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L'OTAN en Afghanistan - La mission était vouée à l'échec, dit le général Rick Hillier

Alec Castonguay   21 octobre 2009  Canada
Le général canadien Rick Hillier
Photo : Agence Reuters
Le général canadien Rick Hillier

À retenir

    • Rick Hillier, l'ancien chef d'état-major des Forces canadiennes, publie son autobiographie.
    • L'OTAN n'avait ni stratégie, ni plan ou idée sur la marche à suivre.
    • Une alliance militaire qui évolue «avec une mentalité de la guerre froide».
    • «L'OTAN n'a jamais vraiment voulu s'impliquer en Afghanistan».
L'OTAN est entrée à reculons en Afghanistan, sans avoir de stratégie, de plan ou d'idée sur la marche à suivre. Une situation qui n'a jamais été corrigée, ce qui mine la mission et la crédibilité de l'alliance militaire.

Cette révélation provient du nouveau livre de Rick Hillier, l'ancien chef d'état-major des Forces canadiennes. Dans cette autobiographie, dont Le Devoir a obtenu copie, le grand patron de l'armée, le plus influent de l'histoire canadienne, raconte comment la mission de l'OTAN en Afghanistan était vouée à l'échec dès le départ.

Rick Hillier explique aussi comment le ministère des Affaires étrangères et l'Agence canadienne de développement international (ACDI) ont empêché leurs fonctionnaires de quitter la base de Kandahar entre 2006 et 2008. Ces restrictions ont fortement ralenti le développement humanitaire et la reconstruction dans cette région du pays, contribuant ainsi à la déstabilisation de Kandahar.

L'ancien chef d'état-major (2005-2008) a conservé son style franc et coloré dans son livre de 498 pages, qui raconte sa vie dans l'armée et durant les années charnières où il a côtoyé les hauts fonctionnaires fédéraux, les politiciens à Ottawa et les dirigeants de l'OTAN. Son récit a d'ailleurs pour titre A Soldier First — Bullets, Bureaucrats and Politics of War (Harpers Collins, seulement en anglais). Il sera en vente dès vendredi.

La plus importante révélation concerne l'OTAN et la mission en Afghanistan. En 2004, environ deux ans après la défaite des talibans, Rick Hillier a dirigé la force internationale dans ce pays. Il était alors chef de l'armée de terre des Forces canadiennes (il deviendra chef d'état-major en 2005).

En tant que dirigeant des forces de l'OTAN en Afghanistan, Rick Hillier est aux premières loges pour constater «l'incompétence» de cette alliance militaire qui évolue encore «avec une mentalité de la guerre froide», écrit-il.

«C'était clair dès le départ qu'il n'y avait aucune stratégie pour la mission en Afghanistan», peut-on lire. L'OTAN, alors concentrée à Kaboul et dans le nord du pays, se prépare à prendre progressivement le contrôle de toutes les provinces d'Afghanistan (alors sous le contrôle des États-Unis).

«Ils [les généraux de l'OTAN à Bruxelles] n'avaient aucune stratégie, aucune idée sur ce qu'ils voulaient accomplir, aucune direction politique et très peu de forces militaires. C'était catastrophique. L'OTAN avait tracé le chemin pour détruire sa crédibilité et perdre le support populaire de toutes les nations de l'Alliance. Malheureusement, plusieurs années plus tard, la situation n'a pas changé», écrit Rick Hillier. Il ajoute, cinglant: «L'OTAN n'a toujours aucune idée claire de ce qu'elle fait en Afghanistan.»

L'ancien chef d'état-major décrit une organisation rongée par la jalousie, la bureaucratie et les guerres de clochers entre nations membres. «L'OTAN n'a jamais vraiment voulu s'impliquer en Afghanistan. La mission a pris son envol contre la volonté de plusieurs pays», écrit-il, lui qui a participé à plusieurs réunions de l'OTAN. Résultat: plusieurs nations n'ont jamais fourni les efforts nécessaires ni engagé le nombre de soldats suffisants à la disposition de la coalition. Chaque pays a voulu mener sa propre petite mission dans sa province, sans cohésion avec le reste du pays, dit-il. Le Canada, l'Allemagne et les États-Unis sont les pays qui souhaitaient le plus que la mission afghane soit chapeautée par l'OTAN.

Plutôt que d'étendre la mission de l'OTAN sur des bases solides avec une vraie stratégie de contre-insurrection, les hauts gradés de l'Alliance, basés à Bruxelles, tentaient de tout contrôler au quotidien en Afghanistan. Une situation impossible à 7000 km de distance, affirme Rick Hillier, qui est aujourd'hui à la retraite.

Autre exemple: lors de l'arrivée des soldats canadiens à Kandahar, en 2006, l'OTAN devait envoyer 1000 soldats d'un autre pays pour appuyer le Canada dans la région la plus dangereuse d'Afghanistan. «Ce bataillon n'est jamais venu», ce qui a mis les soldats canadiens en danger, dit-il. Les renforts sont finalement arrivés des États-Unis au printemps 2008.

Le choix de Kandahar

Rick Hillier confirme également dans son livre qu'Ottawa a volontairement choisi d'aller pacifier la dangereuse région de Kandahar. Le 26 janvier 2008, Le Devoir révélait en manchette que l'OTAN avait offert une autre province au Canada et que les Britanniques devaient prendre Kandahar en charge.

Dans son bouquin, Rick Hillier affirme que l'OTAN a offert au Canada de prendre position à Herat, dans l'ouest de l'Afghanistan, une région plus calme. Ottawa a toutefois jugé que l'aspect logistique dans cette province près de l'Iran serait trop difficile et ne permettrait pas à Ottawa de jouer un rôle important dans la mission internationale. Le gouvernement libéral a donc choisi Kandahar.

De son côté, Rick Hillier proposait que le Canada remette en état l'aéroport de Kaboul, ce qui aurait donné une bonne visibilité au pays. Rick Hiller affirme que lorsque cette idée a été écartée, il s'est rallié sans problème à la décision d'aller à Kandahar.

Ottawa ralentit le développement

Un problème majeur à Kandahar a été le peu de développement et de reconstruction effectués dans cette province entre 2006 et 2008. Or, dans une guérilla, il faut montrer à la population locale que la présence des troupes étrangères a un impact positif, sans quoi les insurgés peuvent gagner du terrain. C'est la bataille pour «les coeurs et les esprits», comme on dit dans le jargon militaire.

Dans son livre, Rick Hillier lève le voile sur les raisons de cette absence de développement. Le 15 janvier 2006, le diplomate canadien Glyn Berry est mort dans un attentat à Kandahar. «Sa mort a causé une panique au ministère des Affaires étrangères et à l'ACDI. Les deux ministères ont pour ainsi dire disparu de Kandahar pour la période critique qui a suivi», écrit-il. Les fonctionnaires reçoivent alors le mot d'ordre de ne plus sortir de la base, ce qui ralentit considérablement la reconstruction. Le gouvernement Harper a corrigé la situation en 2008 seulement, après la parution du rapport Manley.

«On a eu des rencontres avec le Conseil privé, les Affaires étrangères et l'ACDI. On leur a dit que la mission militaire était inutile si en même temps on ne rebâtissait pas la société afghane. On a fait nos représentations à tous les niveaux du gouvernement du Canada, mais nos efforts n'ont servi à rien. [...] Malheureusement, ça nous a pris trois ans avant de revoir l'ACDI et les Affaires étrangères participer pleinement à la mission.»

Bureau de Harper

Rick Hillier aborde également les difficiles relations avec les fonctionnaires fédéraux. Une «bureaucratie carriériste», «lente» et plus centrée sur le processus que sur les résultats, ce qui a nui à l'efficacité de la mission en Afghanistan et au bon fonctionnement général des Forces canadiennes, dit-il.

Il affirme s'être généralement bien entendu avec le ministre de la Défense, Gordon O'Connor (contrairement aux rumeurs qui circulaient à Ottawa), mais avoir eu plus de difficultés avec le bureau du premier ministre Harper. Hillier a de bons mots pour Stephen Harper, mais il affirme que ses employés ont tenté à plusieurs reprises de le faire taire pour contrôler le message. L'ancien chef d'état-major affirme avoir ignoré les plaintes et continué de parler aux Canadiens de la mission en cours et des transformations au sein de l'armée, ce qui a créé des frictions.
Le général canadien Rick Hillier Le général canadien Rick Hillier avec ses hommes.
 
 
 
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  • Yvon Roy
    Abonnée
    mercredi 21 octobre 2009 00h29
    OUT
    Autant de bonnes raisons pour quitter.....

  • Normand Chaput
    Abonné
    mercredi 21 octobre 2009 00h46
    peu crédible
    Quand une mission réussit, tous et chacun veulent en obtenir la gloire. Cependant, l'inverse est aussi vrai. Je n'ai jamais été pour cette intervention militaire mais pour une fois, je dois admettre que nos militaires y sont allés de bonne foi. Je me pose des questions sur tout le domaine de la diplomatie qui ont pour première mission de se vendre sans jamais se salir les mains. La diplomatie devra, un jour,nous expliquer en quoi elle est utile autrement que pour elle-même.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 03h21
    Rick Hillier, c'est pas ma faute, c'est l'autre
    Nous savions tous que la mission de l'OTAN en Afghanistan ne réussirait pas. Les Talibans avaient déjà battu l'armée russe, nombreuse et bien équipée.

    À la place de reconnaître que cette guerre était une erreur, M. Hillier, bien protégé dans ses revenus par sa retraite et les profita de son nouveau livre, blâme tout le monde pour l'échec actuel et à venir de cette guerre.

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 21 octobre 2009 06h30
    Le grand surf !
    « L'OTAN est entrée à reculons en Afghanistan. » Rick Hillier
    On a tout de même l'impression que d'avant ou de reculons, l'OTAN peut aller à la même vitesse et manoeuvrer tout aussi efficacement.

    Encore ici, ce ne sont que des mots. L'OTAN est au service d'on ne sait trop quoi, mais elle déploie bien de l'énergie dans cette région.

    De parler de la condition féminine commence tout de même à être gênant. Après huit ans de gouvernement pro-occidental et d'occupation militaire, il y a autant sinon plus de burkas dans les rues que du temps des talibans. La différence entre les talibans et le gouvernement Karzaï semble se situer au niveau de l'hypocrisie.

    Hypocrisie; un mot clef, une réalité.
    « L'OTAN est entrée à reculons en Afghanistan. »
    L'OTAN est entrée d'avançons en Afghanistan, ces généreux généraux doivent cesser de faire les hypocrites.
    L'hypocrisie a même une physionomie, observons bien le faciès de M. Hillier sur la photo. Combien de fois n'avons-nous pas vu la même expression dans le faciès de M. Bush, cette vedette de la Paix (sic) attendue en grandes pompes demain à Montréal. Ou encore de bien des grands sauveurs de la démocratie et de la liberté qui travaillent tous pour des intérêts étranges.

    Rick Hillier raconte comment la mission de l'OTAN en Afghanistan était vouée à l'échec dès le départ. Avouons que c'est toujours un peu plus élégant d'avouer ce qui crève les yeux depuis le départ. Il ne fallait pas avoir la tête à Papineau ou même à Hillier pour dire, dès le départ que c'était un massacre vain. Les Britanniques nous l'avaient clairement démontré, les Russes l'avaient aussi démontré et plusieurs envahisseurs l'avaient aussi démontré.

    Rick Hillier explique aussi comment le ministère des Affaires étrangères et l'Agence canadienne de développement international (ACDI) ont empêché leurs fonctionnaires de quitter la base de Kandahar.
    L'ACDI, une agence blanche comme neige qui travaille non pas à sauver les plus démunis comme son image nous le dit, mais qui a à coeur des intérêts étranges. Des haut placés qui font la grosse vie au service des prédateurs économiques canadiens. Il ne faut pas croire que cette "aide" internationale est vraiment pour "aider". L'ACDI qui se paie régulièrement de jeunes journalistes pour nous faire monter les larmes aux yeux par le bien qu'elle fait a aussi des buts hypocrites. Il faut vraiment s'ouvrir grand les yeux et constater l'éclat aveuglant de l'hypocrisie du monde dans lequel nous baignons.

    Lorsque Rick Hillier dit: «L'OTAN n'a toujours aucune idée claire de ce qu'elle fait en Afghanistan» n'est-il pas un peu hypocrite? Peut-on être général et ingénu à ce point? N'a-t-il aucune idée de la géopolitique? Est-il si peu au courant des enjeux énergétiques? Comment un général peut-il parler d'un conflit régional comme si ce conflit ne se limitait qu'à l'intérieur des frontières de l'Afghanistan? Pourquoi donc Rick Hillier ne mentionne jamais le nom de Ben Laden qui fut le prétexte numéro 1 pour cette invasion? Ce Ben Laden que l'on nous ressort ponctuellement pour aider différentes décisions courageuses (sic) et surtout «hypocrites» pour continuer l'occupation occidentale du Moyen-Orient.
    Un général peut-il avoir la vue si courte et avoir des oeillères si grandes?

    Rick Hillier nous décrit la situation selon le scénario officiel de la lutte du bien contre le mal. Il nous dorlote la conscience avec les guéguerres d'égo des généraux des différentes armées et de la manie de chaque pays de vouloir tirer vers eux la couverture dorée des retombées profitables sans trop s'impliquer militairement.
    Mais il se garde bien de se prononcer sur le but réel de cette invasion afghane. Tout son discours n'a absolument rien de surprenant et surtout rien de révélateur. Depuis des années on répète la même chose. La mission afghane ne réussit pas parce que nous n'avons pas suffisamment de moyens. On croirait une pub pour l'industrie de la mort.

    La question n'est pas de savoir pourquoi la mission afghane est un échec. La question est de savoir QU'EST-CE QUE LA MISSION AFGHANE?
    Capturer Ben Laden?
    Rendre la dignité aux femmes?
    Installer la démocratie (on devrait dire: la corruption)?
    Faire fleurir le pavot?
    Attiser le terrorisme?

    QU'EST-CE QUE LA MISSION AFGHANE ?

    Rick Hillier, en bon général, nous parle de la guerre comme d'un grand jeu. La guerre n'est pas un jeu. ON TUE ET ON SE FAIT TUER.
    La guerre est une tuerie immonde.

    POURQUOI DONC CETTE GUERRE ?
    À qui profite-t-elle? Aux Afghans ? Aux Afghanes?
    Depuis huit ans qu'on nous parle presque quotidiennement de l'Afghanistan combien connaissez-vous d'Afghans et surtout d'Afghanes?
    Quand entendez-vous les Afghans et les Afghanes devant les micros et devant les caméras?

    HYPOCRISIE.

    Rick Hillier "lève le voile": «Un problème majeur à Kandahar a été le peu de développement et de reconstruction effectués»
    «la bataille pour «les coeurs et les esprits», comme on dit dans le jargon militaire. »
    Un aveu de l'Hypocrisie. Gagner «les coeurs et les esprits», pour mieux occuper confortablement, mais dans le fond on se kriss de la population.

    Rick Hillier dit qu'il aurait été rentable militairement de donner un peu plus de confort à la population, question de gagner la guerre et d'occuper en Paix.
    Demandons-nous quel confort un envahisseur devrait nous accorder pour pouvoir contrôler notre pays en paix?
    (Il faut dire qu'ici la réponse peut paraître évidente, si l'on considère que le Canada contrôle notre pays!)

    Finalement, Rick Hillier, en bon général, remplit pleinement sa mission consistant à promouvoir le bien fondé de la "mission afghane".
    Il n'y a surtout pas de remise en question de cette lutte du bien contre le mal.
    Monsieur le général Hillier est un pur et un bon qui se bat courageusement pour le grand bien, les droits humains et la démocratie.

    Oui, nous surfons sur la vague de l'hypocrisie.


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Pierre Schneider
    Abonné
    mercredi 21 octobre 2009 08h17
    Chair à canon au service de la prétention
    Ainsi donc, les libéraux feds ont bel et bien choisi de sacrifier nos soldats, en les envoyant en mission-suicide à Kandahar afin de donner du Canada une image plus glorieuse...Et tant pis pour toutes nos familles dont les enfants sont devenus de la chair à canon.

  • Geo Bea
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 08h25
    Anguille sous roche.
    Plus je lis sur les déboires en Afghanistan, plus je pense que cela a été fait pour détourner l'attention du public sur certains problèmes domestiques. Les mauvaises préparations, le manque de volonté politique US (à l'époque), je ne peux que penser que G.W.B. n'a fait son invasion que pour détourner l'attention de ses électeurs. Dans le style: trouver un ennemi unificateur, et tous vos soucis vont disparaître.

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 08h26
    Entrevue
    On trouve dans plusieurs journaux européens en date du 15 octobre, même modestes, cet article qui semble inconnu des journaux canadiens francophones. Les propos du général Vance confirment ceux du général Hillier.

    Afghanistan: le chef du contingent canadien juge la situation « désespérée »
    La situation militaire en Afghanistan est « grave et désespérée » et constitue une « urgence majeure », a estimé le chef du contingent canadien déployé dans ce pays, le général Jonathan Vance, dans une interview diffusée mercredi par le réseau publique CBC.
    Le haut gradé a confié que l'un des aspects les plus difficiles de sa mission était d'assurer une bonne communication avec les Afghans, mais aussi d'informer les Canadiens. Un récent sondage indiquait que 52% des Canadiens désapprouvent la mission militaire canadienne en Afghanistan, au cours de laquelle 131 soldats sont morts, contre 33% qui y sont favorables.
    « Il ne s'agit pas de vernir quoi que ce soit, ni de faire croire que la mission se déroule mieux qu'en réalité: la situation est grave et désespérée, c'est une urgence majeure », a lancé M. Vance à la fin d'une interview d'environ 20 minutes.
    « J'essaie de tout mettre en contexte de telle sorte que les gens, qu'ils approuvent ou non notre présence là-bas, puissent au moins comprendre », a poursuivi le général, qui dirige les quelque 2.800 soldats canadiens déployés dans la région de Kandahar (sud-est), foyer du mouvement taliban.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    mercredi 21 octobre 2009 08h43
    Démocratie ou évangélisation politique?
    La démocratie serait-elle devenue aujourd'hui ce qu'était dans le temps l'évangélisation des autochtones à l'époque de la colonisation du nouveau continent?

  • Jean-Charles Morin
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 09h17
    Matière à réflexion.
    Ce témoignage d'un acteur important devrait inciter les proches de tous ceux et celles qui sont morts pour rien dans cette sale guerre coloniale, et par extension tous les Québécois, à réfléchir sur la légèreté, voire l'inconscience, avec laquelle les politiciens, technocrates et autres carriéristes de Bruxelles, d'Ottawa ou d'ailleurs décident, dans leurs beaux bureaux feutrés, de gaspiller la vie des nôtres pour des prétextes politiques aussi futiles que préfabriqués. Ils n'y a que ceux qui ne veulent pas comprendre qui n'ont pas déjà compris.

    À la limite, la seule guerre qui pourrait se justifier serait celle qui libérerait le Québec de l'emprise de ces vampires qui se sont imposés par la violence sur les plaines d'Abraham et qui nous sucent le sang depuis deux siècles et demi.

  • André Michaud
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 10h24
    Toujours la maudite bureaucratie
    L'OTAN est "une organisation rongée par la jalousie, la bureaucratie et les guerres de clochers entre nations membres". Déjà le général Dallaire a affirmé la même chose de l'ONU, et a démontré que cette bureaucratie a empêcher une action directe et efficace au Rwanda.

    Pour avoir travaillé 35 ans dans la fonction publique je pourrais dire la même chose de la bureaucratie provinciale dirigée par des bureaucrates sous-minsitres déconnectés des services aux citoyens et ne venant jamais consulter les gens qui travaillent sur le terrain.Quand j,ai dénoncé l'incompétence des gestionnaires qui avaient dilapidé les fonds publics et diminué la productivité des employés et les services aux citoyens, ce fut moi qui fut suspendu 2 jours comme cadeau de Noel...et mon bureaucrate directeur m,a dit que je devais être au service des bureaucrates et non de mes concitoyens. Au gouvernement le grand mot d'ordre c'est la non transparence et l'omerta. Il faut absolument que les employés qui donnent les services puissent enfin dénoncer les bureaucrates incompétents et carriéristes au lieu de punir les bons employés qui veulent défendre les intérêts des citoyens.

    Qui nous libèrera des bureaucrates carriéristes ? AUCUN parti n'a ce point ESSENTIEL dans leur programme. Chaque parti veut faire rentrer SES bureaucrates...

  • Christina Berryman
    Abonnée
    mercredi 21 octobre 2009 11h41
    Participez qu'ils disent
    L'opinion québécoise est majoritairement contre les guerres depuis longtemps. Cette guerre, Harper et autres fédéralistes ne l'ont jamais vraiment justifiée. Des armées d'envahisseurs étaient supposées aider à reconstruire le pays et ses institutions selon un vague modèle de démocratie occidentale. L'image est ridicule: un marteau d'une main et un fusil mitrailleur de l'autre. Le plus dévastateur pour créer une opinion publique afghane favorable aux occidentaux fut de remettre des prisonniers afghans présumément talibans pour être torturés par les tortionnaires de Karzai et les cultivateurs de pavot qui siègent au prétendu parlement afghan. Croyez-vous au deuxième tour électoral, en passant? Ce qui est déplorable entre autres scandales c'est de constater que les électeurs du ROC vont voter pour un Harper qui se sert honteusement de nos impôts pour gagner la prochaine élection et former un gouvernement majoritaire. Labeaume et ses copains en affaires nous distraient pendant ce temps avec un projet de construction pour lequel nos impôts vont donner un nouvel aréna à des gens bien placés. Imaginez que la majeure partie des loges dites corporatives et des meilleurs sièges sont déjà vendus aux plus riches. Les dépenses pour le bon peuple et les profits pour les zamis entreprenants. Nous traversons une époque vraiment formidable n'est-ce pas?

  • Sylvain Racine
    Abonné
    mercredi 21 octobre 2009 12h13
    Nous vivons encore dans les années 1930
    Ce que je constate, c'est que c'est la faute des bureaucrates si la guerre n'est pas un succès. Mais le pire, c'est que le gouvernement Harper n'a eu de cesse de nous rappeler que l'on était là pour reconstruire l'Afghanistan, mais Hilier lui-même dit que rien a été reconstruit.

    Le pire, c'est que cette invasion avait été prévue par les USA avant les attaques du 11 septembre.

    Combien de fois je me suis fait accuser de soutenir des théories conspirationnistes en disant cela.

    J'ai honte d'être un humain. Nous vivons encore dans les années 1930, ça c'est clair pour moi.

  • Mourou Ganash
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 12h46
    guéguerre
    M. Rick Hillier bien placé pour en parler,à l'air de mettre selon moi précisément le doigts sur le problèmes des interventions armées occidentales post 1945, des Etats-Unis, de l'Otan...les gouvernements s'engagent dans des guerres sans en assumer les conséquences qui en découlent, les morts et les responsabilités de reconstructions et de soutient civil qui font intégralement partie de l'entreprise. On se lance dans des guerres comme dans un bon coups à jouer, une bonne guéguerre, on s'étonnerait presque de commettre et recevoir la mort! C'est simplement et avant tout irrésponsable aprés d'être intéressé et absurde. Et ensuite les généraux sortent des livres polémiques et espèrent le best-seller. Un belle aventure la guerre! C'est pathétique

  • Gilbert Talbot
    Abonné
    mercredi 21 octobre 2009 13h10
    Chair à bombes
    Nos soldats ont été et sont encore de la chair pour les bombes artisanales que les Talibans réussissent toujours à mettre sous leur pieds. Quand le général Hellier dit que l'OTAN est entré à reculons sans stratégie précise, ça peut aussi impliquer que maintenant Obama a réussi à donner cette orientation politique qui lui manquait jusqu'à maintenant. Ça peut vouloir dire que pour que la guerre réussisse il faut envoyer plus de soldats, ce que veut faire Obama, ou son général de crystal. Ça peut vouloir dire aussi qu'il faut renouveler la mission canadienne après 2011 et recruter plus de soldats, ce qui se passe présentement dans nos écoles, collèges et université.

    La population canadienne et particulièrement les Québécois et les Québécoises se sont opposés majoritairement à la guerre en Irak, puis en Afghanistan depuis le début. Ça n'a jamais empêché le gouvernement libéral, puis le gouvernement Conservateur d'y envoyer nos soldats se faire tuer et d'engloutir des milliards de dollars en budget militaire et une très infime partie en budget humanitaire.

    Demain Georges W. Bush se présentera à Montréal pour chanter les mérites de sa politique durant ses huit années à la présidence. Il faut aller lui dire en grand nombre que nous ne voulons pas de criminel de guerre comme lui sur notre territoire. Amenons nos chaussures les plus pesantes pour lui garrocher sur son passage.

    «Jeudi le 22 octobre, la Chambre de Commerce de Montréal convie ses membres et amis fortunés (400 $ par personne) à une Conversation avec George W. Bush où ce dernier « livrera ses réflexions sur les huit années déterminantes qu'il a passées à la Maison Blanche et discutera des enjeux mondiaux du 21e siècle ».

    =======================================
    Rassemblement de protestation !

    en face de l'Hôtel Reine-Élizabeth
    900 boul. René-Lévesque ouest
    de 11 h à 13 h.»

    Une invitation de Échec à la guerre

  • Dauphin_fou
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 13h21
    Les seuls à blamer : la population canadienne
    Rappelez-vous, après le 11 septembre, c'est près des 3 quarts des Canadiens qui souhaitaient qu'on envoie des troupes en Afghanistan. L'objectif avoué et pourtant clair : défaire le gouvernement taliban.

    Aujourd'hui quand j'en reparle autour de moi, on me dit : "oui, mais on nous a dit que ce serait une mission de paix." Mission de paix!? Franchement, depuis quand défaire un gouvernement par la voie militaire est une mission de paix? Qui plus est, sous l'égide de l'OTAN plutôt que l'ONU.

    Durant les années précédents les attentats, j'ai reçu une multitude de courriel d'organisations de gauche réclamant un renversement de ce gouvernement au nom de la protection des femmes. Je leur donne raison, c'était un des plus sales gouvernements que la Terre portait.

    S'en retirer serait pour moi montrer la stupidité d'une population incapable de considérer les répercussions de ses choix. Partir serait libérer des forces encore plus destructrices que les précédentes et laisser une autre population dans la vulnérabilité totale face la peur d'un autre nouvel envahisseur.

    Lâchons notre nombril et assumons nos paroles.

  • Kassabian,Ani
    Abonné
    mercredi 21 octobre 2009 15h36
    L'OTAN en Afghanistan - La mission était vouée à l'échec, dit le général Rick Hillier
    Bien sûr que la mission était vouée à l'échec.Malgré le discours rassembleur,du secrétaire général de l'OTAN,pour la guerre en Afghanistan,jusqu'à aujourd'hui leurs soldats y vont à reculons,parce qu'ils ne savent pas à quoi s'attendre.

    Je pense que l'OTAN est une institution révolue et en décadence.Les pays qui y sont membres doivent se contenter des Nations-Unis.
    C'est les N.U. qui devraient s'occuper de faire la paix,pas la guerre,dans les pays comme l'Afghanistan,etcetera...,en envoyant des diplomates afin d'étudier le comportement de la classe politique et essayer d'amener la paix sans les armes.Le gâchis fait par la guerre depuis le début a mené à cul de sac.Aucun pays au monde ne veut qu'on porte atteinte à sa souveraineté.

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 16h39
    Rick Hillier veux t-il se donner bonne conscience?
    J'ai relu les 2 premiers paragraphes de cet article au moins 3 fois parce que j'avais de la misère à imaginer que cette citation provenait de Rick Hillier. C'est parce que lorsqu'il était chef d'état-major de la défense, il ne cessait de faire l'apologie du "bienfondé" de la mission canadienne en Afghanistan.

    Il m'apparaît donc qu'en affirmant ce qu'une majorité des québécois croient, c'est-à-dire que la mission était (et est) vouée à l'échec, le général essaie de se donner bonne conscience.

    Il est fort possible qu'il a préféré attendre avant de faire ces révélations parce qu'elles auraient été incohérentes avec son modus operandi qui était d'augmenter considérablement le financement de l'armée.

  • Jacques Boudreau
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 21h27
    À propos des jugements exprimés par Rick Hillier et du supposé sentiment pacifiste de « la majorité des Québécois »...
    Pour connaître le fond de la pensée de Rick Hillier (ou tout au moins ce qu'il est prêt à révéler publiquement à ce moment-ci), il faut d'après moi lire son livre... au complet.

    Tout ce que révèle cet article d'Alec Castonguay, ce sont les réserves ou critiques d'Hillier face à l'OTAN et à une certaine bureaucratie gouvernementale canadienne.

    Je ne crois pas que l'article permette de conclure qu'Hillier remette en cause la pertinence d'une intervention occidentale en Afghanistan, qui pouvait être justifiée à plusieurs égards : traque et capture ou élimination de Ben Laden, élimination d'un « sanctuaire » terroriste, neutralisation et remplacement d'un régime théocratique rétrograde tolérant la présence terroriste sur son territoire, etc., etc.

    L'intervention aurait d'après moi connu plus de succès avec : 1) un déploiement plus important de troupes américaines dans les deux années qui ont suivi le 11 septembre 2001 (ce qui n'a pas été possible avec la « diversion stratégique » qu'a été l'intervention américaine en Irak) ; 2) une participation plus rapide et plus forte des grands acteurs de l'OTAN en Europe (en particulier la France et l'Allemagne, le Royaume-Uni étant déjà présent sur le terrain); et 3) la mise en oeuvre plus rapide d'une véritable collaboration militaire de la part du Pakistan.

    Dans la région de Kandahar, où nos troupes sont déployées, il est possible que nous assistions à un certain revirement de la situation. Voir à ce sujet l'article «Retour d'Afghanistan: une mission qui a «énormément avancé» de Jean-François Cliche, dans Le Soleil du 21 octobre (lien : http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/pol ). S'il s'avère vrai qu'un revirement a lieu dans cette région, il est possible que ce soit une évolution strictement locale ou régionale, qui ne reflète pas nécessairement la situation stratégique à l'échelle du pays (ce qu'il faudrait vérifier).

    Il serait d'ailleurs intéressant que les Québécois puissent être exposés au point de vue du lieutenant-colonel Jocelyn Paul (commandant sortant du groupe tactique canadien sur le terrain), à cet égard. Et pour être tout à fait clair, je crois que ce point de vue ne devrait pas se limiter à un « sound bite » de 10 ou 15 secondes au Téléjournal de fin de soirée...

    Par ailleurs, sans tomber totalement dans le cynisme, il ne faut pas trop se laisser influencer par ceux qui prêchent les vertus du sempiternel sentiment de pacifisme angélique de la « majorité des Québécois. »

    D'abord, je ne suis pas sûr que les sondages et ce que publient nos médias reflètent toutes les nuances et subtilités de l'opinion des Québécois face à l'intervention en Afghanistan...

    D'autre part, s'il avait fallu que les pays du Commonwealth et les États-Unis se fient à l'opinion géopolitique de la « majorité des Québécois » entre 1914 et 1918, il n'est pas impossible que les troupes du Kaiser Guillaume II seraient encore présentes dans le nord de la France aujourd'hui...

    Et si les pays du Commonwealth et les États-Unis s'étaient fiés à l'opinion géopolitique de la « majorité des Québécois » entre 1939 et 1945, les successeurs d'Hitler, de Mussolini, de Pétain et de Laval seraient peut-être encore maintenant au pouvoir en Allemagne, en Italie et en France...

    Lors de ces deux conflits mondiaux, il est heureux que l'attitude plutôt attentiste de la « majorité des Québécois » ait été jusqu'à un certain point compensée par le service militaire de plusieurs dizaines de milliers de volontaires canadiens-français et acadiens au Canada, et d'un nombre probablement plus grand de volontaires ou conscrits franco-américains et cajuns aux États-Unis. En opposition à une opinion publique majoritairement attentiste, voire même jusqu'à un certain point sympathique aux régimes totalitaires ou collaborationnistes de l'époque, ces militaires ont en quelque sorte sauvé l'honneur du peuple canadien-français et du peuple acadien, de part et d'autre de la frontière...

    Celles et ceux qui se glorifient du fait que « l'opinion québécoise est majoritairement contre les guerres depuis longtemps » devraient peut-être méditer là-dessus quelque temps, avant de condamner catégoriquement l'intervention occidentale en Afghanistan...

  • Julien Beauregard
    Inscrit
    jeudi 22 octobre 2009 00h41
    vendre l'idée canadienne
    Très déprimant de savoir que le gouvernement du Parti Libéral du Canada avait choisi Kandahar pour avoir un «spot» de choix en Afghanistan, pour mieux jouer aux gros bras et avoir de la visibilité sur les petites feuilles d'érables. Je suis persuadé que nos jeunes de Valcartier en ressentent une grande fierté. Un Jos-Louis avec ça?

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