Quelques milliers de pro-vie manifestent à Ottawa
Photo : Jacques Nadeau
Alors que des milliers de manifestants pro-vie s’étaient donné rendez-vous à Ottawa, une centaine de manifestantes du collectif féministe pro-choix La Riposte ont manifesté à Montréal hier à l’occasion du 40e anniversaire de l’adoption du p
Ottawa — Des coalitions pro-vie de tout le pays s'étaient donné rendez-vous hier midi devant le parlement fédéral pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme un manque d'information du public en ce qui a trait à l'avortement.
Le cardinal Marc Ouellet et plusieurs députés — presque tous conservateurs — ont participé à l'événement, qui a rassemblé entre 3000 et 5000 personnes. «Les gens ne savent pas qu'il y a un risque à l'avortement. Il y a un manque d'information flagrant. La population ne sait pas que le statu quo n'est encadré par aucune loi et que tout est permis, même les avortements très tardifs», a dit Rod Bruinooge, député conservateur de Winnipeg-Sud et président du caucus pro-vie.
Le caucus pro-vie réunit des députés et sénateurs de tous les partis politiques fédéraux. Mais dans les faits, il est composé d'une forte majorité de conservateurs et de quelques libéraux. Le NPD et le Bloc québécois affirment qu'aucun de leurs députés n'est membre de ce caucus non partisan.
Ironiquement, alors qu'il dénonce le manque d'information et une certaine forme de «censure» qui viendrait des médias, Rod Bruinooge a refusé de dire combien le caucus pro-vie compte de membres et de quels partis politiques ils proviennent. «C'est à eux de se faire connaître s'ils le souhaitent», a-t-il dit. Ce malaise des députés à s'identifier montre bien à quel point il est difficile de s'afficher pro-vie au Canada, selon M. Bruinooge.
Le gouvernement Harper a affirmé à plusieurs reprises qu'il n'a pas l'intention de toucher au statu quo qui permet l'avortement au Canada. Rod Buinooge a dit en être bien conscient. «On se concentre sur un message général de liberté d'expression», a-t-il dit, refusant de dire s'il tente de pousser son gouvernement dans une autre direction.
Toute la journée, des porte-parole se sont relayés au micro installé devant le parlement pour haranguer la foule. Depuis que la loi omnibus a décriminalisé l'avortement, il y a 40 ans, près de 3,2 millions de bébés n'ont pas vu le jour, ont-ils notamment affirmé. Selon eux, des restrictions à cette pratique devraient s'appliquer.
«Il y a un avenir sans avortement», a déclaré Angelina Steenstra, coordonnatrice de la Silent No More Awareness Campaign, basée à Toronto. «Dès le moment de la conception, on a affaire à un humain en devenir. L'effet psychologique est dévastateur sur les femmes qui se font avorter.» Mme Steenstra, qui s'est fait avorter dans sa jeunesse, dit regretter que le gouvernement actuel juge ce sujet «trop délicat» pour s'y attaquer.
Les sondages montrent qu'une majorité de Canadiens soutient le droit à l'avortement, mais qu'une très forte minorité voudrait qu'il soit mieux encadré. Selon un coup de sonde Angus Reid effectué en juin 2008, 49 % des Canadiens estiment que l'avortement devrait rester légal en toutes circonstances, contre 42 % qui affirment que cela devrait être le cas seulement en «certaines circonstances».
Le Québec, l'Alberta, l'Ontario et la Colombie-Britannique sont les provinces les plus favorables à des avortements en toutes circonstances, alors que le Manitoba, la Saskatchewan et les provinces atlantiques sont plus tièdes.
Un droit
À Montréal, une centaine de contre-manifestantes ont souligné le 40e anniversaire du «bill Trudeau». Adopté le 14 mai 1969, le projet de loi omnibus décriminalisait l'avortement thérapeutique.
«Nous ripostons aux antichoix. Nous voulons contrebalancer [ce qu'ils disent]», a indiqué Mahée Lamoureux, porte-parole du collectif féministe pro-choix La Riposte. «Notre corps, notre choix», ont-elles martelé.
Les manifestantes, qui ont réitéré le droit des femmes à l'avortement, se disaient notamment préoccupées par une résolution du Parti conservateur qui donne le feu vert aux députés conservateurs pour présenter à la Chambre des communes des projets de loi privés comparables au projet de loi C-484 sur les enfants non encore nés victimes d'actes criminels, relégué à la corbeille lors du déclenchement de la dernière campagne électorale.
Le cardinal Marc Ouellet et plusieurs députés — presque tous conservateurs — ont participé à l'événement, qui a rassemblé entre 3000 et 5000 personnes. «Les gens ne savent pas qu'il y a un risque à l'avortement. Il y a un manque d'information flagrant. La population ne sait pas que le statu quo n'est encadré par aucune loi et que tout est permis, même les avortements très tardifs», a dit Rod Bruinooge, député conservateur de Winnipeg-Sud et président du caucus pro-vie.
Le caucus pro-vie réunit des députés et sénateurs de tous les partis politiques fédéraux. Mais dans les faits, il est composé d'une forte majorité de conservateurs et de quelques libéraux. Le NPD et le Bloc québécois affirment qu'aucun de leurs députés n'est membre de ce caucus non partisan.
Ironiquement, alors qu'il dénonce le manque d'information et une certaine forme de «censure» qui viendrait des médias, Rod Bruinooge a refusé de dire combien le caucus pro-vie compte de membres et de quels partis politiques ils proviennent. «C'est à eux de se faire connaître s'ils le souhaitent», a-t-il dit. Ce malaise des députés à s'identifier montre bien à quel point il est difficile de s'afficher pro-vie au Canada, selon M. Bruinooge.
Le gouvernement Harper a affirmé à plusieurs reprises qu'il n'a pas l'intention de toucher au statu quo qui permet l'avortement au Canada. Rod Buinooge a dit en être bien conscient. «On se concentre sur un message général de liberté d'expression», a-t-il dit, refusant de dire s'il tente de pousser son gouvernement dans une autre direction.
Toute la journée, des porte-parole se sont relayés au micro installé devant le parlement pour haranguer la foule. Depuis que la loi omnibus a décriminalisé l'avortement, il y a 40 ans, près de 3,2 millions de bébés n'ont pas vu le jour, ont-ils notamment affirmé. Selon eux, des restrictions à cette pratique devraient s'appliquer.
«Il y a un avenir sans avortement», a déclaré Angelina Steenstra, coordonnatrice de la Silent No More Awareness Campaign, basée à Toronto. «Dès le moment de la conception, on a affaire à un humain en devenir. L'effet psychologique est dévastateur sur les femmes qui se font avorter.» Mme Steenstra, qui s'est fait avorter dans sa jeunesse, dit regretter que le gouvernement actuel juge ce sujet «trop délicat» pour s'y attaquer.
Les sondages montrent qu'une majorité de Canadiens soutient le droit à l'avortement, mais qu'une très forte minorité voudrait qu'il soit mieux encadré. Selon un coup de sonde Angus Reid effectué en juin 2008, 49 % des Canadiens estiment que l'avortement devrait rester légal en toutes circonstances, contre 42 % qui affirment que cela devrait être le cas seulement en «certaines circonstances».
Le Québec, l'Alberta, l'Ontario et la Colombie-Britannique sont les provinces les plus favorables à des avortements en toutes circonstances, alors que le Manitoba, la Saskatchewan et les provinces atlantiques sont plus tièdes.
Un droit
À Montréal, une centaine de contre-manifestantes ont souligné le 40e anniversaire du «bill Trudeau». Adopté le 14 mai 1969, le projet de loi omnibus décriminalisait l'avortement thérapeutique.
«Nous ripostons aux antichoix. Nous voulons contrebalancer [ce qu'ils disent]», a indiqué Mahée Lamoureux, porte-parole du collectif féministe pro-choix La Riposte. «Notre corps, notre choix», ont-elles martelé.
Les manifestantes, qui ont réitéré le droit des femmes à l'avortement, se disaient notamment préoccupées par une résolution du Parti conservateur qui donne le feu vert aux députés conservateurs pour présenter à la Chambre des communes des projets de loi privés comparables au projet de loi C-484 sur les enfants non encore nés victimes d'actes criminels, relégué à la corbeille lors du déclenchement de la dernière campagne électorale.
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