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Quelques milliers de pro-vie manifestent à Ottawa

Alec Castonguay   15 mai 2009  Canada
Alors que des milliers de manifestants pro-vie s’étaient donné rendez-vous à Ottawa, une centaine de manifestantes du collectif féministe pro-choix La Riposte ont manifesté à Montréal hier à l’occasion du 40e anniversaire de l’adoption du p
Photo : Jacques Nadeau
Alors que des milliers de manifestants pro-vie s’étaient donné rendez-vous à Ottawa, une centaine de manifestantes du collectif féministe pro-choix La Riposte ont manifesté à Montréal hier à l’occasion du 40e anniversaire de l’adoption du p
Ottawa — Des coalitions pro-vie de tout le pays s'étaient donné rendez-vous hier midi devant le parlement fédéral pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme un manque d'information du public en ce qui a trait à l'avortement.

Le cardinal Marc Ouellet et plusieurs députés — presque tous conservateurs — ont participé à l'événement, qui a rassemblé entre 3000 et 5000 personnes. «Les gens ne savent pas qu'il y a un risque à l'avortement. Il y a un manque d'information flagrant. La population ne sait pas que le statu quo n'est encadré par aucune loi et que tout est permis, même les avortements très tardifs», a dit Rod Bruinooge, député conservateur de Winnipeg-Sud et président du caucus pro-vie.

Le caucus pro-vie réunit des députés et sénateurs de tous les partis politiques fédéraux. Mais dans les faits, il est composé d'une forte majorité de conservateurs et de quelques libéraux. Le NPD et le Bloc québécois affirment qu'aucun de leurs députés n'est membre de ce caucus non partisan.

Ironiquement, alors qu'il dénonce le manque d'information et une certaine forme de «censure» qui viendrait des médias, Rod Bruinooge a refusé de dire combien le caucus pro-vie compte de membres et de quels partis politiques ils proviennent. «C'est à eux de se faire connaître s'ils le souhaitent», a-t-il dit. Ce malaise des députés à s'identifier montre bien à quel point il est difficile de s'afficher pro-vie au Canada, selon M. Bruinooge.

Le gouvernement Harper a affirmé à plusieurs reprises qu'il n'a pas l'intention de toucher au statu quo qui permet l'avortement au Canada. Rod Buinooge a dit en être bien conscient. «On se concentre sur un message général de liberté d'expression», a-t-il dit, refusant de dire s'il tente de pousser son gouvernement dans une autre direction.

Toute la journée, des porte-parole se sont relayés au micro installé devant le parlement pour haranguer la foule. Depuis que la loi omnibus a décriminalisé l'avortement, il y a 40 ans, près de 3,2 millions de bébés n'ont pas vu le jour, ont-ils notamment affirmé. Selon eux, des restrictions à cette pratique devraient s'appliquer.

«Il y a un avenir sans avortement», a déclaré Angelina Steenstra, coordonnatrice de la Silent No More Awareness Campaign, basée à Toronto. «Dès le moment de la conception, on a affaire à un humain en devenir. L'effet psychologique est dévastateur sur les femmes qui se font avorter.» Mme Steenstra, qui s'est fait avorter dans sa jeunesse, dit regretter que le gouvernement actuel juge ce sujet «trop délicat» pour s'y attaquer.

Les sondages montrent qu'une majorité de Canadiens soutient le droit à l'avortement, mais qu'une très forte minorité voudrait qu'il soit mieux encadré. Selon un coup de sonde Angus Reid effectué en juin 2008, 49 % des Canadiens estiment que l'avortement devrait rester légal en toutes circonstances, contre 42 % qui affirment que cela devrait être le cas seulement en «certaines circonstances».

Le Québec, l'Alberta, l'Ontario et la Colombie-Britannique sont les provinces les plus favorables à des avortements en toutes circonstances, alors que le Manitoba, la Saskatchewan et les provinces atlantiques sont plus tièdes.

Un droit

À Montréal, une centaine de contre-manifestantes ont souligné le 40e anniversaire du «bill Trudeau». Adopté le 14 mai 1969, le projet de loi omnibus décriminalisait l'avortement thérapeutique.

«Nous ripostons aux antichoix. Nous voulons contrebalancer [ce qu'ils disent]», a indiqué Mahée Lamoureux, porte-parole du collectif féministe pro-choix La Riposte. «Notre corps, notre choix», ont-elles martelé.

Les manifestantes, qui ont réitéré le droit des femmes à l'avortement, se disaient notamment préoccupées par une résolution du Parti conservateur qui donne le feu vert aux députés conservateurs pour présenter à la Chambre des communes des projets de loi privés comparables au projet de loi C-484 sur les enfants non encore nés victimes d'actes criminels, relégué à la corbeille lors du déclenchement de la dernière campagne électorale.











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  • Gabrielle Ladouceur-Despins
    Inscrite
    vendredi 15 mai 2009 09h51
    Avortement légal, sécuritaire et gratuit
    Il est inacceptable que l'avortement ne soit toujours pas légal au Canada (à l'heure actuelle, il n'est que décriminalisé). Tout aussi inacceptable sont les difficultés d'accès aux services d'avortement (qui risquent encore d'être accentués par le projet de loi 33 du gouvernement Charest). Il est finalement encore plus inacceptable que des intégristes chrétiens veulent arracher aux femmes le droit de dispoer de leur corps!!!!

  • Jocelyne Brunet
    Inscrite
    vendredi 15 mai 2009 10h15
    Non aux anti-choix
    Ceux qui veulent forcer les femmes à mener à terme une grossesse non désirée ne sont pas pro-vie, car la vie de la femme ne les intéresse pas. Continuons de vivre dans un pays qui respecte tous les êtres humains, même les femmes en âge de procréer. Au Canada, aucune femme n'est forcée de mener à terme une grossesse non désirée et aucune femme n'est forcée de mettre fin à une grossesse désirée.

    Je ne touche pas à vos droits. Ne touchez pas aux miens.

    Jocelyne Brunet
    Gatineau

  • Richard Gauthier
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 20h07
    Mêlez-vous de vos oignons.
    Ça regarde strictement que les femmes. Ce sont leurs corps et elles en disposent selon leurs convictions. Point à la ligne les gérants d'estrade. Faut-il être taré de toujours penser pour les autres.

  • Maurice Monette
    Abonné
    vendredi 15 mai 2009 21h51
    Pour les croyantes et les croyants, ce ne devrait être qu'une simple question de logique cartésienne...
    En effet, quand on comprend que logiquement, aucun(e) esprit ou âme n'est assigné(e) à un véhicule charnel(le) ou corps physique, tant que celui ou celle-ci n'est arrivé(e) à une pleine autonomie alors, on comprend que l'avortement n'est qu'un acte médical pour déloger un corps étranger de l'utérus de la femme qui ne veut plus ou n'a jamais voulu rendre à terme le développement du foetus dont elle est porteuse.

    Quand on ramènent cette grossesse à ce qu'elle est vraiment soit, l'édification du corps physique ou du véhicule charnel(le) qui pourra servir de réceptacle physique à un(e) esprit ou âme, lorsqu'il / elle sera expulsé(e) hors de la femme qui l'a conçu(e) et deviendra ainsi entièrement autonome alors, il n'y a plus de contradiction. Un avortement n'est que mettre un terme à l'édification d'un véhicule charnel(le) ou corps physique qui, une fois expulsé(e) de l'utérus maternel et respirant par lui ou elle-même, devrait recevoir l'esprit ou l'âme qui y sera assigné(e), pas avant.

    Merci de votre Attention & la logique serait appréciée...!

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Spécialité Écologie
    Grande Rivière

    Donc, ce n'est pas un meurtre car, il n'y avait pas de principe spirituel(le) qui y avait pris(e) place.

  • Jean-Léon Laffitte
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 22h29
    L'histoire se répète
    C'est désolant de voir que l'on ne prend aucunement en compte les données scientifiques sur l'embryon. La plupart des pays européens interdisent l'avortement après la 12e semaine de grossesse. Nous sommes vraiment des barbares de pratiquer l'avortement jusqu'au 9e mois comme dans certains CLSC de Montréal et au 8e mois à l'hôpital Ste-Justine. Et ceux qui défendent cela d'une façon non réfléchie et intolérante verront peut-être un jour leur noms être affichés comme faisant partie des "collabos" de l'élimination des enfants dans le sein de leur mère. Au fait, comment fait-on au Québec pour éliminer un foetus de 8 mois? On l'empoisonne ou on lui injecte au coeur une solution léthale comme à un chien?

    Jean-Léon Laffitte

  • Nathalie Turcotte
    Inscrite
    mardi 19 mai 2009 10h29
    Un « acharnement avortique » qui n'a plus sa raison d'être en 2009 !
    Lettre d'opinion pour le 14 mai 2009
    Le 14 mai prochain, Ottawa sera le théâtre d'une marche pour la vie, une action pour contremarquer les 40 ans de l'adoption du « bill omnibus » qui a amendé les lois sur l'avortement et la contraception. Celle-ci s'inscrit dans un scénario d'actions plus large entrepris en février dernier, alors que des manifestants ont, pendant les 40 jours du carême, tenu des vigiles devant les cliniques d'avortement à travers le Canada et les États-unis, lieu d'origine de la l'initiative il y a quatre ans. Ces manifestations sont orchestrées par des organismes canadiens religieux anti-choix en croisade pour la bonne garde morale, le respect de la vie sous toutes ses formes et le maintien de la famille traditionnelle.
    En tant que groupes « pro-choix », la Fédération du Québec pour le planning des naissances, l'Association canadienne pour la liberté de choix et la Coalition pour le droit à l'avortement au Canada, ne sommes pas contre la vie, mais bien pour la liberté d'exercer un des droits les plus fondamentaux, celui de pouvoir choisir d'avoir un enfant ou non. Nous ne pouvons pas rester sans réponse face à des actions de ce genre.
    Les manifestations des groupes religieux « anti-choix », devant les cliniques, sous prétexte de respecter la vie, ne respectent ni le droit de choisir ni le droit à la vie privée des femmes qui désirent recevoir des soins de santé auxquels elles ont droit, et ce, en toute confidentialité. Les manifestations ont comme but premier d'exercer une intimidation et un jugement moral sur les femmes qui recourent aux services d'avortement. Les femmes deviennent des otages à la porte de la clinique, perturbées et confrontées aux manifestants immédiatement avant de recourir à cette intervention médicalement et légalement reconnue. D'ailleurs, des lois, des jugements et des injonctions circonscrivent ou maintiennent l'interdiction de manifester devant les cliniques d'avortement, afin de préserver la confidentialité et le droit à la vie privée des femmes face à un choix si personnel et important pour leur avenir.
    Ces dernières actions du mouvement « anti-choix » nous rappellent le manque de compassion et de respect que les opposants de l'avortement ont envers les femmes. A-t-on besoin de rappeler la toute dernière controverse, celle d'une petite fille brésilienne de 9 ans, enceinte de jumeaux, conséquence du viol de son beau-père. Après avoir subi un avortement, sa mère et toute l'équipe médicale se sont vus excommuniés de l'Église catholique. Les représentants de l'Église ont clairement manqué de compassion et de discernement à l'égard de la jeune fille et de ses proches.
    En plus, ces évènements anti-choix ont soulevé à nouveau le débat entourant le droit des femmes : le droit des femmes de choisir ce qui est nécessaire pour elles, le droit des femmes à l'égalité et au respect dans leurs décisions et le droit des femmes à une maternité sans risque. La femme qui décide avoir un avortement ne prend jamais cette décision facilement. C'est un choix qui est complexe, troublant et qui mérite le respect, le soutien et l'accompagnement.
    En parallèle à cette série d'actions, des pétitions ont été distribuées, notamment par des conseils scolaires, pour proposer à nouveau une loi pour la « protection de la vie du foetus ». Encore une fois, il est inconcevable que certaines écoles catholiques primaires, qui reçoivent des subventions provenant de nos taxes, cautionnent ce genre d'idéologies archaïques qui ne respectent pas les femmes. Il ne faut pas oublier que l'accès à l'avortement a contribué à sauver la vie des milliers des femmes à travers le Québec comme partout ailleurs au monde. Le respect de la vie passe aussi par le respect de tous les droits reproductifs des femmes.
    Depuis près de 20 ans, les femmes luttent pour que le droit à l'avortement soit garanti. Les nombreuses menaces « anti-choix », par la droite religieuse et conservatrice, constituent un « acharnement avortique » qui n'a plus sa raison d'être en 2009. Ne serait-il pas le temps qu'on passe à autres choses ?

    Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN)

    Association canadienne pour la liberté de choix (ACLC)

    Coalition pour le droit à l'avortement au Canada (CDAC)

  • Gabrielle Ladouceur-Despins
    Inscrite
    mardi 19 mai 2009 10h55
    @ m. Laffitte
    Malgré ce que vous prétendez, les avortements tardifs son excessivement rares au Canada.

    Les statistiques sont claires à ce sujet. Selon Statistique Canada, 90% de tous les avortements pratiqués en 2003 l'ont étédurant les douze premières semaines de grossesse.

    Quant aux avortements après la 20e semaine, ils ne représentent que 0,7% des IVG au Canada. La très grande majortié de avortements tardifs constituants cet infime pourcentage résultaient principalement de la découverte d'une malformation grave ou mortelle du foetus, et/ou
    d'une menace à la santé ou à la vie de la mère.

    Considérant les délais actuels d'accès à l'avortement, au Québec et au Canada, c'est bien la preuve que les "excès", si excès il y a, sont rares. Les femmes agissent de manière responsable, tout comme les médecins.

    Les mythes et les campagnes de peur pour recriminaliser les droits des femmes? Pitoyable...

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