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Le froid canado-américain est chose du passé croit Paul Cellucci

Les deux pays pourraient collaborer sous peu à la reconstruction de l'Irak

29 avril 2003  Canada
Ottawa — Le différend entre le Canada et les États-Unis à propos de la guerre en Irak est chose du passé et les deux pays doivent plutôt se remettre à la collaboration, entre autres pour aider à la reconstruction de l'Irak, a déclaré l'ambassadeur américain au Canada, Paul Cellucci.

Il a même tenu à ajouter que les deux pays n'avaient pas vraiment besoin de rebâtir les ponts puisque les liens n'ont jamais vraiment été rompus. «Je crois que nos relations sont en bon état, a fait valoir l'ambassadeur. Nous avons eu quelques tensions, quelques obstacles en cours de route, et ce sont des choses qui arrivent parfois.» M. Cellucci faisait ces commentaires à sa sortie d'un témoignage à huis clos devant le comité sénatorial des affaires étrangères.

Preuve que les choses reviennent à la normale entre le Canada et son puissant voisin du sud, les deux pays pourraient collaborer sous peu à la reconstruction de l'Irak, a noté l'ambassadeur.

«On s'attend à une réponse positive cette semaine et nous sommes reconnaissants envers le Canada pour l'aide qu'il fournira à la reconstruction de l'Irak», a indiqué M. Cellucci.

Selon divers scénarios, le Canada pourrait envoyer en Irak des officiers de la Gendarmerie royale du Canada pour entraîner des policiers ainsi que du personnel judiciaire pour aider à rétablir l'autorité de la loi. Le Canada pourrait aussi jouer un rôle pour améliorer le système carcéral afin d'aider l'établissement du nouveau régime, et fournir des avions pour aider à faire entrer l'aide humanitaire au pays.

Aux Communes, le premier ministre Jean Chrétien s'est fait vague lorsqu'il a été interrogé sur la question. «Nous avons reçu des demandes de l'administration américaine, il y a environ une semaine, et nous étudions la possibilité de contribuer à la reconstruction de l'Irak [...] Lorsque le conseil des ministres aura pris une décision, nous en ferons une annonce publique», a déclaré M. Chrétien.

Le conseil des ministres doit se rencontrer ce matin. Une annonce pourrait suivre, a indiqué le ministre de la Défense, John McCallum, qui a refusé de révéler les scénarios qui seront discutés. «Il y a une série d'options militaires et non militaires sur la table et le Canada fera une contribution», s'est borné à dire le ministre, ajoutant que le Canada n'avait cependant pas la marge de manoeuvre pour envoyer des troupes en Irak.

Protection de l'Amérique du Nord

Par ailleurs, selon M. Cellucci, le Canada s'intéresse au projet de bouclier américain antimissile, ce qui réjouit l'administration Bush. En ce sens, l'ambassadeur américain a accueilli à bras ouvert les déclarations du candidat à la direction du Parti libéral du Canada (PLC), Paul Martin, qui déclarait espérer voir le Canada se joindre aux États-Unis dans ce projet.

«Au fur et à mesure que nous défendons l'Amérique du Nord, nous estimons que la défense antimissile est un sujet sur lequel nos deux pays devraient travailler», a noté M. Cellucci.

Toutefois, l'ambassadeur Cellucci a bien évité de soutenir celui qui est perçu comme futur premier ministre du Canada. «Quiconque deviendra le prochain premier ministre, nous avons hâte de travailler avec lui, et ce, autant que nous avons apprécié travailler avec M. Chrétien», a confié M. Cellucci.

Dans des entrevues accordées tout au long de la fin de semaine, Paul Martin a répété qu'il voulait rebâtir les ponts avec les États-Unis. Le Canada a un devoir de collaborer avec les États-Unis pour assurer la protection de l'Amérique du Nord, a fait valoir M. Martin.

Le meneur dans la campagne à la direction du PLC s'est montré critique de la récente politique canadienne, précisant qu'il était convaincu que le gouvernement fédéral devait être proactif sur les questions étrangères ou nationales.

La décision du Canada de ne pas participer à la guerre en Irak a compliqué les relations canado-américaines, déjà tièdes entre Jean Chrétien et George W. Bush. Pour les détracteurs de M. Chrétien, il ne fait aucun doute que le président américain a annulé sa visite prévue pour le début du mois de mai à cause de la position canadienne. Ottawa et Washington ont repris les discussions et tentent maintenant de trouver un moment, en automne, pour remettre la visite à l'horaire.
 
 
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