2000 scientifiques canadiens dénoncent les compressions
Le gouvernement Harper investit dans le béton plutôt que dans la recherche, disent les protestataires
Près de 2000 scientifiques viennent d'écrire au premier ministre Harper pour se plaindre des compressions de 162 millions de dollars dans la recherche.
Ottawa — La communauté scientifique canadienne se mobilise pour faire savoir au gouvernement Harper que les compressions dans la recherche sont incompatibles avec l'économie du savoir qui se met en place dans les pays industrialisés.
Près de 2000 scientifiques ont signé une lettre qui a été envoyée au premier ministre, Stephen Harper. Un site Internet a également été mis sur pied sous le thème «Que dis-tu chercheur?» (dontleavecanadabehind.wordpress.com)
Les chercheurs de toutes les provinces ne comprennent pas l'approche canadienne, alors que les États-Unis de Barack Obama ont pris le chemin inverse, soit celui du réinvestissement. «Alors qu'on invite les chercheurs américains à viser haut et loin [...], leurs collègues canadiens doivent s'atteler à la pénible tâche de gérer les diminutions de budget dans leurs laboratoires et se préoccuper de l'avenir de leurs étudiants des cycles supérieurs», peut-on lire dans la lettre, dont nous publions des extraits en page A9. «Ces compressions représentent un pas en arrière pour la science au Canada», affirment les scientifiques, qui ont aussi envoyé la missive au chef de l'opposition, Michael Ignatieff.
Les compressions dans les quatre grands organismes scientifiques publics, qui découlent du dernier budget, oscillent entre 147,9 et 162 millions de dollars sur trois ans. Le Devoir révélait hier que des mises à pied avaient été annoncées pour le mois de juin, notamment au Conseil national de recherches du Canada.
Les compressions font partie d'une «révision stratégique des dépenses» du gouvernement, qui cherche des endroits où économiser. L'objectif est de s'assurer que l'argent est bien dépensé, dit-on au gouvernement.
Plus que du béton
Joint par Le Devoir hier, l'un des signataires de la lettre, Denis Boire, chercheur à l'Université du Québec à Trois-Rivières en neuro anatomie, affirme que les compressions sont «épouvantables» pour le milieu scientifique.
Il touche lui-même une subvention de 25 000 $ du Conseil de recherches en sciences naturelles et génie du Canada afin d'alimenter ses recherches et celles de quatre étudiants. «L'argent sert à financer nos recherches dans les laboratoires, mais aussi à faire travailler des étudiants. Dans la société du savoir qu'on tente de développer, couper l'argent des cycles supérieurs, c'est honteux!» dit-il.
L'investissement de 2 milliards de dollars du gouvernement dans les infrastructures du savoir, annoncé dans le dernier budget, a été accueilli avec réserve par le milieu scientifique. Équiper les laboratoires est une bonne idée, mais il faut aussi investir dans les programmes et la recherche, dit Denis Boire. «Depuis 20 ans, on investit toujours dans le béton et le matériel. Au Canada, pour faire de l'argent avec la science, il faut être maçon!» tonne-t-il.
Les 2000 signataires de la lettre souhaitent d'ailleurs que la méthode de financement des 2 milliards de dollars injectés dans les infrastructures du savoir soit revue. C'est qu'une grande partie du montant est conditionnelle à une participation financière des provinces et des universités. De l'argent qui n'est pas toujours disponible. «Afin de pouvoir profiter de cette manne fédérale, les universités et les gouvernements provinciaux pourraient être tentés de détourner des fonds normalement destinés à l'enseignement et à la recherche», peut-on lire.
Au Québec, le symbole des compressions budgétaires dans la science est la fin des subventions à l'Observatoire du Mont-Mégantic, qui perd ainsi 40 % de son budget. Mais le ministre des Travaux publics, Christian Paradis, a promis cette semaine de trouver un moyen de rétablir le financement. L'Observatoire se trouve dans sa circonscription.
Ottawa — La communauté scientifique canadienne se mobilise pour faire savoir au gouvernement Harper que les compressions dans la recherche sont incompatibles avec l'économie du savoir qui se met en place dans les pays industrialisés.
Près de 2000 scientifiques ont signé une lettre qui a été envoyée au premier ministre, Stephen Harper. Un site Internet a également été mis sur pied sous le thème «Que dis-tu chercheur?» (dontleavecanadabehind.wordpress.com)
Les chercheurs de toutes les provinces ne comprennent pas l'approche canadienne, alors que les États-Unis de Barack Obama ont pris le chemin inverse, soit celui du réinvestissement. «Alors qu'on invite les chercheurs américains à viser haut et loin [...], leurs collègues canadiens doivent s'atteler à la pénible tâche de gérer les diminutions de budget dans leurs laboratoires et se préoccuper de l'avenir de leurs étudiants des cycles supérieurs», peut-on lire dans la lettre, dont nous publions des extraits en page A9. «Ces compressions représentent un pas en arrière pour la science au Canada», affirment les scientifiques, qui ont aussi envoyé la missive au chef de l'opposition, Michael Ignatieff.
Les compressions dans les quatre grands organismes scientifiques publics, qui découlent du dernier budget, oscillent entre 147,9 et 162 millions de dollars sur trois ans. Le Devoir révélait hier que des mises à pied avaient été annoncées pour le mois de juin, notamment au Conseil national de recherches du Canada.
Les compressions font partie d'une «révision stratégique des dépenses» du gouvernement, qui cherche des endroits où économiser. L'objectif est de s'assurer que l'argent est bien dépensé, dit-on au gouvernement.
Plus que du béton
Joint par Le Devoir hier, l'un des signataires de la lettre, Denis Boire, chercheur à l'Université du Québec à Trois-Rivières en neuro anatomie, affirme que les compressions sont «épouvantables» pour le milieu scientifique.
Il touche lui-même une subvention de 25 000 $ du Conseil de recherches en sciences naturelles et génie du Canada afin d'alimenter ses recherches et celles de quatre étudiants. «L'argent sert à financer nos recherches dans les laboratoires, mais aussi à faire travailler des étudiants. Dans la société du savoir qu'on tente de développer, couper l'argent des cycles supérieurs, c'est honteux!» dit-il.
L'investissement de 2 milliards de dollars du gouvernement dans les infrastructures du savoir, annoncé dans le dernier budget, a été accueilli avec réserve par le milieu scientifique. Équiper les laboratoires est une bonne idée, mais il faut aussi investir dans les programmes et la recherche, dit Denis Boire. «Depuis 20 ans, on investit toujours dans le béton et le matériel. Au Canada, pour faire de l'argent avec la science, il faut être maçon!» tonne-t-il.
Les 2000 signataires de la lettre souhaitent d'ailleurs que la méthode de financement des 2 milliards de dollars injectés dans les infrastructures du savoir soit revue. C'est qu'une grande partie du montant est conditionnelle à une participation financière des provinces et des universités. De l'argent qui n'est pas toujours disponible. «Afin de pouvoir profiter de cette manne fédérale, les universités et les gouvernements provinciaux pourraient être tentés de détourner des fonds normalement destinés à l'enseignement et à la recherche», peut-on lire.
Au Québec, le symbole des compressions budgétaires dans la science est la fin des subventions à l'Observatoire du Mont-Mégantic, qui perd ainsi 40 % de son budget. Mais le ministre des Travaux publics, Christian Paradis, a promis cette semaine de trouver un moyen de rétablir le financement. L'Observatoire se trouve dans sa circonscription.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

