Ottawa - C'est partie remise pour les élections
Le Bloc appuiera le gouvernement vendredi; le NPD se défend d'avoir des problèmes d'argent
16 septembre 2009
Canada
Ottawa — On s'en doutait, c'est confirmé. Le gouvernement de Stephen Harper ne sera pas renversé vendredi. Le Bloc québécois lui accordera son vote tandis que le NPD, qui s'était toujours vanté de voter contre les conservateurs, l'imitera probablement. Mais contrairement à l'idée reçue, les réticences du parti de Jack Layton à précipiter une élection ne s'expliquent pas par une prétendue difficulté à se financer.
«On est d'accord avec cette motion de voies et moyens, a déclaré hier le chef bloquiste Gilles Duceppe. Ce sont des demandes que l'on faisait en novembre dernier, avant même que les conservateurs les mettent dans leur budget de février. Ce serait complètement imbécile de demander quelque chose et, quand on l'obtient, de dire: "Non, on n'en veut pas!"»
M. Duceppe a toujours soutenu que les votes de sa formation à la Chambre des communes étaient guidés par l'intérêt du Québec, quelles qu'en soient les conséquences électorales. Après analyse, le Bloc n'a rien trouvé de contentieux dans la motion devant être votée vendredi pour s'y opposer. Elle mettra simplement en oeuvre des éléments du budget de janvier, dont le populaire crédit à la rénovation domiciliaire.
La position de Jack Layton est moins claire. Ses députés étudieront ce matin la motion pour déterminer s'ils l'appuieront ou non vendredi. Après s'être vanté d'avoir voté à chaque occasion — soit à 79 reprises — contre le gouvernement conservateur, le NPD estime désormais qu'il doit choisir comment il vote au cas par cas. Quand les journalistes lui ont fait remarquer qu'il ne s'était pas embêté de ce genre de nuance dans le passé, votant par exemple contre le budget de janvier sans l'avoir lu, M. Layton a perdu son calme.
«C'est tout un mythe. Je vais le dire parce que les gens répètent ce mythe tout le temps. Souvenez-vous qu'au dernier budget, on a eu des communiqués de presse sans précédent avec tous les détails du budget avant le vote, avant que ça soit déposé à la Chambre. Vous l'avez lu, vous avez écrit des articles là-dessus, je suis sûr, et tous les journalistes ont dit qu'on savait tout ce qui était dans le budget. Alors, nous l'avons lu, parce que c'était disponible dans vos journaux.»
Le suspense se poursuit
Si le vote de vendredi sera finalement tenu sans anicroche et sans provoquer de renversement, il reste que le suspense électoral se poursuit. Les libéraux déposeront une motion de défiance à la fin du mois. Avec 143 sièges sur 308, les conservateurs ont besoin de l'appui d'un parti pour se maintenir au pouvoir. Les bloquistes répètent qu'ils ne font plus confiance au gouvernement. Les projecteurs sont et resteront donc braqués sur les néodémocrates de Jack Layton.
Ce dernier n'a pas voulu dire hier s'il avait encore confiance dans le gouvernement de Stephen Harper. «M. Harper n'a fait aucun effort pour entrer en contact [avec moi], alors je me demande si M. Harper veut faire fonctionner ce Parlement ou s'il veut une élection», a-t-il seulement répondu.
M. Layton est satisfait des changements au programme d'assurance-emploi promis lundi. Voudra-t-il s'assurer qu'ils sont votés avant de précipiter une élection? Il n'a pas voulu répondre à cette question hier. Il y a bien peu de chances que le projet de loi franchisse toutes les étapes parlementaires d'ici le vote de confiance de la fin de septembre.
Pas de problème d'argent
Contrairement à ce qui a été dit et écrit, toutefois, le NPD de Jack Layton n'éprouve pas de difficulté à se financer. Selon les chiffres d'Élections Canada, le NPD a récolté depuis la dernière élection autant d'argent qu'à la même période l'année précédente.
Ainsi, d'octobre 2008 à juin 2009, le NPD a récolté trois millions de dollars, soit 243 000 $ de moins qu'au cours de la même période l'année précédente, pour une diminution d'à peine 7 %. (Les dates choisies correspondent aux trimestres pour lesquels Élections Canada collige les données.)
Si on y regarde de plus près, on constate que le NPD a amassé plus d'argent pendant le trimestre de décembre 2008 que pendant la même période en 2007, et autant d'argent pendant le trimestre de juin 2009 qu'au cours de la même période en 2008 et en 2007. Seul le trimestre de mars 2009 a été moins payant que ceux de mars 2008 et de mars 2007: le NPD a alors récolté moitié moins d'argent que d'habitude.
«Mais on savait que cela arriverait, c'est voulu», explique Brad Lavigne, le directeur de campagne. Le NPD a pour politique de ne pas faire de collecte de fonds dans une province où se déroule soit une élection provinciale, soit une course au leadership. Il y a eu une telle course pendant les trois premiers mois de l'année 2009 en Ontario, puis en Saskatchewan. Des élections provinciales ont eu lieu en Colombie-Britannique (en mai) et en Nouvelle-Écosse (en juin). Le NPD a d'ailleurs gagné dans cette dernière province.
«Le NPD dépensera le maximum permis lors de la prochaine campagne électorale, assure M. Lavigne. Ce sont les libéraux qui répandent cette rumeur pour nous faire paraître faibles.»
Le NPD avait contracté un emprunt de 14 millions de dollars pour la dernière élection. Un an plus tard, il reste deux millions à rembourser, se vante M. Lavigne. «Ce n'est pas rien! Notre banquier est très satisfait.»
À l'élection de 2008, le NPD a remporté huit sièges de plus qu'en 2006, alors qu'il n'a augmenté son résultat global que de 0,8 % (37 sièges contre 29, pour un résultat de 18,2 % contre 17,5 % en 2006). En Ontario, où cinq de ces nouveaux sièges ont été remportés, le parti a même vu ses appuis diminuer par rapport à 2006, passant de 19,4 % à 18,2 %. Le parti avait réussi à canaliser ses appuis dans certaines régions stratégiques.
«On est d'accord avec cette motion de voies et moyens, a déclaré hier le chef bloquiste Gilles Duceppe. Ce sont des demandes que l'on faisait en novembre dernier, avant même que les conservateurs les mettent dans leur budget de février. Ce serait complètement imbécile de demander quelque chose et, quand on l'obtient, de dire: "Non, on n'en veut pas!"»
M. Duceppe a toujours soutenu que les votes de sa formation à la Chambre des communes étaient guidés par l'intérêt du Québec, quelles qu'en soient les conséquences électorales. Après analyse, le Bloc n'a rien trouvé de contentieux dans la motion devant être votée vendredi pour s'y opposer. Elle mettra simplement en oeuvre des éléments du budget de janvier, dont le populaire crédit à la rénovation domiciliaire.
La position de Jack Layton est moins claire. Ses députés étudieront ce matin la motion pour déterminer s'ils l'appuieront ou non vendredi. Après s'être vanté d'avoir voté à chaque occasion — soit à 79 reprises — contre le gouvernement conservateur, le NPD estime désormais qu'il doit choisir comment il vote au cas par cas. Quand les journalistes lui ont fait remarquer qu'il ne s'était pas embêté de ce genre de nuance dans le passé, votant par exemple contre le budget de janvier sans l'avoir lu, M. Layton a perdu son calme.
«C'est tout un mythe. Je vais le dire parce que les gens répètent ce mythe tout le temps. Souvenez-vous qu'au dernier budget, on a eu des communiqués de presse sans précédent avec tous les détails du budget avant le vote, avant que ça soit déposé à la Chambre. Vous l'avez lu, vous avez écrit des articles là-dessus, je suis sûr, et tous les journalistes ont dit qu'on savait tout ce qui était dans le budget. Alors, nous l'avons lu, parce que c'était disponible dans vos journaux.»
Le suspense se poursuit
Si le vote de vendredi sera finalement tenu sans anicroche et sans provoquer de renversement, il reste que le suspense électoral se poursuit. Les libéraux déposeront une motion de défiance à la fin du mois. Avec 143 sièges sur 308, les conservateurs ont besoin de l'appui d'un parti pour se maintenir au pouvoir. Les bloquistes répètent qu'ils ne font plus confiance au gouvernement. Les projecteurs sont et resteront donc braqués sur les néodémocrates de Jack Layton.
Ce dernier n'a pas voulu dire hier s'il avait encore confiance dans le gouvernement de Stephen Harper. «M. Harper n'a fait aucun effort pour entrer en contact [avec moi], alors je me demande si M. Harper veut faire fonctionner ce Parlement ou s'il veut une élection», a-t-il seulement répondu.
M. Layton est satisfait des changements au programme d'assurance-emploi promis lundi. Voudra-t-il s'assurer qu'ils sont votés avant de précipiter une élection? Il n'a pas voulu répondre à cette question hier. Il y a bien peu de chances que le projet de loi franchisse toutes les étapes parlementaires d'ici le vote de confiance de la fin de septembre.
Pas de problème d'argent
Contrairement à ce qui a été dit et écrit, toutefois, le NPD de Jack Layton n'éprouve pas de difficulté à se financer. Selon les chiffres d'Élections Canada, le NPD a récolté depuis la dernière élection autant d'argent qu'à la même période l'année précédente.
Ainsi, d'octobre 2008 à juin 2009, le NPD a récolté trois millions de dollars, soit 243 000 $ de moins qu'au cours de la même période l'année précédente, pour une diminution d'à peine 7 %. (Les dates choisies correspondent aux trimestres pour lesquels Élections Canada collige les données.)
Si on y regarde de plus près, on constate que le NPD a amassé plus d'argent pendant le trimestre de décembre 2008 que pendant la même période en 2007, et autant d'argent pendant le trimestre de juin 2009 qu'au cours de la même période en 2008 et en 2007. Seul le trimestre de mars 2009 a été moins payant que ceux de mars 2008 et de mars 2007: le NPD a alors récolté moitié moins d'argent que d'habitude.
«Mais on savait que cela arriverait, c'est voulu», explique Brad Lavigne, le directeur de campagne. Le NPD a pour politique de ne pas faire de collecte de fonds dans une province où se déroule soit une élection provinciale, soit une course au leadership. Il y a eu une telle course pendant les trois premiers mois de l'année 2009 en Ontario, puis en Saskatchewan. Des élections provinciales ont eu lieu en Colombie-Britannique (en mai) et en Nouvelle-Écosse (en juin). Le NPD a d'ailleurs gagné dans cette dernière province.
«Le NPD dépensera le maximum permis lors de la prochaine campagne électorale, assure M. Lavigne. Ce sont les libéraux qui répandent cette rumeur pour nous faire paraître faibles.»
Le NPD avait contracté un emprunt de 14 millions de dollars pour la dernière élection. Un an plus tard, il reste deux millions à rembourser, se vante M. Lavigne. «Ce n'est pas rien! Notre banquier est très satisfait.»
À l'élection de 2008, le NPD a remporté huit sièges de plus qu'en 2006, alors qu'il n'a augmenté son résultat global que de 0,8 % (37 sièges contre 29, pour un résultat de 18,2 % contre 17,5 % en 2006). En Ontario, où cinq de ces nouveaux sièges ont été remportés, le parti a même vu ses appuis diminuer par rapport à 2006, passant de 19,4 % à 18,2 %. Le parti avait réussi à canaliser ses appuis dans certaines régions stratégiques.
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