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Torture en Afghanistan: les généraux rejettent les allégations de Richard Colvin

Le Devoir , La Presse canadienne   25 novembre 2009 17h59  Canada
Le général à la retraite Rick Hillier lors de son témoignage cet après-midi
Photo : La Presse canadienne (photo)
Le général à la retraite Rick Hillier lors de son témoignage cet après-midi
Lors d’un témoignage très attendu cet après-midi devant un comité parlementaire, le général à la retraite Rick Hillier a livré une version complètement différente quant au sort des prisonniers afghans de celle du diplomate Richard Colvin, la semaine dernière.

L’ancien chef d’état-major de la Défense canadienne a même qualifié de «grotesque» l’affirmation du diplomate qui, mercredi dernier, a soutenu que tous les prisonniers transférés par le Canada aux autorités afghanes avaient été torturés.

Le témoignage du général vient ainsi contredire celui de M. Colvin, qui avait par ailleurs suggéré qu’une bonne partie des prisonniers n’étaient que des paysans, des fermiers ou des travailleurs qui se trouvaient simplement à la mauvaise place au mauvais moment.

Selon M. Hillier, bien au contraire, la plupart des prisonniers capturés l’avaient été sur le champ de bataille, avaient des résidus d’explosifs sur les mains, et étaient entraînés de façon professionnelle. Si des fermiers innocents ont été capturés par mégarde, ils ont été relâchés rapidement, a-t-il assuré.

L’ancien chef d’état-major a d’autre part assuré que les rapports écrits en 2006 sur l’Afghanistan n’avaient jamais mentionné le risque de torture pour les prisonniers.

Michel Gauthier, ancien commandant de la Force expéditionnaire du Canada, a corroboré la version de M. Hillier et a soutenu que les rapports écrits en 2006 et en 2007 n’avaient même jamais utilisé le mot torture, sauf lors d’un cas isolé.

Le témoignage des anciens militaires survient au moment où le gouvernement conservateur tente tant bien que mal de minimiser les allégations choquantes de M. Colvin.

Le diplomate Richard Colvin, qui a été en poste en Afghanistan pendant 17 mois en 2006-2007, a révélé en comité que tous les Afghans capturés par l’armée canadienne et transférés aux autorités afghanes étaient probablement torturés et que, dans bien des cas, il s’agissait d’innocents.

Et alors que le gouvernement de Stephen Harper a soutenu pendant des mois qu’il ne possédait aucune preuve crédible de ces allégations, M. Colvin a affirmé en avoir informé à l’époque, au fil d’une quinzaine de rapports, de hauts dirigeants des sphères politique et militaire.

Les conservateurs tentent, depuis sa comparution, de discréditer son témoignage, arguant qu’il ne contient aucune preuve solide.

Le ministre des Affaires étrangères au courant, selon Colvin

Richard Colvin a enfoncé le clou aujourd’hui, en soutenant que ses avertissements sur la torture de détenus en Afghanistan se sont rendus jusqu’au bureau du ministre des Affaires étrangères.

Lorsque Richard Colvin a témoigné la semaine dernière, il a dit qu’il ne savait pas si ses rapports étaient arrivés jusqu’aux ministres. Mais son avocate a envoyé une lettre au comité parlementaire où il a témoigné pour corriger sa déclaration. M. Colvin a vérifié, et, affirme-t-il maintenant, le bureau du ministre des Affaires étrangères était parmi ses destinataires.

C’est Peter MacKay, aujourd’hui ministre de la Défense, qui était ministre des Affaires étrangères à l’époque.

Jusque là, le ministre MacKay a toujours assuré qu’il n’a vu aucun rapport de Richard Colvin. En arrivant au parlement ce matin, le ministre a déclaré que ces rapports ont été vus par beaucoup de monde. Il a refusé d’en dire plus.

Hier, Le Devoir révélait qu’un haut fonctionnaire confirmait l'essentiel des révélations du diplomate.

Dans un long entretien accordé au Devoir, une source — qui a occupé d'importants postes en Afghanistan — a indiqué que le gouvernement a trop tardé avant d'adopter de nouvelles règles de transfert des détenus en Afghanistan: toute personne le moindrement curieuse aurait dû réagir plus tôt à Ottawa, tant les informations étaient inquiétantes.

Une menace à la sécurité nationale

Par ailleurs, on a appris plus tôt dans la journée que les documents évoqués par le diplomate Richard Colvin la semaine dernière lors de son témoignage pourraient ne pas être déposés au comité spécial des Communes.

Car M. Colvin craint ne pas avoir toute l’immunité nécessaire pour éviter des «répercussions graves», comme celles de faire face à d’éventuelles peines d’emprisonnement.

Les avocats du ministère de la Justice ont indiqué à M. Colvin, par l’entremise du ministère des Affaires étrangères, qu’ils n’adhèrent pas à la thèse selon laquelle un témoignage devant le Parlement exempte le témoin de souscrire aux provisions touchant la sécurité nationale comprises dans la Loi sur la preuve au Canada.

Devant cette affirmation, l’avocate de M. Colvin a écrit au comité spécial pour l’aviser que son client ne sera donc pas en mesure de déposer les documents dont il a parlé la semaine dernière lors de son témoignage fracassant.

Les partis d’opposition demandent à ce que ce soit au gouvernement de déposer ces documents cités par Richard Colvin, ainsi que les réponses que lui a fournies le ministère des Affaires étrangères.

L’ancien supérieur de M. Colvin, David Mulroney, souhaite témoigner devant le comité pour réfuter une partie du témoignage de son ex-employé. Les députés d’opposition, majoritaires au comité, préfèreraient obtenir les rapports et d’autres documents avant d’entendre d’autres témoignages.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 25 novembre 2009 19h23
    Toute le gang sur le dos de m. Colvin
    Les coupables, proches du gouvernement, se défendent en gang mais nous, nous savons qui ils sont.

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 25 novembre 2009 19h59
    Des menaces sérieuses
    À moins que le gouvernement dépose tous les documents cités par monsieur Colvin, celui-ci ne pourra plus témoigner alors qu'il est menacé de prison pour trahison !

    La démocratie est de plus en plus menacée !

    Parce que monsieur Colvin veut faire la lumière sur le travail de nos "braves soldats" qui attendent leur "Autoroute de la Bravoure" leurs braves patrons le menace de trahison ! Finalement Henri IV a bien meilleur goût !

    Claude L'Heureux, Québec

  • GERARD LAMONTAGNE
    Inscrit
    mercredi 25 novembre 2009 22h18
    La crédibilité d'Hillier
    La crédibilité de Rick Hillier n'a d'égal que son jugement. Il a lui-même poussé pour cette guerre en Afghanistan, à Kandahar, alors que l'armée n'était pas équipée pour combattre sur ce terrain.

    Comment peut-on croire que ce type allait prendre soin des combattants prisonniers alors qu'il les taitait de sacs de poubelle quand il parlait de ces combattants en public ,ici, au Canada.

    Nous les québécois n'avons certainement pas la culture militaire de ce monsieur, car beaucoup d'entre nous étaient scandalisés de ce langage que la plupart d'entre nous n'avions jamais entendu.

    Je refuse de croire que Rick Hillier ait eu quelque sympathie que ce soit pour les prisonniers de guerre; de la façon dont il en a parlé, je suis plutôt d'avis qu'il était tout a fait indifferent à ce qu'ils soient torturés.

    Aucune crédibilité à ce que cet homme dit.

  • Jean-Marc Lord
    Abonné
    mercredi 25 novembre 2009 22h36
    L"armé et la mafia
    La meme culture du silence. En aucun cas je ne leur fait confiance...Une enquete avec pouvoirs étendus s,impose

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