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    Des pancartes fédérales très coûteuses

    Jusqu'à 7000 $ pour produire et installer chaque affiche géante vantant le plan de relance

    Ottawa — À grosse pancarte, gros budget: la production des affiches géantes faisant la promotion du plan d'action économique du gouvernement conservateur coûtera entre 5 et 45 millions, a appris Le Devoir.

    Selon nos informations, entre 800 $ et 7000 $ sont ainsi nécessaires pour produire et installer chaque grande affiche qui vante certains éléments du plan de relance. Le gouvernement a déjà installé près de 2500 de ces pancartes grand format au pays, alors que 4000 autres ont été commandées, indiquent des sources gouvernementales. Ces pancartes sont généralement installées devant les chantiers de rénovation subventionnés par le plan d'action.

    Le Fonds de stimulation de l'infrastructure (FSI), un programme de 4 milliards de dollars sur deux ans géré par Infrastructure Canada (IC), a nécessité la moitié des pancartes installées ou commandées (l'autre moitié est surtout accaparée par Industrie Canada et les agences de développement régionales). La porte-parole d'IC, Louise Payette, a confirmé il y a dix jours que 1500 panneaux avaient été installés et que 1441 étaient prêts à l'être. Les chiffres peuvent avoir évolué depuis.

    Mme Payette ne pouvait toutefois confirmer le coût précis de chaque pancarte. «C'est inclus dans le coût total du projet», expliquait-elle. «Il revient au promoteur de faire faire les panneaux, et ils peuvent varier en grandeur. Les promoteurs reçoivent le concept et ce qui doit être sur [l'affiche]: couleur, design, écriture, etc. Ils font imprimer après.»

    Les coûts à l'unité d'une pancarte peuvent être jusqu'à trois fois plus élevés que pour une commande de 50 exemplaires et plus. Le Devoir a effectué quelques appels chez des imprimeurs. Par exemple, une affiche de 1,25 m sur 2,50 m (4 pi x 8 pi) de 10 mm d'épaisseur se vend 240 $ l'unité chez Pajeli Design, de Saint-Hubert. Chez Super Impression de Rivière-des-Prairies, il en coûte 165 $ sur du plastique ondulé, ou 200 $ sur de l'aluminium pressé, une nouvelle technologie. Chez TransForm, de Montréal-Nord, on facture plutôt 175 $. Le prix chute à 50 $ pour 50 unités et plus.

    Hier, personne n'était en mesure d'expliquer pourquoi les pancartes du gouvernement coûtent quant à elles aussi cher. Mais la fourchette de prix indiquée (800-7000 $ par pancarte) est bien celle qui circule dans l'appareil gouvernemental.

    Rappelons que le Parti libéral tape depuis des semaines sur le clou d'une autopromotion jugée trop coûteuse à son goût. Il y a une quinzaine de jours, le député Wayne Easter avait révélé qu'une énorme pancarte «Plan d'action économique du Canada» avait été érigée devant l'édifice de la Gendarmerie royale du Canada, à Charlottetown, alors que l'on n'y remplaçait que... quelques poignées de porte. De la maintenance, en somme.

    «La pancarte a dû coûter plus cher que les travaux effectués!», s'était insurgé M. Easter en conférence de presse. Les libéraux estiment qu'Ottawa a dépensé à ce jour plus de 56 millions de dollars en publicité pour faire la promotion du plan de relance. Faire peindre deux wagons de train de banlieue de Toronto aux couleurs du plan d'action a par exemple coûté près de 50 000 $, alors que le design d'un site Internet a nécessité 2 millions.

    Il y a un mois, le premier ministre Harper indiquait dans un rapport d'étape du plan de relance que 26 des 29 milliards promis par le plan avaient déjà été investis. Selon le gouvernement, des engagements sont en place pour 7500 projets d'infrastructure et de logement.

    Les chiffres de Kevin Page

    Par ailleurs, le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, a rendu publics hier ses propres chiffres indépendants sur la situation financière du gouvernement fédéral. Pour une rare fois, M. Page approuve à peu près les chiffres du gouvernement conservateur. Au total, pour cette année et les quatre prochaines, il prédit des déficits cumulés de 167,4 milliards de dollars, soit 8,2 milliards de plus que ce que le ministre des Finances, Jim Flaherty, prévoit.

    Selon M. Page, Ottawa a péché par excès de pessimisme pour les années 2009-2010 et 2010-2011. Le gouvernement fédéral serait dans le rouge de 54,2 milliards cette année (contre 55,9 milliards selon Ottawa) et de 43,1 milliards l'an prochain (contre 45,3 milliards).

    Par contre, la situation s'inverse pour les années 2012-2013 et 2012-2014. Là, Kevin Page estime que le déficit sera plus important que prévu: 23,2 milliards (plutôt que 19,4 milliards) et 19 milliards (plutôt que 11,2 milliards). Cela inquiète le directeur parlementaire du budget, car la crise économique ne pourra plus être invoquée pour expliquer ces déficits importants. Il s'agira de déficits structurels.

    «Le budget à moyen terme n'est pas équilibré structurellement», conclut-il dans son rapport. «Le solde structurel devrait se détériorer pour passer essentiellement d'une situation d'équilibre en 2007-2008 à un déficit structurel de 18,9 milliards de dollars en 2013-2014.»












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