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Le constat du commissaire fédéral à l'environnement - Zéro réduction de GES chez les grands émetteurs en 2008-2009

Louis-Gilles Francoeur   13 mai 2009  Canada
Le plan conservateur de réduction des gaz à effet de serre (GES), qui est censé cibler les grands émetteurs canadiens, ne réduira pas d'une seule tonne en 2008-09 le bilan du Canada, alors que les engagements légaux du Canada exigent une réduction moyenne de 364 millions de tonnes.

De plus, constatait hier le commissaire fédéral à l'environnement, Scott Vaughan, le gouvernement fédéral a gonflé de quatre fois les bénéfices qu'il attend de son «plan», si l'on peut dire, de réduction des GES, car il a inclus dans le bilan de réduction 2008-12 les bénéfices de recherches qu'il finance maintenant, mais dont les résultats, en termes de réductions de GES, ne surviendront que dans cinq ou dix ans, dans la meilleure des hypothèses.

«Environnement Canada, affirme le commissaire Vaughan, a surestimé les réductions d'émissions de gaz à effet de serre attendues pour la période visée par le protocole de Kyoto, soit de 2008 à 20012. Le gouvernement ne peut pas, plus que nous, établir avec certitude quelles seront les réductions réelles pour la période de 2008 à 2012.»

Dans son rapport sur l'application de la loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto — une loi imposée par les partis d'opposition aux conservateurs —, le commissaire Vaughan relève aussi le fait que, contrairement à la loi, le gouvernement Harper «ne peut pas démontrer que les plans annuels sur les changements climatiques de 2007 et 2008 [...] satisfont à toutes les exigences», et surtout, ajoute le commissaire, aux exigences de «transparence».

Ainsi, le gouvernement n'a pas mis en place — et ne semble pas vouloir le faire — un système de suivi de plusieurs de ses programmes financés à coups de millions, de sorte qu'il ne peut pas établir leur efficacité environnementale et financière.

Le gouvernement Harper a octroyé des centaines de millions à la lutte contre les changements climatiques depuis son accession au pouvoir en 2006, mais, précise le commissaire Vaughan après sa vérification, «le gouvernement est incapable de surveiller les réductions réelles attribuables à un certain nombre de mesures contenues dans ses plans. Le gouvernement reconnaît qu'il n'a pas de système de surveillance».

«Une plus grande transparence, écrit le commissaire à l'Environnement, permettrait au Parlement et aux Canadiens de savoir quand les réductions projetées d'émissions sont surestimées ou trop optimistes.»

Mais le commissaire Vaughan stigmatise le peu de résultats attendus des programmes en place, y compris du principal programme, celui qui cible les grands émetteurs et qui doit en principe rapporter à lui seul 80 % des maigres résultats escomptés.

Selon les chiffres publiés hier, le Canada ne réduira aucunement ses émissions de GES en 2008 et 2009 grâce à son programme principal. Pendant ces deux années, les émissions du Canada atteindront respectivement 730 et 750 millions de tonnes (Mt), alors qu'elles devraient se limiter à 558 Mt en moyenne. Dans la meilleure des hypothèses, le Canada réduira entre 2008 et 2012 de 163 Mt le bilan national, alors qu'il s'est engagé à Kyoto d'y retrancher 820 Mt, soit quatre fois plus.

Pour le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, le problème demeure maîtrisable, car au gouvernement, a-t-il dit, on «va améliorer notre méthode de calcul».

Tentant de faire oublier l'échec total de la politique gouvernementale, le ministre Prentice a ajouté que «la vraie question, c'est que nous travaillons maintenant dans une optique continentale et internationale, en cette année critique pour l'élaboration d'une politique globale de réduction des émissions de GES. Je répète que d'ici à ce que nous arrivions à Copenhague, nous aurons des politiques internes pour chaque source d'émission au Canada. C'est le même engagement que celui pris par les États-Unis».

Le ministre a aussi qualifié de «pas important dans la bonne direction» le projet de loi déposé hier à l'Assemblée nationale qui va permettre au Québec de plafonner les émissions de ses grands émetteurs et de mettre en place un premier marché de crédits de carbone, assorti d'un registre ajusté à celui de l'Ontario, ce qu'Ottawa a été incapable de faire après trois ans au pouvoir.

Pour le critique du Bloc en matière d'environnement, le député Bernard Bigras (Petite-Patrie), le gouvernement Harper a fait irrévocablement la preuve qu'il est incapable de suivre l'initiative nord-américaine actuelle, soit de suivre l'administration Obama en matière de changements climatiques, et même une province comme le Québec. Il arrive tout au plus à s'empêtrer dans des nominations de partisans aveugles en matière de changements climatiques dans des postes-clés, en plus de faire fi des lois adoptées par le Parlement.

Pour l'Institut Pembina, le ministre Prentice n'a qu'un seul choix: mettre en place d'urgence un plafond d'émissions assorti d'un marché du carbone, comme les quatre principales provinces s'apprêtent à le faire, avant d'aller se pointer dans de nouvelles conférences internationales où le Canada n'a plus aucune crédibilité.
 
 
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  • Robert Henri
    Inscrit
    mercredi 13 mai 2009 08h17
    Voyons donc! Réveillez vous! Harper n'A PAS de plan de réduction de gaz.
    Les conservateurs à Ottawa méprisent les écologistes, nient l'effet nocif des gaz à effet de serre. C'est du négationnisme pur et simple tout aussi condamnable et méprisable que le négationnisme de holocauste. Tout ce qui les intéresse, c'est le pétrole et le profit. "On va avoir des sous et on va bien vivre". Ensuite! Ensuite, ils vont être morts et enterrés et nos enfants auront peine à survivre dans un monde sale, laid, détruit. S'ils survivent.

    Être Conservateur, c'est être un criminel ou un être stupide qui n'a RIEN compris.

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mercredi 13 mai 2009 10h35
    Quand le miroir aux alouettes se brise...
    La lutte à la pollution existe depuis plusieurs décennies et les progrès se laissent désirer car les $$$ vertes ne poussent pas dans les arbres.

    Ceux qui veulent que le gouvernement Harper dépense 200 milliards crient à l'immobilisme en pleine crise financière ou l'économie est chancelante. L'heure n'est pas à dilapider des fonds publics, la Caisse de Dépôt en a assez dilapidé dans des papiers sans valeur. l'heure est plutôt de tenter de se sortir d'une crise sans trop de dommages, ni perte d'emploi.

    Ici au Québec, Mme Beauchamps va engager une armée de nouveaux fonctionnaires recrutés dans les groupes environnementaux pour aller imposer les entreprises à réduire leur GES sous peine d'amende et alimenter indirectement la bourse du carbone. On va faire un bilan énergétique fondé sur des calculs factices et mal mesurables. Tout ça pour faire une lutte impossible contrebalancée par l'autorégulation de la nature qui n'hésite pas à contredire les extrapolations apocalyptiques des gourous onusiens. Ainsi, depuis huit ans le temps se refroidi et ne se réchauffe plus.

    Le GIEC dans sa sagesse a changé son discours en parlant de changements climatiques au lieu de réchauffement climatique pour couvrir que la nature a déjoué ses calculs savants. On peut dire que le miroir aux alouettes se brise lentement...

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    mercredi 13 mai 2009 10h44
    Quelle belle vision...
    Encore une fois, bravo aux électeurs qui ont choisi les conservateurs. Belle vision que la vôtre, beau sens des priorités, belles valeurs. Après tout, Dion avait beau avoir un plan vert, être, en apparence du moins, impécable sur le plan de l'intégrité et posséder de belles valeurs, il n'avait pas de charisme, alors pas question de voter pour lui. Vraiment, on est mieux avec les cowboys de l'ouest. Bande de c...

  • Dominic Pageau
    Abonné
    mercredi 13 mai 2009 13h41
    Ce qu'on veut implanter?
    Un marché de plusieurs centaines de milliards. Les financiers sont mort de rire.

    Et la terre, elle ne se réchauffe plus depuis au moins 11 ans.

    Et le CO2 est un gaz essentiel à la vie.

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mercredi 13 mai 2009 17h07
    Un régistre Québec-Ontario dédoublant celui du fédéral
    Mme Beauchamps a décidé qu'on va ouvrir un régistre des GES conjoint Québec-Ontario. Il y a juste un "hic", le fédéral en fait déjà un depuis 2004. Pas grave, ca fera plus de fonctionnnaires verts pour embêter les industries et les scléroser davantage en les auscultant et en les normant davantage selon de critères inconnus basés sur des données fictives. A t'on réellement la volonté de dédoubler le fédéral encore un àe fois dans un contexte ou tout le monde se restreint et découvre que 124 millions de persoinnes ne mangent pas à leur faim dans le monde.

    Franchement mettons-nous nos priorités aux bonnes places ??? Sauvons les humains avant la planète...

    Dans le secteur forestier, les écolos ont fait entendre leur discours et les chômeurs se sont multipliés par dizaines de milliers. Quand ils ont pleuré après le bûcheron qui coupait un arbre et qu'ensuite ils ont le front de demander des subventions et des prêts pour sauver le secteur, c'est du paradoxe à son meilleur...

    Actuellement, les écolos font campagne pour fermer les mines devenues trop polluantes à leur goût. On s'arrête ou pour faire repartir l'économie ???

    Il y a deux façons de diminuer les GES. Le reste est de la foutaise. Les voici:

    1) Arrêter de produire et que les maudits capitalistes qui ont exploité nos richesses payent les dégâts. Ça c'est le but premier que préconise une majorité des groupes de verts : L'anticapitalisme équitable en abattant le capitalisme. Ils se sont même formé un parti.

    http://www.npa2009.org/content/d%C3%A9clar

    2) Le deuxième moyen de diminuer les GES est l'holocauste humaine ou réduire de façon drastique la population mondiale. Encore là, certains verts se sont réunis dans un mouvement de décroissance appelé : Mouvement pour l'Extinction Volontaire de l'Humanité.

    http://www.vhemt.org/findex.htm

    Est-ce vraiment celà qu'on souhaite ??? S'appauvrir ou se faire Hara-Kiri...

    Pendnat ce temps, Mme Beauchamps discute pour faire grossir le nombre de bureaucrates qui bourdonnent autour des industries pour les étouffer davanartge. C'est vrai que l'assiette à beuure tant promise aux groupes écolos se présente. Ils onty travaiollé tellement à nous conditionner à accepter l'arnaeàue kiotiste.

    Un recrutement massif d'écolos qui deviendront fonctionnaires pour normer et taxer davantage les pollueurs avec des objectifs irréalistes. Voilà qu'à la veille des négociations ont ajoute une nouvelle armée de fonctionnaires verts. Le ridicule ne tue pas...

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