Conférence de Louise Arbour - Le Canada est devenu un État guerrier
Le mythe du Canada qui participe aux opérations de maintien de la paix de l'ONU, les fameux casques bleus, doit être déconstruit. En réalité, le Canada, comme tous les pays riches, a tourné le dos à l'ONU pour se concentrer sur l'OTAN et des missions qui collent à ses intérêts nationaux, a soutenu hier Louise Arbour, qui dirige maintenant l'International Crisis Group, une ONG versée dans la prévention et la résolution de conflits mondiaux.
Mme Arbour, qui est basée à Bruxelles, prononçait hier soir une conférence à l'Université de Montréal sur l'avenir des opérations de maintien de la paix dans les conflits modernes. Louise Arbour, qui a dirigé le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme (de 2004 à 2008) n'a pas manqué d'écorcher l'ONU au passage, affirmant que les mandats donnés aux casques bleus sont la plupart du temps imprécis et ne permettent pas d'exécuter entièrement le travail. « On demande de protéger les civils, mais on ne dit pas comment y arriver », a-t-elle dit.
Les missions de l'ONU se sont métamorphosées dans les dernières années. « On ne parle plus de maintenir la paix, mais de la construire et de la consolider », ce qui exige plus d'efforts et de moyens, notamment sur le plan militaire. Or, les pays ne suivent pas. « Les opérations sont plus dangereuses et plus complexes, ce qui exige un consensus plus difficile à obtenir de la communauté internationale. L'ONU est rapidement confrontée à la levée de boucliers des intérêts nationaux », a souligné Mme Arbour.
Le Canada guerrier
Les pays occidentaux délaissent les casques bleus au profit de l'OTAN (impliquée en Afghanistan) ou d'autres missions (Irak), ce qui complique la tâche de l'ONU. « Le Canada, depuis Pearson, se perçoit comme une nation de casques bleus. Il s'agit d'un mythe tenace », a dit Louise Arbour.
Les chiffres sont révélateurs. En 1991, le Canada fournissait 10 % de tous les casques bleus de la planète. En 2007, la proportion était de 0,1 %. Le Canada vient au 54e rang des pays contributeurs de troupes à l'ONU, avec 182 militaires ou policiers sous le drapeau onusien.
En ce qui a trait aux dépenses militaires, 1 % du budget canadien prend la direction de l'ONU pour les missions de paix. Un faible effort qui n'est toutefois pas différent des autres pays riches, puisque les cinq membres permanents du Conseil de sécurité dépensent eux aussi moins de 1 % de leur budget.
« Les pays riches hésitent à se lancer dans des opérations de l'ONU. Ils ne veulent pas aller justifier leur participation devant leur électorat, même si c'est pour éviter que des États ne deviennent un nid de criminalité ou de terrorisme international », a-t-elle affirmé.
Résultat, les missions de l'ONU souffrent. « Les dépenses militaires en Afghanistan et en Irak, surtout des pays de l'OTAN, diminuent d'autant les ressources et les effectifs disponibles pour les casques bleus. »
Mme Arbour, qui est basée à Bruxelles, prononçait hier soir une conférence à l'Université de Montréal sur l'avenir des opérations de maintien de la paix dans les conflits modernes. Louise Arbour, qui a dirigé le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme (de 2004 à 2008) n'a pas manqué d'écorcher l'ONU au passage, affirmant que les mandats donnés aux casques bleus sont la plupart du temps imprécis et ne permettent pas d'exécuter entièrement le travail. « On demande de protéger les civils, mais on ne dit pas comment y arriver », a-t-elle dit.
Les missions de l'ONU se sont métamorphosées dans les dernières années. « On ne parle plus de maintenir la paix, mais de la construire et de la consolider », ce qui exige plus d'efforts et de moyens, notamment sur le plan militaire. Or, les pays ne suivent pas. « Les opérations sont plus dangereuses et plus complexes, ce qui exige un consensus plus difficile à obtenir de la communauté internationale. L'ONU est rapidement confrontée à la levée de boucliers des intérêts nationaux », a souligné Mme Arbour.
Le Canada guerrier
Les pays occidentaux délaissent les casques bleus au profit de l'OTAN (impliquée en Afghanistan) ou d'autres missions (Irak), ce qui complique la tâche de l'ONU. « Le Canada, depuis Pearson, se perçoit comme une nation de casques bleus. Il s'agit d'un mythe tenace », a dit Louise Arbour.
Les chiffres sont révélateurs. En 1991, le Canada fournissait 10 % de tous les casques bleus de la planète. En 2007, la proportion était de 0,1 %. Le Canada vient au 54e rang des pays contributeurs de troupes à l'ONU, avec 182 militaires ou policiers sous le drapeau onusien.
En ce qui a trait aux dépenses militaires, 1 % du budget canadien prend la direction de l'ONU pour les missions de paix. Un faible effort qui n'est toutefois pas différent des autres pays riches, puisque les cinq membres permanents du Conseil de sécurité dépensent eux aussi moins de 1 % de leur budget.
« Les pays riches hésitent à se lancer dans des opérations de l'ONU. Ils ne veulent pas aller justifier leur participation devant leur électorat, même si c'est pour éviter que des États ne deviennent un nid de criminalité ou de terrorisme international », a-t-elle affirmé.
Résultat, les missions de l'ONU souffrent. « Les dépenses militaires en Afghanistan et en Irak, surtout des pays de l'OTAN, diminuent d'autant les ressources et les effectifs disponibles pour les casques bleus. »
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