Du jamais vu au pays - Le combat des chefs
La guerre qui s'amorce au PLC se jouera avec des munitions de nature différente
Le combat qui s'amorce au sein du Parti libéral du Canada et du gouvernement fédéral est unique dans l'histoire du pays. Jamais n'a-t-on vu un premier ministre en exercice, à la tête d'un gouvernement majoritaire, être contesté de cette façon. Une guerre par conséquent sans règles claires et où chaque protagoniste se retrouve, comme les gladiateurs, armé de munitions de nature très différente.
Paul Martin n'a jamais caché son désir de succéder à Jean Chrétien. Il s'y prépare depuis sa défaite lors de la course au leadership de 1990. Il a cru qu'il approchait de la cible après l'élection de novembre 2000, quand Jean Chrétien a fait comprendre à certaines personnes qu'il pensait céder sa place en 2003, un fait que M. Chrétien a lui-même confirmé.
En communiquant ce message cependant, il a du même coup donné le feu vert à ses éventuels successeurs pour qu'ils se mettent en campagne. Allan Rock, qui s'organisait déjà, a mis les bouchées doubles. Tout juste de retour sur la scène fédérale, Brian Tobin s'est lancé sans discrétion. Les John Manley et Sheila Copps ont suivi.
C'est aussi à cause de ce message que l'équipe de Paul Martin a finalement accepté d'ignorer la constitution du parti et de reporter le vote de révision du leadership de mars 2002 à février 2003. Par conséquent, insistent encore aujourd'hui ses organisateurs, il n'a jamais eu l'intention d'organiser une contestation du leadership de Jean Chrétien à cette occasion. Ses efforts, disent-ils, portaient sur la préparation de l'étape suivante, soit la vraie campagne au leadership qui suivrait le départ du premier ministre.
Le virage à 180 degrés effectué ce printemps par Jean Chrétien a tout bouleversé et l'enjeu du vote de février 2003 a du coup complètement changé. Les militants voteront-ils pour manifester leur gratitude au chef qui les a menés trois fois à la victoire ou pour lui donner le mandat de se représenter une quatrième fois? M. Chrétien prétend que sa décision n'est pas prise à ce sujet mais qu'il restera au moins jusqu'en 2004.
Le libellé de la question et l'interprétation à donner aux résultats sont devenus des enjeux car, à la veille d'un vote similaire en 1998, Jean Chrétien avait fait croire qu'il n'était pas décidé quant à son avenir et songeait à quitter. Une fois le vote de 91 % en poche, par contre, il s'en est servi pour affirmer qu'il avait le mandat pour diriger le parti une troisième fois.
Le refus de Paul Martin de freiner sa machine, quitte à ne plus être ministre, montre qu'il ne se fie pas à la parole du premier ministre. Mais le pari est risqué. Face à un chef de gouvernement et de parti qui jouit de l'autorité associée à son poste, l'ancien ministre des Finances a à sa disposition son organisation, sa grande crédibilité, sa popularité auprès des membres du Parti libéral et de la population et, surtout, ses idées, qu'il dit vouloir mettre en valeur au cours d'une prochaine tournée à travers le pays.
À qui l'avantage?
Paul Martin fera-t-il le poids? Son adversaire est redoutable et il ne s'agit pas d'une course au leadership à proprement parler. Il s'agit davantage d'une rébellion, et ça, au sein du Parti libéral, ce n'est pas une pilule facile à faire passer.
«Deux facteurs entrent ici en conflit. Il y a le désir de changement qui est tout à fait normal dans une formation politique après presque 10 ans au pouvoir [...], un désir qui se manifeste aussi parmi le grand public. Mais il y a aussi cette loyauté que ressentent parfois profondément les membres du Parti libéral du Canada. Je pense que beaucoup de libéraux seront déchirés entre ses deux grandes forces, la force du changement et celle de la loyauté», résume Jeffrey Simpson, observateur de longue date de la scène politique fédérale, chroniqueur au Globe and Mail et auteur. Il a publié l'an dernier The Friendly Dictatorship, un ouvrage sur les dangers pour la démocratie canadienne d'avoir un seul parti capable de prendre le pouvoir.
À son avis, «il n'y a aucun doute que, s'il y avait 120 députés alliancistes ou conservateurs, une vraie opposition capable de prendre le pouvoir, les divergences de perspectives, le choc des ambitions et les problèmes au sein du Parti libéral auraient été réglés depuis longtemps. Les événements actuels n'auraient jamais eu lieu».
La force première de Paul Martin est d'offrir un espoir de changement alors que celle de Jean Chrétien est l'appel à la tradition de loyauté de son parti. Signe de son importance, l'ancien ministre Lloyd Axworthy invitait les militants libéraux, dès jeudi dans le Winnipeg Free Press, à profiter du débat d'idées qui s'annonce mais à résister à l'idée de renverser le chef. Il insistait sur le respect dû à Jean Chrétien et sur son droit de décider du moment de sa retraite.
Un proche de Paul Martin reconnaissait cette semaine qu'ébranler la loyauté au chef serait un défi. Et comme, insistait-il, M. Martin ne s'organisait pas pour un duel contre le chef mais pour une course au leadership contre les Manley, Rock et Copps, il n'a jamais mesuré ses appuis en fonction de cette lutte à deux. Nombre de ministres et de députés se disaient prêts à l'appuyer, mais une fois le patron parti.
Longtemps actif dans les coulisses des Partis conservateurs ontarien et fédéral, Hugh Segal a une connaissance intime de la dynamique partisane. Aujourd'hui à la tête de l'Institut de recherche en politiques publiques, il pense qu'«il sera difficile de convaincre les libéraux de voter contre un premier ministre en exercice encore capable de gagner une élection».
Se ranger derrière Martin maintenant pose aussi plus de risques pour les députés et ministres puisque Jean Chrétien a à sa disposition nombre de bâtons et de carottes. La liste est longue: nominations (plus de 4000 postes, dont ceux de sénateurs), démotions, voyages, appui ou non à des initiatives locales ou législatives. Mais surtout, s'il l'emporte en février et dirige les troupes libérales durant les prochaines élections, il lui reviendra de signer ou non le bulletin de candidature des anciens députés. Il l'a rappelé à plusieurs d'entre eux cette semaine, en marge de la réunion de son caucus, une menace qui a jeté un froid.
La base
Fondateur du Centre d'études en gouvernance de l'Université d'Ottawa, Gilles Paquet pense que Jean Chrétien a théoriquement les moyens pour faire entrer ses députés et ses ministres dans le rang. Mais ce qu'il appelle «la couardise du caucus» a, à son avis, ses limites. Sur le terrain et en coulisses, les députés sont plus audacieux, encouragés par l'opinion publique. Encore cette semaine, un sondage Compass montrait que le PLC dirigé par Jean Chrétien formerait le gouvernement, mais avec 42 % des voix. Avec Paul Martin, le parti récolterait 61 % des votes.
Jean Chrétien sait qu'il ne contrôle pas son caucus. «Il a beau avoir 99 députés en Ontario, le nombre de personnes en qui il peut avoir confiance dans cette province se compte sur les doigts d'une seule main. Il est alors forcé de toujours se tourner vers les mêmes joueurs», note-t-il, en soulignant le choix de John Manley comme ministre des Finances, en plus de le garder comme vice-premier ministre, ministre responsable des relations canado-américaines en matière de sécurité et ministre responsable de l'Infrastructure.
Pour Jean Chrétien, croit Jeffrey Simpson, le problème est ailleurs car il y aura deux votes en février: celui de tous les membres et celui des délégués au congrès. «La bataille ne se fait pas auprès des députés mais auprès des militants à travers le pays. Là est la clé de l'affaire. La campagne va se dérouler dans 301 circonscriptions, des batailles individuelles, avec des acteurs différents. La capacité du premier ministre et de son entourage de contrôler la situation est beaucoup plus limitée.» Et le PLC a des députés dans seulement 170 circonscriptions, dont la majorité sont pro-Martin.
Les idées
L'autre front où les deux hommes seront en compétition sera celui des idées. «Paul Martin est un type qui a des idées. Le premier ministre n'en a pas, mais la fonction publique pourrait lui en fournir», relève Jeffrey.
Le grand patron de la fonction publique, le nouveau greffier du Conseil privé, Alex Himelfarb, semble avoir compris la commande. Il a déclaré mercredi, devant une assemblée de hauts fonctionnaires, que cette crise était une occasion pour la bureaucratie de briller en sortant de ses cartons des projets innovateurs. «Les Canadiens veulent être persuadés que leurs leaders concentrent leur attention sur les besoins des citoyens et non sur leurs luttes intestines.» Après avoir énuméré une série de domaines d'activités, il a ajouté: «Nous donnerons aux élus les options les plus excitantes qu'ils n'ont jamais vues. Ils auront des choix qu'ils n'ont jamais eus et nous serons très heureux ensemble.»
On s'attend donc à un discours du Trône à l'automne pour permettre au premier ministre d'imposer l'image d'un gouvernement qui ne se laisse pas distraire et qui a encore des projets. M. Segal rappelle cependant que, contrairement à M. Martin, la fonction publique doit s'inscrire dans des cadres budgétaire et politique définis par le gouvernement, qu'il s'agisse de politiques sociales ou de relations canado-américaines ou fédérales-provinciales. M. Martin ne pourra pas contester ce qu'a fait le gouvernement, puisqu'il y a été associé, mais il pourra offrir, en n'étant plus ministre, des perspectives totalement nouvelles pour la décennie à venir.
«C'est un peu paradoxal de voir que c'est le conflit Chrétien-Martin qui amènera le Parti libéral à tenir un débat d'idées cet automne», de conclure M. Simpson. Et à son avis, les deux hommes seront à cet égard à armes égales.
Paul Martin n'a jamais caché son désir de succéder à Jean Chrétien. Il s'y prépare depuis sa défaite lors de la course au leadership de 1990. Il a cru qu'il approchait de la cible après l'élection de novembre 2000, quand Jean Chrétien a fait comprendre à certaines personnes qu'il pensait céder sa place en 2003, un fait que M. Chrétien a lui-même confirmé.
En communiquant ce message cependant, il a du même coup donné le feu vert à ses éventuels successeurs pour qu'ils se mettent en campagne. Allan Rock, qui s'organisait déjà, a mis les bouchées doubles. Tout juste de retour sur la scène fédérale, Brian Tobin s'est lancé sans discrétion. Les John Manley et Sheila Copps ont suivi.
C'est aussi à cause de ce message que l'équipe de Paul Martin a finalement accepté d'ignorer la constitution du parti et de reporter le vote de révision du leadership de mars 2002 à février 2003. Par conséquent, insistent encore aujourd'hui ses organisateurs, il n'a jamais eu l'intention d'organiser une contestation du leadership de Jean Chrétien à cette occasion. Ses efforts, disent-ils, portaient sur la préparation de l'étape suivante, soit la vraie campagne au leadership qui suivrait le départ du premier ministre.
Le virage à 180 degrés effectué ce printemps par Jean Chrétien a tout bouleversé et l'enjeu du vote de février 2003 a du coup complètement changé. Les militants voteront-ils pour manifester leur gratitude au chef qui les a menés trois fois à la victoire ou pour lui donner le mandat de se représenter une quatrième fois? M. Chrétien prétend que sa décision n'est pas prise à ce sujet mais qu'il restera au moins jusqu'en 2004.
Le libellé de la question et l'interprétation à donner aux résultats sont devenus des enjeux car, à la veille d'un vote similaire en 1998, Jean Chrétien avait fait croire qu'il n'était pas décidé quant à son avenir et songeait à quitter. Une fois le vote de 91 % en poche, par contre, il s'en est servi pour affirmer qu'il avait le mandat pour diriger le parti une troisième fois.
Le refus de Paul Martin de freiner sa machine, quitte à ne plus être ministre, montre qu'il ne se fie pas à la parole du premier ministre. Mais le pari est risqué. Face à un chef de gouvernement et de parti qui jouit de l'autorité associée à son poste, l'ancien ministre des Finances a à sa disposition son organisation, sa grande crédibilité, sa popularité auprès des membres du Parti libéral et de la population et, surtout, ses idées, qu'il dit vouloir mettre en valeur au cours d'une prochaine tournée à travers le pays.
À qui l'avantage?
Paul Martin fera-t-il le poids? Son adversaire est redoutable et il ne s'agit pas d'une course au leadership à proprement parler. Il s'agit davantage d'une rébellion, et ça, au sein du Parti libéral, ce n'est pas une pilule facile à faire passer.
«Deux facteurs entrent ici en conflit. Il y a le désir de changement qui est tout à fait normal dans une formation politique après presque 10 ans au pouvoir [...], un désir qui se manifeste aussi parmi le grand public. Mais il y a aussi cette loyauté que ressentent parfois profondément les membres du Parti libéral du Canada. Je pense que beaucoup de libéraux seront déchirés entre ses deux grandes forces, la force du changement et celle de la loyauté», résume Jeffrey Simpson, observateur de longue date de la scène politique fédérale, chroniqueur au Globe and Mail et auteur. Il a publié l'an dernier The Friendly Dictatorship, un ouvrage sur les dangers pour la démocratie canadienne d'avoir un seul parti capable de prendre le pouvoir.
À son avis, «il n'y a aucun doute que, s'il y avait 120 députés alliancistes ou conservateurs, une vraie opposition capable de prendre le pouvoir, les divergences de perspectives, le choc des ambitions et les problèmes au sein du Parti libéral auraient été réglés depuis longtemps. Les événements actuels n'auraient jamais eu lieu».
La force première de Paul Martin est d'offrir un espoir de changement alors que celle de Jean Chrétien est l'appel à la tradition de loyauté de son parti. Signe de son importance, l'ancien ministre Lloyd Axworthy invitait les militants libéraux, dès jeudi dans le Winnipeg Free Press, à profiter du débat d'idées qui s'annonce mais à résister à l'idée de renverser le chef. Il insistait sur le respect dû à Jean Chrétien et sur son droit de décider du moment de sa retraite.
Un proche de Paul Martin reconnaissait cette semaine qu'ébranler la loyauté au chef serait un défi. Et comme, insistait-il, M. Martin ne s'organisait pas pour un duel contre le chef mais pour une course au leadership contre les Manley, Rock et Copps, il n'a jamais mesuré ses appuis en fonction de cette lutte à deux. Nombre de ministres et de députés se disaient prêts à l'appuyer, mais une fois le patron parti.
Longtemps actif dans les coulisses des Partis conservateurs ontarien et fédéral, Hugh Segal a une connaissance intime de la dynamique partisane. Aujourd'hui à la tête de l'Institut de recherche en politiques publiques, il pense qu'«il sera difficile de convaincre les libéraux de voter contre un premier ministre en exercice encore capable de gagner une élection».
Se ranger derrière Martin maintenant pose aussi plus de risques pour les députés et ministres puisque Jean Chrétien a à sa disposition nombre de bâtons et de carottes. La liste est longue: nominations (plus de 4000 postes, dont ceux de sénateurs), démotions, voyages, appui ou non à des initiatives locales ou législatives. Mais surtout, s'il l'emporte en février et dirige les troupes libérales durant les prochaines élections, il lui reviendra de signer ou non le bulletin de candidature des anciens députés. Il l'a rappelé à plusieurs d'entre eux cette semaine, en marge de la réunion de son caucus, une menace qui a jeté un froid.
La base
Fondateur du Centre d'études en gouvernance de l'Université d'Ottawa, Gilles Paquet pense que Jean Chrétien a théoriquement les moyens pour faire entrer ses députés et ses ministres dans le rang. Mais ce qu'il appelle «la couardise du caucus» a, à son avis, ses limites. Sur le terrain et en coulisses, les députés sont plus audacieux, encouragés par l'opinion publique. Encore cette semaine, un sondage Compass montrait que le PLC dirigé par Jean Chrétien formerait le gouvernement, mais avec 42 % des voix. Avec Paul Martin, le parti récolterait 61 % des votes.
Jean Chrétien sait qu'il ne contrôle pas son caucus. «Il a beau avoir 99 députés en Ontario, le nombre de personnes en qui il peut avoir confiance dans cette province se compte sur les doigts d'une seule main. Il est alors forcé de toujours se tourner vers les mêmes joueurs», note-t-il, en soulignant le choix de John Manley comme ministre des Finances, en plus de le garder comme vice-premier ministre, ministre responsable des relations canado-américaines en matière de sécurité et ministre responsable de l'Infrastructure.
Pour Jean Chrétien, croit Jeffrey Simpson, le problème est ailleurs car il y aura deux votes en février: celui de tous les membres et celui des délégués au congrès. «La bataille ne se fait pas auprès des députés mais auprès des militants à travers le pays. Là est la clé de l'affaire. La campagne va se dérouler dans 301 circonscriptions, des batailles individuelles, avec des acteurs différents. La capacité du premier ministre et de son entourage de contrôler la situation est beaucoup plus limitée.» Et le PLC a des députés dans seulement 170 circonscriptions, dont la majorité sont pro-Martin.
Les idées
L'autre front où les deux hommes seront en compétition sera celui des idées. «Paul Martin est un type qui a des idées. Le premier ministre n'en a pas, mais la fonction publique pourrait lui en fournir», relève Jeffrey.
Le grand patron de la fonction publique, le nouveau greffier du Conseil privé, Alex Himelfarb, semble avoir compris la commande. Il a déclaré mercredi, devant une assemblée de hauts fonctionnaires, que cette crise était une occasion pour la bureaucratie de briller en sortant de ses cartons des projets innovateurs. «Les Canadiens veulent être persuadés que leurs leaders concentrent leur attention sur les besoins des citoyens et non sur leurs luttes intestines.» Après avoir énuméré une série de domaines d'activités, il a ajouté: «Nous donnerons aux élus les options les plus excitantes qu'ils n'ont jamais vues. Ils auront des choix qu'ils n'ont jamais eus et nous serons très heureux ensemble.»
On s'attend donc à un discours du Trône à l'automne pour permettre au premier ministre d'imposer l'image d'un gouvernement qui ne se laisse pas distraire et qui a encore des projets. M. Segal rappelle cependant que, contrairement à M. Martin, la fonction publique doit s'inscrire dans des cadres budgétaire et politique définis par le gouvernement, qu'il s'agisse de politiques sociales ou de relations canado-américaines ou fédérales-provinciales. M. Martin ne pourra pas contester ce qu'a fait le gouvernement, puisqu'il y a été associé, mais il pourra offrir, en n'étant plus ministre, des perspectives totalement nouvelles pour la décennie à venir.
«C'est un peu paradoxal de voir que c'est le conflit Chrétien-Martin qui amènera le Parti libéral à tenir un débat d'idées cet automne», de conclure M. Simpson. Et à son avis, les deux hommes seront à cet égard à armes égales.
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