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Le Registre des armes à feu un peu plus menacé

Des libéraux et des néo-démocrates ont voté pour le projet de loi privé

Hélène Buzzetti   5 novembre 2009  Canada
Le Registre des armes à feu changera ou mourra. Les conservateurs ont finalement réussi à faire adopter hier soir la loi amorçant son démantèlement grâce à l'appui de 20 députés de l'opposition, dont le tiers provenant du caucus du NPD. Le chef libéral Michael Ignatieff promet maintenant de réformer le Registre.

Ottawa — La Chambre des communes a adopté hier soir le projet de loi C-391 évacuant l'obligation d'enregistrer les carabines et fusils de chasse. Le projet de loi continuera donc son cheminement parlementaire, et le chef libéral entend profiter de cette occasion pour modifier le régime de manière à en rétablir la «légitimité» dans les zones rurales du pays.

Le vote n'a pas été serré: 164 députés se sont prononcés pour le projet de loi, et 137 contre. Les conservateurs prétendaient voter selon leur conscience, mais leur attitude n'avait rien du vote libre. Tous les députés étaient présents et ont voté pour le projet de loi, y compris le premier ministre Stephen Harper, qui s'était déplacé pour l'occasion.

Les 10 députés conservateurs du Québec ont tous endossé la fin du Registre, malgré la motion unanime de l'Assemblée nationale adoptée plus tôt dans la journée et la lettre du ministre québécois de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, envoyée à tous les élus fédéraux de la province demandant le maintien du Registre. Le député de Lévis-Bellechasse, Steven Blaney, a soutenu que «chaque parlementaire est libre de voter selon ses convictions. [...] Je m'en prends à l'approche doctrinaire du Bloc québécois. Ce qui est important, c'est de voter selon ce que les commettants veulent». Comme prévu, l'animateur-annonceur-chauffeur-député indépendant André Arthur a appuyé les conservateurs sur cette question.

Libéraux et néo-démocrates se sont retrouvés en situation inconfortable: puisqu'il s'agissait d'un projet de loi privé, leurs chefs n'ont pas voulu imposer de ligne de parti. Des députés des deux partis se sont joints aux conservateurs. La proportion était toutefois beaucoup plus élevée du côté du NPD, qui se prétend le plus à gauche des partis fédéraux.

«Certains de nos députés voteront [pour], de manière à envoyer ce projet de loi en comité», a expliqué le chef du NPD, Jack Layton. Le vote d'hier portait sur la seconde — et non la dernière — lecture du projet de loi.

Décriminalisation

La surprise est venue du chef libéral, qui a reconnu que le Registre des armes à feu devait changer afin d'assurer l'unité de tous les Canadiens.

«Nous sommes, comme Parti libéral, fermement convaincus de la nécessité d'un Registre des armes à feu qui inclut toutes les armes au Canada, a expliqué M. Ignatieff, mais il faut avouer que nous avons des problèmes dans les zones rurales, dans les régions du Canada, et il faut améliorer le système pour qu'on ait une légitimité du système à travers le pays.» Il propose de «décriminaliser» le Registre tout en le maintenant obligatoire.

NPD divisé

La carte de la division entre régions urbaines et rurales a été jouée à souhait dans ce débat. Les conservateurs de Stephen Harper avaient ciblé 17 circonscriptions de l'opposition où les députés étaient susceptibles d'être influencés par l'opinion publique locale et y ont fait jouer des publicités.

Le coup a porté. Des 17 visés, 14 se sont rangés du côté conservateur. Au total, 12 néo-démocrates se sont ralliés aux conservateurs, soit exactement le tiers du caucus de Jack Layton. Huit libéraux ont fait de même (sur 76). Tous les bloquistes étaient présents et ont voté contre. Il n'y a eu que deux absences libérales.

Dans les faits, le Registre des armes à feu n'est plus appliqué. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement conservateur décrète des amnisties. Les propriétaires ne sont plus obligés d'enregistrer leurs armes d'épaule et n'ont pas à payer s'ils le font quand même. «Ne vous y trompez pas. Cette amnistie a réellement pour but d'accroître la sécurité publique», faisait savoir le ministre de la Sécurité publique, Peter Van Loan, en mai dernier.

En date de mars 2009, les armes d'épaule représentaient 91 % de toutes les armes enregistrées. Il y a 7,36 millions d'armes à feu enregistrées au Canada, dont 1,58 million au Québec.






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  • Guy Fauteux
    Abonné
    jeudi 5 novembre 2009 02h56
    J'ai honte d'etre Quebecois
    Pourquoi toute cette hypocrisie au Québec. En proportion nous avons probablement le taux le plus élevé d'arme non enregistre au pays.
    Quelle est cette absurde position du Bloc sur la question. Ca semble plus de l'entêtement qu'autre chose. Ca ne va pas mieux chez les libéraux . Quelle est cette proposition absurde de ces derniers. Maintenir mais décriminaliser le registre dépenser pour dépenser quoi. Heureusement que nos amis Canadien nous montre la voie du bon sens car ici on semble avoir perdu la carte.

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    jeudi 5 novembre 2009 10h44
    6 décembre
    Il va falloir qu'ils se dépêchent s'ils veulent proclamer la loi le 6 décembre!

  • Robert Lortie
    Abonné
    jeudi 5 novembre 2009 11h26
    gouvernement moral ?
    Il serait faux de prétendre que le registre pourrait permettre d'éviter tous les crimes commis avec des armes à feu. De la même façon, un récidiviste de l'alcool au volant peut prendre une auto et tuer quelqu'un, même si il n'a plus de permis. Par contre, l'existence du permis, de la plaque d'immatriculation, et du code de la route fait qu'il y a moins de morts sur la route car on peut identifier un chauffeur, retracer un véhicule impliqué dans un accident, et punir ceux qui ne respectent pas le code de la route.
    Le but du registre et des règles sur l'entreposage et l'utilisation des armes et munitions est de faire en sorte que dans une crise conjugale, par exemple, le temps mis à chercher l'arme (sous clé) et la charger avec des munitions (sous clé dans un autre endroit) permet à la victime potentielle de fuir et d'appeler de l'aide. Pas tout le temps, mais assez souvent pour que ça vaille la peine. L'arme à feu est celle des lâches qui tuent à distance, même de quelques pieds. Il faut plus de courage ou de folie pour s'approcher avec un couteau et frapper pour tuer. Le registre peut aussi faire en sorte que les possesseurs d'armes légales se sentent un peu plus surveillés, et de ce fait agissent plus en conformité avec la loi. C'est probablement cela qui irrite le plus les défenseurs des droit acquis et des libertés individuelles.
    Si les armes légales étaient toutes enregistrées, un policier devant intervenir à un domicile privé aurait plus de chances de savoir à qui il a affaire, et de connaître les risques encourus par lui et les autres habitants du lieu. Cela n'empêche personne de chasser ou faire du tir sportif. Les règles sur le port de gilet de sauvetage muni d'un sifflet n'empêchent personne de faire de la navigation de plaisance et permettent de sauver des vies. A combien les opposants au registre estiment-ils une vie humaine ?
    Il est vrai que le gouvernement s'est fait avoir à l'os par les « consultants » informatiques qui se sont graissés et ont produit un programme pitoyable à prix fort. Il y aurait probablement lieu d'identifier la faille. On peut supposer qu'un gouvernement aussi illettré que le nôtre (les libéraux aussi l'étaient) en matière de technologie peut facilement se faire berner en informatique. Le registre aurait dû coûter beaucoup moins cher, c'est vrai, mais n'utiliser que l'argument du prix pour le condamner est plutôt faible. Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage.
    Les alliancistes-conservateurs, même au pouvoir, ont ouvertement encouragé leurs amis à faire de fausses déclarations pour engorger le système, en augmenter les coûts, et le rendre inutilisable. Faire sciemment une fausse déclaration, en signant qu'au meilleur de nos connaissances les renseignements sont exacts, n'est-ce pas un parjure ? Que dire d'un parti au pouvoir et de membres du gouvernement qui encouragent des citoyens à faire un parjure ?

  • Diane Massicotte
    Inscrite
    jeudi 5 novembre 2009 11h42
    un autre Milliard $ ?
    Depuis le début, le registre des armes à feu connaît des ratés, est mal géré et coûte des milliards seulement pour donner une apparence de bonne conscience.
    Et les criminels sauront toujours où s'en procurer.
    diane Massicotte

    http://lebloguedediane.blogspot.com/

  • Hermil LeBel
    Inscrit
    jeudi 5 novembre 2009 13h11
    La voie de la raison
    Non seulement ce registre dont l'inutilité n'a plus à être démontrée devrait-il être démantelé, mais les responsables de ce gâchis sérieusement questionnés à son sujet. Souvenons-nous qu'il fut imposé dans la charge émotive entourant les malheureux événements de Polytechnique. Or nous savons à quel point les idéologues du féminisme ont sournoisement « récupéré » la tuerie de Polytechnique à leur profit. En faisant de cet événement exceptionnel un symbole du comportement habituel des hommes vis-à-vis des femmes, les idéologues ont relancé la croisade contre le mâle ordinaire, celui qui traque les femmes à l'arme automatique.

    Il me semble aujourd'hui venu le temps de remettre les pendules à l'heure et questionner la noblesse des objectifs poursuivis par les différents organismes qui militent pour le maintien du registre. Depuis le drame de «Poly», nombres d'organisations et groupuscules de tous acabits surgissent de partout, pareils à des hydres, pour récupérer à des fins discutables le geste démentiel d'un être en proie à une profonde détresse. En effet, le discours victimaire alimente un véritable climat de psychose collective articulé autour de la problématique de la violence domestique. Dépeindre l'homme sous les traits d'une sombre brute sanguinaire autorise, il est vrai, l'octroi de généreuses subventions au bénéfice d'une nébuleuse d'organismes communautaires accrochés aux mamelles de l'État providence. Le temps est enfin venu de laisser prévaloir la raison.

    http://lapresrupture.qc.ca/recherche.html

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    jeudi 5 novembre 2009 19h36
    Fauchetons honteux
    Les députés conservateurs du Québec ont préféré voter pour aider la National Rifle Association à vendre plus armes au Canada. Plus de meurtres sur leurs consciences. Pauvres types que ces fauchetons (Blackburn, Cannon, Bernier, Lebel, Verner, Arthur, et l`autre de Lac Mégantic).

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