jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 19h49
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le Canada veut remplacer ses CF-18: une facture de quatre milliards au bas mot

Alec Castonguay   11 novembre 2009  Canada
Remplacer la flotte de CF-18 représentera l'une des plus importantes dépenses des Forces armées canadiennes dans les prochaines années
Photo : Défense nationale
Remplacer la flotte de CF-18 représentera l'une des plus importantes dépenses des Forces armées canadiennes dans les prochaines années
Les Forces canadiennes accélèrent les préparatifs pour remplacer leur flotte d'avions de chasse CF-18. Et la facture sera salée. Selon les informations obtenues par Le Devoir, les analystes du ministère de la Défense estiment que le gouvernement devra débourser un minimum de 4 milliards de dollars pour acheter 65 nouveaux avions de combat.

La Force aérienne a récemment mis en place une équipe chargée d'analyser les options qui s'offrent à l'armée pour remplacer ses CF-18 vieillissants. Le Bureau de la capacité de la nouvelle génération de chasseurs (le nom officiel de l'équipe) a déjà contacté certains gouvernements étrangers et plusieurs entreprises pour tâter le pouls du marché.

Les Forces canadiennes ont actuellement 80 chasseurs CF-18. Ces avions terminent une mise à niveau de 1,7 milliard de dollars qui leur permettra d'étirer leur vie utile jusqu'en 2017.

Pour les remplacer, les Forces canadiennes souhaitent acheter 65 appareils. Selon un document d'information rédigé le 25 septembre 2008 par la Force aérienne, Ottawa devrait lancer le processus d'acquisition dans les prochains mois s'il veut être en mesure d'acheter les nouveaux avions à temps.

Ainsi, selon les analystes militaires, les négociations avec un manufacturier devraient commencer en 2010 ou au plus tard en 2011, question de pouvoir signer un contrat en 2012. Le premier avion serait alors livré 36 mois plus tard, c'est-à-dire en 2015. L'entraînement des pilotes et la livraison de quelques avions permettront ensuite d'avoir une capacité opérationnelle en 2017, au moment où les premiers CF-18 seront retirés.

Remplacer la flotte des avions de combat sera l'une des plus importantes dépenses des Forces canadiennes au cours des 20 prochaines années. Les analyses du ministère de la Défense font état d'une facture minimale de 4 milliards de dollars pour 65 nouveaux appareils. Deux autres options à l'étude pourraient faire grimper la facture à 6,5 milliards ou même 8 milliards de dollars.

Des chiffres qui excluent l'entretien des avions sur une période de 20 ans. Très coûteux, l'entretien et les pièces de rechange feront gonfler la facture d'environ 50 % (il est impossible de connaître le chiffre précis avant le choix de l'appareil).

Interrogées sur les coûts, les Forces canadiennes ont préféré ne pas commenter. «Étant donné que le ministère de la Défense n'a toujours pas présenté le projet d'acquisition de la nouvelle génération de chasseurs au gouvernement, il serait prématuré d'aborder l'analyse et le processus», explique Lianne Lebel, officier d'affaires publiques à la Défense.

Trois manufacturiers en lice

Selon nos informations, trois entreprises peuvent espérer remporter ce lucratif contrat: les américaines Lockheed Martin et Boeing, ainsi que l'européenne EADS.

Jusqu'à tout récemment, le consortium dirigé par Lockheed Martin — et son appareil Joint Strike Fighter F-35 — était largement favori, puisque le gouvernement canadien participe depuis 1997 au perfectionnement de cet avion, en collaboration avec d'autres pays (États-Unis, Grande-Bretagne, Australie, etc.).

Depuis 1997, Ottawa a injecté 710 millions de dollars dans le projet, selon les derniers chiffres du ministère de la Défense. Le budget total de mise au point du F-35 (assumé en grande partie par les États-Unis) est de 280 milliards $US.

Au ministère de la Défense, on assure que ce partenariat a été conclu avec un objectif strictement commercial, afin de permettre aux industries canadiennes d'obtenir des contrats lorsque le F-35 sera en production. «La participation du Canada au programme n'oblige pas le ministère de la Défense à acquérir des avions de combat», affirme Lianne Lebel.

N'empêche, le F-35 avait une longueur d'avance jusqu'à récemment, mais la date de production a été repoussée. Depuis, c'est un casse-tête pour Ottawa. Au moment où les Forces canadiennes souhaitent signer le contrat d'achat, vers 2012, le F-35 en sera à ses débuts, ce qui augmente les risques de défectuosité. Or l'armée déteste acheter ce qu'elle nomme des «avions de papier», soit des appareils qui n'ont jamais été mis à l'épreuve. La production en série du F-35 devrait débuter entre 2012 et 2014.

De plus, on prévoit que le coût unitaire du F-35 oscillera entre 80 et 100 millions de dollars. Pour 65 chasseurs, on parle donc d'une facture de plus de 6 milliards pour le gouvernement canadien.

Autre faiblesse: l'avion n'a qu'un seul moteur. Lorsque les Forces canadiennes ont choisi le CF-18 dans les années 80, le fait de posséder deux moteurs avait joué en sa faveur dans un pays aux grands espaces comme le Canada. Aucun porte-parole du projet JSF n'a rappelé Le Devoir à ce sujet.

Au sein de l'appareil militaire, certains voudraient que le contrat soit accordé sans appel d'offres au consortium piloté par Lockheed Martin, puisque le Canada est déjà partenaire du projet et que procéder ainsi réduirait les délais. La porte-parole des Forces canadiennes affirme toutefois qu'il est trop tôt pour parler de l'octroi du contrat. «À ce jour, aucune décision n'a été prise par le gouvernement du Canada quant au type d'appareil qui sera choisi, ni quant au processus d'acquisition», dit Lianne Lebel.

Boeing souhaite un véritable appel d'offres

L'entreprise américaine Boeing souhaite au contraire que le gouvernement lance un véritable appel d'offres pour ce contrat. «On souhaite une compétition ouverte parce que c'est toujours à l'avantage des contribuables. Et on pense qu'on a une bonne solution pour le Canada», explique au Devoir Mark Kronenberg, vice-président au développement international chez Boeing Integrated Defense Systems.

Boeing offre une nouvelle version du F-18 acheté par le Canada au début des années 80: le Super Hornet. L'avion, 30 % plus gros que l'actuel CF-18, renferme un système électronique à la fine pointe de la technologie, notamment avec un radar très performant. Le Super Hornet a deux moteurs.

Le Super Hornet est en production depuis 1999. La US Navy a acheté 400 Super Hornet, alors que l'Australie en a acquis 24. «Notre avion a été testé, il est fiable et on sait ce qu'il peut donner. Il est déjà en production, alors on peut le vendre moins cher», dit Mark Kronenberg. Boeing estime que le prix unitaire pour le Canada oscillerait entre 55 et 70 millions de dollars. Pour obtenir 65 chasseurs, il en coûterait donc environ 4 milliards de dollars.

Le troisième concurrent en lice est le consortium européen EADS-BAE System, qui produit l'Eurofighter Typhoon, un chasseur à deux moteurs déjà en production. La Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne ont acquis le Typhoon dans les dernières années.

Ces pays ont toutefois reconsidéré des commandes dernièrement, puisque l'appareil se vend près de 120 millions de dollars, selon le ministère de la Défense de la Grande-Bretagne. À ce prix, le Canada devrait débourser près de 8 milliards de dollars pour acquérir 65 chasseurs.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Michel St-Pierre
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 08h34
    Des milliards pour divertir.
    On coupe dans les choses culturelles pour économiser quelques millions de dollars tout en menaçant la survie de centaines d'individus mais on trouve facilement des milliards pour des avions militaires qui ne servent qu'à divertir lors de certains évènements commémoratifs. La mafia militaire règne sur cette Terre, quel désastre humanitaire !

  • Alain Dion
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 09h36
    a quoi ca sert un f-18?
    Sérieusement, à part s'écraser autour de Bagotville,
    y'a vraiment une utilité a ces engins?

    C'est avec ca qu'on va aller '' libérer de la femme'' en Afghanistan?

  • Pierre Cossette
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 09h45
    Un F-18 pour la paix ...
    je me rappelle en 1988 j'avais participé à une marche à Montréal du nom du titre de cette intervention. On parlait à ce moment d'une facture de 64 millions pour un F-18. À ce prix là les avions de combat devraient durer puisqu'ils ne servent, dans le cas du Canada, qu'à laisser des sillons dans le ciel pi à écoeurrer les québecois qui vivent à La Baie et qui les ont dans les oreilles à l'année longue. Indécent des dépenses militaires dans un monde épris de justice de partage et de fraternité. Réveillez-vous nos ÉLITES !

  • Linda Hart
    Inscrite
    mercredi 11 novembre 2009 10h48
    Pourquoi ??????
    Pour faire quoi ? Nous ne serons plus en Afghanistan en 2011, alors nous ferons la guerre à qui ? Nous sommes dans le pétrin économiquement et le reform coupe un peu partout, quel est l'intérêt d'aller donner des milliards à une compagnie étrangère pour des avions que nous n'utiliserons pas ? Il serait préférable d'utiliser cet argent pour diminuer le déficit.

  • Guillaume Baillargeon
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 12h32
    Utilité d'un avion militaire
    Les avions militaires servent à maintenir notre souveraineté aérienne. C'est important puisque la Russie a recommencé ces patrouilles militaires le long de nos frontières. Si nous ne défendons pas nos frontières, les Américains s'en chargeront. Ce qui diminuera notre souveraineté.

    Avec la fonte des glaces et la libération de du passage du Nord-Ouest une capacité militaire opérationnelle est essentielle. On ne défend pas sa souveraineté seulement avec du matériel militaire, mais avec un ensemble d'éléments et la force militaire en fait partie.

    Nous nous retirerons (peut-être) bientôt de l'Afghanistan, mais l'engagement de nos militaires à l'étranger n'est pas terminée. En faitm, notre engagement est en croissance depuis la fin de la Guerre froide.

    Également, le Canada est membre de l'OTAN et il a des responsabilités à cet égard. Une force aérienne est nécessaire.

    On voudrait tous vivre dans un monde de paix. Mais la réalité est différente. Les forces militaires sont un moyen, parmi d'autres, de défendre nos intérêts et d'assurer notre présence sur la scène internationale.

    C'est un mal nécessaire.

  • André Chamberland
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 17h11
    Non, Non, Non cessez de nous presser le citron pour faire la guéguerre
    Achetez des jeux électroniques de guerre aux militaires pour qu'ils se contentent de cela. NON à la guerre et à ses avions, bateaux, chars d'assaut, fusils, etc.
    M. Harper, cessez de gaspiller nos impôts. On n'a plus un sou dans nos poches.

  • Lemay,Michel
    Abonné
    mercredi 11 novembre 2009 21h57
    Finalité
    Vous achetez un grille pain pour préparer le petit déjeuner.
    Je conçois aisément le pourquoi de décaisser 25$ pour cet appareil ménager.
    Quel sera l'utilité de ces avions de plusieurs milliards de dollars ?
    Excusez le simplisme de mon questionnement.

    Un ignoble contribuable
    Michel lemay
    Drummondville

  • Jacques Boudreau
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 22h20
    Aux pacifistes à tout crin et aux stratèges de salon...
    À ceux qui se plaignent que les CF-18 sont inutiles, je rétorque que les CF-18 et leurs prédécesseurs, les CF-100 du fabricant canadien Avro (avions qui ont servi du début des années 1950 au début des années 1960) et les CF-101 Voodoo de McDonnell (ayant servi de 1961 à 1984), de même que leurs équipages de vol et le personnel de soutien technique de ces aéronefs, ont très bien fait leur travail de défense aérienne du territoire canadien et de ses approches, tout au long de la Guerre froide.

    Quiconque n'est pas victime de paresse intellectuelle ou du syndrome de la « tête dans le sable », propre à plusieurs membres des mouvements pacifistes « à tout crin », peut facilement vérifier, dans des livres d'histoire ou dans nos archives nationales, que des bombardiers Bear et d'autres avions militaires soviétiques ont régulièrement testé la défense aérienne de l'Amérique du Nord, pendant cette période.

    Un grand nombre de francophones du Québec et du reste du Canada ont servi dans des escadrons opérationnels, dans des bases aériennes, dans des stations radar (lignes Pinetree, Mid-Canada et DEW), ainsi que dans des stations d'écoute électronique stratégique (Alert, Gander, Masset, etc.), pendant cette période, et ils pourraient sans doute témoigner de ce qu'était alors la menace soviétique.

    Malheureusement, sauf peut-être pour les quelques historiens québécois à l'emploi de la direction de l'histoire militaire du Ministère de la Défense nationale, il existe peut d'intérêt pour l'histoire militaire au Québec, et il demeure encore aujourd'hui au sein d'une certaine élite intellectuelle québécoise une attitude plutôt méprisante et une grande ignorance à l'égard de ceux et celles qui servent ou ont servi dans les forces armées du Canada...

    Hors du domaine de la défense aérienne, il convient de souligner que les avions de chasse et d'appui au sol CF-5 du 433e Escadron, basé autrefois à Bagotville, ont aussi été déployés dans le nord de la Norvège à une fréquence annuelle, dans le cadre d'exercices visant à simuler une attaque soviétique dans cette région. Ici encore, s'ils étaient interviewés par des historiens québécois le moindrement intéressés par ces questions, les anciens membres du personnel navigant et des équipes de soutien au sol pourraient témoigner du sérieux de ce type d'opérations, puisqu'ils étaient déployés à quelques dizaines de kilomètres de la frontière soviétique et du gigantesque complexe militaire soviétique de la péninsule de Kola. Par ailleurs, contrairement aux pacifistes québécois confortablement installés dans la paisible vallée du Saint-Laurent, les habitants de la région norvégienne concernée prenaient la menace soviétique au sérieux, eux...

    Si on revient aux avions CF-18, on peut mentionner que ces avions ont aussi été déployés opérationnellement hors du Canada au moins lors des conflits ou crises suivantes : 1) Première Guerre du Golfe (1990-1991), dans un rôle d'interdiction aérienne; 2) Conflit du Kosovo, en 1999 (total de 18 avions déployés, 678 sorties de combat impliquant 2 600 heures de vol et le largage de plus de 530 bombes de précision); et 3) Réaction aux attaques terroristes du 11 septembre 2001, impliquant de nombreuses heures de vol et des déploiements dans des aéroports autres que les bases aériennes principales (Bagotville et Cold Lake).

    Comme le mentionne le correspondant Guillaume Baillargeon (commentaire du mercredi 11 novembre 2009 12:00), la fonte des glaces qui affecte le Grand nord canadien va sans doute accroître l'importance d'une présence militaire crédible dans cette région. Or, une présence militaire crédible dans cette région, cela inclut entre autres des moyens d'interception aérienne puissants et fiables, d'où la nécessité de commencer à planifier le remplacement des avions CF-18, qui ne dureront pas éternellement.

    Monsieur Pierre Cossette, dans son commentaire du mercredi 11 novembre 2009 09:00, semble insinuer que la présence des CF-18 est perçue comme une nuisance dans la région de Ville de La Baie, au Saguenay. Peut-être M. Cossette devrait-il vérifier son assertion auprès de la population locale, en particulier en ce qui concerne les retombées économiques de la base de Bagotville dans la région du Saguenay.

    Pour ceux qui l'ignoreraient, dans les années 1980, lorsque les CF-18 ont progressivement remplacé les CF-101 Voodoo, il aurait été possible pour Ottawa de positionner les CF-18 de l'Est du Canada à Chatham (Nouveau-Brunswick) plutôt qu'à Bagotville, la décision ayant alors été prise de fermer l'une de ces deux bases aériennes afin de réaliser des économies. Lorsque la décision a été prise de garder Bagotville ouverte et de fermer Chatham, je ne crois pas que beaucoup de résidants de la région de La Baie se soient alors plaints...

    Par ailleurs, à la fin des années 1980, lorsque le gouvernement Mulroney a pris la décision de donner le contrat d'entretien des CF-18 à la firme québécoise Bombardier plutôt qu'à une entreprise du Manitoba, je ne me souviens pas que les Québécois soient montés aux barricades pour s'opposer à cette décision... Pourtant, les essais au sol ou en vol des CF-18, dans la région de Mirabel, ça ne doit pas se faire sans bruit...

    À M. Michel St. Pierre, qui met en opposition les investissements militaires et les investissements culturels (commentaire du mercredi 11 novembre 2009 08:00), je répliquerai que plutôt que de voir nos deniers publics investis dans des productions culturelles comme l'insignifiante et odieuse émission Bye Bye 2008, je préfère personnellement voir cet argent consacré à des investissements militaires qui augmentent la sécurité de notre population et de notre territoire, ou qui servent à maintenir ou renforcer les relations du Canada avec ses alliés principaux (et en particulier avec les États-Unis). Moi, les comparaisons démagogiques entre investissements culturels et investissements de défense, ça ne m'impressionne pas trop...

    Comme c'est son habitude, le journaliste Alex Castonguay nous a offert un article qui semble être le résultat d'une recherche rigoureuse et qui témoigne de sa connaissance des questions liées à la défense du Canada. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de la plupart des commentaires des lecteurs qui ont suivi la parution de son article...

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
8 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012