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Assurance-emploi - Une position démagogique

Jean-Robert Sansfaçon   28 mai 2009  Canada
Le chef du Parti libéral du Canada, M. Michael Ignatieff, le Bloc québécois et le NPD menacent de renverser le gouvernement dès ce printemps si ce dernier refuse de réduire à 360 heures le plancher à partir du duquel un nouveau chômeur aurait droit à des prestations d'assurance-emploi. Or, les libéraux eux-mêmes ne tiendraient pas une promesse aussi peu responsable s'ils étaient élus avec une majorité de sièges.
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  • Normand Pépin
    Abonné
    jeudi 28 mai 2009 10h21
    La majorité des gens qui perdent leur emploi ne reçoivent pas de prestations
    « M. Sansfaçon,
    Vos informations sont erronées, seulement 44% des personnes qui perdent leur emploi reçoivent des prestations. C'est le ratio prestataires/chômeurs, qui était de plus de 80% dans les années 1980.
    Le chiffre de 82% utilisé par Mme Finley dans sa lettre de mardi renvoie aux chômeurs "dont la cessation d'emploi récente était conforme aux critères de l'assurance-emploi". DONC, seulement 82% des gens qui avaient travaillé le nombre d'heures voulues dans leur région ont pu toucher des prestations.
    Pourquoi seulement 44% des travailleurs ont-ils accès à l'assurance-emploi? Parce que le marché du travail s'est transformé, les emplois ne permettent plus d'accumuler un nombre d'heures suffisant dans une année pour pouvoir toucher des prestations advenant la perte de son emploi.
    Aussi, je suis surpris de votre affirmation: "Réduire le nombre d'heures minimum à 360 pour tous ne ferait qu'encourager les jeunes et les intérimaires à opter pour le chômage au lieu de poursuivre des études" de votre éditorial de ce matin.
    Vous n'êtes pas sans savoir que quelqu'un qui quitte son emploi volontairement n'a pas droit à l'assurance-emploi. En quoi les jeunes et les intérimaires seraient-ils alors alors à opter pour le chômage?
    Vous tombez dans le panneau de l'argument de Mme Finley quand elle dit que son gouvernement est contre l'année de travail de 45 jours. Comme par hasard, 45 jours de 8 heures de travail égale 360 heures. Mais le marché du travail n'est tout simplement plus comme cela. Bien sûr, il y a encore des emplois réguliers, mais pululent aussi les emplois précaires de toutes sortes qui ne permettent de travailler que quelques heures ici et là qui rendent très difficiles l'atteinte du nombre minimum d'heures actuel dans une même année.
    L'année de travail de 45 jours est aussi une formule très méprisante qui sous-entend que les travailleurs comptent les heures avant de se précipiter au bureau d'assurance-emploi. C'est tout simplement faux, d'une part parce que ceux et celles qui quittent leur emploi volontairement n'ont pas droit à l'assurance-emploi, et d'autre part, parce que la majorité des gens veulent travailler pour gagner leur vie, la preuve en étant le fait que les emplois les plus précaires trouvent preneurs et que le nombre de gens qui cumulent deux emplois ou plus est en croissance.
    Normand Pépin »

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