Le constat du commissaire fédéral à l'environnement - Zéro réduction de GES chez les grands émetteurs en 2008-2009
Le plan conservateur de réduction des gaz à effet de serre (GES), qui est censé cibler les grands émetteurs canadiens, ne réduira pas d'une seule tonne en 2008-09 le bilan du Canada, alors que les engagements légaux du Canada exigent une réduction moyenne de 364 millions de tonnes.
De plus, constatait hier le commissaire fédéral à l'environnement, Scott Vaughan, le gouvernement fédéral a gonflé de quatre fois les bénéfices qu'il attend de son «plan», si l'on peut dire, de réduction des GES, car il a inclus dans le bilan de réduction 2008-12 les bénéfices de recherches qu'il finance maintenant, mais dont les résultats, en termes de réductions de GES, ne surviendront que dans cinq ou dix ans, dans la meilleure des hypothèses.
«Environnement Canada, affirme le commissaire Vaughan, a surestimé les réductions d'émissions de gaz à effet de serre attendues pour la période visée par le protocole de Kyoto, soit de 2008 à 20012. Le gouvernement ne peut pas, plus que nous, établir avec certitude quelles seront les réductions réelles pour la période de 2008 à 2012.»
Dans son rapport sur l'application de la loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto — une loi imposée par les partis d'opposition aux conservateurs —, le commissaire Vaughan relève aussi le fait que, contrairement à la loi, le gouvernement Harper «ne peut pas démontrer que les plans annuels sur les changements climatiques de 2007 et 2008 [...] satisfont à toutes les exigences», et surtout, ajoute le commissaire, aux exigences de «transparence».
Ainsi, le gouvernement n'a pas mis en place — et ne semble pas vouloir le faire — un système de suivi de plusieurs de ses programmes financés à coups de millions, de sorte qu'il ne peut pas établir leur efficacité environnementale et financière.
Le gouvernement Harper a octroyé des centaines de millions à la lutte contre les changements climatiques depuis son accession au pouvoir en 2006, mais, précise le commissaire Vaughan après sa vérification, «le gouvernement est incapable de surveiller les réductions réelles attribuables à un certain nombre de mesures contenues dans ses plans. Le gouvernement reconnaît qu'il n'a pas de système de surveillance».
«Une plus grande transparence, écrit le commissaire à l'Environnement, permettrait au Parlement et aux Canadiens de savoir quand les réductions projetées d'émissions sont surestimées ou trop optimistes.»
Mais le commissaire Vaughan stigmatise le peu de résultats attendus des programmes en place, y compris du principal programme, celui qui cible les grands émetteurs et qui doit en principe rapporter à lui seul 80 % des maigres résultats escomptés.
Selon les chiffres publiés hier, le Canada ne réduira aucunement ses émissions de GES en 2008 et 2009 grâce à son programme principal. Pendant ces deux années, les émissions du Canada atteindront respectivement 730 et 750 millions de tonnes (Mt), alors qu'elles devraient se limiter à 558 Mt en moyenne. Dans la meilleure des hypothèses, le Canada réduira entre 2008 et 2012 de 163 Mt le bilan national, alors qu'il s'est engagé à Kyoto d'y retrancher 820 Mt, soit quatre fois plus.
Pour le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, le problème demeure maîtrisable, car au gouvernement, a-t-il dit, on «va améliorer notre méthode de calcul».
Tentant de faire oublier l'échec total de la politique gouvernementale, le ministre Prentice a ajouté que «la vraie question, c'est que nous travaillons maintenant dans une optique continentale et internationale, en cette année critique pour l'élaboration d'une politique globale de réduction des émissions de GES. Je répète que d'ici à ce que nous arrivions à Copenhague, nous aurons des politiques internes pour chaque source d'émission au Canada. C'est le même engagement que celui pris par les États-Unis».
Le ministre a aussi qualifié de «pas important dans la bonne direction» le projet de loi déposé hier à l'Assemblée nationale qui va permettre au Québec de plafonner les émissions de ses grands émetteurs et de mettre en place un premier marché de crédits de carbone, assorti d'un registre ajusté à celui de l'Ontario, ce qu'Ottawa a été incapable de faire après trois ans au pouvoir.
Pour le critique du Bloc en matière d'environnement, le député Bernard Bigras (Petite-Patrie), le gouvernement Harper a fait irrévocablement la preuve qu'il est incapable de suivre l'initiative nord-américaine actuelle, soit de suivre l'administration Obama en matière de changements climatiques, et même une province comme le Québec. Il arrive tout au plus à s'empêtrer dans des nominations de partisans aveugles en matière de changements climatiques dans des postes-clés, en plus de faire fi des lois adoptées par le Parlement.
Pour l'Institut Pembina, le ministre Prentice n'a qu'un seul choix: mettre en place d'urgence un plafond d'émissions assorti d'un marché du carbone, comme les quatre principales provinces s'apprêtent à le faire, avant d'aller se pointer dans de nouvelles conférences internationales où le Canada n'a plus aucune crédibilité.
De plus, constatait hier le commissaire fédéral à l'environnement, Scott Vaughan, le gouvernement fédéral a gonflé de quatre fois les bénéfices qu'il attend de son «plan», si l'on peut dire, de réduction des GES, car il a inclus dans le bilan de réduction 2008-12 les bénéfices de recherches qu'il finance maintenant, mais dont les résultats, en termes de réductions de GES, ne surviendront que dans cinq ou dix ans, dans la meilleure des hypothèses.
«Environnement Canada, affirme le commissaire Vaughan, a surestimé les réductions d'émissions de gaz à effet de serre attendues pour la période visée par le protocole de Kyoto, soit de 2008 à 20012. Le gouvernement ne peut pas, plus que nous, établir avec certitude quelles seront les réductions réelles pour la période de 2008 à 2012.»
Dans son rapport sur l'application de la loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto — une loi imposée par les partis d'opposition aux conservateurs —, le commissaire Vaughan relève aussi le fait que, contrairement à la loi, le gouvernement Harper «ne peut pas démontrer que les plans annuels sur les changements climatiques de 2007 et 2008 [...] satisfont à toutes les exigences», et surtout, ajoute le commissaire, aux exigences de «transparence».
Ainsi, le gouvernement n'a pas mis en place — et ne semble pas vouloir le faire — un système de suivi de plusieurs de ses programmes financés à coups de millions, de sorte qu'il ne peut pas établir leur efficacité environnementale et financière.
Le gouvernement Harper a octroyé des centaines de millions à la lutte contre les changements climatiques depuis son accession au pouvoir en 2006, mais, précise le commissaire Vaughan après sa vérification, «le gouvernement est incapable de surveiller les réductions réelles attribuables à un certain nombre de mesures contenues dans ses plans. Le gouvernement reconnaît qu'il n'a pas de système de surveillance».
«Une plus grande transparence, écrit le commissaire à l'Environnement, permettrait au Parlement et aux Canadiens de savoir quand les réductions projetées d'émissions sont surestimées ou trop optimistes.»
Mais le commissaire Vaughan stigmatise le peu de résultats attendus des programmes en place, y compris du principal programme, celui qui cible les grands émetteurs et qui doit en principe rapporter à lui seul 80 % des maigres résultats escomptés.
Selon les chiffres publiés hier, le Canada ne réduira aucunement ses émissions de GES en 2008 et 2009 grâce à son programme principal. Pendant ces deux années, les émissions du Canada atteindront respectivement 730 et 750 millions de tonnes (Mt), alors qu'elles devraient se limiter à 558 Mt en moyenne. Dans la meilleure des hypothèses, le Canada réduira entre 2008 et 2012 de 163 Mt le bilan national, alors qu'il s'est engagé à Kyoto d'y retrancher 820 Mt, soit quatre fois plus.
Pour le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, le problème demeure maîtrisable, car au gouvernement, a-t-il dit, on «va améliorer notre méthode de calcul».
Tentant de faire oublier l'échec total de la politique gouvernementale, le ministre Prentice a ajouté que «la vraie question, c'est que nous travaillons maintenant dans une optique continentale et internationale, en cette année critique pour l'élaboration d'une politique globale de réduction des émissions de GES. Je répète que d'ici à ce que nous arrivions à Copenhague, nous aurons des politiques internes pour chaque source d'émission au Canada. C'est le même engagement que celui pris par les États-Unis».
Le ministre a aussi qualifié de «pas important dans la bonne direction» le projet de loi déposé hier à l'Assemblée nationale qui va permettre au Québec de plafonner les émissions de ses grands émetteurs et de mettre en place un premier marché de crédits de carbone, assorti d'un registre ajusté à celui de l'Ontario, ce qu'Ottawa a été incapable de faire après trois ans au pouvoir.
Pour le critique du Bloc en matière d'environnement, le député Bernard Bigras (Petite-Patrie), le gouvernement Harper a fait irrévocablement la preuve qu'il est incapable de suivre l'initiative nord-américaine actuelle, soit de suivre l'administration Obama en matière de changements climatiques, et même une province comme le Québec. Il arrive tout au plus à s'empêtrer dans des nominations de partisans aveugles en matière de changements climatiques dans des postes-clés, en plus de faire fi des lois adoptées par le Parlement.
Pour l'Institut Pembina, le ministre Prentice n'a qu'un seul choix: mettre en place d'urgence un plafond d'émissions assorti d'un marché du carbone, comme les quatre principales provinces s'apprêtent à le faire, avant d'aller se pointer dans de nouvelles conférences internationales où le Canada n'a plus aucune crédibilité.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

