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    Coderre souhaite le départ de Dion

    Trois autres députés sont dans la mire du lieutenant québécois d'Ignatieff

    22 septembre 2009 | | Canada
    Ottawa — Il n'y a pas que Martin Cauchon dans Outremont qui apprend à la dure que le Parti libéral du Canada essaye de se renouveler au Québec. Quatre députés montréalais déjà en selle, dont l'ancien chef Stéphane Dion, subissent des pressions du lieutenant de Michael Ignatieff pour céder leur siège à des candidats-vedettes.

    Le chef libéral, Michael Ignatieff, a tranché hier en faveur de son lieutenant. C'est la candidate choisie par Denis Coderre qui se présentera dans la circonscription d'Outremont à la prochaine élection et non pas l'ancien ministre libéral Martin Cauchon. «J'ai discuté avec lui hier soir [dimanche] et oui, j'ai tranché», a déclaré M. Ignatieff hier, en marge d'un discours livré à Toronto. «Depuis quatre mois, on a sollicité des candidatures féminines. On ne cherche pas seulement à placer des candidates, mais à les placer là où elles peuvent gagner. J'ai beaucoup de respect pour M. Cauchon, je crois qu'il a un grand avenir dans le parti.»

    Nathalie Le Prohon, une gestionnaire qui a été 20 ans chez IBM avant de devenir présidente-directrice générale de Nokia puis de passer chez Bentall Capital, se mesurera au néodémocrate Thomas Mulcair, qui représente la circonscription depuis 2007. Mme Le Prohon n'a pas rappelé Le Devoir hier.

    Cette décision a fait sourciller certains députés, applaudir d'autres. Mais pour tous, elle s'inscrit dans un exercice plus large de reconfiguration des allégeances au sein du parti, exercice par lequel Denis Coderre tenterait de mettre le parti à sa main en vue de son éventuelle candidature à la chefferie.

    Selon les informations recueillies par Le Devoir, quatre députés libéraux du Québec se font demander par M. Coderre de quitter la politique et de laisser leur siège confortable à un autre candidat-vedette. On retrouve au premier rang l'ancien chef Stéphane Dion (Saint-Laurent-Cartierville, gagné par 18 069 voix de majorité en 2008), Bernard Patry (Pierrefonds-Dollars, 9653 voix), Raymonde Folco (Laval-Les îles, 9027 voix) et Lise Zarac (LaSalle-Émard, 6842 voix).

    Dans le cas de LaSalle-Émard, ancien fief de Paul Martin, on voudrait écarter Mme Zarac, pourtant fraîchement arrivée en 2008, pour la remplacer par Rita de Santis, une avocate criminaliste travaillant chez Davies, Ward, Phillips & Vineberg.

    La rumeur est si persistante que le chef lui-même y a fait référence hier. «Il faut renouveler la base du parti, mais il faut le faire avec dignité et respect, et je n'accepterai aucune pression sur qui que ce soit dans le renouveau de notre parti au Québec», a indiqué Michael Ignatieff.

    Raymonde Folco tient à préciser au Devoir qu'elle ne s'est pas «fait tordre le bras». «J'ai bien sûr entendu les rumeurs de partout, alors je suis allée voir Michael Ignatieff en lui disant que j'avais l'intention de me représenter. Il m'a dit "très bien, d'accord."» Elle estime cette assurance suffisante pour rester candidate.

    Bernard Patry, qui sait sa circonscription convoitée, se dit certain lui aussi de pouvoir rester. «Je ne m'énerve pas avec ça, j'ai une lettre de Michael Ignatieff disant que je suis le candidat», explique-t-il. Aucun de ces quatre députés n'a toutefois eu son investiture officielle.

    Mme Folco confirme les quatre noms qui circulent. «Je ne sais pas le lien qui existe entre ces quatre comtés, sauf que ce sont quatre comtés libéraux forts», continue-t-elle. «Mais quand un comté est libéral, ce n'est pas parce que le Bon Dieu est descendu sur Terre! C'est parce que le député a travaillé fort. Alors pourquoi devrait-il laisser la place à un autre? C'est un risque: on n'est pas certain que le nouveau candidat sera accepté par la population locale. C'est un risque inutile.»

    Dans les coulisses, les nombreux députés interrogés par Le Devoir hier disent ne pas apprécier cette opération de renouvellement. «On sait qu'il veut devenir le premier ministre du Canada et tout est conditionnel à cela. Il veut créer des "I owe you". Ceux qui sont mentionnés sont ceux qui ne l'appuient pas.»

    Un autre député reconnaît ne pas «comprendre la logique». «Au fond, le caucus du Québec est très tranquille. Il n'y a personne qui veut la job de Denis, alors je ne comprends pas c'est quoi son but final.»

    Cauchon divise

    Quant à la décision d'écarter Martin Cauchon, elle ne fait pas l'unanimité. La plupart des députés interrogés par Le Devoir craignent qu'elle ne fasse rater la chance du Parti libéral de reconquérir Outremont. Car pour déloger Thomas Mulcair, il faudra jouer serré, et on ne sait si la néophyte Le Prohon en sera capable. «Martin, lui, connaissait bien la circonscription, il avait les hassidiques avec lui», illustre un de ceux-ci.

    D'autres ont toutefois applaudi à la décision du chef. «L'autre jour, j'essayais de me souvenir de ce que Cauchon avait fait pour le Parti libéral lors de l'élection partielle dans Outremont en 2007, et j'ai eu un blanc. J'ai aussi essayé de me souvenir de ce qu'il a fait à l'élection d'octobre 2008, et j'ai encore eu un blanc», lance cet autre député, assassin. Il reproche à l'ancien ministre de ne pas vouloir beaucoup se salir. «Dans un parti politique, c'est l'fun quand les gens sont là quand ça va bien et quand ça va mal. Il y en a qui ne sont là que quand ça va bien.» M. Cauchon n'a pas rappelé Le Devoir.
     
     
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