Torture en Afghanistan: les généraux rejettent les allégations de Richard Colvin
Photo : La Presse canadienne (photo)
Le général à la retraite Rick Hillier lors de son témoignage cet après-midi
Lors d’un témoignage très attendu cet après-midi devant un comité parlementaire, le général à la retraite Rick Hillier a livré une version complètement différente quant au sort des prisonniers afghans de celle du diplomate Richard Colvin, la semaine dernière.
L’ancien chef d’état-major de la Défense canadienne a même qualifié de «grotesque» l’affirmation du diplomate qui, mercredi dernier, a soutenu que tous les prisonniers transférés par le Canada aux autorités afghanes avaient été torturés.
Le témoignage du général vient ainsi contredire celui de M. Colvin, qui avait par ailleurs suggéré qu’une bonne partie des prisonniers n’étaient que des paysans, des fermiers ou des travailleurs qui se trouvaient simplement à la mauvaise place au mauvais moment.
Selon M. Hillier, bien au contraire, la plupart des prisonniers capturés l’avaient été sur le champ de bataille, avaient des résidus d’explosifs sur les mains, et étaient entraînés de façon professionnelle. Si des fermiers innocents ont été capturés par mégarde, ils ont été relâchés rapidement, a-t-il assuré.
L’ancien chef d’état-major a d’autre part assuré que les rapports écrits en 2006 sur l’Afghanistan n’avaient jamais mentionné le risque de torture pour les prisonniers.
Michel Gauthier, ancien commandant de la Force expéditionnaire du Canada, a corroboré la version de M. Hillier et a soutenu que les rapports écrits en 2006 et en 2007 n’avaient même jamais utilisé le mot torture, sauf lors d’un cas isolé.
Le témoignage des anciens militaires survient au moment où le gouvernement conservateur tente tant bien que mal de minimiser les allégations choquantes de M. Colvin.
Le diplomate Richard Colvin, qui a été en poste en Afghanistan pendant 17 mois en 2006-2007, a révélé en comité que tous les Afghans capturés par l’armée canadienne et transférés aux autorités afghanes étaient probablement torturés et que, dans bien des cas, il s’agissait d’innocents.
Et alors que le gouvernement de Stephen Harper a soutenu pendant des mois qu’il ne possédait aucune preuve crédible de ces allégations, M. Colvin a affirmé en avoir informé à l’époque, au fil d’une quinzaine de rapports, de hauts dirigeants des sphères politique et militaire.
Les conservateurs tentent, depuis sa comparution, de discréditer son témoignage, arguant qu’il ne contient aucune preuve solide.
Le ministre des Affaires étrangères au courant, selon Colvin
Richard Colvin a enfoncé le clou aujourd’hui, en soutenant que ses avertissements sur la torture de détenus en Afghanistan se sont rendus jusqu’au bureau du ministre des Affaires étrangères.
Lorsque Richard Colvin a témoigné la semaine dernière, il a dit qu’il ne savait pas si ses rapports étaient arrivés jusqu’aux ministres. Mais son avocate a envoyé une lettre au comité parlementaire où il a témoigné pour corriger sa déclaration. M. Colvin a vérifié, et, affirme-t-il maintenant, le bureau du ministre des Affaires étrangères était parmi ses destinataires.
C’est Peter MacKay, aujourd’hui ministre de la Défense, qui était ministre des Affaires étrangères à l’époque.
Jusque là, le ministre MacKay a toujours assuré qu’il n’a vu aucun rapport de Richard Colvin. En arrivant au parlement ce matin, le ministre a déclaré que ces rapports ont été vus par beaucoup de monde. Il a refusé d’en dire plus.
Hier, Le Devoir révélait qu’un haut fonctionnaire confirmait l'essentiel des révélations du diplomate.
Dans un long entretien accordé au Devoir, une source — qui a occupé d'importants postes en Afghanistan — a indiqué que le gouvernement a trop tardé avant d'adopter de nouvelles règles de transfert des détenus en Afghanistan: toute personne le moindrement curieuse aurait dû réagir plus tôt à Ottawa, tant les informations étaient inquiétantes.
Une menace à la sécurité nationale
Par ailleurs, on a appris plus tôt dans la journée que les documents évoqués par le diplomate Richard Colvin la semaine dernière lors de son témoignage pourraient ne pas être déposés au comité spécial des Communes.
Car M. Colvin craint ne pas avoir toute l’immunité nécessaire pour éviter des «répercussions graves», comme celles de faire face à d’éventuelles peines d’emprisonnement.
Les avocats du ministère de la Justice ont indiqué à M. Colvin, par l’entremise du ministère des Affaires étrangères, qu’ils n’adhèrent pas à la thèse selon laquelle un témoignage devant le Parlement exempte le témoin de souscrire aux provisions touchant la sécurité nationale comprises dans la Loi sur la preuve au Canada.
Devant cette affirmation, l’avocate de M. Colvin a écrit au comité spécial pour l’aviser que son client ne sera donc pas en mesure de déposer les documents dont il a parlé la semaine dernière lors de son témoignage fracassant.
Les partis d’opposition demandent à ce que ce soit au gouvernement de déposer ces documents cités par Richard Colvin, ainsi que les réponses que lui a fournies le ministère des Affaires étrangères.
L’ancien supérieur de M. Colvin, David Mulroney, souhaite témoigner devant le comité pour réfuter une partie du témoignage de son ex-employé. Les députés d’opposition, majoritaires au comité, préfèreraient obtenir les rapports et d’autres documents avant d’entendre d’autres témoignages.
L’ancien chef d’état-major de la Défense canadienne a même qualifié de «grotesque» l’affirmation du diplomate qui, mercredi dernier, a soutenu que tous les prisonniers transférés par le Canada aux autorités afghanes avaient été torturés.
Le témoignage du général vient ainsi contredire celui de M. Colvin, qui avait par ailleurs suggéré qu’une bonne partie des prisonniers n’étaient que des paysans, des fermiers ou des travailleurs qui se trouvaient simplement à la mauvaise place au mauvais moment.
Selon M. Hillier, bien au contraire, la plupart des prisonniers capturés l’avaient été sur le champ de bataille, avaient des résidus d’explosifs sur les mains, et étaient entraînés de façon professionnelle. Si des fermiers innocents ont été capturés par mégarde, ils ont été relâchés rapidement, a-t-il assuré.
L’ancien chef d’état-major a d’autre part assuré que les rapports écrits en 2006 sur l’Afghanistan n’avaient jamais mentionné le risque de torture pour les prisonniers.
Michel Gauthier, ancien commandant de la Force expéditionnaire du Canada, a corroboré la version de M. Hillier et a soutenu que les rapports écrits en 2006 et en 2007 n’avaient même jamais utilisé le mot torture, sauf lors d’un cas isolé.
Le témoignage des anciens militaires survient au moment où le gouvernement conservateur tente tant bien que mal de minimiser les allégations choquantes de M. Colvin.
Le diplomate Richard Colvin, qui a été en poste en Afghanistan pendant 17 mois en 2006-2007, a révélé en comité que tous les Afghans capturés par l’armée canadienne et transférés aux autorités afghanes étaient probablement torturés et que, dans bien des cas, il s’agissait d’innocents.
Et alors que le gouvernement de Stephen Harper a soutenu pendant des mois qu’il ne possédait aucune preuve crédible de ces allégations, M. Colvin a affirmé en avoir informé à l’époque, au fil d’une quinzaine de rapports, de hauts dirigeants des sphères politique et militaire.
Les conservateurs tentent, depuis sa comparution, de discréditer son témoignage, arguant qu’il ne contient aucune preuve solide.
Le ministre des Affaires étrangères au courant, selon Colvin
Richard Colvin a enfoncé le clou aujourd’hui, en soutenant que ses avertissements sur la torture de détenus en Afghanistan se sont rendus jusqu’au bureau du ministre des Affaires étrangères.
Lorsque Richard Colvin a témoigné la semaine dernière, il a dit qu’il ne savait pas si ses rapports étaient arrivés jusqu’aux ministres. Mais son avocate a envoyé une lettre au comité parlementaire où il a témoigné pour corriger sa déclaration. M. Colvin a vérifié, et, affirme-t-il maintenant, le bureau du ministre des Affaires étrangères était parmi ses destinataires.
C’est Peter MacKay, aujourd’hui ministre de la Défense, qui était ministre des Affaires étrangères à l’époque.
Jusque là, le ministre MacKay a toujours assuré qu’il n’a vu aucun rapport de Richard Colvin. En arrivant au parlement ce matin, le ministre a déclaré que ces rapports ont été vus par beaucoup de monde. Il a refusé d’en dire plus.
Hier, Le Devoir révélait qu’un haut fonctionnaire confirmait l'essentiel des révélations du diplomate.
Dans un long entretien accordé au Devoir, une source — qui a occupé d'importants postes en Afghanistan — a indiqué que le gouvernement a trop tardé avant d'adopter de nouvelles règles de transfert des détenus en Afghanistan: toute personne le moindrement curieuse aurait dû réagir plus tôt à Ottawa, tant les informations étaient inquiétantes.
Une menace à la sécurité nationale
Par ailleurs, on a appris plus tôt dans la journée que les documents évoqués par le diplomate Richard Colvin la semaine dernière lors de son témoignage pourraient ne pas être déposés au comité spécial des Communes.
Car M. Colvin craint ne pas avoir toute l’immunité nécessaire pour éviter des «répercussions graves», comme celles de faire face à d’éventuelles peines d’emprisonnement.
Les avocats du ministère de la Justice ont indiqué à M. Colvin, par l’entremise du ministère des Affaires étrangères, qu’ils n’adhèrent pas à la thèse selon laquelle un témoignage devant le Parlement exempte le témoin de souscrire aux provisions touchant la sécurité nationale comprises dans la Loi sur la preuve au Canada.
Devant cette affirmation, l’avocate de M. Colvin a écrit au comité spécial pour l’aviser que son client ne sera donc pas en mesure de déposer les documents dont il a parlé la semaine dernière lors de son témoignage fracassant.
Les partis d’opposition demandent à ce que ce soit au gouvernement de déposer ces documents cités par Richard Colvin, ainsi que les réponses que lui a fournies le ministère des Affaires étrangères.
L’ancien supérieur de M. Colvin, David Mulroney, souhaite témoigner devant le comité pour réfuter une partie du témoignage de son ex-employé. Les députés d’opposition, majoritaires au comité, préfèreraient obtenir les rapports et d’autres documents avant d’entendre d’autres témoignages.
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