Sommet du G8 - Rien à attendre du Canada
À l'initiative du président américain, le Sommet du G8 s'est terminé hier, en Italie, avec la promesse de verser 20 milliards de dollars américains aux pays pauvres pour qu'ils développent une industrie agricole qui leur soit propre. Pour le reste, la rencontre des grands de ce monde n'a pas permis de progresser beaucoup en matière de lutte contre le réchauffement climatique, pas plus que d'en arriver à des ententes importantes en matière de gouvernance économique mondiale.
La seule présence du très populaire président des États-Unis, Barack Obama, à la rencontre du G8 a suffi pour attirer plus d'attention que d'habitude sur les travaux de ce groupe sélect dont le Canada est membre. Mais compte tenu des divergences parfois profondes entre pays riches et pays en développement, les consensus auxquels on est parvenu lors des rencontres élargies se résument à des engagements de principe d'une portée très limitée.
Sur la question du réchauffement climatique, les pays ont convenu qu'il ne fallait pas laisser la situation se dégrader au point d'assister à une hausse de la température moyenne de plus de 2 °C par rapport à l'ère préindustrielle. Pourquoi ce chiffre? Parce que les modèles scientifiques montrent qu'au-delà de cette hausse qui pourrait être atteinte d'ici une dizaine d'années au rythme actuel, nous assisterions à une détérioration accélérée de la situation sous l'effet de phénomènes naturels comme le dégagement de gaz méthane causé par la fonte du pergélisol.
Les pays industrialisés se sont aussi entendus pour réduire leurs propres émissions de 80 % d'ici 2050, et ils ont fixé à 50 % la baisse planétaire attendue, y compris la contribution des pays en développement.
Le problème, c'est qu'aucune année de référence n'a été déterminée pour le calcul (80 % de moins que quoi?), ni aucune cible intermédiaire entre aujourd'hui et 2050 (réduire de combien d'ici 2020, par exemple). Quant à la contribution des pays en développement, il n'existe encore aucune entente pour préciser sa portée dans cette course contre la montre. D'ailleurs, même au sein du G8, des pays comme le Canada et la Russie se sont empressés de faire savoir qu'ils n'avaient pas l'intention de se conformer à l'entente. Pour le ministre canadien de l'Environnement, Jim Prentice, l'objectif de réduction de 80 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 n'est qu'une norme globale pour l'ensemble des pays industrialisés, ce qui permettrait au Canada, grand producteur de pétrole, de se contenter d'une cible de 70 %. Curieux sens des responsabilités de la part du représentant d'un des plus grands émetteurs de GES de la planète compte tenu de sa population!
Du côté des pays en développement, on se dit prêt à contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, mais on refuse d'adhérer à des objectifs aussi élevés que ceux des pays riches, dont le bilan cumulatif depuis le début de l'ère industrielle est beaucoup plus négatif. Pour qu'une entente intervienne d'ici la rencontre cruciale de Copenhague, en décembre prochain, les pays en développement exigent donc des cibles allégées, mais aussi beaucoup d'argent pour remplacer leurs vieilles installations industrielles. Le président Obama se dit prêt à la discussion, ce qui est déjà bien différent de son prédécesseur, mais la politique américaine étant ce qu'elle est, il aura beaucoup de difficulté à faire accepter sa vision des choses par le Congrès.
Depuis le début de la crise financière qui secoue la planète, les États-Unis et les autres membres du G8 ont perdu une partie de leur leadership... et de leur arrogance. La Chine, l'Inde, le Brésil, mais aussi quelques pays européens appellent à des réformes de la gouvernance internationale et à la création d'une autre monnaie d'échange pour remplacer le dollar américain, durement secoué par la crise de confiance dans les grandes banques. Il est encore loin le jour où tel sera le cas, mais en attendant, le G20, qui regroupe les pays en développement en plus des pays industrialisés, est appelé à jouer un rôle de plus en plus important.
Pour le Canada, l'une et l'autre instance ont leur importance. Malheureusement, dans ce débat comme sur les questions du réchauffement climatique et de la gouvernance économique, le Canada est aux abonnés absents. Décidément, sous le gouvernement Harper, Ottawa abandonne progressivement le peu d'influence qu'il a dans le monde en voulant protéger des intérêts particuliers, dont ceux des producteurs de pétrole. Et jusqu'à ce jour, il n'a strictement rien obtenu en échange.
La seule présence du très populaire président des États-Unis, Barack Obama, à la rencontre du G8 a suffi pour attirer plus d'attention que d'habitude sur les travaux de ce groupe sélect dont le Canada est membre. Mais compte tenu des divergences parfois profondes entre pays riches et pays en développement, les consensus auxquels on est parvenu lors des rencontres élargies se résument à des engagements de principe d'une portée très limitée.
Sur la question du réchauffement climatique, les pays ont convenu qu'il ne fallait pas laisser la situation se dégrader au point d'assister à une hausse de la température moyenne de plus de 2 °C par rapport à l'ère préindustrielle. Pourquoi ce chiffre? Parce que les modèles scientifiques montrent qu'au-delà de cette hausse qui pourrait être atteinte d'ici une dizaine d'années au rythme actuel, nous assisterions à une détérioration accélérée de la situation sous l'effet de phénomènes naturels comme le dégagement de gaz méthane causé par la fonte du pergélisol.
Les pays industrialisés se sont aussi entendus pour réduire leurs propres émissions de 80 % d'ici 2050, et ils ont fixé à 50 % la baisse planétaire attendue, y compris la contribution des pays en développement.
Le problème, c'est qu'aucune année de référence n'a été déterminée pour le calcul (80 % de moins que quoi?), ni aucune cible intermédiaire entre aujourd'hui et 2050 (réduire de combien d'ici 2020, par exemple). Quant à la contribution des pays en développement, il n'existe encore aucune entente pour préciser sa portée dans cette course contre la montre. D'ailleurs, même au sein du G8, des pays comme le Canada et la Russie se sont empressés de faire savoir qu'ils n'avaient pas l'intention de se conformer à l'entente. Pour le ministre canadien de l'Environnement, Jim Prentice, l'objectif de réduction de 80 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 n'est qu'une norme globale pour l'ensemble des pays industrialisés, ce qui permettrait au Canada, grand producteur de pétrole, de se contenter d'une cible de 70 %. Curieux sens des responsabilités de la part du représentant d'un des plus grands émetteurs de GES de la planète compte tenu de sa population!
Du côté des pays en développement, on se dit prêt à contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, mais on refuse d'adhérer à des objectifs aussi élevés que ceux des pays riches, dont le bilan cumulatif depuis le début de l'ère industrielle est beaucoup plus négatif. Pour qu'une entente intervienne d'ici la rencontre cruciale de Copenhague, en décembre prochain, les pays en développement exigent donc des cibles allégées, mais aussi beaucoup d'argent pour remplacer leurs vieilles installations industrielles. Le président Obama se dit prêt à la discussion, ce qui est déjà bien différent de son prédécesseur, mais la politique américaine étant ce qu'elle est, il aura beaucoup de difficulté à faire accepter sa vision des choses par le Congrès.
Depuis le début de la crise financière qui secoue la planète, les États-Unis et les autres membres du G8 ont perdu une partie de leur leadership... et de leur arrogance. La Chine, l'Inde, le Brésil, mais aussi quelques pays européens appellent à des réformes de la gouvernance internationale et à la création d'une autre monnaie d'échange pour remplacer le dollar américain, durement secoué par la crise de confiance dans les grandes banques. Il est encore loin le jour où tel sera le cas, mais en attendant, le G20, qui regroupe les pays en développement en plus des pays industrialisés, est appelé à jouer un rôle de plus en plus important.
Pour le Canada, l'une et l'autre instance ont leur importance. Malheureusement, dans ce débat comme sur les questions du réchauffement climatique et de la gouvernance économique, le Canada est aux abonnés absents. Décidément, sous le gouvernement Harper, Ottawa abandonne progressivement le peu d'influence qu'il a dans le monde en voulant protéger des intérêts particuliers, dont ceux des producteurs de pétrole. Et jusqu'à ce jour, il n'a strictement rien obtenu en échange.
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