Les conservateurs pensent perdre six sièges au Québec
Pierre Brien quitte son poste de conseiller du PC
À l'approche d'une possible campagne électorale fédérale, les militants conservateurs du Québec ont le moral en berne. Deux mauvaises nouvelles ont secoué les organisateurs dans les derniers jours.
D'abord, une analyse interne montre que si des élections fédérales avaient eu lieu à la fin du mois d'août, le Parti conservateur (PC) aurait perdu six de ses 10 députés dans la province.
Ensuite, le PC au Québec vient de perdre un conseiller important: Pierre Brien, un ancien du Bloc québécois et de l'ADQ, appelé en renfort en juin dernier, a démissionné.
Le Parti conservateur fait ses propres analyses internes sur les intentions de vote et les chances d'élection de ses candidats dans certaines régions. La formation politique utilise les ressources d'une firme privée de Toronto, Responsive Marketing Group, qui travaille presque exclusivement pour elle. Une antenne est située à Gatineau pour améliorer la fiabilité des études et de la base de données au Québec.
À la fin du mois d'août, une analyse a circulé en l'interne chez les députés et les organisateurs du PC au Québec. Selon les informations obtenues par Le Devoir, les intentions de vote dans la province, particulièrement chez les francophones, mettent à risque la majorité des dix députés conservateurs du Québec.
Ainsi, selon cette analyse, seuls Maxime Bernier (Beauce), Josée Verner (Louis-Saint-Laurent), Christian Paradis (Mégantic-l'Érable) et Jean-Pierre Blackburn (Jonquière-Alma) pourraient dormir tranquilles. Le siège des six autres élus est en danger s'il y a des élections cet automne (Lawrence Cannon, Sylvie Boucher, Denis Lebel, Steven Blaney et Daniel Petit).
Par contre, l'analyse conclut que si les intentions de vote remontent légèrement — ce qui semble être le cas depuis le début de septembre — le siège de Jacque Gourde (Lotbinière-Chute-de-la-Chaudière) serait sauvé. «Garder nos acquis ne sera pas facile, mais les choses ont encore le temps de changer», a soutenu une source conservatrice dans la province.
Le porte-parole du ministre Christian Paradis, le lieutenant de Stephen Harper au Québec, a refusé de commenter cette étude interne. «Une discussion interne reste une discussion interne. Je ne veux pas confirmer ou infirmer l'information. On ne commente jamais les affaires internes», a soutenu Mark Quinlan.
Il affirme que la priorité du gouvernement conservateur va à l'économie et que les Québécois vont reconnaître le travail fait par Stephen Harper. «Le Parti conservateur va bien faire son travail pour le Québec s'il peut rester concentré sur l'économie, dit M. Quinlan. Michael Ignatieff est complètement déconnecté de la réalité de vouloir déclencher des élections en pleine récession.»
Un sondage Léger Marketing-Le Devoir publié vendredi dernier place le Parti conservateur à 16 % dans les intentions de vote au Québec, à égalité avec le NPD, mais derrière le Bloc québécois (35 %) et le Parti libéral (30 %). La marge d'erreur est de 3 %, 19 fois sur 20.
Lors de la dernière élection, en octobre 2008, le Parti conservateur a récolté 21,7 % des votes au Québec.
Là où le bât blesse pour les troupes de Stephen Harper, se sont les intentions de vote chez les francophones, puisque tous les députés conservateurs sont dans des régions très francophones — sauf Lawrence Cannon, qui a une plus forte concentration d'anglophones dans Pontiac.
Présentement, chez les électeurs francophones, le PC récolte seulement 14 % des intentions de vote, loin derrière le Bloc québécois (42 %) et le Parti libéral (26 %). Le NPD récolte 15 %.
Pierre Brien part
Arrivé discrètement en juin dernier pour donner un coup de main au Parti conservateur au Québec, Pierre Brien a décidé dans les derniers jours de démissionner de ses fonctions de conseiller. Il travaillait pour Christian Paradis, lieutenant de Stephen Harper.
Joint hier, M. Brien a été avare de commentaires. «J'étais à contrat et je n'ai pas renouvelé après trois mois. Mon client connaît mes raisons», a-t-il simplement dit.
Un proche de Pierre Brien a toutefois soutenu au Devoir qu'il n'était plus à l'aise au sein du Parti conservateur. «On lui demandait de faire beaucoup de stratégies à court terme pour battre le Bloc québécois et Pierre n'était plus à l'aise avec ce mandat. Il est encore souverainiste et il ne voulait plus aller contre ses convictions», soutient cette source très bien informée.
Nationaliste de centre droit affiché, Pierre Brien a été député du Bloc québécois entre 1993 et 2003 avant de faire le saut à l'ADQ de Mario Dumont. Il y travaillait encore jusqu'en décembre dernier.
Stephen Harper avait justement recruté Pierre Brien pour ses connaissances de la politique au Québec, du mouvement nationaliste et de la droite francophone. Le PC cherchait alors de l'aide pour percer une brèche dans la muraille du Bloc québécois. Il devait collaborer à la stratégie des conservateurs pour la prochaine campagne électorale.
Le Parti conservateur avait présenté l'embauche de Pierre Brien comme faisant partie de la vague de renouveau de la formation au Québec sur le plan organisationnel, avec l'arrivée de Claude Durand (directrice des opérations), de Leo Housakos (sénateur) et de Michel Rivard (sénateur). Le maire de Saint-Eustache, Claude Carignan, récemment nommé au Sénat, en fera maintenant partie.
Mark Quinlan, porte-parole du ministre Christian Paradis, soutient que la rupture entre Pierre Brien et le PC a été faite d'un commun accord. «M. Paradis lui avait demandé de faire des choses et la tâche a été accomplie», a-t-il dit hier.
D'abord, une analyse interne montre que si des élections fédérales avaient eu lieu à la fin du mois d'août, le Parti conservateur (PC) aurait perdu six de ses 10 députés dans la province.
Ensuite, le PC au Québec vient de perdre un conseiller important: Pierre Brien, un ancien du Bloc québécois et de l'ADQ, appelé en renfort en juin dernier, a démissionné.
Le Parti conservateur fait ses propres analyses internes sur les intentions de vote et les chances d'élection de ses candidats dans certaines régions. La formation politique utilise les ressources d'une firme privée de Toronto, Responsive Marketing Group, qui travaille presque exclusivement pour elle. Une antenne est située à Gatineau pour améliorer la fiabilité des études et de la base de données au Québec.
À la fin du mois d'août, une analyse a circulé en l'interne chez les députés et les organisateurs du PC au Québec. Selon les informations obtenues par Le Devoir, les intentions de vote dans la province, particulièrement chez les francophones, mettent à risque la majorité des dix députés conservateurs du Québec.
Ainsi, selon cette analyse, seuls Maxime Bernier (Beauce), Josée Verner (Louis-Saint-Laurent), Christian Paradis (Mégantic-l'Érable) et Jean-Pierre Blackburn (Jonquière-Alma) pourraient dormir tranquilles. Le siège des six autres élus est en danger s'il y a des élections cet automne (Lawrence Cannon, Sylvie Boucher, Denis Lebel, Steven Blaney et Daniel Petit).
Par contre, l'analyse conclut que si les intentions de vote remontent légèrement — ce qui semble être le cas depuis le début de septembre — le siège de Jacque Gourde (Lotbinière-Chute-de-la-Chaudière) serait sauvé. «Garder nos acquis ne sera pas facile, mais les choses ont encore le temps de changer», a soutenu une source conservatrice dans la province.
Le porte-parole du ministre Christian Paradis, le lieutenant de Stephen Harper au Québec, a refusé de commenter cette étude interne. «Une discussion interne reste une discussion interne. Je ne veux pas confirmer ou infirmer l'information. On ne commente jamais les affaires internes», a soutenu Mark Quinlan.
Il affirme que la priorité du gouvernement conservateur va à l'économie et que les Québécois vont reconnaître le travail fait par Stephen Harper. «Le Parti conservateur va bien faire son travail pour le Québec s'il peut rester concentré sur l'économie, dit M. Quinlan. Michael Ignatieff est complètement déconnecté de la réalité de vouloir déclencher des élections en pleine récession.»
Un sondage Léger Marketing-Le Devoir publié vendredi dernier place le Parti conservateur à 16 % dans les intentions de vote au Québec, à égalité avec le NPD, mais derrière le Bloc québécois (35 %) et le Parti libéral (30 %). La marge d'erreur est de 3 %, 19 fois sur 20.
Lors de la dernière élection, en octobre 2008, le Parti conservateur a récolté 21,7 % des votes au Québec.
Là où le bât blesse pour les troupes de Stephen Harper, se sont les intentions de vote chez les francophones, puisque tous les députés conservateurs sont dans des régions très francophones — sauf Lawrence Cannon, qui a une plus forte concentration d'anglophones dans Pontiac.
Présentement, chez les électeurs francophones, le PC récolte seulement 14 % des intentions de vote, loin derrière le Bloc québécois (42 %) et le Parti libéral (26 %). Le NPD récolte 15 %.
Pierre Brien part
Arrivé discrètement en juin dernier pour donner un coup de main au Parti conservateur au Québec, Pierre Brien a décidé dans les derniers jours de démissionner de ses fonctions de conseiller. Il travaillait pour Christian Paradis, lieutenant de Stephen Harper.
Joint hier, M. Brien a été avare de commentaires. «J'étais à contrat et je n'ai pas renouvelé après trois mois. Mon client connaît mes raisons», a-t-il simplement dit.
Un proche de Pierre Brien a toutefois soutenu au Devoir qu'il n'était plus à l'aise au sein du Parti conservateur. «On lui demandait de faire beaucoup de stratégies à court terme pour battre le Bloc québécois et Pierre n'était plus à l'aise avec ce mandat. Il est encore souverainiste et il ne voulait plus aller contre ses convictions», soutient cette source très bien informée.
Nationaliste de centre droit affiché, Pierre Brien a été député du Bloc québécois entre 1993 et 2003 avant de faire le saut à l'ADQ de Mario Dumont. Il y travaillait encore jusqu'en décembre dernier.
Stephen Harper avait justement recruté Pierre Brien pour ses connaissances de la politique au Québec, du mouvement nationaliste et de la droite francophone. Le PC cherchait alors de l'aide pour percer une brèche dans la muraille du Bloc québécois. Il devait collaborer à la stratégie des conservateurs pour la prochaine campagne électorale.
Le Parti conservateur avait présenté l'embauche de Pierre Brien comme faisant partie de la vague de renouveau de la formation au Québec sur le plan organisationnel, avec l'arrivée de Claude Durand (directrice des opérations), de Leo Housakos (sénateur) et de Michel Rivard (sénateur). Le maire de Saint-Eustache, Claude Carignan, récemment nommé au Sénat, en fera maintenant partie.
Mark Quinlan, porte-parole du ministre Christian Paradis, soutient que la rupture entre Pierre Brien et le PC a été faite d'un commun accord. «M. Paradis lui avait demandé de faire des choses et la tâche a été accomplie», a-t-il dit hier.
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