mardi 9 février 2010 Dernière mise à jour 15h17


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Outremont - Devant les pressions, Amouzou laisse la voie libre à Cauchon

Alec Castonguay   27 octobre 2009  Canada
Martin Cauchon aura vraisemblablement la voie libre pour porter les couleurs du Parti libéral du Canada dans la circonscription d'Outremont, à Montréal. Son seul adversaire dans la course à l'investiture, Comlan Amouzou, se retire. Il affirme avoir été victime de pressions et d'intimidations de la part de l'establishment du PLC.

En entrevue avec Le Devoir, Comlan Amouzou affirme qu'il quitte à regret la course. Il soutient que des gens au Parti libéral du Canada (PLC) lui mettent des bâtons dans les roues. «J'ai reçu beaucoup de pressions pour que je laisse la place à Martin Cauchon, même si on m'avait promis une véritable course à l'investiture. Chaque jour, je reçois des appels et des lettres anonymes pour que je quitte», dit-il.

M. Amouzou affirme que la direction du PLC-Q refuse de lui fournir des cartes de membre, ce qui l'empêche de recueillir des appuis.

Il affirme qu'à au moins une reprise, un appel anonyme lui a demandé de régler ça à l'amiable avec l'entourage de Martin Cauchon. «Cette personne m'a laissé un numéro de téléphone en disant d'appeler là et de m'entendre pour quitter la course. J'ai fait des recherches et ce numéro m'amenait directement au clan Cauchon», affirme M. Amouzou.

Il dit avoir été «intimidé» dans les dernières semaines par des gens au sein du PLC, qu'il refuse de nommer. «Je me pose de très sérieuses questions sur la place des communautés ethniques au sein du Parti libéral du Canada au Québec, dit-il. Ce parti est devenu une chasse gardée pour quelques privilégiés qui agissent en fonction de leurs intérêts et de leurs ambitions au détriment des aspirations des militants de la base. Je ne reconnais plus les véritables valeurs libérales.»

Comlan Amouzou est membre du PLC depuis 14 ans. Il a affirmé hier qu'il démissionnait également de son poste de vice-président de l'association libérale d'Outremont. Il affirme avoir amassé 3000 appuis dans sa course, ce qui menacerait l'investiture de Martin Cauchon.

Martin Cauchon a nié hier être à l'origine des pressions sur M. Amouzou. «J'ai dit à mon équipe que je veux une investiture. J'ai demandé à mon chef, Michael Ignatieff, d'avoir une vraie investiture. Je pense que c'est bon pour le parti et pour le comté d'avoir une course», a-t-il dit au Devoir.

Martin Cauchon, qui a été député d'Outremont entre 1993 et 2004, affirme qu'il a une équipe sur le terrain qui vend des cartes de membre pour remporter la bataille. «Je travaille en fonction de la course. Je ne tiens rien pour acquis», dit-il. M. Cauchon s'est dit surpris du départ de Comlan Amouzou. «Honnêtement, je ne sais pas ce qui motive sa décision. Je ne suis pas au courant», a-t-il ajouté.

Dans une brève déclaration, le Parti libéral du Canada au Québec (PLC-Q) a soutenu au Devoir qu'il ne refuse pas des cartes de membre au clan Amouzou. «On n'a jamais refusé de lui en donner. D'ailleurs, il en a encore en sa possession», a dit Jean-Bernard Villemaire, porte-parole au PLC-Q.


Un candidat fort

Les hautes instances du PLC ont beau avoir déplacé la candidate Nathalie Le Prohon dans la circonscription de Jeanne-Le Ber pour faire de la place à l'ancien ministre Martin Cauchon dans Outremont, cette circonscription n'était pas été réservée pour autant.

Comlan Amouzou, qui est président de l'organisme Médecins d'ailleurs, était une candidature forte. Il est l'homme de terrain des libéraux dans Outremont depuis 12 ans. Il a dirigé toutes les campagnes électorales du PLC dans cette circonscription depuis 1997 (y compris celles de Cauchon, Lapierre, Coulon et Dhavernas), de sorte que son réseau est très bien tissé.

De plus, M. Amouzou siège au conseil de direction du PLC-Q et préside la commission politique du PLC-Q sur le multiculturalisme. Cette dernière fonction lui permet d'entrer en contact avec tous les groupes ethniques de la province.

Or, la circonscription d'Outremont, au fédéral, englobe les secteurs multiethniques de Parc-Extension et de Côte-des-Neiges, parmi d'autres. M. Amouzou, qui menait sa campagne à l'investiture depuis cinq mois, y est très connu. Une source qui connaît bien cette circonscription affirmait au Devoir en septembre que Martin Cauchon «devra vendre des cartes et faire une bonne campagne», parce que M. Amouzou pourrait bien le coiffer au fil d'arrivée. «Ce n'est pas dans la poche du tout pour Cauchon», disait cette source libérale.

La date de l'investiture dans Outremont n'a pas encore été annoncée par la Commission électorale du PLC au Québec.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Robert Henri
    Inscrit
    mardi 27 octobre 2009 06h17
    Que e suis naïf...
    Moi qui croyais qu'en démocratie le peuple et non les «pleins» décident qui va les représenter. Moi qui croyais que même s'ils font tout pour que je les haïsse, les parti Libéral était démocratique. Mais non. Je me suis trompé. Le parti Libéral est antidémocratique autant qu'antiquébécois. Ce, en plus d'être le parti des fraudes par commandites.

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    mardi 27 octobre 2009 08h23
    Tous les partis le font...
    Les militants des partis politiques ramassent de sous dans le peuple, mais quand le vrai peuple décide de se présenter aux élections, les partis trouvent toujours une raison pour évincer le vrai peuple et mettre quelqu'un pour le représenter,hors du peuple.

    LE PQ et le BQ font la même chose que les vieux partis. L'ADQ - ce qui en reste - utilise le même stratagème. Le PLQ ne déroge pas à la loi. Et le PCC, ma foi, a tellement de difficulté à se trouver des candidats, qu'il prend celui qui lui tombe sur la main.

    Le parti de René Lévesque, à ses origines, avait donné le goût aux Québécois, dans leur circonscription et parmi leurs concitoyens, de se choisir un candidat. Près du pouvoir, le PQ a dérogé à cette loi. Les pions de Lévesque, en 1976, ont évincé des hommes et des femmes comme candidats, qui s'étaient morfondus à la tâche. Des opportunistes, à la dernière minute, souvent des inconnus notoires, ont ramassé la moisson. Et le salaire avec, il va sans dire. Plus ça change, plus c'est pareil. Les Québécois ont la mémoire courte. Surtout en politique...

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    mardi 27 octobre 2009 08h26
    Pas juste à Outremont
    Avez-vous déjà lu comment le député actuel de Mont-Royal a été choisi candidat libéral (donc député...)?

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mardi 27 octobre 2009 15h21
    Amouzou n'est pas fou
    Il sait bien qu'il va perdre s'il se présente contre M. Cauchon, un protégé de la puissante gang Chrétien-Desmarais.

  • Antoine Deraiche
    Abonné
    mardi 27 octobre 2009 15h51
    De les voir agir, les dirigeants du PLC Québec, ne veulent pas renaître de leur cendre au Québec.
    Dans la foulée du scandale des commandites, les dirigeants du PLC du Québec n'ont rien compris: son établishment impose toujours ses canditats et par la même occasion entache la démocratie et les véritables valeurs de jadis de ce parti. Pourquoi ramener Martin Cauchon? Un autre acariâtre dont ses ambations passent à une vitesse phénoménale devant celles de son parti.
    De les voir agir, les dirigeants de l'aile du PLC Québec ne veulent renaître de leur cendre au Québec et c'est tant mieux.

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
5 réactions
0 vote
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
© Le Devoir 2002-2010