Compressions en culture - Le Comité du patrimoine démolit la décision du gouvernement
La décision du gouvernement Harper de réduire de 45 millions divers programmes culturels était une erreur et cette situation doit être corrigée, statue le Comité permanent du patrimoine dans un rapport dévoilé hier. Les cinq conservateurs membres du comité rejettent toutefois cette analyse.
Après avoir tenu plusieurs journées d'audience et entendu des dizaines de témoins ces derniers mois, le Comité indique dans son «Rapport sur l'analyse des programmes d'art qui ont été annulés durant l'été 2008» qu'il «rejette catégoriquement la décision du ministre et exhorte le gouvernement à rétablir ces programmes» d'une quelconque façon.
Selon le Comité, la décision d'Ottawa d'abolir deux programmes de diffusion à l'étranger affaiblira de facto la présence culturelle canadienne à l'international (qui «contribue aux efforts de diplomatie publique du Canada») et mettra en péril des années de développement de marchés.
Le Comité remarque que les compressions ont eu «d'importantes répercussions négatives sur les organisations artistiques canadiennes»; qu'elles ont été «annoncées sans des discussions apparentes sur les répercussions qu'elles pourraient avoir» pour les compagnies; que la décision «coordonnée de supprimer dans deux ministères différents des programmes [...] laisse à penser que ces suppressions étaient de nature idéologique».
Il regrette aussi de ne pas avoir eu accès aux informations ayant permis au gouvernement de déterminer que les programmes étaient inefficaces.
Dissidence
Cet avis du Comité n'engage toutefois que les députés de l'opposition: tous les conservateurs y siégeant — ils sont minoritaires — se sont dissociés de cette décision.
Selon eux, le rapport «ne constitue pas un reflet fidèle des témoignages recueillis et ne donne pas une image juste des faits présentés pendant l'étude. Seule une partie de l'histoire a pu être entendue», écrivent-ils dans leur opinion dissidente.
Les conservateurs dénoncent le fait «qu'aucun témoin n'a comparu pour représenter les organismes auxquels le gouvernement a consenti des augmentations budgétaires». Ils écrivent que les compressions constituent en fait des «réaffectations de fonds au sein du ministère» de manière à permettre une meilleure rentabilité.
«Le rapport omet de reconnaître que le gouvernement a accru son soutien à ce secteur, le portant à des niveaux records», estiment finalement les conservateurs.
Selon Pablo Rodriguez, vice-président du Comité et critique libéral en matière de patrimoine, cette dissidence était inévitable. «Il y avait une impossibilité totale de se rejoindre, ça ne valait même pas la peine» de tenter un rapprochement, dit-il.
Les compressions imposées au secteur culturel ont fait vivement réagir la communauté artistique canadienne et québécoise. La Conférence internationale des arts de la scène (CINARS) a calculé que quelque 3400 spectacles canadiens devant être présentés à l'étranger seraient annulés d'ici trois ans, faute d'un soutien gouvernemental.
Après avoir tenu plusieurs journées d'audience et entendu des dizaines de témoins ces derniers mois, le Comité indique dans son «Rapport sur l'analyse des programmes d'art qui ont été annulés durant l'été 2008» qu'il «rejette catégoriquement la décision du ministre et exhorte le gouvernement à rétablir ces programmes» d'une quelconque façon.
Selon le Comité, la décision d'Ottawa d'abolir deux programmes de diffusion à l'étranger affaiblira de facto la présence culturelle canadienne à l'international (qui «contribue aux efforts de diplomatie publique du Canada») et mettra en péril des années de développement de marchés.
Le Comité remarque que les compressions ont eu «d'importantes répercussions négatives sur les organisations artistiques canadiennes»; qu'elles ont été «annoncées sans des discussions apparentes sur les répercussions qu'elles pourraient avoir» pour les compagnies; que la décision «coordonnée de supprimer dans deux ministères différents des programmes [...] laisse à penser que ces suppressions étaient de nature idéologique».
Il regrette aussi de ne pas avoir eu accès aux informations ayant permis au gouvernement de déterminer que les programmes étaient inefficaces.
Dissidence
Cet avis du Comité n'engage toutefois que les députés de l'opposition: tous les conservateurs y siégeant — ils sont minoritaires — se sont dissociés de cette décision.
Selon eux, le rapport «ne constitue pas un reflet fidèle des témoignages recueillis et ne donne pas une image juste des faits présentés pendant l'étude. Seule une partie de l'histoire a pu être entendue», écrivent-ils dans leur opinion dissidente.
Les conservateurs dénoncent le fait «qu'aucun témoin n'a comparu pour représenter les organismes auxquels le gouvernement a consenti des augmentations budgétaires». Ils écrivent que les compressions constituent en fait des «réaffectations de fonds au sein du ministère» de manière à permettre une meilleure rentabilité.
«Le rapport omet de reconnaître que le gouvernement a accru son soutien à ce secteur, le portant à des niveaux records», estiment finalement les conservateurs.
Selon Pablo Rodriguez, vice-président du Comité et critique libéral en matière de patrimoine, cette dissidence était inévitable. «Il y avait une impossibilité totale de se rejoindre, ça ne valait même pas la peine» de tenter un rapprochement, dit-il.
Les compressions imposées au secteur culturel ont fait vivement réagir la communauté artistique canadienne et québécoise. La Conférence internationale des arts de la scène (CINARS) a calculé que quelque 3400 spectacles canadiens devant être présentés à l'étranger seraient annulés d'ici trois ans, faute d'un soutien gouvernemental.
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