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La moitié des blindés de l'armée sont hors d'usage

Alec Castonguay   4 juillet 2009  Canada
Photo : Agence Reuters
Les véhicules de l'armée de terre sont durement mis à l'épreuve en Afghanistan, au point où près de la moitié de la flotte est actuellement hors d'usage. Une situation qui inquiète le chef de la Force terrestre, le général Andrew Leslie.

Ottawa — La flotte de véhicules de transport et de combat de l'armée de terre est en très mauvais état. Les conditions extrêmes de Kandahar, avec la poussière, les variations de température et les attentats, usent prématurément les véhicules, ce qui inquiète l'état-major des Forces canadiennes. Près de la moitié de la flotte est présentement hors d'usage et attend des réparations.

Après la pénurie d'officiers d'expérience et de formateurs qualifiés pour entraîner les recrues de l'armée de terre — ce qui a donné naissance au phénomène de «l'armée fantôme» révélé par Le Devoir hier —, l'usure des véhicules est la plus importante inquiétude de la Force terrestre, indique un rapport émanant de celle-ci.

Dans un document confidentiel obtenu par Le Devoir en vertu de la Loi d'accès à l'information, le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Andrew Leslie, décrit la situation comme étant «à haut risque».

Ce rapport, intitulé Strategic Operations and Ressource Plan 2008-09, fait état des problèmes au sein de l'armée de terre. Le document de plus de 60 pages a été remis il y a quelques mois au chef d'état-major des Forces canadiennes, le général Walt Natynczyk.

«Le ratio des véhicules hors d'usage atteint un record, avec une moyenne de 35 à 60 % de la flotte qui est actuellement inutilisable. La norme acceptable est estimée à 10-15 %», écrit le général Andrew Leslie.

La mission en Afghanistan est la grande responsable de l'état précaire de la flotte. L'usure des LAVIII, RG-31, chars d'assaut et autres véhicules de l'armée de terre est six fois plus rapide à Kandahar qu'au Canada. Plutôt que les 20 ans de vie normale, l'armée estime qu'un véhicule qui sert en Afghanistan a une durée de vie de trois ou quatre ans.

Aux conditions difficiles du désert afghan, il faut ajouter les engins explosifs improvisés (EEI) et les roquettes (RPG) des talibans, qui font non seulement la vie dure aux militaires, comme en témoignait encore hier le décès tragique d'un soldat canadien, mais également aux véhicules de l'armée.

Les Forces canadiennes ont aussi ajouté énormément de blindage sur les véhicules, question de mieux protéger les soldats. Or les LAVIII, les véhicules de transport et de combat les plus utilisés en Afghanistan, ne sont pas conçus pour déplacer autant de poids. La mécanique (transmission, moteur) est donc particulièrement sollicitée.

Un trou de 264 millions de dollars

Le rythme intense de la mission en Afghanistan et de l'entraînement des soldats avant les déploiements fait en sorte que les véhicules ne sont pas remis en état assez rapidement pour combler tous les besoins. Les véhicules sont donc de moins en moins disponibles au Canada pour l'entraînement régulier des militaires.

Dans le rapport du général Leslie, on évalue le déficit lié à l'entretien des véhicules à 264 millions de dollars. L'armée de terre réclame d'ailleurs une aide d'urgence de 67 millions de dollars pour combler une partie des besoins.

Le document souligne également que le problème est accentué par une pénurie de techniciens spécialisés et de mécaniciens. «Il faut davantage avoir recours à l'expertise civile», note le rapport du général Leslie.
 
 
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