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La démocratie est en crise

Manon Cornellier   14 novembre 2009  Canada
Stephen Harper
Photo : Agence Reuters
Stephen Harper
Stephen Harper règne en maître: les ministres jouent les seconds violons, les comités n'ont plus la cote et les débats sont ignorés. Négligé, méprisé, le Parlement en arrache.

Ottawa — «Notre démocratie parlementaire est dysfonctionnelle quand nous élisons des gouvernements minoritaires et elle perd sa pertinence quand nous élisons des gouvernements majoritaires.» Le constat du politologue Peter Russell est brutal. Le système est malade et la complaisance n'est plus de mise.

Le professeur n'en peut plus de l'incapacité des politiciens à se défaire de la mentalité propre à un gouvernement majoritaire. Toutes leurs actions visent cette majorité, ce qui les rend incapables de faire preuve d'esprit de coopération en situation minoritaire. Élire un gouvernement majoritaire ne serait pas une solution, dit-il, puisque le premier ministre peut presque ne pas tenir compte du Parlement tant il contrôle tous les leviers du pouvoir. «Dans un cas comme dans l'autre, les citoyens sont incapables d'avoir un vrai Parlement fonctionnel», déplore-t-il en entrevue. Aucun autre Parlement dans le monde, dit-il, ne se trouve dans une pareille impasse.

Professeur à l'Université de Calgary et mentor de Stephen Harper, Tom Flanagan ne s'émeut pas. La démocratie parlementaire traverse une «phase différente au cours de laquelle, au lieu d'être unidimensionnel, le Parlement est très compétitif». Selon lui, il en sera ainsi tant que le gouvernement sera minoritaire et la faute n'en revient pas qu'au chef conservateur. «M. Harper, comme premier ministre, est vraiment partisan et porté à l'affrontement. Ce n'est peut-être pas le premier ministre idéal pour promouvoir l'entente multilatérale. Mais les libéraux ne sont pas mieux puisqu'ils refusent de faire fonctionner le Parlement. Ils ne songent qu'à reprendre le pouvoir.»

Il reste qu'élus, journalistes, experts et citoyens ont le sentiment depuis longtemps que quelque chose ne va pas et, pour les experts, le principal facteur demeure la concentration du pouvoir entre les mains du premier ministre. Stephen Harper n'est pas seul en faute. Le phénomène a démarré bien avant lui, sous Pierre Elliott Trudeau, et il s'est poursuivi sous tous les premiers ministres qui lui ont succédé, conservateurs comme libéraux.

Sous le premier ministre libéral Jean Chrétien, le journaliste Jeffrey Simpson parlait même d'une «dictature amicale» (The Friendly Dictatorship», titre du livre qu'il a écrit sur le sujet en 2001). «La concentration est toutefois devenue plus évidente sous M. Harper. Si je devais réécrire mon livre, je décrirais Jean Chrétien comme un grand décentralisateur comparativement à son successeur, car lui était prêt à déléguer beaucoup de responsabilités à ses ministres. [...] Stephen Harper, en revanche, contrôle tout, y compris les petits détails», dit M. Simpson en entrevue.

M. Harper n'est ni seul ni le premier, mais sous son règne, «la centralisation du pouvoir est telle que le bureau du Conseil privé [le ministère central] s'est pratiquement transformé en une bureaucratie parallèle soumise aux ordres du bureau du premier ministre», renchérit la politologue Jennifer Smith, de l'Université Dalhousie.

On ouvre les livres

Directeur de la Chaire en administration publique et gouvernance à l'Université de Moncton, Donald Savoie a écrit de multiples ouvrages sur les rouages du gouvernement fédéral et la concentration du pouvoir qui y sévit. Selon lui, Stephen Harper n'est pas pire que d'autres. Ce qui ne veut toutefois pas dire que l'état de notre démocratie parlementaire n'est pas préoccupant. Pour Donald Savoie, il y a bel et bien crise et celle-ci a plusieurs facettes. L'une d'elles est «l'incapacité du Parlement à garder le gouvernement responsable alors qu'il en a déjà été capable».

Lors de la période des questions, il est de plus en plus fréquent qu'un ministre se lève pour répondre à des questions qui concernent un autre ministère que le sien. Faire des annonces à l'extérieur du Parlement est maintenant la norme, même pour des projets de loi, surtout ceux en matière de justice.

La notion de reddition de comptes est pourtant intimement liée au principe du gouvernement responsable. Donald Savoie rappelle que cela veut dire un premier ministre et des ministres qui rendent des comptes au Parlement. «C'est beaucoup moins évident maintenant. Les hauts fonctionnaires et les ministres sont devenus responsables envers le premier ministre.»

Ciel orageux

Et il y a le Parlement actuel, où sévit un climat d'intense acrimonie. À son départ définitif du Parlement en 2005, l'ancien chef néodémocrate Ed Broadbent invitait ses collègues «à réfléchir sérieusement au manque de courtoisie dont [ils avaient] été témoins quotidiennement à la Chambre des communes, lors de la période des questions». Malheureusement, peu l'ont écouté, car les choses n'ont fait qu'empirer.

«Le Parlement est devenu une arène plutôt qu'une législature, une arène où le gouvernement se vante et l'opposition conteste», résume Peter Russell. Il fut pourtant une époque, se souvient Jeffrey Simpson, où il y avait aux Communes des débats qui étaient suivis avec intérêt. «Mais le premier ministre ne prend pas la Chambre des communes au sérieux pour la tenue des débats publics nationaux, ce qui favorise la marginalisation du Parlement», avance-t-il. De l'avis de Simpson, «il a perdu de vue le rôle du Parlement comme intermédiaire entre le gouvernement et le peuple».

Même l'étude des projets de loi est escamotée. Quand les partis veulent montrer qu'ils prennent un projet de loi au sérieux, ils offrent généralement de l'adopter rapidement. On limite le temps de débat, on précipite l'étude en comités, court-circuitant une de leurs fonctions fondamentales: débusquer les erreurs et les mesures inadéquates. Au Sénat de sauver la mise.

Pour les députés, cela veut dire être réduits au rôle de simples exécutants.

Députés en figuration

La perte d'influence des députés ne date pas d'hier cependant, et c'est une décision qu'ils ont eux-mêmes prise en 1968 qui a le plus contribué à ce déclin. Cette année-là, ils ont tout simplement abandonné leur pouvoir le plus important, celui d'accorder ou non au gouvernement le droit de dépenser.

Jusqu'à cette date, les députés pouvaient prendre tout le temps voulu pour étudier en comité les crédits de chaque ministère. Pour mettre fin à cette incertitude, le gouvernement Trudeau a offert une plus longue période des questions et des budgets de recherche accrus aux membres de l'opposition, mais à la condition qu'ils acceptent une échéance pour l'adoption des crédits. Une fois celle-ci passée, les crédits seraient considérés comme acceptés, étude ou pas. Les députés ont acquiescé et, aujourd'hui, le gouvernement en fait à peu près à sa tête.

Donald Savoie croit aussi que la multiplication des fonctionnaires au Parlement n'aide pas cet état des choses, car ils se retrouvent à faire le travail que l'opposition et les députés devraient faire, c'est-à-dire surveiller la gestion financière du gouvernement.

Malgré tout, certains pensent qu'il pourrait en être autrement. Député conservateur sous Brian Mulroney, ardent défenseur de réformes démocratiques, Patrick Boyer s'est présenté sans succès aux dernières élections. Selon lui, des réformes en profondeur seront nécessaires, mais les députés ont un pouvoir qu'ils «n'exercent pas parce que la discipline de parti les arrête, parce qu'ils ont peur des représailles». «Pour exercer ce pouvoir, il faut adopter l'état d'esprit que le rôle exige et il faut comprendre ce rôle. Le député ne dirige pas le pays, comme trop de gens qui briguent des suffrages le croient. Le député surveille et exige des comptes de ceux qui gouvernent.»

Il faudra davantage pour venir à bout de cette crise, tout le monde en convient et chacun a son remède: réforme du mode de scrutin, affirmation des députés, clarification des conventions parlementaires, refonte en profondeur des structures, réexamen des règles parlementaires, leadership désintéressé de la part des chefs de parti susceptibles de prendre le pouvoir. Personne ne croit cependant que ce soit pour demain.

***

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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    13 novembre 2009 23 h 28
    Lester B. Pearson
    Lester B. Pearson a gouverné selon les règles d`une minorité parlementaire. Il a laissé au peuple une liste impressionnante de réalisations sans comparaison. Lester B. Pearson cherchait à regrouper les forces vives de la nation. Depuis son départ les canadiens ont été gouverné par des abuseurs du peuple de Trudeau à Chrétien, Martin, Dion et Harper. La démocratie n`était pas dans leurs cordes.
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  • Geoffroi - Abonné
    14 novembre 2009 00 h 51
    Et si ça ne se règle pas ?
    J'espère que la crise ne durera pas longtemps. Si ça dure, il y a deux questions que je me pose :

    1. Le parlementarisme britannique a-t-il fait son temps ?

    2. Approchons-nous d'une nouvelle forme de fascisme ? Le facisme amical affairiste.
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  • jean-jacques thibault - Abonné
    14 novembre 2009 02 h 27
    La démocratie à Ottawa
    Je vous fais parvenir ma réaction d'hier au texte de monsieur Castonguay, vu la pertinence avec votre article et du fait que j'aimerais bien relire cet article de 1995 qui, je le répète, est parue dans La Presse, un journal fortement associé au Premier Ministre du temps. Ma réaction fut tardive, vu que je suis à Bangkok, et que vous avez eu des problèmes d'impression.

    LA DÉMOCRATIE À OTTAWA

    Votre article éclairant me rappelle un autre que j'ai lu dans La Presse, journal pour le moins peu souverainiste, concernant l'infiltration de la mafia sur la colline parlementaire à Ottawa.

    Cet article a paru l'été de 1995, juste avant le référendum. Il mentionnait combien les différents groupes mafioseux étaient dangereusement présents dans la politique canadienne, à un point tel que la démocratie était en jeu.

    J'avais été surpris à ce moment qu'un tel article soit publié, surtout dans ce journal.

    Je serais bien heureux de revoir cet article suite aux événements qu'on vit maintenant.

    Jean-Jacques Thibault, Bangkok
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  • Bryan Coutu - Inscrit
    14 novembre 2009 06 h 21
    la tentation de l'homme fort
    Une démocratie à bout de souffle prépare toujours le terrain pour un homme fort qui se présentera en sauveur de la nation. À quoi bon un Parlement ? Laissez-moi décider pour vous et tout ira mieux : fini les débats inutiles, les élections coûteuses, les redditions de comptes ; on pourrait aussi abolir la presse : qui a besoin de gens qui posent des questions embarassantes ? Puis, on pourrait se défaire des tribunaux, puisque tous les juges sont de dangeruex socialistes. S'il y a une faiblesse inhérente au régime démocratique, c'est qu'il est incapable de se défendre contre l'apathie (cf. la République de Weimar).
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  • Loraine King - Inscrite
    14 novembre 2009 06 h 43
    L'Ontario
    Ce qu'on lit ici c'est précisémment ce qui s'est produit en Ontario avec le gouvernement Harris. Mike Harris ne 'croyait' pas à la démocratie parlementaire lui non plus. Sous Harris, l'Ontario s'était mérité le record mondial de tous les temps pour les plus courtes durées des sessions parlementaires. On en a même eu deux dans une journée.

    Les mêmes personnes qui conseillaient Harris et son successeur Eves à Queen's Park se retrouvent aujourd'hui dans le bureau du Conseil privé.

    Quelle que soient les changements que l'on pourrait apporter aux institutions, de tels personnages trouveront toujours les moyens de miner la démocratie.

    L'urgence n'est pas de réformer le système mais plutôt de se débarasser de ce genre d'individus.
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  • Gabriel RACLE - Inscrit
    14 novembre 2009 07 h 33
    Inculture politique
    Le tableau que nous dépeint Manin Cornellier n'est, hélas, que trop réaliste. Le gouvernement actuel, à la suite de ses prédécesseurs mais avec une intensité accrue, fait de la politique ultra-politicienne, en visant à devenir un gouvernement majoritaire pour faire ensuite ce qui lui plaira. Cette conception centripète va à l'encontre de ce que devrait être sa conception de la politique. Mais Harper et ses comparses démontrent une inculture politique fracassante. Il est plus qu'évident qu'ils ignorent ce qu'est une véritable conception de la politique.

    On trouve justement chez Platon quelques éléments intéressants et toujours d'actualité. Dans «Pouvoir et Justice (République, Livre I): le politique ne doit pas gouverner selon son intérêt mais selon la justice», on peut lire cette réponse de Socrate à une question d'un certain Thrasymaque, qui pense que l'on commande toujours à son profit: ««L'art du berger a pour essence le bien des moutons; c'est par accident que s'y ajoute l'art d'en tirer profit; l'art du berger n'est pas transformé par le fait qu'il en tire profit ou pas. De même, l'art politique est par essence service pour les gouvernés, et par accident profit pour les gouvernants.» Et Platon de montrer que l'on a toujours intérêt à la justice et que le pouvoir ne peut s'exercer sans justice. Celui qui exerce le pouvoir ne le fait pas en vue de son intérêt, car il ne peut l'exercer de façon stable que s'il respecte la justice, et même s'il l'instaure.

    Il s'agit certes d'un idéal. Mais, «Faire de la politique, c'est justement défendre un idéal en l'adaptant à la réalité du monde.... L'idéal doit évidemment être actualisé, adapté aux réalités du temps mais il n'en reste pas moins essentiel et premier dans la détermination de la politique. » (Raphaël Dargent, «La politique, un réalisme de l'imaginaire», Les Cahiers, no 14) «La politique, disait Charles de Gaulle, un véritable homme d'État, quand elle est un art et un service, non point une exploitation, c'est une action pour un idéal à travers des réalités.» (Conférence de presse, 30 juin 1955).

    «Il est important de considérer le rôle du politique comme un dépositaire du devenir d'un peuple. Lourde responsabilité... », indique Irma Ly Tang dans ses «Réflexions sur le rôle de la politique». » Quel idéal nous offrent nos politiciens, quelle vision d'avenir nous proposent-ils, dans l'intérêt des Canadiennes et des Canadiens et du Canada lui-même? On peut chercher, on ne trouve rien. Les joutes de gladiateurs du Parlement ne font pas progresser le bien-vivre, pour reprendre une expression d'Edgar Morin dans «Pour une politique de civilisation » - que tous les membres du gouvernement et du Parlement auraient intérêt à lire pour s'en inspirer - des citoyens de ce pays.

    Le Parlement n'est ni un théâtre, dont les représentations seraient actuellement de bien piètre qualité, ni une arène pour combats de coqs, mais un lieu de réflexion et de construction de l'avenir d'un pays et de ses citoyennes et citoyens.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    14 novembre 2009 08 h 23
    @ M. Boucher
    Oui, c'est ça, le fascisme amical affairiste et on pourrait ajouter bushiste. Pas pour Boucher mais pour W. Bush.

    M. Harper a du Bush naturel : Religieux, guerrier, de droite et très amis des pollueurs et grands fournisseurs aux caisses électorales.
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    14 novembre 2009 08 h 28
    A monsieur Lefebvre
    Dans la liste des abuseurs, vous avez omis Charest. Je sais! Il est provincial mais c'est le pire PM que le Québec s'est donné. C'est un pleutre, un peureux, un incapable.
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  • Yvon Roy - Abonnée
    14 novembre 2009 09 h 09
    médias
    Et les médias aussi. Alors que faire?
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  • Brun Bernard - Inscrit
    14 novembre 2009 09 h 53
    En crise..
    ..et violente d'après la constitution d'Athènes qui avait déjà vu l'antinomie entre l'élan démocratique et le désir de liberté. On confond gestion, prise de pouvoir légalement accepté par le droit canadien. Harper ou les autres, ce sera la même pratique. Comme dans le texte transmis par Xénophon, "partout sur terre, les meilleurs sont les ennemis de la démocratie.: car c'est chez les meilleurs qu'il y a le moins de licence et d'injustice et le plus d'inclination au bien; mais c'est chez le peuple qu'on trouve le plus d'ignorance, de désordre, de méchanceté: la pauvreté les pousse à l'ignominie, ainsi que le manque d'éducation et l'ignorance, qui chez certains, naït de l'indigence." Harper fait partie de ce deuxième monde, celui de la médiocrité mais ne nous y trompons pas, les "autres" Partis popolitiques sont à égalité. La démocratie est beaucoup plus mise en danger par les médias qui contrôlent tout et tous ("toussent" avec la gippe). D'où ces notions de "comm" partout ici ou chez le Sarkozy national. Il n'y a pas de chats à fouetter là. Dormons en paix. C'est l'ultra-libéralisme qui met en question la démocratie non Harper. Lui, demaIn, y sera plus là et on recommencera avec d'autres. Les étiquettes poltiques se passent désormais de programme et d'utopie. Platon pensait la politique dans le cheminement de l'utopie. Avec Harper on y est loin. Platon ne nous sert plus à rien puisque nous vivons une époque nihiliste qui n'existait pas au temps des braves grecs nos anciens et ancêtres. Les règles sont différente, inédites.
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  • Rironie - Inscrit
    14 novembre 2009 10 h 07
    La racine du mal
    L'essence d'un parti politique est de prendre le pouvoir d'assaut, en tentant de mettre les autres partis KO. Les partis politiques sont entre eux des adversaires, comme le sont les clubs de hockey, et il faut donc s'attendre à ce que ça joue dure. Mais quelles est cette idée que celle d'envoyer des adversaires dans une assemblée pour gérer le bien commun? À mon sens, il s'agit là d'une hérésie à laquelle nous nous sommes habitués, au point de croire que cet état de choses est d'une normalité inébranlable. Mais si la masse des gens s'est laissé aveugler par cette hérésie devenue normalité, il n'en demeure pas moins qu'il reste encore des gens qui choisissent de ne pas pratiquer cet art d'auto-enfargement pour mener leur barque. On a qu'à penser aux conseils d'administration des entreprises (tous les membres de ces conseils sont là pour prendre part aux décisions, et non pour s'opposer systématiquement). Même les États-nations n'ont pas pensé avoir recours à une telle hérésie, lorsqu'ils ont institué l'ONU. Parce qu'elles voulaient tous avoir droit au chapitre (mais il faut admettre que la démocratie a été bousillé, dans ce cas-ci, par le droit de veto octroyé aux plus puissantes nations sur le conseil de sécurité).

    Si nous vivions dans une démocratie réelle, l'ensemble des représentants formant l'assemblé du parlement, représenterait l'ensemble des tendances et courants d'opinions de la société, et ce serait cette assemblée qui détiendrait le pouvoir suprême. Ces représentants pourraient enfin donner le meilleur d'eux-mêmes, parce qu'ils pourraient enfin suivre leur intelligence, plutôt qu'une ligne de parti. Mais, malheureusement, avec les partis politiques que nous avons maintenant d'inscrit dans nos gènes, la démocratie est plutôt vue comme une utopie
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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    14 novembre 2009 10 h 36
    @ Gabriel RACLE
    Merci pour votre analyse substantive et bien fouillée. La démocratie canadienne fera la honte de son peuple si des incultes persistent et signent. Pensez aux Bernier, Verner, Blackburn, Paradis, Cannon, Lebel et autres minables membres du parlement du Canada et représentants du Québec. Le peuple les a choisi.
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  • Christopher Lackey - Abonné
    14 novembre 2009 10 h 47
    Des constats consternants
    Bravo M. Corneillier pour votre analyse juste et rigoreux. Il faut que les Canadiens se reveillent parce que c'est clair que la concentration du pouvoir est tombé dans très peu de mains. Les institutions parlementaire ont bien moins d'integrité qu'ils n'avaient il y a quarante ans de cela.

    Il y a une precision cependant que je veux ajouter qui est un peu rassurant...tout le pouvoir qu'on a donné au premier ministre pour qu'il nous gouverne seul avec impunité, il est quand meme en danger de la perdre. Son parti va se débarrasser de lui comme chef lors des prochaines élections s'il ne livre pas "les marchandises", c'est a dire une majorité. Espérons que nous saurons lui bloquer aux urnes!
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  • Roch-André LeBlanc - Inscrit
    14 novembre 2009 11 h 49
    Moderniser le système démocratique
    Si le signe que notre démocratie parlementaire est dysfonctionnelle est que nous élisons des gouvernements minoritaires, n'est pas là une indication qu'il faut revoir notre système démocratique au lieu de chercher les causes - lire coupables - de ce dysfonctionnement : le parti au pouvoir, l'opposition, l'électorat...? Pourquoi plutôt ne pas mettre nos efforts à adapter notre système politique hérité d'une autre époque où le bipartisme était la norme à la réalité d'aujourd'hui faite de multipartisme ? Le changement pour le changement n'est pas souhaitable, soit, mais la peur- réflexe du changement est tout aussi condamnable.
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    14 novembre 2009 12 h 11
    À monsieur BB
    Vous semblez aimer le beurre de peanut! En tout cas, vous beurrez épais. Tous les Anciens qui ont réfléchi sur la «re politica» y passent... mais cela n'amène rien à la compréhension du sujet tel qu'il devrait être traité dans votre opinion. Je saisis bien ce que vos «auteurs» en pensent, mais votre propos est tellement dilué par vos citations, que votre perception demeure imperceptible.

    CQFD: la démocratie est-elle respectée par le système de Stephen Haper?
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    14 novembre 2009 12 h 22
    M. Harper, plus un entrepreneur idéologue qu'un politicien chevronné
    Le malheur, c'est qu'on lui a confié le mandat de Premier ministre. Avec tous les pouvoirs qu'il a en main et l'esprit étroit de l'idéologue, c'est à nous d'avaler notre pilule maintenant. Sur le plan mondial, il est en train de faire du Canada une entreprise qui n'a de conscience que le mot, comme un faux sculpteur qui pétrie la glaise de son parti pris.

    Le vrai politicien dans l'âme érige des ponts, pas des murs. En démocratie, le rôle du politicien est de manoeuvrer dans le but d'établir des consensus. Il doit en outre respecter les institutions sous sa gouverne. Je ne veux pas faire de monsieur Harper un bouc émissaire, mais quand des politiciens ne jouent pas vraiment le rôle dignitaire qu'on leur confie, on risque de brûler la chandelle démocratique par les deux bouts. C'est un peu ce que j'ai senti dans le texte que je viens de lire de madame Cornellier.
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  • Denis Pageau - Abonné
    14 novembre 2009 13 h 03
    Trop de pouvoir pour un seul homme
    À mon sens notre système démocratique doit diminuer le pouvoir du premier ministre et transférer ce pouvoir vers les ministres. La façon de le faire serait d'élire nos ministres.

    Denis Pageau
    www.societologie.ca
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  • Jacques Thibodeau - Inscrit
    14 novembre 2009 13 h 29
    L'extrême...
    Steven Harper est ressortissant du défunt « Reforme Party », parti extrémiste de droite. C'est à cette extrémité du politique que se retrouvent les dictateurs. Notez que l'on retrouve le même phénomène à l'extrême gauche.
    Le confort d'un pays qui comme le Canada est devenue trop "dans la ouate". Une douce somnolence s'est installée et entraîne un laisser aller de l'implication politique. La participation au élections est un des signes de ce laisser aller. Cela ouvre le flanc à l'attaque des prédateurs en soif de pouvoir et ce sont les chairs de la démocratie qui sont lacérés par les dents aiguisées des arrivistes.
    On a les gouvernements que l'on mérite.
    La situation présente ne m'étonne pas.
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  • Réal Ouellet - Abonné
    14 novembre 2009 15 h 06
    Concentration du pouvoir
    La concentration du pouvoir entre les mains du premier ministre trouve son équivalent au niveau municipal. Le maire élu d'une ville peut pratiquement se doter d'une équipe de conseillers faisant contrepoids aux échevins dûment élus. Ce qui fait qu'un maire élu est élu pour vingt ans et que la démocratie municipales n'existe pas.
    Faut croire qu'on aime les régimes autoritaires...
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  • Brun Bernard - Inscrit
    14 novembre 2009 16 h 29
    À monsieur AR
    Nihilisme. Même pas le "hile" vous savez ce point noir d'une fève, là où les sucs nourriciers passent vers elle? Les anciens disaient que c'était un "rien", comme nihil. Harper comme les autres dans les sociétés occidentales abusent du masque de l'acteur, hypocrites, du concept démocratie. Il y a "rien" (ce n'est pas négatif) plutôt que quelque chose. C'est une blague capitaliste ou ultra-libérale (même chez les conservateurs. La globalisation mène la danse désormais. Obama le démontre ces jours-ci) que la démocratie. Harper comme les autres vivent tout comme nous tous dans un simulacre sans douleurs nommé démocratie. Alors la démocratie bizarre du Canada (sans que le peuple canadien ait voté pour lui) a porté Harper au pouvoir. C'est déjà ce processus d'élection qui n'est pas démocratique. Merci.
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  • notario - Abonné
    14 novembre 2009 17 h 05
    faiblesse
    je suis entièrement d'accord avec vous Monsieur P-S Lefebvre, la députation conservatrice québecoise n' a aucune épine dorsale, ne sont que des pots de fleurs ( certains diront des pots de chambre) tellement ils rampent devant Harpeur ........
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    14 novembre 2009 17 h 47
    À Jacques Tibodeau
    Je suis bien d'accord avec vous: les Canadiens méritent bien le gouvernement qu'ils élisent. Pour ma part, je n'ai pas voté au fédéral pour la raison évidente que je suis un indépendantiste de la première heure, comme mon père, qui était un souverainiste avant l'heure.

    Stephen Harper est le prototype classique du dictateur accompli... si je m'en fie à ce que je lis et aux analyses sérieuses de plusieurs journalistes. Dommage pour nous tous, car il sera sans doute élu avec une bonne majorité. Ignatieff ne récolte plus que 17% d'appuis au Canada, d'un océan à l'autre.

    Toujours un plaisir de vous lire, ici comme sur le Journal de Québec. Je remarque, par contre, que vous y êtes moins présent, depuis un certain temps.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    14 novembre 2009 18 h 09
    Le parlementarisme est en crise
    Le parlementarisme est en crise au Canada. Les gouvernements n'agissent pas pour le bien de l'ensemble de la population, mais pour leurs propres intérêts.

    Étant donné la plus grande sophistication de l'électorat et l'éventail des points de vue, le parlement canadien devra apprendre à vivre avec la collaboration entre les différents partis, avec les compromis, et avec les coalitions.

    Il faut d'abord accepter l'idée qu'un gouvernement minoritaire, ce n'est pas un cancer ni une maladie honteuse. C'est tout simplement le reflet de la démocratie et le rejet de la pensée unique.

    Il faut aussi se rendre compte que le bi-partisme a fait son temps. Fondamentalement, ce n'est pas démocratique, car un parti peut être au pouvoir alors que la majorité des gens est contre eux. On devra avoir de plus en plus de gouvernements de coalition. C'est cela qui serait la vraie démocratie. On veut plus de collégialité dans les gouvernements. Que les gouvernements minoritaires apprennent à gouverner en collégialité ou en coalition avec l'opposition, ce serait cela la véritable démocratie. Depuis très longtemps, on est gouvernés par des gouvernements qui représentent seulement entre 35 et 40% des gens.

    Et d'ailleurs, pourquoi doit-il y avoir une "opposition officielle"? Il s'agit là d'une formule britannique qui a peu à voir avec la véritable démocratie.

    L'ère des deux partis (Pouvoir-Opposition), cette autre manifestation du paradigme du bien et du mal si chère à la droite et à la mentalité anglo-saxonne, est révolue. Le bi-partisme est dépassé, il n'est pas gage de démocratie. Il nie la vraie nature du parlementarisme.

    Apprenons à vivre avec la concertation et la coalition plutôt qu'avec le parti unique qui ne représente que 36% de la population. Et exigeons ce changement de paradigme de la part de nos élus.
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    14 novembre 2009 18 h 43
    A Bernard Brun
    «Harper comme les autres dans les sociétés occidentales abusent du masque de l'acteur, hypocrites,,,'»

    Peut-être, mais il y a aussi certains professeurs, comme vous, qui distillent à notre jeunesse des idées qui les mèneront nulle part. À maintes reprises, je vous ai reproché votre tendance à vivre dans le monde du copier-coller et des citations qui n'amènet rien à des étudiants.

    Je n'ai pas oublié, l'an dernier, ce long texte que vous m'adressiez et que vous aviez emprunté, sur la Toile, sans fournir vos sources. Chaque fois que vous me répondez, je me demande toujours: est-ce encore un copier-coller?

    C'est bien de citer les autres, mais cela ne doit jamais nous empêcher de réfléchir et de penser par nous-mêmes.
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  • Daniel Francoeur - Inscrit
    14 novembre 2009 22 h 46
    Quelle démocratie? À quand la représentation proportionnelle ?
    Le système parlementaire britannique est fait pour donner le pouvoir à des groupuscules qui ne représentent que peu de gens. Les partis politiques ne constituent qu'une apparence pour donner l'impression au peuple qu'il est représenté. En fait il s'agit d'un système plébiscitaire destiné à priver le peuple de tout contrôle durant au moins quatre ans. Ce pouvoir est alors remis à un seul homme, qui est souvent une marionnette ou une illusion démocratique. On est très loin de la démocratie.

    Il faut relire l'histoire et voir que les recettes politiques des grands fascistes sont encore appliquées aujourd'hui.

    La démocratie est une cible que nous n'avons pas encore atteinte. En ce sens, elle constitue un idéal que les partis provinciaux et fédéraux s'évertuent à éloigner de notre portée. Car, les faits le prouvent, ils ne veulent pas partager le pouvoir. Sinon il y a longtemps que la représentation proportionnelle serait établie.

    Mais à coup de mensonges on finit par faire croire n'importe quoi au peuple. Ex: Le système parlementaire va très bien comme ça, faites-nous confiance... On s'occupe de vos affaires. La guerre est bonne pour vous. Pourquoi s'occuper de l'environnement? Pourquoi une enquête publique? Non, on n'a pas de lien avec des personnes louches. Notre pays ne vend pas d'armes aux pays en guerre. Le nucléaire n'est pas dangereux. Continuez à dormir...

    En fait, le comportement des politiciens démontre qu'ils usurpent le pouvoir. À quand un procès de politicien pour fausse représentation? Ou pour décision incompatible avec les intérêts de la nation? Pourquoi cette immunité qui permet à un politicien d'être véreux et de profiter en toute impunité des fruits de ses tromperies?

    Non la démocratie, littéralement le pouvoir au peuple, n'est pas atteinte! Présentement nous avons un système destiné à nous priver du pouvoir le plus longtemps possible.

    Le danger du système actuel est qu'il se rapproche fortement des systèmes autocratiques ou autoritaires qui permettent à un seul homme de subjuguer tout un peuple. En fait, sous un prétexte quelconque (menace terroriste?), la loi des mesures de guerre, promulguée par un seul homme, permet facilement d'arriver au même résultat. Comme quoi le peu de liberté que nous avons présentement ne tient qu'à un fil, serait-il d'Ariane?

    Soyons vigilants et poursuivons notre quête, avant que l'histoire ne se répète!
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  • michel benoit - Abonné
    15 novembre 2009 00 h 39
    Démocratie en crise.... au provincial et au municipal aussi
    Et si on relisait votre article en pensant au niveau provincial et municipal, on conclurait que la démocratie est en crise dans nos grandes institutions démocratiques...

    C'est la démocratie du chef qui fait campagne tout seul et qui veut prendre toute la place après l'élection.

    Nos structures démocratiques ne reposent que sur les épaules de quelques leaders...et l'électeur qui participe de moins en moins à la vie démocratique.

    Michel Benoit
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  • laurent Pradiès - Inscrit
    15 novembre 2009 05 h 47
    termites de la démocratie
    pour certains courrants de pensées, l'objectif est de réserver le pouvoir, sinon à un individu, du moins à une caste, celles des "biens-nés", des supérieurs...il y a 3 siècles on faisait accepter cela en inventant l'origine divine du pouvoir-le roi lieutenant de Dieu...-, il y a 50 ans, pour le même objectif on s'appuyait sur deux piliers,la culture de la violence et la chasse aux boucs-émissaires, cela fut les diverses déclinaisons du fascisme, Salazar, Mussolini, Franco, Hitler, Pinochet...etc...aujourd'hui ces deux acceptions du contrôle du pouvoir par une "aristocratie" ont pris du plomb dans l'aile alors pour atteindre à la construction de ce pouvoir exclusif on ronge la démocratie de l'intérieur, on s'habille des horipeaux du bon démocrate pour ridiculiser ce système, le vider de sa substance, le déqualifier pour mieux le disqualifier, Harper, Sarkosy, Berlusconi même combat...heureusement une épine dans le pied, la victoire d'Obama aux E.U., espérons qu'il ne s'agisse pas d'une bulle d'espoir mais d'un sursaut de la démocratie...
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  • Brun Bernard - Inscrit
    15 novembre 2009 07 h 46
    M AR...
    ...vous m'étonnerez toujours. Vous devriez changer de lunettes, il est dèjà temps mais presque trop tard. penesez par soi veiut dire ne jamais penser car par soi-même on n'apprend ni langue ni culture. On est pas "cultivé" comme une rose éclot. Votre langue est un emprunt, vous auriez bien pu avoir le polonais comme langue maternelle. Tout est relatif. L'identité est une chimère empoisonnée quand on a PEUR de la confronter à celle d'autrui. Vous êtes trop collé sur vos phantasmes. Sans cesse vous tentez de vous protéger par de faux arguments. La peur fait vraiment des ravages. Elle aveugle. Harper ne peut rien ni vous n'en lus. le divorce de l'économique et du politique n'est aps prononcé alors Harper et els "autres" continueront à bafouer la démocratie. Cette dmocratie dans nlaquelle nous évoluons comme Harper. Si vous acceptez ce monde, vous faites comme harper, un anti-démocrate.
    En passant voyez le bel article de Todorov dans Le Monde, "Menaces sur la démocratie":
    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/11/14/
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    15 novembre 2009 10 h 07
    Démocratie: Les députés devraient pouvoir voter librement, indépendamment de la ligne de partie.
    Je viens de lire un article intéressant dans Le Devoir, p. A6. Selon cet article, les députés devraient être libre de voter en chambre indépendamment de la ligne de partie. Ainsi, on pourrait peut-être entendre un son de cloche qui sonnerait moins faux parfois lorsque les députés votent en chambre. Ça pourrait être un plus pour la démocratie et ça règlerait le problème peut-être quand le partie au pouvoir serait minoritaire au gouvernement. Ainsi, chaque député pourrait voter en fonction des intérêts de son compté. Me semble que ça pourrit être plus représentatif que ce qui existe présentement?
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  • Gérard Laliberté - Inscrit
    15 novembre 2009 11 h 53
    La pensée est en crise.
    S'éveiller un samedi matin et lire, en première page du Devoir, que «la démocratie est en crise» n'est pas banal. On s'imagine le pire: le retour de la crise d'Octobre ou, pourquoi pas, de la Conscription. On se rassure vite en parcourant l'amorce: «le Parlement en arrache»; rien de nouveau,en somme. Qui n'en arrache pas de nos jours? En particulier, les nostalgiques qui contemplent leur rétroviseur avec des lunettes roses au lieu de s'adapter aux réalités nouvelles et de se préparer à celles de demain. Toutefois, l'inquiétude ne tarde pas à renaître quand on lit que, selon un politologue, «Aucun autre Parlement dans le monde ne se trouve dans une pareille impasse.» Houlà! C'est sérieux. On ne rit plus. Ou, plutôt, si! Car, comme le dit l'adage, «tout ce qui est exagéré est insignifiant.» Ce qui ne l'est pas, c'est de porter un regard critique sur le fonctionnement de notre institution parlementaire fédérale. C'était, de toute évidence, le but de votre article, madame Cornellier, et c'est pourquoi il a attiré l'attention des observateurs passionnés de notre système parlementaire. En réalité, ce dernier fonctionne plutôt bien, contrairement à ce que laisse entendre le titre de votre article. Il s'agit d'un système représentatif; on ne peut tout de même pas demander à tous les Canadiens de voter eux-mêmes les lois qui les gouvernent. Tous les Canadiens en âge de le faire peuvent choisir librement leurs représentants; ce n'est quand même pas la faute de ce système si des hyper-nationalistes québécois choisissent de rester en marge de leur pays tout en continuant d'y payer leurs impôts. Il est vrai que les pouvoirs du Premier ministre sont grands. Mais, d'une part, cette réalité est commune à (presque) tous les parlements de type britannique, y compris les autres assemblées canadiennes et Westminster. D'autre part, cette puissance du Premier ministre n'est que la conséquence de la faiblesse des parlementaires eux-mêmes; avides de postes ministériels quand ils sont du parti au pouvoir; paresseux, incompétens ou arriviste, trop nombreux sont ceux qui,dans tous les partis, avalent avec une docilité inquiétante les couleuvres que leur servent leurs chefs, leaders, whips et attachés politiques respectifs. Cette réalité est tellement forte et permanante que, même en contexte de gouvernement minoritaire, les assemblées parlementaires de Québec et d'Ottawa n'ont eu ni l'audace, ni le savoir-faire nécessaires pour tirer leur épingle du jeu. Au contraire, les partis d'opposition ont fait des fous d'eux-mêmes en multipliant les menaces non crédibles de renversement du gouvernement, voire en échafaudant des plans loufoques de coalition plutôt que de respecter le verdict populaire. On ne peut donc qu'être d'accord avec le politologue quand il déplore «l'incapacité des politiciens à se défaire de la mentalité propre à un gouvernement majoritaire», à condition bien sûr d'appliquer cette critique à tous les partis et non seulement au gouvernement. Alors, que l'on cesse de faire du «Harper bashing» de bas étage comme celui auquel se livrent malheureusement vos lecteurs, et, ainsi, votre article - malgré son titre alarmiste - aura fait progresser notre réflexion sur l'exercice du pouvoir.
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    15 novembre 2009 12 h 35
    À Jacques Morisette
    « Me semble que ça pourrit ...»

    Vous avez bien raison!

    Votre réflexion ne tient pas plus debout que si vous l'appliquiez à la cellule familiale, pour utiliser cette comparaison.

    Ai-je besoin de développer davantage?
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