Ignatieff renonce à des élections cet été
Ottawa — Après trois jours de réflexion, le chef libéral, Michael Ignatieff, a décidé de ne pas déclencher d'élections cet été. Il annoncera aujourd'hui que son parti appuiera, à contrecoeur, le gouvernement Harper lors du vote de confiance sur les crédits budgétaires cette semaine, a appris Le Devoir de sources sûres.
Plusieurs députés, surtout du caucus ontarien, souhaitaient pourtant que Michael Ignatieff renverse le gouvernement cette semaine, même si cela devait entraîner des élections générales le 27 juillet prochain, soit en pleines vacances de la construction. Le Parti conservateur connaît certaines difficultés en Ontario, où la crise économique frappe le plus fort au pays.
L'ancien chef libéral, Jean Chrétien, conseillait aussi à Michael Ignatieff de déclencher les hostilités dès maintenant. De passage au Nouveau-Brunswick samedi, M. Chrétien a dit que le pays avait besoin d'un nouveau gouvernement. «Je pense qu'à ce moment-ci, le Canada serait mieux avec un gouvernement différent. Alors, si le peuple a la chance de se prononcer, que le peuple se prononce», a-t-il dit, alors qu'il participait à un événement partisan en compagnie du député Dominic Leblanc.
Selon l'ancien premier ministre, le PLC n'aurait pas été sanctionné par les électeurs, même si la date des élections aurait été la plus estivale de l'histoire. «Vous savez, les dates des élections, on en parle avant l'élection. Quand l'élection est commencée, on n'en parle plus, on parle de l'élection».
Mais Michael Ignatieff est arrivé à une conclusion différente. Il a consulté ses conseillers dans les derniers jours et a jugé que des élections en plein été seraient contraires à l'intérêt du pays. Selon nos informations, M. Ignatieff estime que les électeurs seront plus à l'écoute des enjeux cet automne, ou encore l'hiver prochain, plutôt qu'en plein été. De plus, l'argent pour lancer les chantiers d'infrastructures commence à peine à arriver sur le terrain, de sorte que déclencher des élections ne ferait que retarder l'approbation des projets et nuire à l'économie du pays, ont conclu les stratèges libéraux.
Le Parti libéral du Canada va donc appuyer le gouvernement Harper lors des votes de confiance qui se dérouleront cette semaine aux Communes. Michael Ignatieff va faire valoir aujourd'hui que c'est la chose «responsable» à faire dans les circonstances.
Malgré cet appui, le chef libéral n'approuve toutefois pas la gestion de l'économie du gouvernement Harper et il entend l'exprimer aujourd'hui. M. Ignatieff estime que les fonds pour les infrastructures ne sont pas livrés assez rapidement, que certains secteurs sont laissés pour compte par le gouvernement (notamment la forêt) et que l'assurance-emploi a besoin d'être réformée pour répondre à la crise.
Le Bloc inflexible
Jeudi, le Bloc québécois et le NPD avaient laissé au Parti libéral tout le fardeau de maintenir le gouvernement en place. Dès le dévoilement du rapport d'étape sur la mise en oeuvre du budget, les deux formations avaient rapidement annoncé vouloir voter contre les crédits budgétaires, qui mettent automatiquement en jeu la confiance de la Chambre envers le gouvernement, puisqu'il s'agit de mesures financières.
Encore hier, lors d'une entrevue avec La Presse canadienne, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a soutenu qu'il défendait les intérêts du Québec en votant contre les crédits budgétaires, même si cela aurait pour conséquence de déclencher des élections cet été. M. Duceppe a affirmé que la véritable question n'est pas de savoir si des élections sont nécessaires, mais plutôt de déterminer si la proposition des conservateurs est satisfaisante pour le Québec.
Or, le peu de soutien accordé au secteur forestier, ainsi que le maintien du délai de carence de deux semaines pour l'assurance-emploi rendent impossible pour le Bloc québécois d'appuyer le budget conservateur, a dit M. Duceppe.
Vendredi, interrogés par des journalistes à la sortie de la Chambre des communes, des députés du Bloc québécois et du NPD étaient toutefois incapables de dire quel serait le taux de participation à des élections le 27 juillet, tel que cela est souhaité par les deux partis. À micro fermé, des députés confiaient que cela pourrait être un désastre pour la santé démocratique du pays. Lors des dernières élections fédérales, en octobre, à peine 59 % des électeurs ont exercé leur droit de vote.
Malgré la décision de Michael Ignatieff, les libéraux fédéraux du Québec continuent de se préparer à des élections, afin d'être prêts cet automne. Plus de 30 circonscriptions seront prêtes à agir dès juillet.
Plusieurs députés, surtout du caucus ontarien, souhaitaient pourtant que Michael Ignatieff renverse le gouvernement cette semaine, même si cela devait entraîner des élections générales le 27 juillet prochain, soit en pleines vacances de la construction. Le Parti conservateur connaît certaines difficultés en Ontario, où la crise économique frappe le plus fort au pays.
L'ancien chef libéral, Jean Chrétien, conseillait aussi à Michael Ignatieff de déclencher les hostilités dès maintenant. De passage au Nouveau-Brunswick samedi, M. Chrétien a dit que le pays avait besoin d'un nouveau gouvernement. «Je pense qu'à ce moment-ci, le Canada serait mieux avec un gouvernement différent. Alors, si le peuple a la chance de se prononcer, que le peuple se prononce», a-t-il dit, alors qu'il participait à un événement partisan en compagnie du député Dominic Leblanc.
Selon l'ancien premier ministre, le PLC n'aurait pas été sanctionné par les électeurs, même si la date des élections aurait été la plus estivale de l'histoire. «Vous savez, les dates des élections, on en parle avant l'élection. Quand l'élection est commencée, on n'en parle plus, on parle de l'élection».
Mais Michael Ignatieff est arrivé à une conclusion différente. Il a consulté ses conseillers dans les derniers jours et a jugé que des élections en plein été seraient contraires à l'intérêt du pays. Selon nos informations, M. Ignatieff estime que les électeurs seront plus à l'écoute des enjeux cet automne, ou encore l'hiver prochain, plutôt qu'en plein été. De plus, l'argent pour lancer les chantiers d'infrastructures commence à peine à arriver sur le terrain, de sorte que déclencher des élections ne ferait que retarder l'approbation des projets et nuire à l'économie du pays, ont conclu les stratèges libéraux.
Le Parti libéral du Canada va donc appuyer le gouvernement Harper lors des votes de confiance qui se dérouleront cette semaine aux Communes. Michael Ignatieff va faire valoir aujourd'hui que c'est la chose «responsable» à faire dans les circonstances.
Malgré cet appui, le chef libéral n'approuve toutefois pas la gestion de l'économie du gouvernement Harper et il entend l'exprimer aujourd'hui. M. Ignatieff estime que les fonds pour les infrastructures ne sont pas livrés assez rapidement, que certains secteurs sont laissés pour compte par le gouvernement (notamment la forêt) et que l'assurance-emploi a besoin d'être réformée pour répondre à la crise.
Le Bloc inflexible
Jeudi, le Bloc québécois et le NPD avaient laissé au Parti libéral tout le fardeau de maintenir le gouvernement en place. Dès le dévoilement du rapport d'étape sur la mise en oeuvre du budget, les deux formations avaient rapidement annoncé vouloir voter contre les crédits budgétaires, qui mettent automatiquement en jeu la confiance de la Chambre envers le gouvernement, puisqu'il s'agit de mesures financières.
Encore hier, lors d'une entrevue avec La Presse canadienne, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a soutenu qu'il défendait les intérêts du Québec en votant contre les crédits budgétaires, même si cela aurait pour conséquence de déclencher des élections cet été. M. Duceppe a affirmé que la véritable question n'est pas de savoir si des élections sont nécessaires, mais plutôt de déterminer si la proposition des conservateurs est satisfaisante pour le Québec.
Or, le peu de soutien accordé au secteur forestier, ainsi que le maintien du délai de carence de deux semaines pour l'assurance-emploi rendent impossible pour le Bloc québécois d'appuyer le budget conservateur, a dit M. Duceppe.
Vendredi, interrogés par des journalistes à la sortie de la Chambre des communes, des députés du Bloc québécois et du NPD étaient toutefois incapables de dire quel serait le taux de participation à des élections le 27 juillet, tel que cela est souhaité par les deux partis. À micro fermé, des députés confiaient que cela pourrait être un désastre pour la santé démocratique du pays. Lors des dernières élections fédérales, en octobre, à peine 59 % des électeurs ont exercé leur droit de vote.
Malgré la décision de Michael Ignatieff, les libéraux fédéraux du Québec continuent de se préparer à des élections, afin d'être prêts cet automne. Plus de 30 circonscriptions seront prêtes à agir dès juillet.
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