Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Trois proches du sénateur Housakos nommés à des postes fédéraux

    17 novembre 2009 |Alec Castonguay | Canada
    Léo Housakos
    Photo: - Le Devoir Léo Housakos
    Trois proches du sénateur conservateur Leo Housakos ont été nommés à des postes rémunérés de l'administration publique fédérale dans les derniers mois, a appris Le Devoir. Ces trois personnes, près du parti au pouvoir, ont atterri au Conseil arbitral de l'assurance emploi, à Via Rail et à la société d'État Ponts Jacques-Cartier et Champlain inc.

    En septembre dernier, le conseil des ministres du gouvernement Harper a discrètement nommé Nicholas Katalifos à titre de président du Conseil arbitral de l'assurance emploi de Laval, en banlieue de Montréal.

    M. Katalifos est un bon ami de Leo Housakos, collecteur de fonds du Parti conservateur au Québec et ancien argentier de l'ADQ (2003 à 2008). Les deux hommes ont dirigé ensemble la petite entreprise Quadvision International, qui offre des services de consultants en communication. L'entreprise, fondée en 2001, n'est pas le seul endroit où MM. Housakos et Katalifos se sont côtoyés: ils ont aussi été ensemble au Congrès hellénique du Québec. M. Katalifos en a été le président et M. Housakos, le vice-président.

    Il y a des dizaines de conseils arbitraux de l'assurance emploi un peu partout au pays. Ces conseils sont composés de trois membres, dont le président est choisi par le conseil des ministres. Il s'agit d'un tribunal administratif de première instance qui tranche les litiges entre les citoyens et le gouvernement canadien en matière d'assurance emploi.

    Nicholas Katalifos a été nommé pour un mandat de trois ans. Cette tâche peut devenir lucrative, puisque le président du conseil arbitral touche généralement de 625 $ à 725 $ par jour d'audience, selon les chiffres fournis par le ministère des Ressources humaines du Canada. Au ministère, on précise qu'il s'agit d'un mandat à temps partiel, puisque le nombre de litiges varie d'une région à l'autre du pays. Toutefois, il y a un minimum de deux jours d'audience par mois, ce qui porte la rémunération annuelle minimale à 15 000 $. Les membres peuvent continuer à occuper d'autres emplois pendant leur mandat. M. Katalifos n'a pas rappelé Le Devoir hier.

    Via Rail

    Jean-Martin Masse, un autre proche de Leo Housakos, a été nommé en juin dernier par le gouvernement au conseil d'administration de Via Rail Canada. La rémunération d'un administrateur de cette société d'État varie de 410 $ à 485 $ par jour. Le Conseil du trésor estime que la rémunération annuelle moyenne tourne autour de 6000 $ par année, puisqu'il s'agit d'un travail à temps partiel.

    M. Masse, le fils de l'ancien ministre conservateur Marcel Masse, est avocat de formation. MM. Housakos et Masse se sont connus lors de leur militantisme au sein de l'aile jeunesse du Parti conservateur dans les années 80. À l'image de Leo Housakos, M. Masse a été très présent à l'ADQ ces dernières années. Il a notamment contribué à négocier les paramètres du débat des chefs avant les élections en novembre 2008.

    Il a aussi participé au grand rassemblement conservateur du 20 mai dernier, à Montréal, où 2300 personnes se sont présentées. Un événement coorganisé par Leo Housakos. En 2006, il était le président de l'association du Parti conservateur dans Vaudreuil-Soulanges, où le ministre et sénateur Michael Fortier a tenté de se faire élire en 2008.

    Société des ponts

    Une autre relation du sénateur conservateur a été nommée par le gouvernement en décembre 2008 à la société d'État Ponts Jacques-Cartier et Champlain inc. Il s'agit de Serge Martel, qui siège au conseil d'administration, ce qui lui permet de toucher environ 4000 $ par année pour ce travail à temps partiel.

    Serge Martel siégeait au comité de coordination de l'Alliance canadienne au Québec en 2000, lors des élections générales. Leo Housakos était alors candidat de l'Alliance dans la circonscription de Laval-Ouest.

    Le 31 octobre dernier, lors d'une entrevue donnée au Devoir, M. Martel a soutenu que M. Housakos était une «connaissance» et non un «ami». La société Ponts Jacques-Cartier et Champlain inc. a été plongée dans la controverse en octobre, lorsque La Presse canadienne a révélé l'octroi d'un contrat de 1,4 million de dollars à un consortium mené par la firme de génie-conseil BPR. En mai dernier, lors de l'octroi de ce contrat, le sénateur Leo Housakos était encore un employé de BPR, ce qui n'est plus le cas depuis quelques mois. Le 20 mai dernier, jour du lancement de l'appel d'offres par Ponts Jacques-Cartier et Champlain inc., deux administrateurs de la société d'État ont participé à une collecte de fonds organisée par le sénateur Housakos: Serge Martel et Paul Kefalas.

    Lors d'une entrevue accordée au Devoir en octobre, Serge Martel a reconnu avoir fait une erreur en participant à ce cocktail de financement. Il affirme toutefois ne jamais avoir parlé du contrat avec qui que ce soit lors de cet événement partisan. De son côté, M. Housakos a demandé l'avis du commissaire à l'éthique du Sénat, pour démontrer qu'il n'a rien à se reprocher dans ce dossier.

    Le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada ont posé des questions au sujet du sénateur Housakos hier aux Communes, exigeant que le premier ministre révèle s'il a fait une enquête avant de le nommer au Sénat. La sortie fracassante du chef de l'ADQ, Gilles Taillon, a alimenté les questions. M. Taillon dit avoir constaté des «éléments troublants concernant le financement» de l'ADQ dans les dernières années, soit au moment où Leo Housakos dirigeait les destinées financières du parti. M. Taillon a décidé d'en saisir la Sûreté du Québec. M. Taillon n'a pas précisé ses allégations. Le secrétaire parlementaire du premier ministre Harper, Pierre Poilièvre, a demandé aux députés d'être prudents avant de lancer des allégations. «Si le député a des allégations à faire, il devrait les soumettre aux autorités ou les répéter à l'extérieur de la Chambre.»












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.