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Un sursis salutaire

Norman Spector   24 septembre 2009  Canada
Bonne nouvelle, nous avons évité une élection. Pour les deux hommes qui convoitent le poste de premier ministre, c'est aussi une bonne nouvelle. Après tout, cela leur a permis de mettre à l'épreuve la première étape d'une campagne électorale qui ne tardera pas à être lancée.

La première erreur de Michael Ignatieff aura été de ne pas avoir compris à temps que le mot «confiance» ne prend pas le même sens à Ottawa que dans l'esprit des Canadiens. Ses députés ne font sans doute pas confiance aux conservateurs. Il en va autrement pour les Canadiens — surtout à l'extérieur du Québec — qui ne voient pas l'urgence de changer de gouvernement.

Comme le sénateur David Smith l'avait suggéré avant que M. Ignatieff ne décide du contraire, toutes les questions soulevées en Chambre ne méritent pas une élection. Le chef libéral aurait pu voter avec le gouvernement jusqu'à ce qu'il soit en mesure d'expliquer pourquoi une élection était devenue nécessaire et comment il pourrait faire mieux que les conservateurs. M. Ignatieff aurait ainsi épargné un psychodrame aux Canadiens et du coup, il se serait préservé d'une chute dans les sondages. Enfin, il ne se trouverait pas aujourd'hui dans la situation absurde qui est la sienne — une position occupée jusqu'ici par Jack Layton —, qui l'amène à s'opposer aux mesures qu'il n'a pas encore examinées et qui le forcent à accélérer l'adoption de modifications à l'assurance-emploi auxquelles il s'oppose pourtant.

M. Ignatieff doit également trouver une meilleure réponse à donner à ceux qui l'accusent d'être «en visite» au pays. Répondre qu'il a rencontré de nombreux Canadiens à l'étranger qui pensent que nous pouvons faire mieux est condescendant. Pourquoi ne pas proposer aux Canadiens des réformes inspirées par son séjour à l'étranger? De la manière dont les Britanniques orchestrent la période de questions à Westminster, par exemple. Ou encore de la façon dont le processus législatif se déroule aux États-Unis.

M. Ignatieff doit aussi se trouver une réponse pour réfuter l'allégation selon laquelle il tient toujours à former une coalition avec les partis d'opposition. Dire qu'il aurait pu avoir été premier ministre, mais qu'il a refusé ce poste ne convainc personne. Après tout, il est de notoriété publique que M. Ignatieff a changé d'avis de peur que la gouverneure générale ne déclenche des élections. Dans sa deuxième tentative pour remplacer M. Harper, M. Ignatieff n'a pas utilisé la formule diffusée largement dans les rangs libéraux selon laquelle le parti qui gagne la pluralité de sièges aura le droit de former le gouvernement.

M. Harper a lui aussi ses problèmes. Il doit d'abord faire comprendre clairement aux Québécois qu'ils ont le droit de voter pour n'importe quel parti, et que ce n'est pas quelqu'un de son gouvernement qui a proposé d'abolir le financement public du Bloc québécois. En même temps, il doit expliquer que le gouvernement du Canada ne peut pas être redevable à un parti dont l'objectif est la «sécession». Par ailleurs, pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour renier l'utilisation du mot «séparatiste» pour décrire ses adversaires?

Après la célébration de la victoire de 1984 des conservateurs, la semaine dernière, M. Harper ne devrait plus se faire d'illusions. Se réconcilier avec M. Mulroney ne lui fera pas gagner l'approbation, et encore moins la machine politique, du premier ministre Jean Charest. La moitié des députés conservateurs au Québec sont en péril, et il faut que leur chef fasse directement appel aux électeurs, pas seulement pour réaliser son rêve d'un gouvernement majoritaire, mais pour préserver l'unité du Canada.

Même si bon nombre des valeurs de M. Harper vont à l'encontre de celles de la majorité des électeurs, il a déjà réussi dans le passé à communiquer avec les Québécois. En tant que conservateur, il ne partage pas le désir des libéraux de Michael Ignatieff de s'immiscer dans les compétences provinciales. Dans les zones grises, comme la réglementation des valeurs mobilières — que de nombreux Québécois pourraient souhaiter à la lumière de leurs récentes pertes financières — il reconnaît le droit du gouvernement du Québec de décider si oui ou non il veut y participer.

Enfin, M. Harper n'a aucun intérêt à s'aligner avec les adeptes de Pierre Trudeau sur les questions linguistiques, comme ceux qui insistent, par exemple, pour que le maire de Montréal soit bilingue alors que le maire d'Ottawa ne s'exprime que dans la langue de Shakespeare. Concrètement, il devrait proposer des mesures visant à renforcer la langue française au Québec en commençant par une modification de la loi fédérale qui exempte certaines entreprises des lois linguistiques québécoises.

***

Norman Spector est chroniqueur politique au Globe and Mail.

nspector@globeandmail.ca
 
 
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  • Norman Spector
    Abonné
    vendredi 25 septembre 2009 01h34
    Réponse à M. Paquet
    M. Paquet

    "Les Canadiens font davantage confiance à Harper qu'à Ignatieff," La Presse, le 24 septembre 2009

    http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada

  • Jean Desjardins
    Abonné
    vendredi 25 septembre 2009 07h43
    @ monsieur Paquet...
    Moins pire... voulez-vous dire ?

    Jean Desjardins

  • Gilles Thompson
    Inscrit
    vendredi 25 septembre 2009 08h43
    Langue à l'agonie...
    Si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
    Merci à l'avance!

    CENTRE-VILLE DE MONTREAL

    ====================================

    Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
    Déjà un millier d'infractions possibles à la loi 101!
    Et ce ne sont ni des rumeurs, ni des ouï-dire, ni des peurs mal-fondées, ni des épouvantails à moineaux, ce ne sont que des faits réels.

    Allez constater sur ce site:
    http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/article

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 26 septembre 2009 06h31
    M. Spector, la confiance, c'est comme les sondages. C'est là un jour, le lendemain c'est disparu.
    Les conclusions fondées uniquement sur un sondage ne révèlent pas nécessairement la profondeur d'une analyse.

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 26 septembre 2009 06h36
    Il n'y a probablement que Jean Desjardins qui soutient qu'un autre gouvernement peut faire pire que celui-ci.
    Lisez la chronique de Denyse Bombardier, et dites moi si on peut faire pire en politique étrangère.

  • Jean Desjardins
    Abonné
    dimanche 27 septembre 2009 09h45
    Georges Paquet---Groupie de la philosophie du moins pire ?
    Une fois de plus, Georges Paquet déforme les propos de son interlocuteur pour appuyer son point de vue. Petit, petit, petit...

    Si on suit la logique de Georges Paquet, on doit voter pour le PLC parce qu'il n'aime pas la manière de faire de la politique extérieure de Stephen Harper. Pour une rare fois, lui et moi sommes sur la même longueur d'ondes, du moins pour une partie de son énoncé. Harper nuit à la politique extérieure du Canada, c'est vrai et c'est désolant. Là s'arrête notre perception de la réalité, cependant. En effet, les turpitudes de Harper et du PC ne sont pas des raisons pour donner le bon Dieu sans confession et un chèque en blanc à Ignatieff et au très libéral (...pour les tits amis) PLC. Ce n'est certes pas ainsi qu'on donnera une impulsion au Canada aussi bien en matière de politique extérieure qu'en matière d'affaires internes.

    Reconnaissons-le. PC ou PLC, on est présentement mal servi par ces deux partis politiques susceptibles de diriger le Canada. Encore faut-il qu'il y ait vraiment une direction de donnée dans l'une ou l'autre de ces formations. Pas seulement des slogans creux qui visent à passer la prochaine campagne électorale et à usurper le pouvoir sous de fausses représentations.

    "On peut faire mieux", ça vous inspire, George Paquet ? Pas moi. Non merci !!!

    Votre crédibilité prendra du galon sur cette tribune le jour où, à l'instar de ce qu'osent faire d'autres correspondants fédéralistes à l'occasion, vous questionnerez les gestes de ce parti PLC que vous chérissez, semble-t-il, les yeux fermés et les oreilles bien bouchées. Contre vents et marées, dirais-je ! Conclusion : On ne remplace pas un chauffard casse-cou pare un pseudo-chauffeur qui a appris à conduire par correspondance et qui en est à sa première sortie sur le circuit...

    Pas fort comme vision du futur de notre plusssssssss meilleur pays.

    Moi, j'appelle cela être une groupie de la philosophie réductrice du moins pire ! Et c'est désolant...

    Jean Desjardins
    Laval

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 27 septembre 2009 22h40
    En somme, Jean Desjardins souhaite que Stephen Harper conserve le pouvoir
    Si vous disiez clairement ce que vous souhaitez, en politique, on pourrait en discuter.

  • Jean Desjardins
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 23h43
    Georges Paquet --- Il n'y a pas plus aveugle...
    Si ma position dénonçant le manque de perspective d'avenir pour le Canada et le Québec auquel nous sommes confrontés en ayant à subir ou bien le PC ou bien le PLC comme gouvernement fédéral ne vous apparait pas claire, eh bien, j'abandonne. Il n'y a en effet pas plus aveugle et plus sourd que celui qui ne veut pas voir et rien entendre...

    La déclaration de Denis Coderre d'aujourd'hui même en regard des forces occultes qui sévissent au PLC devrait pourtant allumer votre lanterne. Un gouvernement conservateur minoritaire (donc contrôlable à maints égards) n'est pas une solution si effrayante, finalement, malgré votre obsession pour le décrier comme l'enfer sur terre. Pourtant, il semble que beaucoup de Canadiens semblent s'accommoder de cette damnation.

    Ceci termine cet échange ...qui n'en est finalement pas un quand on constate votre entêtement à ne pas comprendre tout point de vue qui met en péril votre certitude pontificale !

    Jean Desjardins
    Laval

  • Georges Paquet
    Abonné
    jeudi 1 octobre 2009 07h50
    Jean Desjardins le dit lui-même: Un gouvernemnent conservateur... n'est pas si pire...
    Avons-nous besoin d'en discuter plus longtemps. Selon M. Desjardins, vaut mieux un gouvernement conservateur que libéral. Point final.

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