant leur nom et leur nation, mais il s'en trouve quehlques-uns.

    On se souvient qu'en avril 1993, en Somalie, des soldats canadiens du régiment aéroporté avaient maltraité des prisonniers. Des cas clairs de torture, perpétrée par une petite minorité d'officiers qui ont entaché pendant des années le travail des militaires...

    Il y a des soldats qui ne supportent pas le POUVOIR, et donner du pouvoir à des hommes qui l'utilisent mal, est la pire des choses. Ces soldats devraient être dépistés et ne pas être envoyés au combat, pour leur plus grand bien et celui de leur pays.

    Mais allez faire comprendre cela à une armée.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 28 novembre 2009 10h45
    Prende M. Harper comme cobaye s.v.p.
    Nous aimerions ça, nous Québécois francophones, si M. Harper subissait le même genre de torture que son gouvernement pollueur a laissé subir aux coupables et aux innocents afghans. À présenter sur You tube.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 28 novembre 2009 12h08
    Des mains qui sentent la poudre
    Un des généraux canadiens a dit que nos soldats sentent les mains de leurs prisonniers pour voir si elles sentent la poudre. Si oui coupables pour la torture où ils vont avouer le reste. Pa besoin de chiens renifleurs.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
3 réactions
2 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012