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Un an plus tard

Chantal Hébert   16 novembre 2009  Canada
Il y a un an presque jour pour jour, le gouvernement de Stephen Harper frôlait la crise constitutionnelle en tentant, sous le couvert d'un énoncé économique plutôt bidon, de régler des comptes avec les trois partis d'opposition. Sauvé in extremis par la gouverneure générale, le premier ministre conservateur semblait voué à payer cher une erreur de jugement que bien des Canadiens jugeaient impardonnable.

En panne d'autorité morale devant l'opposition majoritaire aux Communes et dans les cordes dans les intentions de vote au Québec, Stephen Harper est rentré au Parlement en janvier dernier plus diminué qu'à n'importe quel autre moment de son leadership. Un an plus tard, il peut se vanter d'avoir tourné la situation à son avantage.

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À cet égard, la victoire du Parti conservateur dans l'ex-circonscription bloquiste de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup la semaine dernière s'inscrit dans le cadre d'un redressement plus global.

Aux Communes, les partis d'opposition n'ont jamais autant mangé dans la main du gouvernement minoritaire qu'actuellement. Ces dernières semaines, les conservateurs ont même obtenu suffisamment d'appuis néo-démocrates et libéraux pour faire avancer leur projet de réduire le registre des armes à feu à sa plus simple expression.

Après s'être longtemps fait une gloire de ne pas rater une occasion de pourfendre les conservateurs, le NPD s'est dorénavant converti aux vertus de la cohabitation. S'il faut en croire le score néo-démocrate aux élections complémentaires, le virage lui réussit.

De son côté, le Parti libéral a perdu tellement de plumes depuis un an que ses députés aimeraient mieux manger leurs bas que de mettre à exécution sa menace estivale de faire tomber le gouvernement. Presque douze mois après avoir disposé sommairement de Stéphane Dion, le PLC, sous Michael Ignatieff, est de retour à la case départ dans les sondages.

Pris en flagrant délit de déni de récession en novembre dernier, le gouvernement Harper est aujourd'hui considéré par l'électorat comme le plus apte à gérer l'économie. Son plan d'action est plus opportuniste que visionnaire, mais il ratisse suffisamment large pour que l'opposition officielle n'ait pas réussi à accoucher d'une solution de rechange.

Contre bien des attentes, l'arrivée à la Maison-Blanche d'un président populaire au Canada a eu des retombées positives sur la cote du gouvernement Harper. C'est particulièrement le cas en matière de changements climatiques, un dossier qui demeure un talon d'Achille conservateur. En se collant sur l'administration Obama, le gouvernement Harper a désamorcé suffisamment de critiques pour que le difficile passage obligé de la conférence de Copenhague ne lui soit pas nécessairement fatal aux Communes.

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On a parlé beaucoup des erreurs de parcours de Michael Ignatieff ces derniers mois, mais pas suffisamment de la tenue de route plus assurée de son principal adversaire. Depuis un an, on a assisté à des corrections de cap.

Aux Communes, le ton du gouvernement est devenu un peu moins réducteur. Surtout, Stephen Harper a revu à la baisse ses présences dans une arène où ses instincts partisans avaient tendance à se décupler. Sur des fronts importants, sa gestion est devenue plus oecuménique.

La nomination du néo-démocrate Gary Doer comme ambassadeur du Canada aux États-Unis a été très largement accueillie comme un bon coup. Le rétablissement de relations fédérales plus sereines avec le gouvernement libéral de Queen's Park est un changement radical par rapport au mandat précédent. Le dégel des relations entre la mouvance de Stephen Harper et le clan de Brian Mulroney a eu l'effet d'une main tendue aux conservateurs québécois.

Des initiatives récentes comme l'idée d'offrir des congés parentaux à même l'assurance-emploi aux pigistes qui désirent s'inscrire au régime; l'ouverture d'une enquête publique sur l'état des stocks de saumon en Colombie-Britannique et le recrutement d'un comité consultatif arc-en-ciel pour accoucher d'un nouveau guide de citoyenneté sont autant de démarches qui ont vu le gouvernement déborder de l'étroit sentier idéologique qu'il privilégiait pendant son premier mandat.

Au cours des prochaines semaines, le premier ministre va passer davantage de temps à l'étranger qu'au Parlement. Pour la première fois, Stephen Harper dirige une mission en Inde et en Chine. Ce sont deux destinations qu'il s'entêtait à bouder à son arrivée au pouvoir, en partie sous le prétexte — juvénile — qu'elles avaient figuré sur la liste des priorités libérales. Au total, on peut dire que la dernière année a vu son jeune gouvernement renoncer à un certain nombre d'enfantillages.

Comme Stephen Harper aujourd'hui, Brian Mulroney, donné pour mort à cause de scandales à la moitié de son premier mandat, Jean Chrétien, après sa quasi-défaite au référendum de 1995, et Jean Charest, après la montée en flèche de l'ADQ en 2007, sont tous sortis ragaillardis du tombeau auquel les avaient trop rapidement consignés bon nombre d'observateurs. Tant qu'un premier ministre a encore un filet de souffle politique, il est risqué de conclure qu'il est à l'article de la mort.

****

chebert@thestar.ca

Chantal Hébert est chroniqueuse politique au Toronto Star
 
 
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    18 novembre 2009 15 h 31
    La crise constitutionnelle, je me souviens
    La décision de la gouverneure générale (imposée par qui ???) a fait fi de la démocratie et du parlementarisme (qui est différent d'un régime royal). Il n'y avait AUCUNE RAISON d'abroger le parlement. Le désir de M. Harper d'éviter un vote de non-confiance n'est pas une raison acceptable.

    La gouverneure générale a erré.

    La fonction de gouverneur général, ce relent anachronique de domination britannique, vivrait peut-être ses derniers jours n'était-ce la droite conservatrice.

    Ce pays est figé dans le béton de la mal-nommée confédération, qui est en fait un état unitaire.
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  • Diane Cadieux - Inscrite
    24 novembre 2009 18 h 48
    Harper
    À l'automne dernier, il a, en quelque sorte, usurpé le pouvoir.
    Il lui arrive encore trop souvent de tenter de nous imposer son idéologie à petite dose. À ce sujet, il reste à surveiller de près.
    Par contre, dans l'état actuel de la poolitique fédérale, il est difficile de trouver un premier ministre qui serait à la hauteur des attentes des québecois.
    Tant à Québec qu'à Ottawa on est mal foutu.
    Diane Cadieux
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