Élections fédérales - Un heureux sursis
Le gouvernement minoritaire de Stephen Harper a facilement remporté hier le vote de confiance aux Communes sur sa motion de voies et moyens budgétaires, éloignant ainsi la perspective de nouvelles élections fédérales. Même s'il souhaitait ardemment ces élections, peut-être est-ce le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, qui devrait être le plus heureux de ce dénouement.
C'est tout un branle-bas de combat qu'avait déclenché le chef de l'opposition officielle lorsqu'il y a deux semaines il déclarait ouverte la guerre aux conservateurs. Le message était on ne peut plus clair: fini est le temps où les libéraux appuieront le gouvernement Harper lors des votes de confiance pour ne pas se retrouver de façon précipitée en élection sans argent et sans une solide organisation. Désormais, il reviendra au Bloc québécois et au NPD d'assurer la survie des conservateurs.
Il est vrai que les choses vont mieux au Parti libéral. Huit mois après que Michael Ignatieff a pris la succession de Stéphane Dion, la caisse enregistreuse sonne à nouveau et les militants redeviennent combatifs. Par contre, les électeurs n'ont pas pour autant retrouvé l'enthousiasme des belles années envers les libéraux, qui n'arrivent toujours pas à distancer les conservateurs dans les sondages. Au mieux sont-ils au coude à coude. Si des élections avaient été déclenchées ce vendredi, ils auraient été les deuxièmes sur la ligne de départ. D'où un certain soulagement chez plusieurs de voir le NPD apporter son appui au gouvernement au cours des prochaines semaines.
Le report des élections donnera du temps au chef libéral pour s'imposer auprès des Canadiens. Contrairement à ce que prétendaient ceux qui ont suscité sa venue en politique, son élection comme chef n'a pas un effet comparable à celui créé par l'arrivée de Pierre Elliot Trudeau en 1968. Le fait qu'il soit lui aussi un intellectuel de haut niveau ne suffit pas. Ce qu'on a appelé la «trudeaumanie» prenait appui d'abord sur un courant de changement dans la société canadienne que l'ancien premier ministre a alors su incarner dans sa personne et dans son programme.
Si un courant de changement existe aujourd'hui au Canada, il est plutôt du côté conservateur. Stephen Harper l'incarne par sa personnalité austère. C'est ce courant qui, ces deux dernières élections, lui a permis d'obtenir l'appui de plus d'un électeur sur trois. Le chef libéral se trouve en fait dans une position de résistance à ce courant. Il l'a bien compris puisqu'il a choisi le slogan «On mérite mieux». Ce que sera ce «mieux» reste cependant à voir.
Il est toujours possible pour un parti de réussir à inverser le cours des choses durant une campagne électorale, ce que font d'ailleurs valoir les organisateurs libéraux pour se rassurer. Nous le rappelle d'ailleurs cette semaine le 25e anniversaire du balayage réalisé par les conservateurs en 1984. Mais encore là, leur chef, Brian Mulroney, avait su incarner, mieux que le libéral John Turner, le désir de changement des électeurs.
Ces faiblesses du Parti libéral ont bien été ciblées par ses adversaires. À commencer par les conservateurs, qui sont prêts à l'affrontement en tout temps. Ils font le pari que non seulement ils l'emporteront, mais qu'il leur est possible d'obtenir enfin la majorité qui leur permettra d'engager toutes ces réformes auxquelles ils rêvent en privé. Une perspective qui n'est sans doute pas étrangère aux hésitations du NPD à s'engager trop hâtivement sur la voie électorale. Une prudence justifiée.
C'est tout un branle-bas de combat qu'avait déclenché le chef de l'opposition officielle lorsqu'il y a deux semaines il déclarait ouverte la guerre aux conservateurs. Le message était on ne peut plus clair: fini est le temps où les libéraux appuieront le gouvernement Harper lors des votes de confiance pour ne pas se retrouver de façon précipitée en élection sans argent et sans une solide organisation. Désormais, il reviendra au Bloc québécois et au NPD d'assurer la survie des conservateurs.
Il est vrai que les choses vont mieux au Parti libéral. Huit mois après que Michael Ignatieff a pris la succession de Stéphane Dion, la caisse enregistreuse sonne à nouveau et les militants redeviennent combatifs. Par contre, les électeurs n'ont pas pour autant retrouvé l'enthousiasme des belles années envers les libéraux, qui n'arrivent toujours pas à distancer les conservateurs dans les sondages. Au mieux sont-ils au coude à coude. Si des élections avaient été déclenchées ce vendredi, ils auraient été les deuxièmes sur la ligne de départ. D'où un certain soulagement chez plusieurs de voir le NPD apporter son appui au gouvernement au cours des prochaines semaines.
Le report des élections donnera du temps au chef libéral pour s'imposer auprès des Canadiens. Contrairement à ce que prétendaient ceux qui ont suscité sa venue en politique, son élection comme chef n'a pas un effet comparable à celui créé par l'arrivée de Pierre Elliot Trudeau en 1968. Le fait qu'il soit lui aussi un intellectuel de haut niveau ne suffit pas. Ce qu'on a appelé la «trudeaumanie» prenait appui d'abord sur un courant de changement dans la société canadienne que l'ancien premier ministre a alors su incarner dans sa personne et dans son programme.
Si un courant de changement existe aujourd'hui au Canada, il est plutôt du côté conservateur. Stephen Harper l'incarne par sa personnalité austère. C'est ce courant qui, ces deux dernières élections, lui a permis d'obtenir l'appui de plus d'un électeur sur trois. Le chef libéral se trouve en fait dans une position de résistance à ce courant. Il l'a bien compris puisqu'il a choisi le slogan «On mérite mieux». Ce que sera ce «mieux» reste cependant à voir.
Il est toujours possible pour un parti de réussir à inverser le cours des choses durant une campagne électorale, ce que font d'ailleurs valoir les organisateurs libéraux pour se rassurer. Nous le rappelle d'ailleurs cette semaine le 25e anniversaire du balayage réalisé par les conservateurs en 1984. Mais encore là, leur chef, Brian Mulroney, avait su incarner, mieux que le libéral John Turner, le désir de changement des électeurs.
Ces faiblesses du Parti libéral ont bien été ciblées par ses adversaires. À commencer par les conservateurs, qui sont prêts à l'affrontement en tout temps. Ils font le pari que non seulement ils l'emporteront, mais qu'il leur est possible d'obtenir enfin la majorité qui leur permettra d'engager toutes ces réformes auxquelles ils rêvent en privé. Une perspective qui n'est sans doute pas étrangère aux hésitations du NPD à s'engager trop hâtivement sur la voie électorale. Une prudence justifiée.
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