Démonstration de force de Harper
Le Parti conservateur rassemble près de 2000 militants à Montréal
Photo : Jacques Nadeau
L’objectif de Stephen Harper hier était clair: «Avec la foule ici ce soir, les journalistes ne pourront plus dire que j’ai fait une croix sur le Québec!»
La chute du Parti conservateur dans les sondages au Québec ne semble pas avoir entamé la force de la machine bleue, qui a réussi hier soir à rassembler sa plus imposante foule depuis que Stephen Harper est chef. N'empêche, chez les 2000 militants présents, l'esprit balançait entre l'inquiétude et l'espoir.
Dès le début de son discours, vers 19h45, le chef conservateur a confirmé le véritable objectif de cette soirée-bénéfice: montrer que sa formation a encore de l'avenir dans la province. «Avec la foule ici ce soir, les journalistes ne pourront plus dire que j'ai fait une croix sur le Québec!» a lancé Stephen Harper à ses militants, visiblement ravi de voir un peu plus de 2000 personnes réunies dans la grande salle de l'hôtel Reine Elizabeth, au centre-ville de Montréal.
Les proches de Stephen Harper ont souligné à gros traits aux médias que «les conservateurs sont bien vivants au Québec», et ce, malgré les sondages qui créditent la formation de 10 à 15 % des intentions de vote dans la province, loin derrière le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada. «Quand je regarde cette salle, je pense que c'est clair que le Parti conservateur se porte bien», a dit le sénateur Léo Housakos.
Pour l'occasion, le Parti conservateur (PC) avait sorti l'artillerie lourde, avec une brochette de ministres (Prentice, Paradis, Blackburn, Verner, Lebel) et de sénateurs (Brazeau, LeBreton, Champagne, Rivard, Housakos) en toile de fond. C'est toutefois le député et ministre déchu Maxime Bernier qui a eu droit à la salve d'applaudissements la plus sentie.
Le thème de cette soirée, qui a permis au parti d'amasser quelque 350 000 $, était «On s'enracine au Québec». M. Harper y a d'ailleurs fait référence. «Je vois dans la salle des militants de l'ADQ et du PLQ, mais avant tout, je vois de vrais conservateurs du Canada», a-t-il dit.
L'allocution de Stephen Harper ne réservant aucune surprise, l'événement s'est plutôt transformé en démonstration de force de la machine conservatrice, et particulièrement du trio d'organisateurs. Léo Housakos (sénateur), Claude Carignan (maire de Saint-Eustache) et Claude Durand (directrice des opérations politiques du PC au Québec) sont parvenus à rassembler la plus grosse foule depuis que Stephen Harper est devenu chef de l'Alliance canadienne, en 2002. Plus de 2300 billets à 150 $ ont trouvé preneurs, et environ 2000 personnes sont venues entendre Stephen Harper.
Ce dernier n'a toutefois pas réussi à galvaniser la foule, livrant un discours aux accents économiques presque identique à celui qu'il livre ailleurs au pays — les attaques envers le Bloc québécois en plus.
Les militants ont d'ailleurs écouté leur chef d'une oreille, réservant l'autre à leur conversation avec le voisin. Le bruit de fond des militants qui parlaient pendant le discours de Stephen Harper était si fort que plusieurs organisateurs ont dû se promener dans la foule pour lui demander d'écouter plus attentivement le chef.
M. Harper a promis à ses militants de toujours réserver une place «équitable» à la province au sein de son gouvernement. Le Parti conservateur sera à l'écoute du Québec, a-t-il dit. «Je vous assure que vous pouvez compter sur moi pour déployer tous les efforts nécessaires pour que notre parti soit toujours l'instrument par lequel les Québécois pourront affirmer massivement leur fierté dans le passé et leur confiance en l'avenir.»
Si quelques flèches ont bien été réservées au Bloc québécois et à Gilles Duceppe — «qui ont voté contre toutes les mesures de relance économique proposées par notre gouvernement», a-t-il dit — la plupart des attaques ont été dirigées contre Michael Ignatieff. «Il est le chef libéral le plus centralisateur de l'histoire du pays», a soutenu Stephen Harper. En parlant de la récession, il a ajouté: «Quand les temps sont difficiles, la population ne fait pas confiance aux libéraux. Elle fait confiance aux conservateurs».
Puis, le premier ministre a lancé cet avertissement: «Nous sommes en pleine récession. C'est le temps de gouverner, pas d'aller en élections. Mais si les partis d'opposition nous y forcent, nous serons prêts!» a-t-il dit à la fin de son discours.
Des militants optimistes et d'autres inquiets
Ce rassemblement a d'ailleurs semblé donner une bonne dose d'optimisme à certains militants rencontrés par Le Devoir. «On est en pleine récession, alors c'est difficile de faire de la politique quand on est au gouvernement. Mais je pense que c'est seulement un creux de vague. Il n'y aura pas d'élection avant un an à mon avis, alors on a du temps devant nous», a soutenu un militant de Montréal qui a préféré ne pas s'identifier.
Un autre faisait remarquer que l'été précédent, les élections de 2005-06 qui ont porté Stephen Harper au pouvoir, les conservateurs récoltait moins de 10 % des intentions de vote au Québec. «On a finalement fait élire 10 députés. Six mois, c'est long en politique», avance Richard, un militant de la Rive-Sud de Montréal.
Mais d'autres cachaient mal leur scepticisme. «Les carottes sont cuites pour nous au Québec, à moins que Harper fasse un autre gros coup comme la reconnaissance de la nation. Sans une autre réalisation concrète, on n'a pas de chance aux prochaines élections», a affirmé un homme d'affaires de Montréal qui préfère lui aussi garder l'anonymat.
Dès le début de son discours, vers 19h45, le chef conservateur a confirmé le véritable objectif de cette soirée-bénéfice: montrer que sa formation a encore de l'avenir dans la province. «Avec la foule ici ce soir, les journalistes ne pourront plus dire que j'ai fait une croix sur le Québec!» a lancé Stephen Harper à ses militants, visiblement ravi de voir un peu plus de 2000 personnes réunies dans la grande salle de l'hôtel Reine Elizabeth, au centre-ville de Montréal.
Les proches de Stephen Harper ont souligné à gros traits aux médias que «les conservateurs sont bien vivants au Québec», et ce, malgré les sondages qui créditent la formation de 10 à 15 % des intentions de vote dans la province, loin derrière le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada. «Quand je regarde cette salle, je pense que c'est clair que le Parti conservateur se porte bien», a dit le sénateur Léo Housakos.
Pour l'occasion, le Parti conservateur (PC) avait sorti l'artillerie lourde, avec une brochette de ministres (Prentice, Paradis, Blackburn, Verner, Lebel) et de sénateurs (Brazeau, LeBreton, Champagne, Rivard, Housakos) en toile de fond. C'est toutefois le député et ministre déchu Maxime Bernier qui a eu droit à la salve d'applaudissements la plus sentie.
Le thème de cette soirée, qui a permis au parti d'amasser quelque 350 000 $, était «On s'enracine au Québec». M. Harper y a d'ailleurs fait référence. «Je vois dans la salle des militants de l'ADQ et du PLQ, mais avant tout, je vois de vrais conservateurs du Canada», a-t-il dit.
L'allocution de Stephen Harper ne réservant aucune surprise, l'événement s'est plutôt transformé en démonstration de force de la machine conservatrice, et particulièrement du trio d'organisateurs. Léo Housakos (sénateur), Claude Carignan (maire de Saint-Eustache) et Claude Durand (directrice des opérations politiques du PC au Québec) sont parvenus à rassembler la plus grosse foule depuis que Stephen Harper est devenu chef de l'Alliance canadienne, en 2002. Plus de 2300 billets à 150 $ ont trouvé preneurs, et environ 2000 personnes sont venues entendre Stephen Harper.
Ce dernier n'a toutefois pas réussi à galvaniser la foule, livrant un discours aux accents économiques presque identique à celui qu'il livre ailleurs au pays — les attaques envers le Bloc québécois en plus.
Les militants ont d'ailleurs écouté leur chef d'une oreille, réservant l'autre à leur conversation avec le voisin. Le bruit de fond des militants qui parlaient pendant le discours de Stephen Harper était si fort que plusieurs organisateurs ont dû se promener dans la foule pour lui demander d'écouter plus attentivement le chef.
M. Harper a promis à ses militants de toujours réserver une place «équitable» à la province au sein de son gouvernement. Le Parti conservateur sera à l'écoute du Québec, a-t-il dit. «Je vous assure que vous pouvez compter sur moi pour déployer tous les efforts nécessaires pour que notre parti soit toujours l'instrument par lequel les Québécois pourront affirmer massivement leur fierté dans le passé et leur confiance en l'avenir.»
Si quelques flèches ont bien été réservées au Bloc québécois et à Gilles Duceppe — «qui ont voté contre toutes les mesures de relance économique proposées par notre gouvernement», a-t-il dit — la plupart des attaques ont été dirigées contre Michael Ignatieff. «Il est le chef libéral le plus centralisateur de l'histoire du pays», a soutenu Stephen Harper. En parlant de la récession, il a ajouté: «Quand les temps sont difficiles, la population ne fait pas confiance aux libéraux. Elle fait confiance aux conservateurs».
Puis, le premier ministre a lancé cet avertissement: «Nous sommes en pleine récession. C'est le temps de gouverner, pas d'aller en élections. Mais si les partis d'opposition nous y forcent, nous serons prêts!» a-t-il dit à la fin de son discours.
Des militants optimistes et d'autres inquiets
Ce rassemblement a d'ailleurs semblé donner une bonne dose d'optimisme à certains militants rencontrés par Le Devoir. «On est en pleine récession, alors c'est difficile de faire de la politique quand on est au gouvernement. Mais je pense que c'est seulement un creux de vague. Il n'y aura pas d'élection avant un an à mon avis, alors on a du temps devant nous», a soutenu un militant de Montréal qui a préféré ne pas s'identifier.
Un autre faisait remarquer que l'été précédent, les élections de 2005-06 qui ont porté Stephen Harper au pouvoir, les conservateurs récoltait moins de 10 % des intentions de vote au Québec. «On a finalement fait élire 10 députés. Six mois, c'est long en politique», avance Richard, un militant de la Rive-Sud de Montréal.
Mais d'autres cachaient mal leur scepticisme. «Les carottes sont cuites pour nous au Québec, à moins que Harper fasse un autre gros coup comme la reconnaissance de la nation. Sans une autre réalisation concrète, on n'a pas de chance aux prochaines élections», a affirmé un homme d'affaires de Montréal qui préfère lui aussi garder l'anonymat.
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