vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 17h43
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Revue de presse - Il n'y a pas qu'Ignatieff

Manon Cornellier   10 octobre 2009  Canada
Le chef libéral Michael Ignatieff a été littéralement enterré sous une pluie de commentaires plus sévères et pessimistes les uns que les autres. En ce qui concerne l'originalité cependant, il faudra repasser. Rien ne se démarquait de ce qu'on pouvait lire dans la presse francophone, alors changeons de sujet. Et un qui suscite la réflexion est l'état des finances publiques.

L'équipe éditoriale de SunMedia relève avec étonnement que le Bloc québécois est le seul à avoir mis en avant des pistes de solution pour éliminer le déficit structurel qui nous pend au bout du nez. « Il est tout de même incroyable que, de tous les partis siégeant à la Chambre des communes, c'est celui voué à briser le pays qui a pris les devants avec un plan pour éliminer le déficit. Ce qui est presque aussi incroyable, c'est que ce plan offre un mélange sensé d'idéologies de droite et de gauche, ciblant les plus riches tout en réduisant la taille de la grosse fonction publique fédérale. » SunMedia accorde au Bloc le mérite d'offrir un point de départ pour une discussion qui s'impose. Le déficit atteindra, après tout, au moins 56 milliards cette année. Selon SunMedia, Harper aurait intérêt à tendre l'oreille, car la survie de son gouvernement dépend de l'appui d'un seul parti d'opposition. « Si travailler avec le plan du Bloc entraînait une plus grande stabilité à Ottawa, nous nous en porterions mieux. Il se ferait peut-être accuser de flirter avec les séparatistes, une accusation qu'il lance volontiers à ses opposants, mais il servirait ainsi les intérêts du Canada, ce qui est le plus important pour l'instant. »

Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, n'y croit pas une seconde, car la prudence n'a plus sa place quand « les humains se font citoyens et électeurs ». Et les gouvernements et les politiciens sont à leur image. « Ils produisent des prévisions économiques et des budgets qui présument que l'imprévu et le pire n'arriveront pas. » Il y a des exceptions, comme l'ancien ministre des Finances Paul Martin qui insérait de nombreuses mesures de prudence dans ses budgets, une pratique abandonnée par les conservateurs. « Les projections conservatrices sont basées sur l'hypothèse que rien de mal ne surviendra et que l'économie se rétablira plutôt bien, que la croissance sera au rendez-vous, que les revenus croîtront rapidement et qu'en 2015, le Canada n'aura plus de déficit. » Voilà un pari risqué étant donné les incertitudes qui planent sur l'économie mondiale. Les vrais conservateurs sont habituellement sceptiques et prudents, écrit Simpson, mais ces vertus ont disparu du conservatisme nord-américain depuis quelques décennies. Elles ont fait place à la conviction que la réduction du fardeau fiscal était la solution à tous les maux. « Étrangement, ceux qui ont adopté ce nouveau conservatisme dédaignent la prudence qui vient avec la création de réserves pour les mauvais jours. » Qu'il s'agisse des républicains américains, des conservateurs albertains ou ontariens, ou encore du gouvernement Harper. Ce dernier a utilisé le surplus laissé par les libéraux pour réduire les taxes, un peu la dette, tout en augmentant les dépenses au-delà du taux d'inflation. Et en plus, il a éliminé toutes les mesures de prudence budgétaire. Y reviendra-t-il avec cette sortie de récession? « L'expérience d'hier et d'aujourd'hui nous dit que non », conclut-il, pessimiste.

Le chien de garde

Entre-temps, cependant, le Bureau du directeur parlementaire du budget est dans la mire des conservateurs. Ils lui rationnent les vivres et limitent son indépendance. Le Toronto Star s'en inquiète, car cette petite équipe de fonctionnaires est la seule à fournir aux députés une analyse indépendante des prévisions et des dépenses du gouvernement. Que les élus aiment ou non les manières du titulaire actuel, cela ne justifie pas de le tenir en laisse. Agir ainsi « contrecarre l'objectif poursuivi ». Le Guardian, de Charlottetown, veut bien défendre le directeur parlementaire du budget, mais il rappelle que ce dernier ne peut, en définitive, remplacer les députés, dont le rôle premier est de demander des comptes au gouvernement pour sa gestion des taxes.

Selon James Travers, du Toronto Star, la force de Stephen Harper vient d'ailleurs beaucoup de la faiblesse de ses opposants. Comme Jean Chrétien avant lui. Mais « en l'absence d'une opposition compétente, les gouvernements minoritaires conservateurs dirigent comme s'ils avaient une majorité et obtiennent trop souvent de bonnes notes qu'ils ne méritent pas ». En matière d'économie, Travers est surpris de la confiance des Canadiens envers Harper. « À part avoir étudié l'économie, il y a peu de choses dans l'histoire du premier ministre qui justifie cette confiance. Des dépenses débridées et inefficaces, mais politiquement populaires, des réductions de la TPS qui ont fait disparaître un surplus de 13 milliards » ont été le lot de son gouvernement. En plus, il n'a pas vu venir la récession. Autre dossier préoccupant: l'environnement. Mais voilà, « la gestion économique et environnementale ne semble pas faire le poids devant la faim de leadership », déplore Travers, et c'est le gouvernement sortant qui en profite.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • André/Andrés 71
    Inscrit
    lundi 12 octobre 2009 18h41
    La pensée magique d'un Harper majoritaire ?
    En cette fin de semaine de l'Action de Grâces, je vais relire "Le magicien" de Sergio Kokis (Ed. XYZ 2002) en pensant à notre futur "dictateur canadien" appelé Stephen Harper.
    Dans ce roman qui s'inspire des systèmes politiques latino-américains, l'auteur, gagnant de plusieurs prix littéraires, nous explique les stratégies subversives de plusieurs dirigeants manipulateurs et tricheurs professionnels qui mystifient le peuple pour mieux dilapider les richesses de leurs pays respectifs laissant derrière eux pauvreté, misère et désolation tout comme le magicien des mots et des gestes détourne notre attention pour mieux nous détrousser dans tous ces domaines qui font notre fierté actuelle....
    Est-ce bien cela que nous voulons, passer des premiers de classe v.g. 8ème rang mondial pour la qualité de vie (UNESCO-2009)* et nous retrouver « à la queue... » dans moins de 10 ans, tout comme le Niger et l'Afghanistan actuellement? **

    Pensez-y bien si vous réélisez les CONS-ervateurs aux prochaines élections fédérales parce qu'après vous serez "pognés avec..." pour longtemps car il est toujours minoritaire depuis 2 ans grâce à ses astuces et à la complicité purement électoraliste des autres partis... dans un système où coalition et réformes constitutionnelles ou électorales sont aussi taboues qu'avortement, homosexualité et euthanasie. -> (Second Regard du dimanche 11 oct. sur RDI)
    Comparez les promesses de Charest au Québec et ses réalisations depuis 6 ans et vous comprendrez que l'on vous leurre et qu'on vous passe des sapins bien avant Noël, comme savent si bien le faire les commerçants et... les bons magiciens.

    (*)Le Canada se classe 15e parmi 17 pays développés (Conference Board du Canada, 17 sept. 2009) in www.cyberpresse.ca
    (**)Développement humain: le Canada 4e, la Norvège championne (Agence France- Presse du 5 octobre 2009)

    André, le joyeux retraité de Mazatlán

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012