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Train rapide: Ottawa doit faire preuve de vision

29 avril 2009  Canada
Nous avons vu un bel exemple de vision et de leadership il y a quelques jours lorsque le président américain, Barack Obama, a fait part de ses intentions de placer des efforts accrus dans le développement d'un réseau de trains rapides qui joindra les quatre coins des États-Unis.

Le président a soulevé dans la foulée un dossier qui tient à coeur au Bloc québécois depuis fort longtemps lorsqu'il a évoqué les liens de ce vaste réseau avec le Canada, et Montréal plus particulièrement. Il y a en effet plusieurs années que le Bloc québécois porte l'idée d'un corridor Québec-Windsor qui serait intégré au réseau américain.

Regarder passer le train

Pour le Québec, il n'existe aucun doute que la santé économique repose en très large partie sur la vitalité de ses échanges économiques avec l'Ontario. Le contraire est aussi vrai, comme l'a témoigné le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, en appuyant personnellement l'idée d'un tel projet. De la même façon, le Québec doit pouvoir compter sur un réseau de transport nord-sud efficace avec les États-Unis s'il veut éviter de se contenter de regarder passer le train du développement économique.

L'utilisation du train comme mode de transport offre de nombreux avantages. Par exemple, il s'agit d'un mode de transport sécuritaire et très économique sur les longues distances en comparaison avec le transport routier. Ensuite, le train permet des économies considérables sur le plan de la construction et de l'entretien des routes. Les études réalisées jusqu'à maintenant nous disent également que le train rapide permettrait de surcroît de réaliser des économies de temps appréciables puisqu'une liaison Québec-Montréal pourrait dorénavant s'accomplir en deux heures.

Enfin, une plus grande utilisation du transport ferroviaire réduirait de façon importante les émissions de GES. Dans un contexte environnemental de plus en plus incertain et une augmentation des prix des énergies fossiles non renouvelables, la solution du train rapide devient donc extrêmement intéressante, voire incontournable.

Ouverture timide

Malheureusement, et en dépit des nombreux appuis dont le projet bénéficie, dont ceux des premiers ministres du Québec et de l'Ontario, du maire de Québec, du président de la Chambre de commerce de Québec et de la Conférence régionale des élus de la région de Québec, le gouvernement conservateur est toujours pratiquement muet sur cet enjeu majeur. Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, s'est même moqué allègrement du Bloc québécois à ce sujet alors qu'il était ministre des Transports, pour ensuite se raviser.

Les Québécois sont en droit de s'attendre à ce que le gouvernement à Ottawa fasse preuve de tout le leadership nécessaire pour que le Québec, y compris la région de Québec, puisse participer entièrement à la vie économique du continent nord-américain. Après avoir longtemps rejeté le projet du Bloc québécois, les conservateurs ont manifesté une ouverture timide pour la réalisation d'une étude sur le corridor Québec-Windsor. Mais il faut plus. Il faut un engagement clair d'Ottawa pour mener à bien le corridor de trains rapides reliant Québec et Montréal. Québec ne peut pas demeurer en reste alors que l'Amérique jette les bases du réseau ferroviaire de l'avenir.






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