samedi 21 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Michael Ignatieff - La séduction ne suffit pas

Jean-Robert Sansfaçon   5 mai 2009  Canada
Le couronnement de M. Michael Ignatieff comme chef du Parti libéral du Canada marque une pause dans la vie récente particulièrement trouble de ce parti politique fédéral. Maintenant que les libéraux ont un chef qui fait l'unanimité parmi eux, il leur reste à prouver qu'ils ont appris de leurs échecs. Au Québec, le défi sera d'autant plus grand que rien dans la vision du nouveau chef ne laisse entrevoir d'ouverture sur l'avènement d'un Canada différent de celui que les Trudeau, Chrétien, Martin et Dion ont successivement tenté de nous imposer, sans succès.

cause de la tourmente politique provoquée l'automne dernier par l'énoncé économique très idéologique du gouvernement conservateur, les libéraux fédéraux ont précipité le départ de leur chef, Stéphane Dion. Choisi lors du congrès surréaliste de Montréal au cours duquel il était parvenu à se glisser entre les deux candidats les plus sérieux, MM. Rae et Ignatieff, M. Dion n'a jamais eu d'ascendant sur le PLC, et c'est dans l'innocence la plus plate qu'il l'a conduit à sa plus cuisante défaite des dernières décennies.

La veille de l'ouverture du congrès, jeudi dernier, Michael Ignatieff a eu raison de remercier ironiquement le premier ministre Stephen Harper d'avoir mis en place les conditions idéales pour la réunification des troupes libérales. Ceux qui écriront l'histoire des années actuelles ne manqueront sûrement pas de noter que celui que l'on qualifiait de grand stratège politique il y a seulement quelques mois, Stephen Harper, a si mal lu la conjoncture au lendemain de sa seconde élection qu'il doit être tenu pour seul responsable du choix unanime et rapide du plus dangereux adversaire qu'il pouvait imaginer, Michael Ignatieff.

Cela dit, même si M. Ignatieff est maintenant le chef incontesté du PLC, cela ne fait pas encore de lui le premier ministre majoritaire de ce pays. Plusieurs obstacles se dressent sur son parcours, à commencer par la situation économique incertaine et l'humeur variable des électeurs dans chacune des provinces.

Pour le moment, le nouveau chef libéral profite de l'élan de nouveauté normal qui accompagne une telle nomination. Les Canadiens sont prêts à l'écouter pour savoir s'il a quelque chose d'autre à offrir que son charme et sa superbe.

Au Québec, M. Ignatieff a rejoint le Bloc québécois dans un sondage récent, mais il faut compter sur Gilles Duceppe pour rappeler aux électeurs qui sont ces libéraux fédéraux qui viennent de choisir un autre professeur d'université pour chef, comme si cela suffisait pour retrouver la virginité perdue.

L'idée de M. Ignatieff de présenter un amendement au programme d'assurance-emploi pour le rendre plus accessible dès ce printemps plaira sans doute à ceux qui craignent de perdre leur gagne-pain. Mais, pour les autres, il faudra beaucoup plus pour faire oublier la vieille clique libérale du Québec, hargneuse et pourrie jusqu'à l'os.

Un nouveau chef peut certainement faire la différence en campagne électorale, mais la mémoire et l'exposition des faits aussi. Remettre les libéraux au pouvoir peut coûter cher au Québec qui a toujours dû jouer la carte du rapport de force pour faire entendre raison aux libéraux fédéraux en matière de respect des compétences constitutionnelles. Or, à ce jour, M. Ignatieff n'a rien proposé pour nous convaincre qu'un éventuel retour libéral au pouvoir à Ottawa serait synonyme de profond renouveau dans les relations avec le Québec. Malgré ses allures progressistes, le PLC reste ce que le Québec a eu à affronter de plus centralisateur, de plus agressif et de plus obsessif comme force politique à Ottawa.

j-rsansfacon@ledevoir.ca






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Normand Carrier
    Abonné
    mardi 5 mai 2009 06h25
    Parole , parole , parole comme la chanson de Dalida ....
    « C'est le temps pour Ignatieff de mettre de la viande sur l'os car jusqu'a maintenant il nous a présenté un os enrobé de belles paroles . A part être Québécois et Canadien comment aller vous ré-intégrer le Québec dans le giron constitutionnel pour réparer tout le tord que votre maître a penser P.E. Trudeau a crée en 1982 en rapatriant la constitution sans l'accord de tous les partis politiques au Québec ? Comment donner une signification a la reconnaissance de la nation québécoise autre que le reconnaitre ? Sans parler du déséquilibre fiscal , l'harmonisation de la T.P.S., la centralisation obcessionnelle de votre parti ect ...
    Normand Carrier »

  • JM
    Abonné
    mardi 5 mai 2009 06h44
    L'idée de M. Igantieff concernant l'assurance emploi est bonne, politiquement parlant.
    « Tandis que celle de M. Harper de dire catégoriquement "Non" à M. Ignatieff l'est moins. La partie d'échec est commencé. Le but démocratique de M. Ignatieff est de faire qu'il y ait de plus en plus de spectateurs à s'intéresser à la partie.

    Puisque ça concerne l'assurance emploi que M. Ignatieff veut majorer pour les travailleurs, pas besoin d'être sorcier pour comprendre de quel côté va pencher la balance quant à la sympathie pour l'un ou l'autre des joueurs. Quant à moi, je trouve que la vision de M. Harper est trop courte, je vote donc pour M. Ignatieff qui est en plus plus respectueux de notre démocratie.

    jm »

  • Paul Lapointe
    Abonné
    mardi 5 mai 2009 06h54
    La raison suffirait-elle?
    « "Malgré ses allures progressistes, le PLC reste ce que le Québec a eu à affronter de plus centralisateur, de plus agressif et de plus obsessif comme force politique à Ottawa. " Qui pourrait imaginer que l'on laisse franchir aux conservateurs (néo réformistes) la ligne du 1e janvier 2010, au pouvoir? Serions-nous masochistes à ce point? »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mardi 5 mai 2009 07h43
    Ignatieff et les commandites
    « Il faudra plus à Michael Ignatieff que sa promesse accrocheuse d'amendement à l'assurance-emploi et ses sourires d'aristocrate pour séduire une majorité d'électeurs québécois.

    En effet, même s'il n'y est pour rien dans cette histoire, ce politicien est quand même devenu le chef d'un parti responsable du programme des commandites, un horrible scandale que bien des Québécois n'ont pas encore digéré.

    En passant, les auteurs de cette magouille, dont les noms nous ont été révélés lors de la Commission Gomery, seront-ils punis un jour ? Le dossier est. comme on le sait, est loin d'être clos, même l'un d'eux (Lafleur) s'est retrouvé comme simple employé d'un restaurant ! »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    mardi 5 mai 2009 07h49
    Piètre alternative
    « Monsieur Ignatieff n'a absolument rien de concret à proposer au Québec,... "que les Trudeau, Chrétien, Martin et Dion n'ont successivement tenté de nous imposer en vain."

    Aucune alternative concrète à proposer qu'une absence flagrante de bonne volonté, alors que le Québec est toujours exclu de la constitution. Cette manie excécrable qu'ils ont tous de constamment banaliser ce fait indéniable! Ils cautionnent tous par le fait même cette discrimination envers le Québec.

    La reconnaissance de la nation n'est que que de la poudre aux yeux car sans aucun pouvoir réel si non enchassée dans la constitution. Lorsque Michael Ignatieff se gargarise de bons voeux pieux, refusant simultanément d'envisager l'ouverture de la constitution, il ne manifeste aucune intention sinon l'opportunisme méprisant d'accéder au POUVOIR...le sien....celui qu'il prétend pourtant être nôtre.

    Monsieur Ignatieff a les mains liées par sa volonté de ne pas déplaire à son électorat hors Québec. Toujours le même scénario à envisager, toujours celui des deux solitudes.

    Monsieur Sansfaçon, vous le spécifiez avec éloquence, il faudra beaucoup plus pour faire oublier la vieille clique libérale du Québec, hargneuse et pourrie jusqu'à l'os.

    Monsieur Ignatieff devra se lever de bonne heure pour faire avaler cette invraissemblance aux québécois. Il prétendait courtiser les souverainistes récemment? Il n'offre pour les fédéralistes que la piètre alternative de remplacer l'arrogant Harper. L'alternative de choisir par dépit!

    Rien de concret! Monsieur Ignatieff ne propose que le moindre mal. »

  • Marc Gendron
    Abonné
    mardi 5 mai 2009 08h37
    Just watch me!
    « M. Ignatieff s'est plu toute la fin de semaine à se comparer à Pierre Trudeau, sans la moindre modestie. La société juste de l'un, la société du savoir de l'autre, la nostalgie de grandes heures du PLC, le souffle puissant de l'unité nationale canadienne retrouvée i tutti quanti.

    Sauf que les comparaisons du chef du PLC pourraient bien se retourner contre lui. P.E.T. n'a pas laissé que de bons souvenirs au Québec. »

  • Yvon Roy
    Abonnée
    mardi 5 mai 2009 08h45
    Basta!
    « Les bonnes intentions, tout comme les bonnes subventions, ne suffisent pas pour faire de bonnes politiques. Basta aux petits péteux de bretelles aux poches vides! »

  • Jean Martinez
    Inscrit
    mardi 5 mai 2009 08h57
    Tout à fait d'accord
    « Votre article est tout à fait juste. Les libéraux ont toujours été les plus grands ennemis des intérêts supérieurs du Québec. Et ce n'est certainement pas ce néo-Trudeau qui va changer cette mentalité. Je crois que les Québécois devraient garder en tête cette phrase avec laquelle vous concluez votre article: "Malgré ses allures progressistes, le PLC reste ce que le Québec a eu à affronter de plus centralisateur, de plus agressif et de plus obsessif comme force politique à Ottawa".

    Évitons que l'histoire se répète... »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 5 mai 2009 08h57
    Malheureusement oui
    « La séduction ne suffit pas, titre l'éditorialiste. Malheureusement, sauf de rarissimes exceptions, elle suffit toujours. Cela s'appelle la démocratie.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 5 mai 2009 09h02
    Parole, Parole, parole.......... sans possibilité d'action
    « Oui, M Carrier pour le moment ce ne sont que des paroles, mais au moins des paroles auquel il devra un jour répondre, car LUI il peu prendre le pouvoir, alors que Le clown du Bloc peu dire ce qu'il veut et ce qu'une minorité de québécois veullent entendre et jamais il aura à en répondre car jamais il aura un pouvoir!!!! »

  • JM
    Abonné
    mardi 5 mai 2009 09h59
    Panel, vos propos sont intéressants concernant les intérêts du Québec et aussi au sujet de la démocratie.
    « C'est vrai que la démocratie se nourrit surtout de belles paroles, comme le souligne M. Berger. Pour les autres, concernant les intérêts du Québec, le Bloc aura du pain sur la planche pour faire la vie dure au Libéraux d'Ignatieff.

    Certes, concernant les intérêts du Québec, l'approche de monsieur Duceppe et le Bloc québécois rendra le débat somme toute très intéressant. N'oublions pas cependant, comme le disait monsieur Berger, que la démocratie se nourrit surtout de belles paroles. De ce point de vue, tout le monde est sur un même pied d'égalité.

    jm »

  • Ginette Bertrand
    Inscrite
    mardi 5 mai 2009 10h39
    Le pied sur le frein
    « Le pied sur le frein - ou comme disait ma mère, marcher sur les brakes - voilà l'impression que m'a laissée cet édito, monsieur Sansfaçon.

    Michael Ignatieff n'est pas le Messie, soit. Mais quelle est l'alternative pour un Québec jusqu'à nouvel ordre faisant toujours partie du Canada? Un Harper devenu hargneux et un Bloc qui va continuer à remplir sa seule mission de bloquer sans jamais rien apporter de constructif.

    Continuons à rêver "au grand soir" pendant que le reste du Canada s'apprête à se positionner dans la société du savoir et à refaire sa réputation malmenée sur la scène internationale. Continuons à voter le pied sur le frein.

    C'est à ça que vous nous conviez? Merci pour moi. »

  • Michel Simard
    Abonné
    mardi 5 mai 2009 11h14
    Les anti-Québécois n'ont rien à proposer
    « La dernière remarque de Claude Archambault, toujours égal à lui-même, montre bien comment les anti-Québécois du Liberal Party n'ont rien de concret à proposer à la Nation québécoise. Que des insultes envers ceux qui ont à coeur les intérêts de la Nation québécoise et de tous les Québécois. »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    mardi 5 mai 2009 12h33
    Réforme permanente, de grâce!
    « Seule une réforme permanente de l'assurance-emploi a du sens: la couverture doit approcher les 100 % des chômeurs qui ont cotisé un nombre d'heures raisonnable partout au Canada, sans discrimination. Sinon ce n'est que de l'électoralisme! Je suis étonné que monsieur Duceppe ne l'a pas fait remarquer ou alors les médias l'ont censuré... »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mardi 5 mai 2009 12h49
    Viva Ignatieff
    « Le Bloc c'est comme l'ADQ; enlevez Duceppe et le parti vient de s'éteindre. Ça ne vaut pas grand chose un parti qui ne survit que par son chef... et qui ne sert qu'à assurer un salaire et une pension à une petite gang de députés qui, autrement que de joindre les rangs du PQ, ne sont d'aucune utilité sur le plan fédéral.

    Vivement Ignatieff et la victoire du PLC aux prochaines élections. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mardi 5 mai 2009 20h55
    La trappe canadienne
    « C'est vrai que voter Bloc n'a rien de plaisant. Nous le faisons par devoir national pour contrer la vision centralisatrice, agressive et obsessive des deux grands partis, pour employer les mots de monsieur Sansfaçon, à l'égard de notre nation, vision partagé par nos lecteurs de service, Claude Archambault et sa Raymonde. À lire ces deux là il n'y a qu'une réaction possible: la nausée ! C'est donc en se pinsant le nez que nous continuerons à voter au fédéral.

    Claude L'Heureux, Québec »

  • ghislaine fortin
    Inscrite
    jeudi 7 mai 2009 14h00
    Le bénédiction de M. Ignatief
    « Il ne se passe plus une semaine sans que l'on apprenne des façons de faire libérales québécoises très douteuses...alors quand M. Ignatief encense M. Jean Charest,comme il l'a fait au congrès, cela nous laisse présager que M. Ignatief semble avoir une éthique pour le moins....élastique. Pourtant, l'histoire des commandites est encore très fraîche en nos mémoires et c'est loin d'être pardonné et oublié. Si M. Ignatief a la mémoire courte.....ou a la mémoire sélective cela pourrait être un problème pour lui car sa déclaration pro-Charest pèse déjà sur l'estomac de plusieurs. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
17 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Chronique
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009